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Conseils pratiques pour prévenir les infections urinaires et leurs récidives

Ces conseils sont tirés de mon article intitulé : Tout ce que vous voulez savoir sur la cystite récidivante (interstitielle)

Je vous recommande aussi de lire dans cet article au no 8, les différentes solutions proposées en thérapies de médecine complémentaire  pour traiter les cystites récidivantes

Conseils pratiques pour prévenir les infections urinaires et leurs récidives

Précautions générales :

• Éviter les pantalons trop serrés principalement ceux en fibres synthétiques et surtout éviter de les porter durant de longues périodes et par temps chaud.
• Utiliser des sous-vêtements en coton et les changer tous les jours.
• Boire beaucoup de liquide
• Uriner souvent et suffisamment
• Éviter les bains trop chauds
• Un pH urinaire trop acide peut favoriser les cystites, à surveiller
• Éviter de conserver trop longtemps un maillot de bain mouillé, imprégné de sel et de sable

Précautions d’hygiène intime :
• Conserver toujours la zone génitale propre
• Ne pas utiliser de désinfectant, de spermicide, de talc parfumé; choisir uniquement des produits nettoyants adaptés à l’hygiène intime dont le pH est adapté
• Aux toilettes, il est important de savoir bien s’essuyer après la selle. Il faut s’essuyer de l’avant vers l’arrière pour éviter de ramener des microorganismes intestinaux vers la vulve et le conduit urinaire. Si c’est possible, un petit lavage local est recommandé, sans oublier de bien se sécher
• En cas de rapport sexuel, une toilette intime avant (chez les 2 partenaires) et après; boire et uriner rapidement après le rapport permet de laver le conduit urinaire. Dans les cas où les cystites sont déclenchées principalement suite aux rapports sexuels, il est recommandé de recourir à un bilan gynécologique pour vérifier s’il y a présence d’un déséquilibre de la muqueuse et de la flore vaginale.
N.B. : la flore génitale du partenaire a son importance car la flore et les muqueuses de la femme mettent parfois des mois à s’adapter à la flore génitale d’un nouveau partenaire. Dans certains cas, l’expérience a montré qu’il est nécessaire d’agir sur la flore intestinale du partenaire.
• La position lors des relations sexuelles est importante et l’alignement doit éviter d’irriter l’urètre.
Situations particulières aptes à favoriser le développement des cystites récidivantes
• La pré-ménopause et la ménopause, en raison de la sécheresse possible des muqueuses due à la carence en œstrogène, entraîne une perturbation de la flore vaginale et urinaire ce qui favorise en particulier les mycoses; il faut traiter la mycose et agir sur la flore vaginale à l’aide de gélules de probiotiques (flore de Döderlein, ensemble des lactobacilles qui colonisent la zone vaginale) à déposer au fond du vagin, vendues commercialement à cette fin. Le Dr Éric Ménat recommande aussi un produit allopathique qui apporte des hormones naturelles qui n’entraînent aucun effet secondaire ni aucun sur-risque de cancer, l’estriol. Il y a également des preuves que l’administration topique d’œstrogène chez les femmes ménopausées normalise la flore vaginale et réduit grandement le risque de SVD (34). La crème EMP de Sarati donne souvent de bons résultats.
• Un déséquilibre de la flore intestinale peut également favoriser le développement de cystites. Une alimentation bien équilibrée, riche en fibres et la prise de probiotiques et de prébiotiques peuvent aider à corriger le problème.
• Un blocage ostéopathique, plus particulièrement un blocage du bassin, sacrum, symphyse pubienne, lombaires, de même qu’un manque de mobilité de la vessie et de l’urètre, suite à un traumatisme ou à un micro-traumatisme local (sexuel et/ou obstétrical), la présence d’adhérences suite à une première ou plusieurs infections, peuvent être une cause de cystites récidivantes. Un ostéopathe peut corriger le problème.
• Les constipations chroniques et les diarrhées aiguës.
• Les intolérances alimentaires incluant l’histamine.
• Les femmes enceintes, en raison de facteurs mécaniques et hormonaux, peuvent devenir plus sensibles à développer des cystites récidivantes.
• Les personnes diabétiques dont la situation n’est pas bien contrôlée.
• Les malformations de l’arbre urinaire et les calculs urinaires.
• Les personnes affaiblies par une autre maladie et les personnes hospitalisées.
• Les descentes d’organe qui peuvent être traitées efficacement en ostéopathie et en physiothérapie; il y a toutefois des cas qui nécessitent une chirurgie.
• Anomalies immunitaires.
• Un cancer des voies urinaires peut donner des symptômes assez proches des calculs.

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Tout ce que vous voulez savoir sur la cystite récidivante (interstitielle)

1) Prévention et traitement du syndrome de la vessie douloureuse (cystite interstitielle)

Par Jacqueline Lagacé, Ph.D.

N.B. : cet article a été révisé et enrichi par Nathalie Camirand, DO, ostéopathe MOQ, physiothérapeute, OPPQ, co-propriétaire de la Clinique Camirand Muzzi et membre fondateur de : Qualita.ca (Le Réseau des Cliniques d’Ostéopathie Agréées MC ; The Network of Chartered Osteopathic Clinics TM ). http://www.cliniquecamirandmuzzi.com

Mme Camirand enseigne au Collège d’études ostéopathique (CEO) depuis 1993 et donne des formations continues en Gynécologie, Urologie et Dysfonctions glandulaires et nerveuses depuis plus de 20 ans. Elle enseigne dans plus de 12 pays différents. Elle coordonne également un Diplôme Universitaire de spécialité (30 crédits) à l’Université Pompeu Fabre à Barcelone en Gynécologie-Obstétrique depuis septembre 2017. Elle est l’auteure du livre Dysfonctions glandulaires et nerveuses paru chez Maloine en 2009.

N.B. : l’ancien terme « cystite interstitielle » est maintenant remplacé par le nouveau terme « syndrome de la vessie douloureuse) (SVD).

1.1) Importance des infections urinaires (cystites)

Plus de 50% des femmes connaîtront au cours de leur vie au moins une infection urinaire et de 20 à 30% de ces dernières seront affectées par des infections urinaires récurrentes qualifiées de syndrome de la vessie douloureuse (SVD). Les femmes comptent pour environ 70% des individus qui sont atteints de cystite. Les microbes qui causent les cystites sont généralement d’origine intestinale et proviendraient chez la femme généralement du rectum ou d’une infection vaginale qui atteindrait l’urètre et la vessie. Il peut arriver, chez environ 3% des femmes affectées d’une cystite, que l’infection atteigne les reins; on parle alors de pyélonéphrite, une infection grave qui s’accompagne de fièvre et qui constitue une urgence médicale (1-3).

1.2) Les symptômes de la cystite :

1) sensation de brûlure en urinant
2) pollakiurie : envie d’uriner tout le temps même pour quelques gouttes due à de l’inflammation et/ou à une hypersensibilité de la muqueuse vésicale qui a tendance à se contracter en permanence
3) sensation de pesanteur et de douleur pelviennes
4) Douleur lors des relations sexuelles.
5) Présence d’ulcères de Hunner chez environ 10% des cas de SVD

2) Le syndrome de la vessie douloureuse, une maladie inflammatoire chronique qui résiste souvent aux traitements conventionnels.

On parle d’infections urinaires récidivantes lorsqu’il y a présence de deux épisodes d’infection urinaire en six mois ou de 3-4 épisodes durant une année (1,4). Le traitement du syndrome de la vessie douloureuse (SVD) est problématique pour plusieurs raisons :
1) il n’existe pas actuellement d’examens précis qui permettent de faire le diagnostic de ce syndrome de façon certaine, c’est pourquoi on procède généralement par élimination;
2) la cause de cette pathologie n’est pas claire, il s’agirait de causes multifactorielles. Il est nécessaire d’éliminer d’emblée une cause morphologique à l’aide de tests qui permettent de sonder le tractus urinaire; la cytoscopie devrait faire partie de l’étape du diagnostic pour évaluer l’état de la muqueuse vésicale et pour exclure la présence d’un cancer de la vessie;
3) des études montrent qu’environ 41% des sujets atteints du SVD souffrent d’au moins une maladie auto-immunitaire (13.7% de thyroïdite d’Hashimoto et 9.8% du syndrome de Sjogren) (5).
4) il n’existe pas de traitements de référence reconnus dont l’efficacité est prouvée, la prophylaxie est donc une approche « essai et erreur » et les pratiques de médecine complémentaires/alternatives devraient être envisagées selon des groupes d’urologues (6);
5) l’utilisation prolongée d’antibiotique chez les SVD aboutit souvent à un échec et est déconseillée par des associations d’urologues (7) d’autant plus que les antibiotiques à large spectre peuvent affecter négativement la flore bactérienne bénéfique de l’hôte, ce qui favorise un excès de croissance sélective des pathogènes et entraine une résistance bactérienne dans plus de 50% des cas;
6) le SVD affecte gravement la qualité de vie des patients en raison d’un besoin constant d’uriner, de la présence de douleurs souvent insoutenables et des dysfonctions sexuelles qu’il entraîne;
7) avec le temps, l’inflammation de la vessie peut provoquer des lésions ulcéreuses (lésions de Hunner) qui aggravent les symptômes et il a même été établi qu’il y avait une association possible entre le cancer de la vessie et le SVD (3, 8).

3) Les traitements conventionnels de la cystite simple

Les cystites infectieuses sont à 99% d’origine bactérienne : les bactéries gram négatif comptent pour 68% des infections (Escherichia coli 53%; Klebsiella 19%; Pseudomomas 6% et autres) et les bactéries gram positif pour 32% ( Staphilococcus 21%; Enterococcus 6%; Streptococcus 3% et autres) (1). Les infections urinaires simples sont communes et sont généralement traitées efficacement à l’aide d’antibiotique. Le bon usage en pratique médicale préconise de prescrire un examen cytobactériologique des urines (ECBU) pour identifier la présence de bactéries et de leucocytes (globules blancs). La quantité de globules blancs détectés renseigne sur l’importance de l’inflammation et de l’infection. Comme on doit tenir compte du fait que les bactéries sont de plus en plus résistantes à de nombreux antibiotiques, un antibiogramme permet de choisir un antibiotique adapté à la situation. Des tests récents ont montré que de 20 à 78% des souches d’E.coli, la principale bactérie qui cause les cystites, se sont avérées résistantes envers les 19 antibiotiques contre lesquels elles ont été testées (1).

Comme le traitement des infections urinaires simples est généralement efficace, il est fréquent que l’antibiothérapie soit effectué « à l’aveugle », c’est-à-dire sans avoir recours à l’identification de la ou des microorganismes responsables de l’infection. Parce que cette pratique favorise l’accroissement de la résistance aux antibiotiques, on cherche à promouvoir d’autres solutions thérapeutiques que les antibiotiques pour traiter dans un premier temps les cystites simples. Dans cette optique, des travaux de recherche récents bien contrôlés, ont montré que les deux-tiers des femmes atteintes d’une infection urinaire simple, traitées à l’ibuprofen (Advil), un anti-inflammatoire non stéroïdiens (AINS), recouvraient sans traitement subséquent d’antibiotique. On préconise également d’encourager l’utilisation de traitements de médecine complémentaire (naturopathie, probiotiques, aromathérapie et traitements physiques) pour prévenir et traiter dans un premier temps les infections urinaires simples (9,10).

4) Que faire en cas de cystite récidivante?

La première chose à faire est de consulter un urologue qui est le thérapeute le mieux placé pour rechercher à l’aide de différents tests les causes complexes et même rares pouvant expliquer la récidive des cystites. La médecine conventionnelle propose différents traitements tel que décrits au no 5. Toutefois, comme les cystites récidivantes sont des maladies complexes et multifactorielles, les résultats obtenus par la médecine conventionnelle aboutissent souvent à des résultats aléatoires et peu satisfaisants parce que les cystites récidivantes nécessitent une prise en charge globale du patient alors que la médecine conventionnelle s’intéresse généralement avant tout aux symptômes sans s’attarder à la personne globale et à son environnement.

À l’opposé, les thérapeutes spécialisés en médecine alternative/complémentaire prennent en charge la personne dans sa globalité (prédispositions génétiques, microbiome, alimentation, facteurs psychologiques, conditions physiques, mode de vie, et environnement,) et appliquent des méthodes naturelles en travaillant sur l’intestin, le microbiome, la diète, et l’application de techniques de rééducation en kinésiologie, naturopathie, ostéopathie, physiothérapie et autres pour une rééducation active visant à la fois une mise en rémission et la prévention de récidives.

5) Les thérapies conventionnelles pour le traitement du syndrome de la vessie douloureuse (SVD)

Un article intitulé « Current best practice in the management of cystitis and pelvic pain » (les meilleures pratiques courantes pour le traitement de la cystite et de la douleur pelvienne) (7), publié en 2018 par le regroupement de trois associations d’urologues et d’obstétriciens/gynécologues américains et européens, se veut un guide des meilleures pratiques de médecine conventionnelle pour le traitement des SVD. Ce guide propose dans l’ordre 6 étapes de traitements possibles:

1) Renseigner le patient pour qu’il comprenne les issus probables des traitements du SVD basés sur les mesures conservatrices reconnues.
2) La seconde ligne de traitement consiste en des thérapies physiques de contrôle de la douleur (physiothérapie et manipulation des points déclencheurs de la douleur); toutefois, les exercices du plancher pelvien ne sont pas recommandés. On propose également des thérapies de contrôle de la douleur à l’aide de traitements pharmacologiques, à la fois oraux et intra vésicaux; les options thérapeutiques orales sont : des antidépresseurs, des antihistaminiques, des anxiolytiques, des agents qui agissent sur la perméabilité des muqueuses, des anticoagulants et des anesthésiants locaux.
3) La troisième ligne de traitements couvre des interventions endoscopiques telles l’hydrodistension de la vessie et la fulgation (élimination à l’aide de traitements électriques à haute fréquence) lorsque l’on détecte des lésions de Hunner (abcès au niveau de la vessie) suivie par l’injection de glucocorticoïdes.
4) En quatrième ligne, on recommande l’injection intra-vésicale de la toxine botulinum A ou des processus de neurostimulation.
5) En cinquième ligne on recommande l’usage de cyclosporine A orale (un immunodépresseur).
6) En sixième ligne, si des chirurgies majeures s’avèrent nécessaires, il est important d’informer le patient que la douleur pourra persister après cette intervention.

Le guide mentionne une liste d’interventions non recommandées :

1) l’utilisation à long terme des antibiotiques;
2) l’injection intravésicale du bacille Calmette Guerin (BCG);
3) l’administration orale de glucocorticoïdes;
4) l’hydrodistension à haute pression de longue durée.
5) finalement il est précisé qu’aucun traitement ne peut être bénéfique pour tous les patients SVD à l’exception de la fulguration des lésions de Hunner.

