Bonjour, j’aimerais votre avis sur le régime adapté à une maladie de Basedow (Graves’ disease en anglais). En me documentant sur cette maladie auto-immune de la thyroïde, je suis tombée sur le protocole AIP qui est terriblement plus restrictif que le régime hypotoxique que je connais bien pour l’avoir suivi deux ans par le passé. Je suis perdue quand au niveau de restriction à adopter. Le régime hypotoxique est-il suffisant pour toutes les maladies auto-immunes, ou bien faut-il dans certains cas pousser encore plus loin les restrictions? J’aimerais votre avis de scientifique en qui j’Ai pleine confiance car je suis épuisée et désemparée par cette maladie.
La réponse de Jacqueline. Le «protocole auto-immun» (AIP) est un régime Paléo qui en plus d’éviter les aliments interdits par le régime Paléo, élimine en plus certains aliments qui induisent de l’intolérance chez certains individu, tels les solanacées (poivrons, piments, aubergines, pommes de terre (sauf patates douces), tomates), les œufs, les noix et les graines.
Un article publié en 2023 et intitulé « The Effects of the Paleo Diet on Autoimmune Thyroid Disease: A Mixed Methods Review » (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36598468/) pourrait vous intéresser. Cet article vise à déterminer si la diète paléolithique possède le potentiel de réduire au cours des maladies autoimmunes de la thyroïde la production des anticorps autoimmuns contre la thyroïde, tels la thyroglobuline, la peroxidase thyroidienne, le récepteur de l’hormone thyréostimuline et de vérifier également si cette diète peut encourager la sécrétion des hormone thyroïdiennes T4, T3 ainsi que de l’hormone thyréostimuline (TSH), ces hormones ayant le pouvoir de corriger la pathogénèse des maladies thyroïdiennes autoimmunes. Les auteurs de l’article en question ont basé leur étude sur 8 essais contrôlés randomisés qui comportaient des populations adultes de 18 ans et plus, ayant reçu un diagnostic de thyroidite d’Hashimoto ou de la maladie de Basedow. Les patients de ces 8 essais avaient suivi une diète Paléolithique dans le but de vérifier si cette diète pouvait permettre de réduire la production des anticorps autoimmuns qui attaquent la thyroide ou encore si cette diète pouvait augmenter la sécrétion des hormones thyroidiennes. Diverses précautions avaient été prises dans le choix de ces études pour éviter les biais et obtenir des informations scientifiques fiables. Les huit études qui ont été retenues comportaient un essai contrôlé randomisé, une étude pilote et six études de cas ; ces études suivaient un protocole centré sur la diète paléolithique d’une durée variant entre 8 à 60 semaines. Toutes ces études avaient montré des améliorations cliniques : une étude présentait des améliorations significatives et deux études avaient induit la guérison de la maladie autoimmune.
Après l’évaluation structurelle des interventions alimentaires basées sur la diète paléolithique, les auteurs de la présente étude ont conclu que les aliments de nature ancestrale contenus dans la diète paléo, la nature de ses composants alimentaires (en particulier l’importance des phytonutriments (donc issus des végétaux) ainsi que l’ajout de certains suppléments spécifiques (zinc, sélénium, vitamine C, myo-inosine, potassium iodide, et vitamine D), l’inclusion d’exercices physiques, de la méditation pleine conscience et l’exclusion des aliments modernes démontraient des impacts positifs considérables sur la baisse des anticorps autoimmuns parallèlement à une augmentation des hormones thyroidiennes positives, ces interventions ayant amélioré et même dans 2 cas sur 8 ayant entraîné la guérisons des maladies thyroidienens auto-immunes. Ainsi, ces études ont montré que suivre un protocole auto-immun ne se limite pas à un régime alimentaire, ce dernier devant englober un mode de vie sain, avec un temps de sommeil suffisant, de l’exercice régulier, une vie sociale riche et l’évitement du stress. À cet effet, un article publié en 2024 et intitulé Stress-induced Graves disease: spontaneous recovery after stress relief (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38148855/) est particulièrement éloquent à propos de l’importance du stress dans le développement de ce type de maladies.
Si ces travaux montrent que la diète paléolithique inclut les viandes maigres et leurs organes, les fruits de mer, les poissons, les légumes, les légumes racine*, de petites quantités de grains*, de légumineuses*, de noix, de graines, ainsi que des champignons et des pousses vertes. Cette diète Paléo exclue totalement le gluten, les produits laitiers, tous les aliments raffinés (ex. sucre, farine et sels) les aliments génétiquement modifiés, les aliments en conserve, les additifs alimentaires.
* : dépendamment des auteurs et de l’époque, l’étendue des restrictions visant ces aliments peut varier ; dans le présent article, on acceptait de petites quantités des aliments comportant une étoile. Je tiens à rappeler, que nous avons tous nos particularités personnelles face aux aliments. Donc Florence, si vous avez suivi pendant deux ans de façon stricte la diète hypotoxique sans succès pour traiter vote maladie autoimmune, je pense que cela vaudrait la peine d’essayer pour commencer de suivre le régime AIP et peu à peu d’essayer d’inclure un à la fois les aliments permis par la diète Paléo en étant attentive aux réactions de votre organisme. Vous pourrez ainsi développer un régime alimentaire moins strict que le régime AIP et avoir une alimentation plus variée. Bonne chance !