À l’intérieur du guide (7), il est fait mention de différences de vision de la part de l’Association européenne d’urologie (EAU), laquelle met l’emphase sur une approche individuelle holistique centrée sur le patient. Pour cette association, l’éducation du patient est prioritaire et on recommande fortement les techniques suivantes de physiothérapie périnéale:

1) thérapies manuelles transvaginales des muscles du plancher pelvien
2) manipulation des points de déclenchement de la douleur pelvienne ;
3) manipulations myofasciales dont la qualité dépend du degré d’habilité des physiothérapeutes spécialisés dans ce domaine précis. On recommande aux patientes de consulter dès le début du traitement un conseiller en relation d’aide (psychologue, sexologue). Selon ce groupe, les preuves sont limitées concernant l’efficacité des techniques suivantes : électromagnétisme, stimulation par ultrasons, stimulation électrique des nerfs à travers la peau (TENS) tout en précisant qu’ils ne sont ni pour, ni contre.

En ce qui concerne les agents pharmaceutiques, le groupe européen mentionne que la plupart des patients n’obtiendront pas le contrôle de leurs symptômes avec une monothérapie et que des thérapies multimodales adaptées aux principaux symptômes des patients doivent être utilisées avec des résultats variables ; il s’agit en l’occurrence des antagonistes des récepteurs de l’histamine, des antidépresseurs, de l’Azathioprine dont l’activité immunosuppressive serait efficace pour réduire la douleur et les symptômes de la partie inférieure du tractus urinaire, alors que les corticostéroïdes ne seraient pas recommandés. Une combinaison d’héparine, de lidocaine et de bicarbonate de sodium serait efficace chez 94% des patients pour permettre un soulagement soutenu de la douleur chez une proportion élevée de patients. Selon eux, l’hydrodistension de la vessie est utile pour le diagnostic mais pas comme mesure thérapeutique en raison d’un manque de preuve.

Les deux autres associations d’urologues, d’obstétriciens et de gynécologues américains et britanniques qui ont participé à la rédaction du guide suggèrent pour leur part d’améliorer la qualité de vie des patients à l’aide de mesures générales simples d’autogestion faisant appel à de la formation concernant la diète, le contrôle du stress et des stratégies non pharmaceutiques, dont la physiothérapie et le support psychologique. Ils mentionnent également que l’efficacité des médicaments antidépresseurs n’est pas suffisamment prouvée par la recherche scientifique. Pour conclure, ces médecins spécialistes affirment que le SVD est une condition habituellement incurable.

Heureusement, il y a de l’espoir car une meilleure compréhension des phénomènes impliqués dans le développement du SVD émerge grâce à la recherche scientifique qui applique depuis 2012 les nouvelles techniques de la métagénomique microbienne. Le retard dans ce domaine est dû au « dogme » de la stérilité de l’urine chez les gens en santé, lequel dogme perdure encore dans certains milieux. Dans le compte rendu de la réunion annuelle 2017 (Best of the 2017 AUA Annual Meeting) de l’Association des urologues américains, on a mis l’emphase sur les nouvelles études de la métagénomique microbienne appliquée au SVD sous le titre « Du microbiome au génome : les mystères de la douleur pelvienne chronique du système urinaire se dissipent lentement »(11).

6) Les dernières avancées de la recherche scientifique, en ce qui concerne le syndrome de la vessie douloureuse (SVD), s’intéressent à de nouveaux champs d’intérêt :

6.1) L’existence d’un microbiome urinaire qui a permis d’élargir les connaissances sur les pathologies urinaires et leur traitement.

Parce que les méthodes d’analyses microbiologiques standards sont incapables de caractériser le spectre complet des espèces microbiennes présentes dans l’urine, on a crû que la vessie et l’urine étaient stériles chez les individus en santé. Grâce au développement des nouvelles techniques de la métagénomique microbienne, on a pu mettre en évidence la présence de communautés bactériennes nombreuses et variées (microbiome) dans le tractus urinaire des gens en santé (12). Ces méthodes d’analyse ont également permis de montrer que des cas de SVD que l’on croyait sans cause infectieuse étaient en réalité dus à des pathogènes qui passent inaperçus lors des cultures d’urine de routine. Ainsi la présence de plusieurs bactéries cliniquement significatives a été détectée chez environ 75% des patients SVD (13). On a également identifié la présence de champignons (Candida Albicans et Saccharomyces), de virus et de bactériophages (virus qui lysent les bactéries) dans l’urine de patients SVD ( 6,12, 14). Il ressort d’une excellente étude (15) que l’infection des lymphocytes T par le virus Epstein-Barr pourrait être une cause de l’inflammation persistante de la vessie chez des patients atteints de SVD. Une infection au virus Epstein-Barr était présente chez 87.5% des prélèvements de la vessie provenant des patients SVD avec lésion de Hunner et chez 17.4% des prélèvements de la vessie provenant des patients SVD sans lésion de Hunner.

Les études montrent que l’urine des SVD contient souvent moins de Lactobacillus acidophilus comparativement à l’urine des gens en santé (16). Ceci est important car un bon équilibre du microbiome urinaire semble particulièrement influencé par les bactéries qui secrètent de l’acide lactique. L’acide lactique influence à la baisse le pH de l’urine (pH ≤ 4.5) ce qui créée un microenvironnement défavorable à la majorité des microorganismes pathogènes, sans compter que les différentes espèces de Lactobacillus produisent aussi des métabolites anti-bactériens. On a de plus démontré que non seulement les espèces de Lactobacillus retrouvées chez les patients SVD sont moins nombreuses que chez les témoins sains, mais également qu’elles produisent moins d’acide lactique que les espèces de Lactobacillus qui colonisent les individus en santé. L’acide lactique produit par les Lactobacillus de la souche Shirota réduirait le risque de cancer de la vessie et pourrait même lutter contre les tumeurs de la vessie.

Le rôle positif d’un microbiome équilibré dans le maintien de la santé du système urinaire ne fait plus de doute et il est maintenant démontré qu’une dysbiose urinaire favorise la récurrence des SVD. Dans un article publié en 2018, on a démontré qu’une transplantation fécale effectuée pour mettre fin à une infection grave due à C. difficile a permis du même coup de mettre fin à des infections récurrentes du système urinaire (SVD) qui duraient depuis 25 ans chez une femme âgée (17). Un autre article montre également qu’une transplantation fécale qui avait pour but de traiter une infection à C. difficile a permis de mettre fin et/ou de réduire de façon drastique les récidives du SVD chez 8 femmes ainsi traitées (18).

Ceci démontre bien que la présence d’une dysbiose (déséquilibre du microbiome) est un terrain propice au développement du SVD et que le retour à l’équilibre du microbiome intestinal exerce une influence directe sur l’équilibre du microbiome urinaire. Il est reconnu que les microorganismes impliqués dans le développement des infections urinaires proviennent généralement de notre propre microbiome intestinal, lequel joue un rôle essentiel dans le développement et le maintien d’un système immunitaire performant, alors qu’un déséquilibre du microbiome intestinal peut provoquer une hyperperméabilité de la muqueuse intestinale favorisant ainsi le développement de cystites. Par exemple, une diète inappropriée provoque à la longue un déséquilibre des microbiotes (bonnes bactéries commensales) en faveur des bactéries pathogènes. Il s’ensuit une inflammation qui augmente la perméabilité de la muqueuse intestinal, ce qui va permettre le passage de grosses molécules alimentaires insuffisamment digérées et/ou d’antigènes microbiens. Ces molécules qui ont conservé leur antigénicité (capacité d’activer le système urinaire en raison de leur grosseur et d’induire de l’inflammation, peuvent alors traverser les muqueuses, y compris les muqueuses du système urinaire, et y déclencher des phénomènes inflammatoires, d’où le développement de cystites.

Des études ont fait la preuve que les différents microbiomes de l’organisme (intestinal, urinaire, vaginal, pulmonaire, oral, de la peau, etc.) ont une importance stratégique dans le maintien de la santé et/ou le développement de pathologies et qu’il est possible de modifier le microbiome à l’aide de la diète et de la transplantation fécale. Conséquemment, on propose que les analyses actuelles et futures du microbiome urinaire soient réalisées à l’aide des techniques très évoluées et fiables de la métagénomique microbienne pour mieux comprendre la nature des infections du système urinaire ainsi que les réponses des patients aux traitements.

La métagénomique microbienne est une technique de séquençage à haut débit de l’ADN d’une grande quantité de microorganismes (microbiotes) provenant d’un milieu donné, sans avoir à les cultiver au préalable. Cette technique, parce qu’elle est couplée à la bioinformatique, donc qu’elle a accès à d’énormes banques de données informatisées, permet d’analyser et de caractériser très rapidement les gènes des différents microorganismes d’un milieu donné. Par exemple, on peut découvrir une nouvelle espèce de bactéries et connaître en même temps plusieurs de leurs propriétés comme par exemple la production d’une enzyme qui secrète une sorte de molécule précise. C’est cette technologie qui a permis de comprendre le rôle essentiel que jouent les microbiomes dans le maintien de notre santé et /ou le développement des maladies.

On considère que l’utilisation prospective systématique des outils de la métagénomique microbienne devrait permettre de mieux comprendre le rôle des microorganismes inconnus et non conventionnels du système urinaire, tout en améliorant nos connaissances de la flore urinaire normale et/ou dysfonctionnelle (12). Même si on convient qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour être capable de transférer les connaissances découlant d’une meilleure compréhension du microbiome urinaire à la pratique médicale courante, la recherche récente a ouvert de nouvelles voies qui permettent non seulement de mettre en évidence la présence d’un microbiome urinaire mais également de commencer à le caractériser ce qui devrait permettre dans un avenir prévisible d’améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies du système urinaire (6).

6.2) Importances relatives des prédispositions génétiques et des facteurs environnementaux dans le développement du SVD et des douleurs qui lui sont associées

Il existe un lien significatif entre le développement du SVD et une particularité génétique située sur le chromosome 3 (3p21-3q13) (19); également, certaines régions des chromosomes nos 1, 4, 9 et 14, pourraient influencer la prédisposition à développer le SVD. On a aussi découvert que l’expression d’un gène de mucosité chez les patients atteints de SVD favorisait l’adhérence des microorganismes à l’épithélium du tractus urinaire comparativement aux contrôles normaux. L’importance de cette caractéristique influencerait à la fois le niveau de douleur des patients ainsi que le développement de lésions consécutives à la présence d’une inflammation chronique (20). Les bactéries qui secrètent de l’histamine, telles les Enterococcus, amplifieraient le niveau de douleur par l’intermédiaire du récepteur-4 toll-like qui a la capacité d’induire une réponse inflammatoire (21).

La douleur serait aussi influencée à la hausse par la présence dans les urines de microorganismes fongiques tels candida et Saccharomyces, lesquels microorganismes entraînent une hyperréactivité de la vessie chez les individus prédisposés (22). Il est révélateur que chez les souris dont la vessie était colonisée par des bactéries gram-positif, l’amplification de leurs douleurs dépendait davantage de leur prédisposition génétique que de la présence de ces bactéries (23, 24). Ceci suggère que ce n’est pas tant la présence d’un microorganisme qui est le facteur le plus important dans le déclenchement d’une pathologie et/ou de la douleur mais davantage la présence d’une prédisposition génétique dont l’expression est activée par un ou des facteurs environnementaux (diète, mode de vie, stress, pollution, etc). L’étude suivante menée chez des jumeaux démontre que ce n’est pas avant tout les gènes qui déterminent la composition du microbiome urinaire puisque les constituants microbiens des jumeaux identiques ne sont, à peu de choses près, pas plus similaires que ceux des jumeaux non identiques; ceci suggère fortement que les facteurs environnementaux ont une plus grande influence que le génome humain sur la formation du microbiome (25-28) même s’il existe certaines espèces microbiennes (ex. Christensenella) qui sont plus fortement transmissibles génétiquement que d’autres. Pour bien montrer l’influence du microbiome intestinal sur la santé globale des individus, une étude portant sur la composition des microbiotes du microbiome intestinal intestinal effectuée à l’aveugle a permis de classer les individus en tant qu’obèse ou non obèse avec une précision de plus de 90% (29). On comprend donc pourquoi les gènes ne permettent pas d’expliquer l’épidémie d’obésité actuelle.

*(le microbiome englobe à la fois les microbiotes avec leurs gènes + leur environnement intestinal qui inclut le second cerveau, les cellules immunitaires associées à la muqueuse intestinale et les autres cellules spécialisées associées à cet environnement.)

Pasteur affirmait déjà il y a près de 200 ans « le microbe n’est rien, le terrain est tout ». On sait maintenant que ce n’est pas la prédisposition génétique à développer une pathologie qui est dans la plupart des cas le facteur prédominant, mais bien la présence d’un ou de facteurs environnementaux qui permettent à la fois l’expression du gène et le déclenchement de la maladie. On appelle épigénétique, l’action de l’environnement sur les gènes. Dans les cas d’infection, la capacité d’éliminer avec succès un microorganisme pathogène très virulent dépendra à la fois de nos gènes, de l’état de notre système immunitaire qui à son tour est tributaire de notre mode de vie et de l’état global de notre santé, tant physique que psychologique.

6.3) Les microRNA, un nouvel outil de diagnostic moléculaire du SVD en développement

Il a été mis en évidence récemment que la pathogénèse moléculaire du syndrome de la vessie douloureuse est basée sur l’expression de microRNA. Les séquences du RNA des miRNA présents dans les tissus de la vessie, lorsque comparées entre les tissus normaux de la vessie et ceux atteints de cancer, révèlent une expression dérégulée de 366 miRNA. Identifier l’expression aberrante de ces miRNA pourrait permettre de développer dans un proche avenir de nouveaux marqueurs et de nouvelles cibles thérapeutiques pour le traitement des maladies du système urinaire (30).

6.4) Un traitement expérimental à base d’injection de plasma riche en plaquettes (PRP) s’est avéré très efficace pour le traitement du SVD

Le traitement de 13 femmes atteintes de SVD, à l’aide de 4 injections intra-vésicales de plasma riche en plaquettes à un mois d’intervalle, s’est avéré très efficace pour diminuer de façon significative les symptômes et la douleur des patientes SVD. Il a été également observé que la capacité fonctionnelle et le comportement normal de la vessie s’étaient normalisés dès la première injection. Les infections urinaires et la difficulté d’uriner ont également cessées chez toutes les patientes alors que l’action positive des interleukines 2 et 8 ont augmenté significativement dès la première injection. Les auteurs concluaient que les injections intra-vésicales répétées de PRP étaient bien tolérées, sécuritaires et efficaces dans les cas réfractaires de SVD et amélioraient de façon significative les symptômes des patients (31).

6.5) Le D-Mannose serait un sucre efficace contre les SVD

Le D-Mannose, un sucre simple, qui en raison de sa compétitivité avec E. coli pour la reconnaissance de récepteurs, aurait une action préventive en empêchant l’adhésion de cette bactérie à la muqueuse du système urinaire tel que démontré par quelques études. Un autre avantage de ce sucre est qu’il est rapidement absorbé et excrété par le système urinaire (32, 33). Ce produit se retrouve facilement en vente libre dans les bons magasins de produits naturels.

7) Conseils pratiques pour prévenir les infections urinaires et leurs récidives, dont les informations proviennent majoritairement du dossier « Quérir & Bien vieillir » no 11, Mars 2018, préparé par le Dr Éric Ménat, un médecin généraliste français à orientation diététique, phytothérapie et homéopathie (10).

Précautions générales :

• Éviter les pantalons trop serrés principalement ceux en fibres synthétiques et surtout éviter de les porter durant de longues périodes et par temps chaud.
• Utiliser des sous-vêtements en coton et les changer tous les jours.
• Boire beaucoup de liquide
• Uriner souvent et suffisamment
• Éviter les bains trop chauds
• Un pH urinaire trop acide peut favoriser les cystites, à surveiller
• Éviter de conserver trop longtemps un maillot de bain mouillé, imprégné de sel et de sable

Précautions d’hygiène intime :

• Conserver toujours la zone génitale propre
• Ne pas utiliser de désinfectant, de spermicide, de talc parfumé; choisir uniquement des produits nettoyants adaptés à l’hygiène intime dont le pH est adapté
• Aux toilettes, il est important de savoir bien s’essuyer après la selle. Il faut s’essuyer de l’avant vers l’arrière pour éviter de ramener des microorganismes intestinaux vers la vulve et le conduit urinaire. Si c’est possible, un petit lavage local est recommandé, sans oublier de bien se sécher
• En cas de rapport sexuel, une toilette intime avant (chez les 2 partenaires) et après; boire et uriner rapidement après le rapport permet de laver le conduit urinaire. Dans les cas où les cystites sont déclenchées principalement suite aux rapports sexuels, il est recommandé de recourir à un bilan gynécologique pour vérifier s’il y a présence d’un déséquilibre de la muqueuse et de la flore vaginale.
N.B. : la flore génitale du partenaire a son importance car la flore et les muqueuses de la femme mettent parfois des mois à s’adapter à la flore génitale d’un nouveau partenaire. Dans certains cas, l’expérience a montré qu’il est nécessaire d’agir sur la flore intestinale du partenaire.
• La position lors des relations sexuelles est importante et l’alignement doit éviter d’irriter l’urètre.

Situations particulières aptes à favoriser le développement des cystites récidivantes

• La pré-ménopause et la ménopause, en raison de la sécheresse possible des muqueuses due à la carence en œstrogène, entraîne une perturbation de la flore vaginale et urinaire ce qui favorise en particulier les mycoses; il faut traiter la mycose et agir sur la flore vaginale à l’aide de gélules de probiotiques (flore de Döderlein, ensemble des lactobacilles qui colonisent la zone vaginale) à déposer au fond du vagin, vendues commercialement à cette fin. Le Dr Éric Ménat recommande aussi un produit allopathique qui apporte des hormones naturelles qui n’entraînent aucun effet secondaire ni aucun sur-risque de cancer, l’estriol. Il y a également des preuves que l’administration topique d’œstrogène chez les femmes ménopausées normalise la flore vaginale et réduit grandement le risque de SVD (34). La crème EMP de Sarati donne souvent de bons résultats.
• Un déséquilibre de la flore intestinale peut également favoriser le développement de cystites. Une alimentation bien équilibrée, riche en fibres et la prise de probiotiques et de prébiotiques peuvent aider à corriger le problème.
• Un blocage ostéopathique, plus particulièrement un blocage du bassin, sacrum, symphyse pubienne, lombaires, de même qu’un manque de mobilité de la vessie et de l’urètre, suite à un traumatisme ou à un micro-traumatisme local (sexuel et/ou obstétrical), la présence d’adhérences suite à une première ou plusieurs infections, peuvent être une cause de cystites récidivantes. Un ostéopathe peut corriger le problème.
• Les constipations chroniques et les diarrhées aiguës.
• Les intolérances alimentaires incluant l’histamine.
• Les femmes enceintes, en raison de facteurs mécaniques et hormonaux, peuvent devenir plus sensibles à développer des cystites récidivantes.
• Les personnes diabétiques dont la situation n’est pas bien contrôlée.
• Les malformations de l’arbre urinaire et les calculs urinaires.
• Les personnes affaiblies par une autre maladie et les personnes hospitalisées.
• Les descentes d’organe qui peuvent être traitées efficacement en ostéopathie et en physiothérapie; il y a toutefois des cas qui nécessitent une chirurgie.
• Anomalies immunitaires.
• Un cancer des voies urinaires peut donner des symptômes assez proches des calculs.

8) Plusieurs thérapies de médecine intégrative permettent d’améliorer le traitement des personnes atteintes du SVD et réfractaires aux thérapies de la médecine conventionnelle.

N.B. : la médecine intégrative fait appel à la fois à la médecine conventionnelle ou allopathique (basée sur les symptômes, l’utilisation de médicaments et la chirurgie) ainsi qu’aux médecines alternatives/complémentaires, qui reposent sur une approche globale de la personne et de son mode de vie, alliant prévention et soins individualisés.

8.1) La première démarche des thérapeutes en médecine alternative et complémentaire est de s’intéresser à l’histoire du patient et à son mode de vie. La diète du patient a une importance particulière en raison de l’influence primordiale de cette dernière sur le maintien de l’équilibre du microbiome intestinal et de son impact sur la santé globale et le comportement.

Application d’une diète anti-inflammatoire ciblée pour lutter contre le SVD

Avant toute chose, la base d’une alimentation santé doit reposer quotidiennement sur la consommation d’une grande quantité de légumes variés de différentes couleurs (idéalement biologique dans la mesure du possible), sur quelques fruits et petits fruits, sur des grains entiers, des noix, des légumineuses et si vous êtes omnivores, sur une quantité raisonnable de viandes, principalement blanches cuites à basse température. Les végétaliens et véganes ont intérêt à consommer davantage de légumineuses pour s’assurer d’une consommation suffisante de protéines.

Une diète anti-inflammatoire constitue à mon avis la première étape à respecter pour prévenir et lutter contre les maladies inflammatoires chroniques. Les personnes atteintes du SVD ont vraiment intérêt à respecter une telle diète en raison de l’inflammation systémique de leur système urinaire. Il s’agit donc d’éliminer les aliments pro-inflammatoires suivants :

1) tous les sucres raffinés
2) toutes les céréales qui contiennent du gluten
3) tous les produits laitiers d’origine animale
4) les excès de viandes, principalement de viandes rouges. Il est préconisé de cuire la viande à moins 110°C pour éviter le plus possible la formation de glycotoxines, qui sont des molécules fortement pro-inflammatoires résultant de la réaction de Maillard.
5) les aliments industriels ultra-transformés (aliments raffinés, riches en sucre, en sel, en glycotoxines et contenant des édulcorants, des colorants, des produits chimiques dont des pesticides et des aliments issus de cultures OGM, nécessairement exposés à de grandes quantités de Round up. Exemples les plus courants : pains faits de farines raffinées, pâtisseries industrielles, boissons gazeuses y compris les boissons diètes, jus industriels, bonbons, pizza, etc.

Il est important de se rappeler qu’aucun aliment aussi bénéfique qu’il puisse être ne peut pas convenir à tous. Donc, il est possible que de 10 à 20 % de patients SVD souffre d’une intolérance à un ou à des aliments qui sont considérés normalement comme inoffensifs. Par exemple une intolérance au riz est toujours possible comme c’est le cas pour tous les aliments. Donc si la diète anti-inflammatoire n’améliore pas de façon importante votre condition, il serait bon que vous vous inspiriez de l’article suivant sur mon blogue : « la diète hypotoxique ne fonctionne pas pour vous? » et de rédiger un journal quotidien pour inscrire tous les aliments que vous consommez quotidiennement ainsi que de noter « comment vous vous sentez ». Vous pouvez également consulter un thérapeute formé en kinésiologie appliquée (recommandé sur mon blogue) qui habituellement est en mesure de diagnostiquer votre ou vos intolérances alimentaires en effectuant un test d’intolérance et d’allergies alimentaires. Il est important d’identifier ses intolérances alimentaires qui pourraient toucher des aliments qui ne sont pas interdits par la diète anti-inflammatoire car de telles intolérances peuvent annuler totalement ou en partie les effets de la diète anti-inflammatoire. Je vous suggère à titre informatif de lire sur mon blogue l’article intitulé « Tests pour les réactions alimentaires adverses + 10 témoignages ».

En plus de respecter une diète anti-inflammatoire, les individus atteints du SVD auraient intérêt à éviter les aliments irritants suivants :

Tous les sucres ajoutés, même ceux qualifiés de sucre bruts normalement permis dans la diète anti-inflammatoire (genre Sucanat, sirop d’érable, miel, etc) car le sucre favorise de façon importante une exacerbation de la croissance des levures, phénomène très fréquent chez les SVD. De plus, les patients SVD auraient avantage à éliminer les aliments qui sont classés comme des irritants pour la vessie : café, thé (le thé vert fait exception selon certains auteurs car il n’est pas identifié comme irritant), alcool, fruits acides (le citron dépendamment de l’individu car les réactions diffèrent face à ce fruit), chocolat, vinaigre, tomates (sauce tomate, ketchup) asperges, artichauts et les mets épicés, les épices telles curry, cumin, piment, poivre de cayenne, les édulcorants (aspartame et autres). Même si on encourage souvent la prise de canneberges et/ou de jus de canneberges pour traiter le SVD, il semble que ce ne soit pas nécessairement une bonne idée car l’acidité de ce fruit peut causer des problèmes à la muqueuse fragile de certains patients SVD.

Lorsque votre système urinaire aura recouvré la santé, en fait que vous serez en rémission, l’écoute des réactions de votre corps vous renseignera peu à
peu sur les aliments que vous pouvez consommer sans problème, ceux que vous pourrez consommer occasionnellement et ceux que vous devrez éliminer définitivement. Si vous voulez éviter les récidives, dans la plupart des cas, vous devriez éviter les aliments proscrits par la diète anti-inflammatoire hypotoxique (même si vous pouvez, selon vos sensibilités propres, vous permettre quelques écarts). En ce qui concerne la liste des aliments à éviter parce qu’ils sont irritant pour une vessie enflammée, seules vos expériences personnelles vous permettront de faire les bons choix à moyen et à long terme.

8.2) Plusieurs approches alternatives de Santé intégrative, autres que la diète, ont fait la preuve qu’elles peuvent apporter des solutions thérapeutiques efficaces pour les patients SVD réfractaires aux thérapies médicales conventionnelles.

On reconnait maintenant qu’il est impossible d’agir efficacement sur la santé globale des individus sans agir énergiquement sur l’alimentation. Comme le syndrome de la vessie douloureuse est un phénomène multifactoriel, qui peut différer selon les individus, il est indiqué de traiter cette pathologie avec différentes approches de santé intégrative tout en tenant compte des particularités individuelles.

8.2.1) Les thérapies physiques de manipulation (physiothérapie, ostéopathie, chiropratique, massage thérapeutique)

Les thérapies physiques typiques pour le traitement des SVD mettent l’emphase sur le plancher pelvien, les hanches, le dos et les muscles abdominaux. Elles impliquent généralement la manipulation des fascias du plancher pelvien et des muscles mais aussi des viscères, des nerfs et des artères en ce qui concerne l’ostéopathie.

La chiropratique ou chiropraxie, est une pratique médicale et manuelle basée sur la manipulation des différentes parties du corps humain et plus particulièrement de la colonne vertébrale.

La physiothérapie est une discipline de la santé intervenant au niveau de la prévention et promotion de la santé, de l’évaluation, du diagnostic, du traitement et de la réadaptation des déficiences et incapacités touchant les systèmes neurologique, musculo-squelettique et cardiorespiratoire de la personne (OPPQ).

L’ostéopathie est une approche manuelle dont l’objectif est de rétablir la fonctionnalité des structures et des systèmes du corps humain afin d’optimiser sa capacité d’autorégulation. Cette pratique est basée sur des connaissances approfondies des sciences de la santé et des interactions propres à l’équilibre de l’organisme. Grâce à une palpation fine et précise, une évaluation complète et globale permet d’investiguer la cause des dysfonctions neuro-musculo-squelettiques, viscérales et crâniennes (Ostéopathie Québec).

Voici un résumé du rôle de la rééducation périnéale en physiothérapie pour une cystite interstitielle ou SVD et les données et structures prises en compte dans un suivi ostéopathique.

En physiothérapie comme en ostéopathie, l’évaluation vise à identifier les fonctions atteintes par cette condition dans la vie quotidienne de la patiente.

1- fonction urinaire: on investigue la fréquence mictionnelle, la présence ou non d’urgences mictionnelles et d’incontinence urinaire et leurs circonstances, la présence de douleur et sa durée, le caractère cyclique/aléatoire/réponse à des irritants identifiables ou non des symptômes. Un des outils utilisés est le calendrier mictionnel, qui servira à noter la progression et guider l’éducation.
2- fonction fécale: présence ou non de concomitance de symptômes fécaux, ex. diarrhée/constipation durant les crises, incontinence, douleur, présence de sang. On note si on doit réviser la technique d’évacuation avec la patiente, ou si on doit investiguer une éventuelle dyssynergie sphinctérienne.
3-fonction sexuelle: atteinte de la sphère sexuelle chez la patiente, par douleur profonde et/ou superficielle, sa durée et son effet post-coït. Des conseils sont prodiguées quant aux postions à adopter ou pas lors des relations sexuelles.
4- fonction de la vie quotidienne: ce qui est altéré par les symptômes en termes d’activités, position assise/debout, travail, loisirs.

Les limitations dans les fonctions vont déterminer en partie les buts de l’intervention, ainsi que les buts à court, moyen et long terme, pour chacune des sphères touchées. Cela donne également des balises autres que la douleur afin de noter la progression.

Les investigations médicales attendues sont avec culture urinaire négative pour la cystite interstitielle.

Les cytoscopies et bilans urodynamiques ne sont pas nécessairement déjà faits lors de la prise en charge, mais souvent à venir. On ne distingue pas au départ une cystite interstitielle d’un syndrome de vessie douloureuse, à moins d’avoir confirmation de lésions par cystoscopie. Certains urologues font la distinction entre les deux conditions, d’autres non.

Les examens en physiothérapie selon Magali Scheubel, physiothérapeute spécialisée en rééducation périnéale sont:

L’évaluation objective est pelvienne et musculo-squelettique. On recherche les changements de sensation cutanée pour repérer des anomalies sensorielles au périnée, bassin et abdomen. On utilise la palpation externe pour déceler les points gâchette des muscles du plancher pelvien, du bassin externe, des abdominaux et des muscles para-vertébraux.

La palpation interne sert à déterminer le tonus musculaire et le contrôle moteur pelvien, qui est souvent altéré dans des cas de douleur abdominale et pelvienne. On note la présence de points de tension, la qualité du relâchement musculaire, la sensibilité des trajets neuraux et les structures reproduisant les symptômes. On détermine également si les os du bassin sont alignés et si un segment vertébral est impliqué, soit hypo ou hypermobile, sensibilisé, et/ou avec restriction cutanée.

En traitement, on cherchera à normaliser le tonus des muscles du plancher pelvien (habituellement trop tendu et incapable de relâchement en réponse à la douleur) qui a aussi une incidence sur les symptômes. Les exercices seront axés sur la relaxation musculaire et à la correction des changements posturaux amenés par la douleur.

Les interventions incluent beaucoup d’éducation sur la science de la douleur et la sensibilisation des tissus entourant l’organe atteint. Le traitement physique s’appuie sur ces principes et travaille à la désensibilisation graduelle des tissus en mobilisations douces, sous le seuil de douleur, afin de changer la réponse corticale douloureuse en réponse à un stimulus normal (changer une sensation de brûlement à une sensation de pression, par exemple.) La rééducation vésicale est ainsi graduelle.

Les aspects ostéopathiques pratiques, selon Nathalie Camirand physiothérapeute et ostéopathe spécialisée :

L’évaluation et les traitements tiennent compte de la position et de la mobilité des viscères, de la structure qui les soutient, du trajet des nerfs et des artères afin d’optimiser leur fonction. La possibilité de moduler l’information dans le trajet dans la moëlle épinière et son interprétation dans le cerveau sont pris en compte par un travail crânien et de ses zones spécifiques en relation avec la douleur chronique (CCA , insula, et centres mictionnels corticaux) ainsi que les dysfonctions retrouvées le long de la colonne vertébrale. Aussi, toute dysfonction de mobilité de la structure : sacrum, coccyx, iliaques, symphyse pubienne, colonne lombaire et dorsale particulièrement dans les zones d’innervation de la vessie (D10 à L2) sont évalués et traités. Le trajet des nerfs ilio-inguinal, ilio-hypogastrique et pudendal sont aussi évalués et traités selon les dysfonctions retrouvées. Le système urothélial est ainsi évalué spécifiquement.

Les anomalies de position et de mobilité des organes abdomino- pelviens pouvant affecter la position et le mobilité de la vessie sont évalués et traités afin de pouvoir redonner à la vessie sa pleine mobilité. La vessie est trop souvent victime de pression qui vient des organes abdominaux et/ou d’une mauvaise position utérine.

Le système immunitaire est abordé via le traitement ostéopathique de la rate, du thymus et de l’intestin. Des conseils au patient concernant la diète et l’hygiène de vie sont prodigués en fonction de certaines données palpatoires. Les patients sont encouragés à voir un naturopathe ou un nutritionniste spécialisé à cet effet.

L’aspect hormonal est aussi pris en compte notamment en ce qui concerne l’optimisation des fonctions de la thyroïde, des surrénales et des gonades, ces glandes pouvant affecter la muqueuse et le tonus vésicale.

Le patient est au cœur de la thérapie et est pris en charge dans toute sa globalité mais aussi dans la spécificité à prendre en compte pour cette pathologie. Le travail multidisciplinaire est encouragé.

Des études ont démontré que les techniques physiques de manipulation permettent de diminuer de façon significative la douleur et la tension du plancher pelvien. Par exemple, après des cédules de 10 traitements, 59% des patientes disaient avoir obtenu une amélioration modérée à importante de leur condition physique (35). Il semble toutefois que l’efficacité de ces techniques pour soulager la douleur dépende fortement de la qualité de la formation du thérapeute et de son habilité, du temps passé avec le patient et de l’intensité des traitements (36, 37). Parce qu’il s’agit d’une technique non invasive qui peut être associée à d’autres thérapies, le guide de l’Association des urologues américains a classé en 2011, les thérapies physiques au rang de thérapie de seconde instance pour le traitement des SVD (38). Selon des gynécologues, les patients qui ont le plus de chances de bénéficier des thérapies physiques touchant le plancher pelvien sont ceux dont la douleur est reproductible à la palpation ou à la contraction du plancher pelvien, des parois abdominales ou des muscles du dos, ainsi que ceux qui ont suivi un déconditionnement significatif résultant de pratiques d’évitement de la douleur (39).

8.2.2) Manipulation des points déclencheurs de la douleur

Les points déclencheurs de la douleur sont des régions précises et hypersensibles à la douleur, situées à l’intérieur des muscles; ils sont fréquemment localisés dans les parois abdominales ou dans les muscles du plancher pelvien, chez les patients SVD dont la source de la douleur est d’origine viscérale (40). Ce sont des nodules palpables qui sont très douloureuses lors de palpations fermes et qui sont à la fois associées aux douleurs ressenties, à des dysfonctions motrices et parfois à des symptômes en lien avec le système autonome. Ces points déclencheurs impliqueraient une dépolarisation neuromusculaire anormale et seraient une composante intégrale de la douleur myofasciale. Il y a des évidences qui indiquent que les points déclencheurs peuvent induire une amplification de la douleur impliquant le système nerveux central (39).

L’injection locale d’un anesthésique tel le lidocaine dans les points déclencheurs des muscles abdominaux, lorsque associée à des exercices d’étirement, peut diminuer la douleur pendant une année suite au traitement (41). Les patients qui sont les plus à même de bénéficier de cette thérapie sont ceux dont les points douloureux sont focalisés et relativement petits et chez qui la palpation reproduit les symptômes primaires. Dans les cas où les points déclencheurs sont mal focalisés et multiples, il est conseillé aux cliniciens d’éviter les injections dans de multiples sites chez cette dernière catégorie de patients (39).

8.2.3) Des exercices physiques bénéfiques pour les patients SVD

L’exercice physique peut comporter de multiples avantages : diminution du stress, de l’anxiété, de la douleur, amélioration de la qualité de vie, des fonctions physiques, de l’humeur, du sommeil ainsi que de la confiance en soi. Les activités physiques appropriées pour les patients SVD, sont la marche, la nage, les exercices aérobiques, les étirements, le yoga, les pilates, le Qigong, et le Tai Chi ou toute autre activité que le patient aime et qui correspond à ses capacités. Tous ces exercices doivent débuter lentement et être réalisés à un rythme lent car un exercice trop intense peut exacerber la douleur (39). Des études sur l’influence des exercices de relaxation et de méditation chez les patients qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques ont montré que l’exercice peut améliorer de façon significative leur qualité de vie, qui se traduit par une augmentation des capacités physiques, de meilleures réponses immunitaires, une diminution du stress et l’activation des régions spécifiques du cerveau impliquées dans la suppression de la douleur (39, 42).

Alors que le stress et le manque de sommeil favorisent une augmentation de la perméabilité intestinale et un déséquilibre du microbiome intestinal, lesquels s’accompagnent d’une augmentation de l’inflammation, l’exercice physique constitue, pour les patients qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques telle le SVD, une pratique thérapeutique bénéfique tant au point de vue de la prévention que de la mise en rémission de leur maladie chronique (43-45).

8.2.4) Neuromodulation

La technique de neuromodulation la plus accessible est le TENS qui implique la libération d’un courant électrique de bas voltage à l’aide d’électrodes placées sur la peau. Cette technique qui supprime la nociception (réaction défensive d’alarme) est souvent utilisée en association à des thérapies physiques et s’avère efficace pour contrôler les douleurs myofasciales et les douleurs du bas du dos. Diverses expériences de neuromodulation chez des patientes SVD, ont permis de diminuer la douleur pendant des périodes de plusieurs mois (46-48).

8.2.5) Thérapie cognitivo-comportementale et d’attention

Les maladies inflammatoires chroniques de longue durée entraînent souvent des comportements mal adaptés à la situation et une sensibilité exacerbée face à la douleur. La thérapie cognitivo-comportementale et d’attention cherche à expliquer et corriger les problèmes psychologiques en se centrant sur les pensées et les comportements. Ainsi, le patient apprend la contribution de ses pensées et de ses comportements à l’occasion des problèmes qu’il rencontre et il s’habitue à modifier ses pensées et ses comportements, ce qui lui permet de diminuer son anxiété et ses modes de pensées (ruminations, obsessions, inquiétudes). Ainsi, la thérapie comportementale permet aux patients SVD de mieux comprendre les mécanismes de la douleur, ce qui les aide à mieux la contrôler. Les patients qui sont le plus à même de profiter de la thérapie comportementale sont ceux qui ont une longue histoire de douleur chronique et qui rapportent des symptômes dépressifs, des problèmes de sommeil, d’évitement (travail, activités physiques, relations interpersonnelles) en raison de leur douleurs (39).

Des études ont également montré que la psychothérapie accompagnée de stimulation somatosensorielle (acupuncture, moxibustion, utilisation de ventouses) a permis de diminuer de façon significative la douleur chez les patients SVD et d’améliorer leur qualité de vie comparativement aux thérapies conventionnelles (49).

8.2.6) Acupuncture

L’acupuncture est une thérapie reconnue comme efficace et elle est acceptée par les urologues depuis plusieurs années (50). Des études ont montré que l’acupuncture peut moduler les fonctions de remplissage et de vidange de la vessie (51, 52). Toutefois, il existe seulement de rares études qui démontrent l’efficacité de l’acupuncture dans les cas du SVD. Ces études indiquent que l’acupuncture peut améliorer les symptômes de la douleur de façon significative et même dans certains cas éviter les récurrences sur des périodes pouvant varier entre 3 mois et 48 mois (53, 54). Une enquête menée par Internet, auprès de 1,982 patients diagnostiqués SVD, a montré que 56.9% de ceux qui ont été traités en acupuncture ont constaté une amélioration de leur état (55).

Yannick Vartian (acupuncteur et ostéopathe spécialisé en urogynécologie) explique que selon les théories classiques de l’acupuncture, la vessie est investie par les méridiens de la vessie et du rein. Toutefois, en plus de ces méridiens, il est aussi important de considérer le foie, la rate, le petit intestin et la vésicule biliaire en raison de leur trajet, de leur méridien et de leur action énergétique pouvant influencer le SVD (56,57). Ainsi, l’acupuncture peut agir de différentes façons sur le SVD : diminuer ou éliminer les symptômes lors de périodes de crises aiguës et aborder le terrain dysfonctionnel afin d’apaiser progressivement l’irritabilité de la vessie. De plus, l’acupuncture peut travailler les tensions musculaires (ainsi que les points gachettes, Trigger Points) du bassin, des cuisses, de l’abdomen et de la région lombaire afin de diminuer les contractures musculaires réflexes et les points douloureux (58).

8.2.7) Probiotiques et prébiotiques

Probiotiques

Les probiotiques sont des microorganismes vivants qui ont des effets bénéfiques sur la santé de l’hôte lorsqu’ils sont administrés en quantité adéquate. Ces organismes probiotiques doivent être sans danger pour le patient et capables de survivre à leur passage dans l’estomac (liquides gastriques) et dans l’intestin tout en maintenant leur efficacité et leur puissance jusqu’à la date d’expiration. Les organismes probiotiques les plus étudiés et utilisés appartiennent aux genres Lactobacillus et Bifidobacterium. Dans quelques études effectuées chez les humains, il a été démontré que les probiotiques peuvent améliorer le pronostic de certaines maladies mais, dans la plupart des cas, on a plutôt observé une mince amélioration ou aucun effet.

Des études ont montré que l’efficacité des probiotiques est variable et dépend non seulement de l’espèce mais également de la souche, ce qui complique leur évaluation. À titre d’exemple, ce ne sont pas toutes les souches de Lactobacillus qui sont capables de coloniser le vagin (59). Seule une meilleure connaissance des espèces microbiennes et de leurs différentes souches peuvent permettre de connaître et comprendre suffisamment leurs différentes caractéristiques et leurs effets respectifs pour permettre de les utiliser de façon efficace.

Le nombre des espèces microbiennes, qui ont la capacité de coloniser avec succès les humains, est limité puisque pour coloniser un hôte, un microorganisme doit être en mesure de reconnaître le type de récepteur qui lui est complémentaire et ce récepteur doit être exprimé par les tissus de l’hôte (60). On comprend donc pourquoi les quelques souches microbiennes présentes dans les préparations de probiotiques ont peu de chances de coloniser l’intestin humain et de s’y maintenir comparativement à la pratique de la transplantation fécale, qui comporte des milliards de microorganismes différents. Il faut préciser toutefois, que la simple présence des probiotiques dans le système digestif peut être bénéfique puisque leurs sécrétions améliorent l’environnement des probiotes à demeure.

Lorsque la science des probiotiques aura suffisamment évoluée, il sera alors possible de préparer des suspensions de probiotiques capables de reconnaître les récepteurs qui sont présents chez une majorité d’hôtes humains et/ou encore chez certaines individus. Ce genre de précédé devrait alors permettre de réensemencer les microorganismes (microbiotes) essentiels à un bon équilibre du microbiome, lesquels microorganismes peuvent avoir été éliminés en raison d’antibiothérapies intenses, de diètes inappropriées, et/ou d’infections. Ces travaux sont inspirés par les succès expérimentaux observés suite à des transplantations fécales; cette pratique a permis à des patients, qui souffraient de maladies inflammatoires chroniques et/ou auto-immunitaires, de retrouver la santé. C’est le cas également de patients qui étaient infectés chroniquement par des souches de C. difficile résistantes à tous les antibiotiques (61-64).

L’hypothèse selon laquelle certaines souches de Lactobacillus sont capables de prévenir et de traiter les infections urinaires récurrentes est maintenant supportée par une méta-analyse publiée en 2018, basée sur 6 études aléatoires contrôlées et comportant un total de 620 patients (résultat significatif : 0.684 (95% CI 0.438 to 0.929, p < 0.001). Cette étude a utilisé des suppositoires contenant Lactobacillus crispatus CTV05, Lactobacillus rham-nosus GR1 and Lactobacillus reuteri RC14. Ces souches précises se sont avérées particulièrement efficaces contre les pathogènes du système urinaire, tout en faisant la preuve d’une très grande capacité de prévention dans les cas d’infections urinaires récurrentes (65, 66).

Prébiotiques

Un prébiotique est défini comme un substrat non digestible qui, suite à sa métabolisation (fermentation) par les microorganismes du côlon, module la composition et/ou l’activité des microbiotes de l’intestin, conférant ainsi des effets physiologiques bénéfiques pour l’hôte. En plus des fructooligosaccharides (FOS) et des galacto-oligosaccharides (GOS), les auteurs incluent maintenant un plus grand nombre de composés dans la liste des prébiotiques : les amidons résistants à la digestion, la pectine, les arabinoxylans, les grains entiers et des composés qui ne sont pas des glucides tels les polyphénols (antioxydants).

De plus, l’ajout à la diète de végétaux, qui ont subi au préalable une fermentation lactique, améliore leurs effets bénéfiques sur la santé. Les avantages de la fermentation lactique résultent des mécanismes suivants : élimination des facteurs anti-nutritionnels, production de métabolites (peptides bioactifs, exopolysaccharides) qui ont un effet positif sur la santé, amélioration de la biodisponibilité des microorganismes grâce à l’hydrolyse des polymères (composés phénoliques), augmentation des vitamines, des minéraux, ce qui mène à une augmentation de la capacité anti-oxydante des aliments avec des effets possibles sur la flore intestinale et l’absorption de composés bioactifs (67). L’ajout à la diète de prébiotiques et d’aliments fermentés pourrait prévenir et/ou corriger de nombreuses maladies dont le développement est favorisé par une diète inappropriée (66, 68).

8.2.8) Naturopathie

Les naturopathes sont des thérapeutes qui considèrent le patient dans sa globalité. Ils utilisent une approche holistique pour tenter de trouver de trouver les causes du déséquilibre qui a favorisé le problème de santé pour lequel il est consulté. Chaque cas pour lui est unique. Pour tenter de rééquilibrer le fonctionnement de l’organisme, le naturopathe utilise différents outils : diète, promotion de l’exercice physique, herboristerie, aromathérapie, homéopathie, médecine quantique, médecine orthomoléculaire (substances naturelles), etc (69).

Comme le naturopathe considère le patient dans sa globalité, il accorde une place prépondérante à l’importance de la diète. Son approche est basée sur les enseignements d’Hippocrate (Ve siècle avant Jésus-Christ), le père de la médecine moderne. C’est pourquoi, les naturopathes se sont alignés sur les enseignements du Dr Jean Seignalet suite à la publication de son livre « L’alimentation ou la troisième médecine ». Une des contributions importantes des naturopathes en ce qui concerne le traitement du syndrome de la vessie douloureuse est de mettre l’accent en premier lieu sur l’importance d’une alimentation anti-inflammatoire.

Malheureusement au Québec, il n’existe pas d’ordre des naturopathes, ce qui serait bien nécessaire, car beaucoup de thérapeutes peuvent avoir le statut de «naturopathe» sans avoir une formation adéquate. En France la naturopathie s’appuie sur une longue tradition et elle est pratiquée par des thérapeutes très bien formés dans ce domaine et le succès de leurs interventions est reconnu dans le milieu médical bien qu’il existe encore certains milieux médicaux rétrogrades.

8.2.9) Homéopathie, aromathérapie et herboristerie

Ces trois méthodes de traitement, originaires d’une longue tradition, lorsqu’utilisées par des praticiens bien formés et compétents, peuvent participer positivement au traitement des patients atteints du syndrome de la vessie douloureuse (10). Personnellement, ces pratiques sont trop éloignées de ma formation et de mon expérience pour en discuter plus avant malgré ma curiosité pour tout ce qui concerne les thérapies naturelles.

8.3) Importance de l’utilisation de la médecine alternative/complémentaire (CAM) chez les patients atteints du SVD et aperçu de l’efficacité de ces thérapies telle qu’évaluées par des patients et /ou par des scientifiques.

Il faut préciser que de telles études sont rares. Une étude américaine, réalisée en 2009 et publiée en 2013 par l’Association de cystite interstitielle (IC), fut effectuée à partir d’Internet (70). Un total de 2,101sujets, dont le diagnostic IC a été confirmé, ont été enrôlés. Plus de 84% des patients ont eu recours à des CAM, suite à la recommandation de leur médecin chez 55% d’entre eux. Parmi les patients qui ont eu recours aux CAM, 82.8% ont essayé un changement de diète et/ou des thérapies physiques et 62% ont eu recours à d’autres thérapies.

Les thérapies évaluées ont été classées dans l’ordre selon le pourcentage de patients satisfaits en raison de l’amélioration de leur condition due à la dite thérapie. Le nombre de patients correspondant au pourcentage est présenté entre parenthèse:

1) diète d’élimination, 87.6% (1,329 patients)
2) traitements chaleur et/ou froid, 87.5% (823 patients)
3) réduction du stress, 80.5% (562 patients)
4) relaxation, 76.4% (583 patients)
5) massages thérapeutiques 74.2% (366 patients)
6) méditation 66.8% (398 patients)
7) thérapie physique avec traitement interne 66.1% (349 patients)
8) exercices réguliers 65.2% (611 patients)
9) thérapie physique sans traitement interne 61.6% (260 patients)
10) traitement anti-fongique 61.5% (179 patients)
11) yoga 60.7% (284 patients)
12) probiotiques 58.8% (248 patients)
13) exercices de visualisation 58% (228 patients)
14) acupuncture 56.9% (260 patients)
15) chiropratique 56.4% (220 patients)

Les auteurs ont noté que lorsque les CAM sont administrés de façon précoce, les patients leur accordent un classement supérieur, comparativement aux CAM reçus plus tardivement.

Une méta-analyse britannique, publiée en 2016, a évalué l’efficacité des CAM disponibles pour le traitement du SVD. Cette analyse était basée sur 11 études (4 études randomisées avec contrôles et 7 études prospectives). Les thérapies étudiées étaient l’acupuncture, les thérapies de relaxation, les thérapies physiques, les thérapies enrichies en hydrogène moléculaire et la diète. Les études ont montré que les thérapies qui présentaient un bénéfice potentiel pour les patients SVD étaient dans l’ordre : les modifications diététiques, l’acupuncture et les thérapies physiques (71).

Une troisième étude visait uniquement à vérifier l’efficacité clinique de la manipulation systématique de la diète (une diète anti-inflammatoire personnalisée) en tant que thérapie de médecine alternative complémentaire chez des patients atteints du syndrome de la vessie douloureuse sur une période d’une année. Les auteurs concluaient que la manipulation intensive et systématique de la diète améliorait significativement les symptômes de la SVD , incluant les urgences urinaires, les douleurs pelviennes et de la vessie ainsi que les autres problèmes associés à la pathologie. Les effets positifs étaient observés relativement tôt, soit à l’intérieur de 3 mois et l’efficacité clinique était maintenue durant toute l’année (72).

9. Conclusion

Les nouvelles techniques de séquençage génétique, appliquées à l’étude des micro-organismes, ont permis au cours des cinq dernières années, une amélioration accélérée de la compréhension de la pathogénèse du syndrome de la vessie douloureuse. Même si traditionnellement le transfert des résultats de la recherche scientifique à la pratique médicale est très lent, il faut reconnaître que des associations américaines et européennes d’urologues, de gynécologues et de cliniciens ont reconnu rapidement la nécessité de tenir compte du microbiome urinaire dans la compréhension et le traitement d’une pathologie aussi complexe et multifactorielle que le SVD. Cela explique pourquoi ils sont nombreux à reconnaitre la nécessité d’établir des ponts avec les médecines alternatives/ complémentaires (CAM) pour traiter plus efficacement les SVD.

Ce sont les lecteurs de mon blogue qui m’ont conscientisée et qui d’une certaine façon m’ont incitée à faire le nécessaire pour mieux les informer à propos du SVD. J’ai donc fait le tour des publications pertinentes, consulté des documents sur les CAM et demandé et obtenu la généreuse collaboration d’une physiothérapeute-ostéopathe de réputation internationale, spécialisée en gynécologie, urologie et dysfonctions glandulaires et nerveuses, en la personne de Nathalie Camirand.

L’importance et la pertinence des CAM ne peut plus être niée puisque l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ainsi qu’un nombre croissant d’universités européennes, américaines et canadiennes prônent l’intégration de la médecine conventionnelle et des médecines complémentaires.

Il faut dire que ce n’est pas un hasard si les CAM n’occupent pas au Québec la place qu’elles méritent comparativement à l’Ontario, où les médecins bénéficient d’une protection légale lorsqu’ils prescrivent ou utilisent les CAM. Au Québec, le Collège des médecins sévit sous différents prétextes contre les médecins qui recommandent ou utilisent tout traitement qui s’écarte de la médecine conventionnelle. La résultante est que la plupart des médecins n’osent pas ou refusent de s’intéresser aux Cam parce qu’ils craignent d’être la cible de ce tout puissant ordre professionnel.

Il est plus que temps que le gouvernement du Québec, dont la majorité de la population utilise des approches de santé complémentaire, respecte le choix des Québécois et pose les gestes nécessaires afin de permettre aux médecins et au public québécois un libre accès à une meilleure connaissance et utilisation des CAM. On souhaite ardemment que le Collège des médecins du Québec mette en pratique le principe médical énoncé par Littré « être utile ou du moins ne pas nuire ».

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Invitation au premier Congrès DÉFI VÉGÉBIO à l’UQAM le 26 mai prochain auquel je participerai

Au nom de Renée Frappier, co-fondatrice de l’Association Manger Santé Bio, j’invite toutes les personnes qui s’intéressent à leur santé et à l’alimentation au premier Congrès DÉFI VÉGÉBIO à l’UQAM le 26 mai prochain.

Pour une information détaillée sur cette journée qui comportera plusieurs conférences ainsi que des activités vraiment spéciales, cliquer sur :
http://www.mangersantebio.org/congres

Au plaisir de vous rencontrer,

Jacqueline Lagacé

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Suite aux affirmations du Dr Greber, Suzie s’inquiète de sa consommation de poulet

Merci de prendre à chaque fois le temps de répondre aux nombreuses questions que le public vous pose. j’apprécie votre jugement. Dans le livre de Josee Blanchette « Je ne sais pas pondre l’oeuf, mais je sais quand il est pourri  » il est rapporté que le Dr Greber dit que manger du poulet triple nos chances de développer un cancer du colon . Qu’en pensez vous ? Je suis la diete hypotoxique depuis 2012 et je me suis tournée vers le poulet et le poisson car je ne supporte pas tres bien les légumineuses . Dois je m’inquiéter de cette habitude car je mange une grande quantité de vegetaux mais je ne me voit pas vegetalienne.  Suzie

Réponse de Jacqueline :

Ne vous inquiétez pas et continuez à consommer du poulet et des poissons de façon raisonnable, cuits à basse température, parallèlement à une alimentation riche et variée en légumes, fruits et grains entiers sans gluten.

Lorsque l’on fait une recherche approfondie de l’ensemble de la littérature scientifique sur le sujet, il ressort les éléments suivants en tant que causes les plus probables de développer un cancer du côlon ou autres: la nourriture industrielle ultra transformée, généralement cuite à haute température, favorise le développement de maladies chroniques y compris le cancer.  Ceci inclut la production en série de pains, les collations pré-emballées, les desserts industriels, les sodas et breuvages sucrés, toutes les viandes et poissons transformées avec addition de préservatifs autres que le sel, les aliments stables préparés à l’avance par l’industrie, les aliments riches en sucre , huiles hydrogénés, modifiés et les isolats de protéines. En fait les aliments transformés par l’industrie avec ajouts de saveurs, couleurs, émulsifiants, humectants, sucres tels aspartames et autres.  Une étude récente (2018) effectuée entre 2009-17 sur 104,980 participants âgés d’au moins 18 ans, laquelle recensait la consommation de 3300 aliments différents, est venue confirmer l’ensemble de ces observations (Fiolet T, Srour B., Sellem. L et al., Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ 2018; 360:k322/http:/dx.doi.org/10.1136/bmj.k322).  De plus, les recommandations de  l’OMS vont dans le même sens. N.B.: le mode de préparation de l’aliment est extrêmement important pour déterminer son degré d’innocuité.

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Lise se demande si l’arrêt des hormones bio-identiques a un lien avec son arthrose

Bonjour Mme Lagacé,

Je ne sais pas si la question vous a déjà été demandée; j’ai cherché un peu sur le site mais sans succès. Se peut-il que l’arrêt de la prise d’hormones bio-identiques que j’ai pris pendant environ 6 à 7 ans, ait un lien direct avec des douleurs assez intenses (diagnostic d’arthrose) que j’ai en ce moment au niveau des mains, des épaules, du cou, des genoux? Se peut-il que la prise d’hormones ait retardé mes problèmes d’arthrose? J’ai fait l’arrêt de façon très progressive (de février à juillet). J’avais bien auparavant certaines sensibilités aux mains et aux genoux mais la douleur a vraiment augmenté depuis quelques mois. De plus, j’essaie de suivre depuis plusieurs mois l’approche hypotoxique, bien que je ne sois pas toujours très rigoureuse.

J’ai passé plusieurs radiographies pour les mains, genoux, épaule, maxillaire inférieur et les diagnostics révélaient la plupart du temps, une présence discrète d’arthrose. J’ai également fait des prélèvements sanguins pour vérifier la présence de maladies inflammatoires telles l’arthrite rhumatoïde, lesquels se sont avérés négatifs. Je m’interroge donc sur l’écart entre les résultats sur papier et mes douleurs physiques qui, elles sont très intenses.

J’imagine que si je suis la diète hypotonique de façon plus stricte, je pourrai observer des améliorations à ma situation. Qu’en pensez-vous?

Merci beaucoup!

Line

Réponse de Jacqueline

Il ne fait pas de doute que la baisse et surtout l’arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles (estrogène et progestérone) favorisent généralement le développement de l’arthrose (ostéoarthrite) chez les personnes qui y sont prédisposées. Ceci a été également bien démontré en laboratoire chez les rongeurs. Il n’est pas surprenant que l’arrêt des hormones bio-identiques ait également de telles répercussions chez une personne qui souffrait déjà d’un début d’arthrose qui probablement a été ralenti par la prise d’hormones bio-identiques. Avez-vous discuté avec votre médecin de ce problème?

D’autre part, oui il y a de fortes chances que le suivi strict de la diète hypotoxique permette de mettre en rémission vos douleurs arthritiques.

 

 

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En réponse à Marie-Eve concernant son cancer

Bonjour Marie-Eve,

Je pense que la première démarche qui s’impose, si cela n’est pas déjà fait,  est d’informer votre médecin des modifications que vous observez depuis le mois d’octobre 2017 alors que vos traitements sont terminés depuis le 15 août dernier.

Puisque dans votre commentaire vous me demandez si j’ai des conseils et faits vécus à vous recommander, j’aimerais vous parler du livre de la Dre Kelly A. Turner intitulé « Rémission radicale, Survivre au cancer malgré les pires pronostics ». Je tiens à vous préciser que même si je ne pense pas que vous faites partie de ce groupe de patients ayant un mauvais pronostic,  les conseils qui  découlent de ce livre peuvent être utiles pour toute personne affectée par le cancer ou une maladie difficile à traiter.

Dre Turner, l’auteure de ce livre était conseillère auprès des cancéreux dans un grand hôpital universitaire de San Francisco lorsqu’elle a découvert qu’il y avait plus de 1000 articles bien documentés de rémissions radicales du cancer dans des revues médicales.  Elle était par contre troublée par le fait que personne n’étudiait sérieusement ces cas, ni ne les suivait et que leurs médecins étaient rarement intéressés à savoir comment ces patients s’étaient soignés.  C’est ainsi qu’elle a décidé de poursuivre un doctorat dont l’objectif était de rechercher et analyser les cas de rémission radicale pour tenter de mieux  comprendre ce phénomène. Techniquement, sa thèse de doctorat avait pour  but de rechercher 20 sujets ayant connu une rémission radicale et de leur demander ce qui, à leurs yeux, avait entraîné leur guérison.  Durant les 10 premiers mois,  elle a parcouru le monde pour interroger non seulement des survivants mais également des thérapeutes du milieu médical alternatif que ces patients avaient consultés.   Sa recherche s’est étendue sur 10 ans au cours desquels elle a mené 100 entrevues et analysé plus de 1000 comptes rendus.   Ses analyses exhaustives menées selon des méthodes de recherche qualitative, lui ont permis d’identifier de nombreux facteurs physiques, émotionnels et spirituels qui pourraient jouer un rôle dans la rémission radicale.  Ces facteurs, qui ont été analysés selon leur fréquence respective, ont permis d’identifier 9 d’entre eux qui étaient mentionnés constamment dans pratiquement chacune des entrevues. Suite à la publication d son livre, le site web www.radicalremission.com a été créé et a permis de recenser six fois plus de cas que ceux publiés en un an dans les revues médicales.  L’analyse de ces nouveaux témoignages lui a permis d’identifier deux nouveaux facteurs qui étaient toujours les plus souvent nommés par les survivants : l’exercice et la pratique énergétique.

L’auteur définit une rémission radicale ainsi :  « toute rémission du cancer qui ne s’inscrit pas dans les statistiques, sachant que celles-ci varient selon le type de cancer, le stade de développement et le traitement reçu.  Plus précisément, on peut dire qu’il y a rémission radicale lorsque : 1) le cancer disparaît alors que le patient n’a reçu aucun traitement médical classique, ou; 2) le cancer résiste aux traitements de la médecine classique, mais disparaît quand le patient se tourne vers une approche de médecine alternative, ou; 3) un patient souffrant d’un cancer a recours à la fois à la médecine classique et à des approches alternatives dans le but de renverser un pronostic statistiquement négatif (c’est-à-dire un cancer qui laisse au patient moins de 25% de chances de survivre cinq ans) ».
Voici les 9 facteurs clés présentés par Kelly A. Turner, Ph.D. dans son livre « Rémission radicale,  survivre au cancer malgré les pires pronostics » traduit et publié en français par Flammarion en 2016:

1) Changer radicalement son alimentation

2) Prendre sa santé en mains (jouer un rôle actif, être disposé à apporter des changements dans son mode de vie, savoir faire face à la résistance)

3) Suivre son intuition

4) Prendre des suppléments et des plantes médicinales

5) Libérer les émotions refoulées

6) Cultiver les émotions positives

7) Miser sur le soutien social

8) Approfondir sa spiritualité

9) Avoir de bonnes raisons de vivre

Ajouts suite aux commentaires reçus sur son site web: l’exercice physique et la pratique énergétique

En conclusion, je conseille vivement la lecture de ce livre à toute personne atteinte du cancer. De plus, je considère que les facteurs clés de guérison énoncés dans ce livre peuvent s’appliquer au traitement de toute maladie difficile à soigner.

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La diète cétogène, ses caractéristiques, ses applications potentielles et ses effets secondaires possibles.

Il y a quelques temps,  à la demande de lecteurs, je m’étais engagée à rédiger un texte d’information sur la diète cétogène.  Comme il a été question dernièrement de la diète cétogène aux Nouvelles de Radio-Canada, je profite de l’occasion pour discuter brièvement de ce cas et apporter l’information promise concernant la diète cétogène.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1066632/guerison-miraculeuse-jeune-quebecoise-regime-alimentaire-cetogene

La petite fille en question a montré les premiers symptômes d’une encéphalite auto-immune qui déclenchait de nombreuses crises d’épilepsie à l’âge de deux ans et demi. Elle s’est avérée réfractaire aux médicaments qui ont été utilisés. Il y a environ 21 mois, vers l’âge de 4 ans, son neurologue a prescrit une diète cétogène pour tenter d’arrêter et/ou de diminuer ses nombreuses  crises d’épilepsie.  La diète cétogène s’est avéré efficace à mettre pratiquement fin aux crises d’épilepsie, ce qui n’est pas une surprise en soi,  puisque cette diète est reconnue surtout pour cette raison.

Probablement, ce qui a le plus surpris le médecin et son entourage, c’est l’évolution rapide du comportement de l’enfant. Alors que le développement de la maladie avait induit des caractéristiques apparentées à de l’autisme, soit l’absence de contact visuel, de l’agitation,  l’incapacité de parler et le refus de manger, ces caractéristiques sont disparues en quelques mois.   Le fait que l’enfant ait retrouvé rapidement un comportement normal,  suggère que la diète cétogène a mis fin à l’inflammation au niveau de son système nerveux, laquelle inflammation était vraisemblablement causée par les  réactions auto-immunes  dont son cerveau était la cible.

Ce qui me frappe dans l’évolution de cette petite fille c’est que les effets de la diète cétogène sur son cerveau s’apparentent aux phénomènes que l’on observe chez plusieurs  enfants autistes qui retrouvent un comportement normal lorsque leur alimentation respectent les règles de la diète hypotoxique. Pour ceux que cela intéresse, vous trouverez  dans le livre suivant « Être et ne plus être autiste » de Nathalie Champoux, la description de l’évolution positive de ses deux enfants qui étaient atteints du syndrome de l’autiste et qui ont retrouvé graduellement un comportement normal à partir du moment où leurs parents ont changé leur alimentation pour la diète hypotoxique.

La diète cétogène, ses caractéristiques, ses applications potentielles et ses effets secondaires possibles.

Caractéristiques

La diète cétogène est basée sur la consommation d’une grande quantité de gras (± 90% de la diète),  une quantité modérée à faible de protéines (± 8%) et une quantité très faible de glucides (± 2%). Il s’agit d’une diète très déséquilibrée qui exige un suivi médical et une prise de compléments alimentaires.  La diète cétogène force l’organisme à brûler des gras à la place du sucre, lequel produit  sous la  forme d’adénosine triphosphate (ATP),  l’énergie dont le corps à besoin pour fonctionner.  Avec la diète cétogène,  il se produit une oxydation des acides gras au niveau du foie, ce qui entraîne la production de corps cétoniques.  Les cétones sont transportées par le sang dans les tissus où elles participent au fonctionnement des mitochondries, les organelles impliquées dans la libération d’énergie.  Le fait qu’il y ait une faible quantité de glucides dans la diète cétogène peut favoriser  une petite  réduction du glucose sanguin et un meilleur contrôle de la glycémie;  parallèlement,  la stimulation de la glycogénèse permet de compenser lorsqu’il y a présence d’une trop grande baisse du niveau de glucose dans le sang.

Applications potentielles

L’intérêt de la  diète cétogène comme traitement de l’épilepsie remonte à 1921. Toutefois, au cours des années 1950, le développement de médicaments anticonvulsivants,  réputés sécuritaires et efficaces, a beaucoup amenuisé l’intérêt pour  la diète cétogène. Toutefois, la diète cétogène a recommencé à émerger au cours des années 1990 en tant qu’alternative pour les enfants épileptiques qui ne répondaient pas aux anticonvulsivants; une étude contrôlée a  montré une efficacité de 61%  de la diète cétogène chez les enfants épileptiques ainsi traités, comparativement à 8% dans le cas du groupe contrôle qui ne suivait pas la diète.  De plus, il a été démontré que l’application de la diète cétogène  pendant une période de 6 mois n’induisait pas d’effets secondaires significatifs en ce qui concerne  l’apprentissage et l’adaptation sociale des enfants.

Compte tenu du succès de la diète cétogène auprès des enfants épileptiques, on a appliqué cette diète à d’autres problèmes de santé comme le traitement de l’obésité qui fut popularisé par le Dr Robert Atkins, le traitement de patients qui présentent un défaut dans le transport du glucose, le syndrome métabolique et le diabète.

Au cours des dernières années, on s’est intéressé à la diète cétogène en tant qu’adjuvant pouvant accompagner les thérapies anti-cancéreuses telles la chimiothérapie et la radiothérapie.  La rationnelle de cette orientation est basée sur l’observation que les cellules cancéreuses, contrairement aux cellules normales, ont de très grands besoins de glucose, même en présence d’oxygène ce qui suggère que les cellules cancéreuses ont une respiration mitochondriale défectueuse et exigeraient une glycolyse accrue en tant que mécanisme compensatoire.  Dans le même ordre d’idée, il a été observé lors de  nombreuses études animales qu’il y a une consommation accrue de glucose par les cellules cancéreuses et que de grandes quantités de glucose sont nécessaires à la survie des tumeurs et au développement des métastases.  On a aussi démontré chez des patients atteints du carcinome du colon que la consommation de glucose par leurs cellules tumorales était supérieure par un facteur de 30 à 40 fois aux besoins en glucose des cellules normales de même origine.

L’action adjuvante de la diète cétogène lorsque associée aux thérapies anti-cancéreuses  conventionnelles telles la chimiothérapie et la  radiothérapie,  reposerait sur trois mécanismes : 1) l’augmentation du stress oxydatif* dans les cellules cancéreuses, suite à une alimentation basée sur les lipides (diète cétogène), limite la disponibilité du glucose pour la glycolyse, restreignant ainsi une voie courante d’obtention d’énergie 2) le métabolisme des lipides force donc les cellules des patients qui suivent la diète cétogène à obtenir leur énergie à partir des mitochondries alors qu’il est présumé que les cellules cancéreuses, contrairement aux cellules normales, ont des mitochondries dysfonctionnelles qui ne leur permettent qu’un apport restreint en glucose;  la croissance des cellules cancéreuses est alors entravée par l’excès de stress oxydatif ; 3)  la production d’énergie lorsqu’elle provient de la consommation de protéines, aboutit à un phénomène apparenté à la consommation de grandes quantités de lipides bien qu’à un  niveau moins sélectif.

Un seul article relatant des essais cliniques de phase 1 concernant l’action adjuvante de la diète cétogène associée à des traitements anti-cancer contre le cancer du poumon et le cancer du pancréas chez l’humain a pu être répertorié.  Les traitements de radiation et de chimiothérapie ont été associés à la diète cétogène durant six semaines dans le cas du cancer pulmonaire et de cinq semaines dans le cas du cancer pancréatique.  Sur une période de 3 ans, 7 patients porteurs d’un cancer pulmonaire ont été enrôlés dans cette étude : 4 patients furent incapables de compléter la diète cétogène,  2 complétèrent l’étude et un patient a été éliminé en raison d’une toxicité dose-limite.  Durant la même période, 2 patients atteints d’un cancer du pancréas ont été enrôlés dans l’étude : un patient a complété l’étude et le second a été éliminé en raison d’une toxicité dose-limite.  Dans le résumé, les auteurs concluaient que les patients ont été incapables d’observer correctement la diète cétogène envers laquelle ils ont montré peu de tolérance.

*Stress oxydatif : le stress oxydatif se définit comme  le résultat d’un déséquilibre métabolique suite à la  production excessive de radicaux libres, lesquels entraînent des dégâts cellulaires, souvent irréversibles, tels la destruction cellulaire, des modifications des protéines et/ou des gènes.  Notre organisme produit en permanence des radicaux libres d’origines endogène (intérieur, venant du métabolisme) et exogène (venant des influences extérieures et des substances toxiques).  Les radicaux libres doivent être neutralisés par des antioxydants de façon à maintenir l’homéostasie de l’organisme.

Effets secondaires possibles de la diète cétogène

Les effets secondaires courants de la diète cétogène sont la léthargie, les nausées, les vomissements dus à l’intolérance à cette diète, spécialement chez les enfants. De plus, les enfants sont sujets à l’hypoglycémie due à la faible consommation de glucose. On a observé également à long terme chez les enfants de l’ hypertriglycéridémie, une diminution de la croissance et  une perte progressive du contenu minéral des os. Chez les adultes, l’inconfort gastro-intestinal est  commun en raison de la grande quantité de lipides ingérés. Une étude pilote prospective a montré que la diète cétogène induit une augmentation substantielle et progressive du niveau de cholestérol chez les patients après un an de diète.  Il a été noté également des déficiences en minéraux tels le sélénium, le cuivre et le zinc dans le sérum de patients, déficits qui doivent être corrigés  par  une supplémentation. Les autres effets secondaires observés chez les adultes sont la constipation  en raison du manque de fibres, des dommages rénaux, des calculs rénaux,  une augmentation des lipoprotéines de faible densité (LDL), des tremblements, des malaises, le développement de la stéatose hépatique non alcoolique, l’élévation des corps cétoniques dans le sang particulièrement chez les patients diabétiques qui peuvent développer de l’acidocétose susceptible de mettre leur vie en danger.   Une étude récente chez 6 patients qui suivaient la diète cétogène a révélé qu’après 3 mois de diète, leurs matières fécales montraient une augmentation significative des espèces Desulfovibrio , un groupe de bactéries qui seraient impliquées dans l’exacerbation de l’inflammation de l’intestin associée à la consommation de gras d’origine animal.

Conclusion

La diète cétogène constitue à mon avis une diète de dernier recours pour les raisons suivantes: 1) il s’agit d’une diète déséquilibrée qui exige un suivi médical serré; 2) elle est susceptible d’induire de nombreux effets secondaires qui peuvent diminuer la qualité de vie des patients et provoquer des conséquences néfastes pour leur santé.

Selon les études cliniques effectuées jusqu’à maintenant, les seuls problèmes de santé qui démontrent de façon convaincante la pertinence de l’utilisation de la diète cétogène sont les cas d’épilepsies réfractaires aux anticonvulsivants chez les enfants et chez les adultes. Par contre, la diète cétogène, malgré ses limitations importantes, a fait la preuve dans le  milieu médical que des changements alimentaires peuvent améliorer de façon importante la vie de certains patients.  Depuis 1985, les travaux cliniques du Dr Jean Seignalet sur environ 2,500 patients ont démontré que la très grande majorité des maladies inflammatoires chroniques peuvent être mises en rémission ou grandement améliorées chez environ 80% des patients atteints de telles maladies lorsqu’ils adoptent une alimentation anti-inflammatoire qualifiée d’hypotoxique.  Compte tenu du vieillissement de la population, du nombre croissant de personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques qui mettent en péril notre système de santé universel, il est urgent que le monde médical tienne compte des milliers de témoignages qui ne cessent de confirmer les études cliniques du Dr Seignalet.  Les études cliniques du Dr Seignalet et tous les témoignages qui confirment la pertinence de ses résultats au cours des dernières décennies ont démontré hors de tout doute que des changements alimentaires basés sur une diète anti-inflammatoire constituent une démarche thérapeutique qui en plus d’être d’une grande efficacité ne cause aucun effet secondaire.

Références

Allen BG, Bhatia SK, Anderson CM et al., Ketogenic diets as an adjuvant cancer therapy: History and potential mechanism. Redox Biol. 2014; 2:963-70. Review.

Appavu B, Vanatta L, Condie J et al., Ketogenic diet treatment for pediatric super-refractory status epilepticus. Seizure. 2016;41:62-65.

Cervenka MC, Hocker S, Koenig M et al., Phase I/II multicenter ketogenic diet study for adult superrefractory status epilepticus.  Neurology. 2017, 88:938-943.

Kosinski C, Jornayvaz FR. Ketogenic diets : the miraculous solution ? Rev Med Suisse. 2017;13:1145-1147.

Paoli A, Bianco A, Damiani E, Bosco G.  Ketogenic diet in neuromuscular and neurodegenerative diseases.  Biomed Res Int. 2014;2014:474296. doi: 10.1155/2014/474296. Epub 2014 Jul 3. Review.

Tagliabue A, Ferraris C, Uggeri F et al.,  Short-term impact of a classical ketogenic diet on gut microbiota in GLUT1 Deficiency Syndrome: A 3-month prospective observational study.  Clin Nutr ESPEN. 2017;17:33-37.

Zahra A, Fath MA, Opat E et al., , Consuming a Ketogenic Diet while Receiving Radiation and Chemotherapy for Locally Advanced Lung Cancer and Pancreatic Cancer: The University of Iowa Experience of Two Phase 1 Clinical Trials. Radiat Res. 2017, 187:743-754.

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Nancy me demande si je peux l’aider à mieux contrôler sa SLA, une maladie neurodégénérative

Nancy me demande si je peux l’aider à mieux contrôler sa SLA, une maladie neurodégénérative.

Les données récentes de la science établissent un lien entre l’immunité innée et les maladies neurodégénératives telles la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la maladie de Huntington et la sclérose latérale amyotrophique (Lou gehrig).  Le point commun entre ces maladies est l’importance du système immunitaire inné qui peut lors de son activation entraîner une réponse immunitaire excessive ou non efficace;  cela peut entraîner des complications inflammatoires systémiques ou locales et contribuer au développement d’inflammation chronique.

Dans le cerveau, la microglie représente les cellules clés du système immunitaire inné,  lesquelles sont impliquées dans le développement du cerveau, sa maturation et son homéostasie.  Lorsque le fonctionnement de la microglie est perturbé, cela résulte en une inflammation qui contribuerait au développement des maladies neurodégénératives telles les maladies mentionnées précédemment.  Il a été observé dans des co-cultures  que lorsque certaines molécules s’associent à la microglie, cela peut entraîner de la cytotoxicité pour les neurones moteurs avec libération de cytokines pro-inflammatoires telles le TNF et l’Il-β. L’inflammatoin qui en résulte peut provoquer des dysfonctions métaboliques et la perte de la fonction phagocytaire.   Une étude récente a démontré que la fonction active de la microglie est dépendante des acides gras à chaînes courtes, ce qui suggère que les aliments que nous consommons et le microbiome  peuvent avoir un impact sur la fonction immunitaire innée et le développement d’un phénomène neurodégénératif (Erny D, Hrabě de Angelis AL, Jaitin D et al.,  Host microbiota constantly control maturation and function of microglia in the CNS. Nat Neurosci. 2015 Jul;18(7):965-77). Cette étude est en accord avec une autre qui suggère que les microbiotes intestinaux peuvent influencer la perméabilité de la barrière sang-cerveau (Braniste V, Al-Asmakh M, Kowal C, et al. 2014. The gut microbiota influences blood-brain barrier permeability in mice. Sci. Transl. Med. 6(263):ra158–58).

Recommandations : comme le développement de la SLA implique un phénomène inflammatoire et que le microbiome intestinal et les aliments que l’on consomme (acides gras à chaînes courtes et autres) selon leurs caractéristiques  peuvent avoir un impact positif ou négatif sur la maladie neurodégénérative, je pense que consommer une alimentation anti-inflammatoire comme la diète hypotoxique qui est également une alimentation très riche en légumes et en fruits (20-30 % de cru), donc riche en fibres, consommer des légumes  fermentés, des probiotiques et prébiotiques, tout cela  pourrait vous aider.

Ne pas oublier la méditation et la visualisation positive qui sont des aides précieuses particulièrement lorsque l’on fait face à une situation difficile.

Jacqueline Lagacé, Ph.D.

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Est-il vraiment pertinent d’utiliser l’indice glycémique pour le choix de nos aliments?

Remise en cause de la pertinence d’utiliser l’indice glycémique (IG) comme guide pour le choix d’une alimentation santé pour l’ensemble de la population par les principales associations du domaine de la santé telles le WHO, l’EFSA et autres. (mise à jour en 2017)

La remise en question de la pertinence de l’indice glycémique (IG) comme guide pour le choix d’une alimentation santé concerne d’une manière particulière les aliments riches en amidon. On a prétendu que les aliments riches en amidon et/ou dont l’indice glycémique était élevé favorisaient un surplus de poids. De telles affirmations, non fondées pour l’ensemble de la population, ont influencé la rédaction de guides alimentaires inappropriés.  S’appuyant sur l’indice glycémique des aliments, des médecins et des nutritionnistes ont conseillé d’éviter ou de limiter fortement la consommation d’aliments riches en amidon alors que ces derniers possèdent souvent des caractéristiques santé indéniables. C’est d’autant plus regrettable que ces aliments nutritifs sont souvent offerts à des prix abordables. C’est le cas par exemple de la pomme de terre bouillie, riche en fibres solubles, vitamine C, potassium, magnésium et polyphénols ; même ses protéines, bien qu’elles soient peu nombreuses, sont facilement digestibles et de qualité (présence des acides aminés essentiels). Il faut savoir que le concept de l’IG a été développé en 1981, principalement pour les diabétiques (1):   l’indice glycémique des aliments est en relation avec la quantité d’insuline qui est sécrétée dans le sang après l’ingestion d’un aliment particulier, en fonction desglucides à digestion lente ou rapide qu’il contient. Plus la sécrétion d’insuline est rapide, plus l’indice glycémique de l’aliment sera élevé.

Les recommandations des autorités en santé

 Toutes les recommandations récentes émanant des autorités en santé – USDA (2-4) , EFSA (5,6), OMS (7), The World Cancer Research Fund (8) – concluent qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour affirmer que choisir des aliments avec un indice glycémique faible permet de diminuer le risque de développer des maladies chroniques pour l’ensemble de la population.  Le groupe d’experts The Nordic Nutrition Recommandations (NNR) – qui a effectué une revue systématique des travaux scientifiques portant sur la qualité et la quantité des glucides consommés dans le but d’évaluer l’influence de l’indice glycémique sur l’état de santé des populations – est d’avis également que l’ensemble de la population n’a pas à faire ses choix alimentaires en fonction de l’indice glycémique des aliments (9). Récemment, Santé Canada a publié un article indiquant que les valeurs de l’indice glycémique apparaissant sur les étiquettes des aliments pouvaient induire les consommateurs en erreur et n’ajoutaient aucune information valable susceptible d’aider les consommateurs à faire des choix alimentaires plus sains (10). Tous ces groupes reconnaissent que la méthodologie, la validité et l’utilisation de l’indice glycémique des aliments doivent être clarifiées. Les raisons de douter de la pertinence de l’indice glycémique pour choisir ses aliments viennent du fait que l’IG peut être influencé par la nature chimique et physique de l’ensemble des aliments consommés au cours d’un repas, le moment de la journée au cours duquel le repas est pris (le repas du matin assure un meilleur contrôle glycémique que le repas du soir) ainsi que par des facteurs propres à chacun d’entre nous. En fait, tous les éléments suivants influencent l’indice glycémique : le type de fibres alimentaires, la structure des amidons, les types de sucre, de lipides, le contenu en protéines, en eau, la structure cellulaire des aliments, leurs interactions moléculaires, la distribution de la taille des particules, la présence d’inhibiteurs d’amylase ou d’acides organiques, les méthodes de préparation des aliments et le degré de mastication (11-13). Les études qui cherchaient à établir un lien entre le choix des aliments à indice glycémique faible et la prévention des maladies chroniques et/ou des problèmes métaboliques ont échoué pour les raisons suivantes :

1) la présence de différences individuelles considérables dans la réponse au glucose quand différents aliments sont testés ;

2) la disponibilité des glucides dans les aliments, qui peut être surestimée par rapport aux quantités réellement absorbées ;

3) l’utilisation de tables internationales qui ne correspondent pas nécessairement aux différentes productions locales d’aliments ;

4) dans plusieurs essais, les aliments considérés comme ayant un IG faible et les aliments contrôles différaient sur des éléments tels que le contenu en fibres solubles et insolubles, la viscosité des fibres et autres contenus en macronutriments ;

5) les effets de l’heure du repas et l’influence du repas précédent ne sont pas pris en compte, sans oublier que la réponse au glucose dépend de l’ensemble des différents aliments consommés durant un repas, alors qu’avec l’IG on ne tient compte généralement que des glucides ;

6) il n’y a pas toujours de cohérence entre l’IG et la réponse insulinémique ;

7) des tests physiologiques ont montré que les formules utilisées pour évaluer l’indice glycémique des aliments surestiment de façon générale ces indices par des marges de 22 à 50 %.

Une chose est certaine, l’influence de l’indice glycémique quant au choix des aliments santé prête énormément à controverse, particulièrement pour les gens qui ne souffrent pas de diabète ni d’excès de poids.  Une étude récente particulièrement révélatrice a été effectuée sur de jeunes adultes en santé, chez lesquels on a étudié l’influence de l’heure à laquelle un repas à indice glycémique faible et/ou élevé était consommé. Lorsque le repas était consommé le matin, quel que soit l’indice glycémique du repas, on observait un très bon contrôle glycémique. Lorsque le même repas était consommé à la fin de la journée, on observait une dégradation du contrôle glycémique, indépendamment de l’indice glycémique du repas. De plus, la différence était plus marquée dans le cas du repas à faible indice glycémique puisqu’aucun avantage métabolique n’était obtenu suite à ce repas (13).

Ces résultats viennent à mon avis appuyer l’importance du petit déjeuner pour une santé optimale et devraient influencer les diabétiques et les personnes qui souffrent d’embonpoint à considérer ce repas en tant que pivot de leur alimentation. Ils auraient, de plus, avantage à prendre un repas léger au souper.

En 2010, The Dietary Guidelines Advisory Committee on the Dietary Guidelines for Americans (14) conclut que « lorsque l’on sélectionne des aliments glucidiques, il n’est pas nécessaire de tenir compte de leur indice glycémique ni de leur charge glycémique.  Ce qui est important, c’est d’être conscient de leurs calories, de leur densité calorifique et de leur contenu en fibres ». Par contre, les différents rapports américains et européens cités précédemment concernant la consommation de glucides dans l’alimentation humaine concluent : « Il y a des éléments de preuves contradictoires qui indiquent que les aliments ayant un IG élevé pourraient être associés à une augmentation du risque de développer un diabète de type 2 ainsi que des maladies cardiaques, particulièrement chez les gens en surpoids ou obèses. » Ces preuves, selon eux, seraient toutefois insuffisantes pour recommander d’introduire l’indice glycémique dans les recommandations nutritionnelles concernant l’ensemble de la population.

Un article publié en 2014 dans la revue scientifique JAMA (15) avait pour objectif de démontrer que l’indice glycémique des aliments et la quantité totale de glucides alimentaires étaient des facteurs qui pouvaient favoriser le développement des maladies cardiovasculaires et du diabète. L’étude fut réalisée sur 163 adultes de 30 ans et plus qui ne souffraient pas de maladies cardiovasculaires ni de diabète ou de maladies rénales chroniques mais qui présentaient un risque élevé de développer une maladie chronique : 56 % étaient obèses, 26 % souffraient d’hypertension et les autres de pré-hypertension, 56 % présentaient des taux de cholestérol LDL supérieurs à 132 mg par décilitre et 30 % présentaient un taux de glycémie à jeun trop élevé. Les patients ne devaient prendre aucun médicament en lien avec leur problème de santé pour faire partie de l’étude. Les participants avaient la possibilité de suivre quatre diètes santé complètes. Les aliments pour chacune des diètes étaient fournis et contrôlés par le centre de recherche. Chaque diète durait cinq semaines et était suivie par un retour à la diète usuelle des participants pendant deux semaines. Chaque participant a complété au moins deux de ces diètes qui étaient attribuées de façon aléatoire. Deux des diètes glucidiques comportaient un nombre élevé de calories (58 % des calories totales) ; une de ces diètes comportait des aliments à indice glycémique faible (≤ 45) alors que l’autre comportait des aliments à indice glycémique élevé (≥ 65) ; les deux autres diètes étaient moins riches en glucides et leur nombre total représentait un nombre de calories plus faible (40 % des calories totales) ; une de ces diètes comportait des aliments à indice glycémique faible (≤ 45) alors que l’autre comportait des aliments à indice glycémique élevé (≥ 65). Contrairement à ce qui était attendu, les diètes glucidiques à indice glycémique faible, lorsque comparées aux diètes glucidiques à indice glycémique élevé, n’ont pas entraîné une amélioration de la sensibilité à l’insuline, ni une amélioration du niveau de lipides sanguins ou de la pression sanguine systolique. Les auteurs en ont conclu que dans le contexte d’une diète santé (genre diète méditerranéenne riche en grains entiers, légumes et fruits), utiliser l’indice glycémique pour sélectionner les aliments n’améliore pas les facteurs de risques cardiovasculaires et ou la résistance à l’insuline.

Une méta-analyse effectuée à partir de 28 travaux de recherche a montré également que le fait de diminuer l’indice glycémique des aliments n’a pas diminué le taux de  holestérol HDL, de triglycérides, ni de cholestérol LDL sauf dans les cas où le contenu en fibres avait été augmen (16). L’influence favorable marquée de la consommation d’une alimentation riche en fibres alimentaires en améliore significativement la réponse glycémique, entraîne une diminution sérique du cholestérol de faible densité (LDL) ainsi que la réduction du risque de maladies cardiovasculaires chez les adultes et les enfants (17). En fait, augmenter le contenu en fibres de la diète en améliore la qualité, le contenu en antioxydants et a un effet bénéfique sur la santé humaine.

En conclusion, les individus qui ont une diète santé équilibrée, riche en fibres, légumes variés, légumineuses, fruits, grains entiers tout en consommant de façon raisonnable des viandes maigres lorsque désiré, n’ont pas à se préoccuper de l’indice glycémique des aliments, même ceux qui sont en surpoids. En fait, suivre une diète équilibrée semble avoir beaucoup plus d’incidences positives sur la santé que choisir ses aliments en fonction de leur indice glycémique.

Références

  1. Jenkins DJ, Wolever TM, Taylor RH et al. Glycemic index of foods : a physiologicalbasis for carbohydrate exchange. Am J Clin Nutr. 1981 ; 34 : 362-366.
  1. USDA Center for Nutrition Policy and Promotion. Alexandria, VA : 2010. USDA’sNutrition Evidence Library (NEL) http ://www.nutritionevidencelibrary.com [cited16 November 2011].
  1. Dietary Guidelines Advisory Committee. Washington, DC : US Department ofAgriculture, Agriculture Research Service ; 2010. Carbohydrates. Report of the DietaryGuidelines Advisory Committee on the Dietary Guidelines for Americans.
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La kinésiologie appliquée: ce qu’il faut savoir à propos de ce système de diagnostic et de traitement

Dans le but de mieux renseigner mes lecteurs, ce texte m’a été remis à ma demande par le Dr Charles Héroux, instructeur diplômé en kinésiologie appliquée du Collège International de kinésiologie appliquée. Le Dr Héroux enseigne depuis 2006 la kinésiologie appliquée aux professionnels de la santé au Québec ainsi que dans plusieurs autres pays.

 

La AK est une approche interdisciplinaire des soins de santé qui rassemble les éléments centraux de diverses thérapies complémentaires afin de créer une approche plus complète du diagnostic et des traitements des diverses maladies fonctionnelles. La AK utilise des évaluations fonctionnelles du patient telles l’analyse de la posture et du patron de marche, l’évaluation de l’efficacité de contraction musculaire comme indicateur pour le système nerveux, l’amplitude de mouvement, la palpation statique et dynamique. Les informations soutirées de ces examens sont combinées aux résultats des évaluations traditionnelles (histoire clinique de la problématique, examen clinique, analyses de laboratoire, mesures instrumentales) afin d’en arriver à une impression diagnostique qui tient compte de la nature unique du patient et de sa condition physiologique particulière. Le cas échéant, cette impression clinique est utilisée comme trame de base pour établir un plan de traitement conservateur spécifique au patient.

 

La kinésiologie appliquée est-elle réservée aux professionnels de la santé?

L’utilisation de la AK requiert qu’elle soit utilisée en conjonction avec des méthodes diagnostiques standards utilisées par des professionnels de la santé formés pour le diagnostic clinique. Ainsi, l’utilisation de la kinésiologie appliquée et de ses outils d’évaluation ne convient qu’aux professionnels habilités à ces évaluations.

 

Qu’est-ce que ICAK (collège international de la kinésiologie appliquée)?

Le ICAK, fondé en 1975, est une organisation internationale qui regroupe des chapitres de divers pays composés de professionnels de la santé spécialisés en AK dont des médecins, des dentistes, des chiropraticiens et des ostéopathes. Présentement, il existe des chapitres au Canada, États-Unis, Australie, Allemagne, Autriche, Suisse, France, Italie, Lituanie, Grande-Bretagne, Corée, Brésil et Russie.

 

 

Quel est le but de ICAK?

Le collège international de kinésiologie appliquée procure un milieu d’échange clinique et académique afin d’évaluer, de démontrer et de transmettre les concepts et découvertes en Kinésiologie appliquée. Ces derniers respectent l’interrelation entre les côtés structurel, émotionnel et biochimique qui composent la santé et la maladie et la relation entre les troubles structurels et la perte de l’homéostasie démontrée dans la maladie fonctionnelle.

 

Comment la kinésiologie appliquée est-elle née?

Les origines de la kinésiologie appliquée contemporaine datent de 1964, lorsque Georges J. Goodheart Jr., D.C., a fait l’observation qu’en l’absence d’anomalies congénitales ou pathologiques, un débalancement postural était souvent associé avec une incapacité de certains muscles à répondre efficacement à un test musculaire spécifique. Il a aussi observé que des nodules douloureux étaient souvent palpables au niveau de l’origine et de l’insertion du muscle « défectueux » testé. La manipulation manuelle de ces zones de dysfonction soupçonnées améliorait l’équilibre postural ainsi la capacité du muscle à répondre au test musculaire spécifique. Goodheart ainsi que d’autres ont par la suite observé que plusieurs techniques de traitement conservatrices amélioraient la fonction neuromusculaire évaluée par le test musculaire. Ces techniques de traitement sont devenues la base des thérapies utilisées en kinésiologie appliquée. Les techniques utilisées regroupent des manipulations et mobilisations articulaires spécifiques, des thérapies myofasciales variées, des techniques crâniennes, des traitements utilisant les méridiens d’acupuncture, la nutrition clinique, la modification de la diète de base et l’utilisation de réflexes divers. Avec la recherche continue, les procédures de traitement ont continué de se diversifier et de se modifier au fil des ans. Bien que plusieurs techniques de traitement utilisées en kinésiologie appliquée proviennent de techniques préexistantes (ex : Strain CounterStrain, Fascial Release), certaines ont été développées de novo à l’intérieur de cette nouvelle discipline.

 

Quelles sont les causes possibles d’un muscle faible (inhibé)?

La présence d’une dysfonction est souvent détectée par l’incapacité d’un muscle à répondre adéquatement à un test musculaire spécifique. Ceci peut être causé par une facilitation inefficace ou par une inhibition neuromusculaire. Voici quelques théories sur les sources possiblement responsables d’une dysfonction musculaire :

  • Dysfonctions myofasciales ou de proprioception et microavulsions
  • Compression nerveuses périphériques
  • Niveau spinal d’innervation, déafférentation
  • Désorganisation neurologique
  • Relation viscérosomatique (réflexes autonomiques abérrants)
  • Manquements nutritionnels
  • Influences chimiques toxiques
  • Dysfonctions dans la production et la circulation du liquide cérébrospinal
  • Tension mécanique excessive des méninges
  • Débalancement des méridiens d’acupuncture
  • Débalancement lymphatiques et vasculaires

Selon la réponse au traitement, il apparaît que la dysfonction principale dans plusieurs de ces conditions est causée par la déafférentation, soit la perte fonctionnelle du stimulus sensoriel normal des récepteurs afférents des neurones. Ceci peut se produire dans plusieurs conditions, mais la plus simple à visualiser est sûrement la circonstance dans laquelle un fonctionnement articulaire inadéquat (subluxation ou fixation) résulte en un mouvement anormal affectant la stimulation des récepteurs articulaires et musculaires. Cette information inadéquate affecte la transmission de ces récepteurs par les nerfs périphériques vers la moëlle épinière, le tronc cérébral, le cervelet, le cortex cérébral puis vers les effecteurs, ce qui influence leur réponse normale au stimulus. Les symptômes de déafférentation surgissent de plusieurs niveaux tels que moteur, sensitif, autonomique et conscient ou même de tout autre niveau du névraxe.

 

Qu’est-ce qui est compris dans une évaluation en AK?

L’évaluation avec la kinésiologie appliquée représente un examen de la biomécanique fonctionnelle et de la neurologie fonctionnelle. Le terme biomécanique fonctionnelle comprend une analyse clinique de la posture, du mouvement coordonné, tel celui de la marche, et des amplitudes de mouvement. Le test musculaire s’intègre très bien à ces différentes évaluations. Durant une évaluation neurologique fonctionnelle, le test musculaire sert pour vérifier la réponse du corps face à divers stimuli physiques, chimiques et mentaux. Les résultats obtenus sont combinés avec l’histoire clinique, les trouvailles de l’évaluation physique et le cas échéant, les résultats des tests de laboratoire ou autres procédures diagnostiques normales. Les évaluations de kinésiologie appliquée ne devraient pas être utilisées comme seul outil diagnostic, mais plutôt en combinaison avec les techniques traditionnelles.

Qu’est-ce qui peut affecter le résultat d’un test musculaire?

Dans le contexte de pratique clinique, voici différents stimuli qui ont été remarqués comme ayant un effet sur le résultat escompté d’un test musculaire manuel :

  • Vecteur de force appliqué aux vertèbres, au bassin, au crâne et aux extrémités
  • Étirement d’un muscle, d’une articulation, d’un ligament et/ou tendon
  • Le contact digital du patient sur la peau au-dessus d’une zone soupçonnée de dysfonction (nommé toucher de localisation)
  • Contractions musculaires répétitives ou mouvement articulaire
  • Stimulation des récepteurs olfactifs par des vapeurs émanant d’une substance chimique
  • Stimulation gustative, habituellement avec des aliments ou suppléments nutritionnels
  • Phase respiratoire diaphragmatique
  • La visualisation par le patient d’un stress émotionnel, moteur ou sensitif
  • Réponses à d’autres stimuli tels que le toucher, la douleur, le chaud, le froid, la vue, l’ouïe et des afférences vestibulaires.

 

  • Quels sont les règles de base du test musculaire?
  • Les tests musculaires manuels évaluent la capacité du système nerveux à ajuster la contraction du muscle pour répondre au changement de pression effectué par l’évaluateur. Ceci exige donc que l’examinateur ait une formation pertinente en anatomie, physiologie et neurologie de la fonction musculaire. L’action normale du muscle testé, ainsi que le rôle des muscles synergistes, doit être bien compris. Le test musculaire manuel est une science et un art. Pour obtenir des résultats fiables, le test musculaire doit être effectué selon une marche à suivre précise. Les éléments suivant doivent être pris en considération lorsqu’un muscle est testé dans le cadre clinique ou dans un but d’étude :
  • Positionnement adéquat afin que le muscle testé soit le principal levier du mouvement évalué
  • Stabilisation efficace autour de la région testée
  • Observation de la façon que le patient/sujet est apte à maintenir la position de test
  • Position, pression et déclenchement du test standardisé
  • Éviter les idées préconçues sur le résultat du test à effectuer
  • Utiliser un point de contact non douloureux et effectuer le test sans douleur
  • Contrindications possible selon l’âge, des maladies dégénératives, des douleurs aigües ou des pathologies locales ou de l’inflammation

 

Comment la AK enrichit-elle la pratique de la chiropratique?

En kinésiologie appliquée une interrelation a été remarquée entre certaines dysfonctions musculaires et des dysfonctions des glandes ou organes associés. Cette association viscérosomatique est une des multiples sources de faiblesse musculaire. Remis en perspective et évalué à la lumière de d’autres résultats diagnostiques, le test musculaire peut donner des informations quant aux glandes ou organes à considérer comme source des troubles de santé du patient. Le diagnostic conventionnel considère l’image corporelle du patient comme source d’information. Ainsi, la pâleur, la fatigue, le manque de coloration des capillaires et artérioles à l’intérieur de la paupière inférieure du patient donnent des indices à l’évaluateur qu’une anémie peut être présente. Le diagnostic final d’anémie nécessite de faire des examens de laboratoire pour mesurer les valeurs sanguines des marqueurs appropriés. De la même façon, le lien muscle M glande/organe en kinésiologie appliquée donne des indications quant aux tests diagnostiques à faire, qui viendront confirmer ou infirmer les suspicions cliniques chez le patient évalué. Ce sont l’ensemble des outils diagnostiques de l’évaluateur qui lui permettront d’établir son diagnostique final.

Une évaluation et un suivi utilisant la kinésiologie appliquée peuvent être d’une grande efficacité dans la gestion de divers troubles de santé fonctionnels quand elle est utilisée en combinaison avec l’interprétation fonctionnelle de l’histoire de cas, des examens physiques, de laboratoire et des mesures instrumentales. La kinésiologie appliquée aide le clinicien à mieux apprécier les syndromes fonctionnels. Lorsqu’un patient est évalué, il est essentiel de prendre en considération toute pathologie ou fonctionnement pathologique préalables qui pourrait être confondues avec un débalancement fonctionnel.

Quelles sont les visées thérapeutiques d’un clinicien utilisant la AK?

Les procédures utilisées en kinésiologie appliquée ont pour but d’évaluation et de thérapeutique les points suivants :

  • Procure une évaluation interactive de l’état de santé fonctionnel du patient sans l’utilisation extensive d’équipement, mais tout en mettant l’emphase sur l’importance de corréler toute trouvaille avec des tests diagnostiques traditionnels.
  • Rétablir l’équilibre postural, corriger les débalancements du patron de marche, améliorer les amplitudes de mouvement.
  • Rétablir les afférences normales afin d’obtenir un contrôle et une organisation neurologiques efficace des fonctions corporelles.
  • Atteindre l’homéostasie des fonctions endocrines, immunitaires, digestives et viscérales. Intervenir de façon précoce sur les processus dégénératifs pour prévenir ou retarder l’apparition de processus pathologiques.

 

Est-ce que tous ceux qui utilisent le test musculaire font de la kinésiologie appliquée?

Quand utilisée de façon appropriée, la kinésiologie appliquée peut donner des informations très pertinentes sur des dysfonctions physiologiques; toutefois, plusieurs individus ont développé des techniques qui utilisent le test musculaire (et autres procédures connexes) d’une façon qui ne correspond pas à celle enseignée par le Collège International de Kinésiologie Appliquée. Il devient donc évident que l’utilisation du test musculaire et autres procédures connexes de AK n’égalisent pas la pratique de la kinésiologie appliquée telle qu’enseignée par ICAK.

 

Est-ce que des non-professionnels peuvent pratiquer la kinésiologie appliquée?

Il existe autant de non-professionnels que de professionnels qui utilisent une forme de test musculaire manuel sans avoir toutefois l’expertise nécessaire pour performer des tests spécifiques et précis. Certains oublient de combiner les trouvailles des tests musculaires manuels avec les résultats de tests diagnostiques traditionnels. Ceci peut être une source d’erreur qui mène à une mésinterprétation du débalancement présent et donc, par le fait même, à un traitement inadéquat ou à un traitement pour la mauvaise condition. C’est pour ces raisons que le Collège International de Kinésiologie Appliquée définit la pratique de kinésiologie appliquée comme étant limitée aux professionnels de la santé habilités au diagnostic.

 

Comment est organisé l’enseignement de la kinésiologie appliquée?

Une structure du cours de base de kinésiologie appliquée, couvrant 100 heures de cours, a été créée pour la première fois en 1976. Du fait des découvertes qui ont suivi en AK, ce syllabus de base a été modifié et amélioré plusieurs fois au fil des ans. Après avoir complété le cours de 100h de base, l’étudiant docteur peut suivre des formations avancées données par des professeurs diplômés et certifiés par le collège.

 

Quelles sont les pré-requis pour devenir Diplômé en kinésiologie appliquée (DIBAK)?

L’instructeur désirant donner des formations reconnues en kinésiologie appliquée en vue de former d’autres diplômés, doit être un DIBAK certifié par le collège. Le processus de certification est organisé et géré par le International Board of Examiners. Ce groupe réuni des diplômés (DIBAK) des différents chapitres et est composé de médecins, d’ostéopathes et de chiropraticiens. Les pré-requis pour avoir le droit de se présenter à l’examen du DIBAK sont les suivants :

  • 300 heures de cours de kinésiologie appliquée données par des DIBAK certifiés pour l’enseignement.
  • 3 années de pratique utilisant la kinésiologie appliquée.
  • L’écriture de deux études portant sur certaines notions de kinésiologie appliquée.
  • La réussite d’un examen écrit comportant 5 sections distinctes sur divers sujets de kinésiologie appliquée.
  • Faire et réussir un examen pratique approfondi en kinésiologie appliquée.
  • Qui peut enseigner des cours reconnus de kinésiologie appliquée ?
  • Les enseignants de AK doivent d’abord être DIBAK en kinésiologie appliquée et donc avoir réussi les examens du International Board of Examiners. Après ce premier processus, ils doivent soumettre une demande de statut d’enseignant au International Educational Coucil (IEC). Afin de maintenir le statut d’enseignant, certaines demandes doivent être rencontrées à chaque 3 ans.
  • D’où proviennent les informations en kinésiologie appliquée?
  • Contrairement à d’autres spécialités chiropratiques, la AK s’est inspirée en plus de plusieurs sources hors de la profession chiropratique. Du domaine chiropratique, les travaux de DeJarnette, Bennett, et autres ont été combinés avec les travaux de certains ostéopathes comme Sutherland et Jones et avec des travaux du domaine médical de la part de pionniers tels Travell, Wicke, Pert, Janda, Dvorak’s et plusieurs autres à venir qui enrichissent cette mer de connaissances qu’est le AK.

Comment la AK est utilisée dans d’autres professions?

En dentisterie, Harold Gelb D.M.D. a été le premier à écrire à propos de la kinésiologie appliquée vers la fin des années 1970. Il proposait d’utiliser le test musculaire manuel afin d’aider au diagnostic et au traitement de troubles d’occlusion. Présentement, certaines techniques de kinésiologie appliquée font partie du curriculum du Tuft’s Dental School à Boston, au Massachusetts. À Paris, le professeur Louis Namini a écrit un livre sur la kinésiologie appliquée pour les dentistes.

En Allemagne, en Italie et en Russie l’utilisation de la kinésiologie appliquée s’est répandue rapidement dans le domaine de la médecine holistique. En Autriche, la pratique de la kinésiologie appliquée par les médecins est maintenant une spécialité reconnue par le Austrian Departement of Health.

 

Comment savoir si quelqu’un a une formation en kinésiologie appliquée?

Le ICAK a créé une évaluation des compétences qui peut être passé après avoir compléter le cours de base de 100 heures. La réussite de cet examen correspond au premier niveau de compétence reconnu par ICAK. Malheureusement, plusieurs prétendent posséder des compétences après avoir suivi seulement 1 ou 2 cours ou sinon une formation de Touch for Health. Ils tentent par la suite de justifier leurs protocoles de traitement en utilisant la bannière AK, bien qu’ils aient échoué à acquérir les compétences nécessaires.

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