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Lise se demande si l’arrêt des hormones bio-identiques a un lien avec son arthrose

Bonjour Mme Lagacé,

Je ne sais pas si la question vous a déjà été demandée; j’ai cherché un peu sur le site mais sans succès. Se peut-il que l’arrêt de la prise d’hormones bio-identiques que j’ai pris pendant environ 6 à 7 ans, ait un lien direct avec des douleurs assez intenses (diagnostic d’arthrose) que j’ai en ce moment au niveau des mains, des épaules, du cou, des genoux? Se peut-il que la prise d’hormones ait retardé mes problèmes d’arthrose? J’ai fait l’arrêt de façon très progressive (de février à juillet). J’avais bien auparavant certaines sensibilités aux mains et aux genoux mais la douleur a vraiment augmenté depuis quelques mois. De plus, j’essaie de suivre depuis plusieurs mois l’approche hypotoxique, bien que je ne sois pas toujours très rigoureuse.

J’ai passé plusieurs radiographies pour les mains, genoux, épaule, maxillaire inférieur et les diagnostics révélaient la plupart du temps, une présence discrète d’arthrose. J’ai également fait des prélèvements sanguins pour vérifier la présence de maladies inflammatoires telles l’arthrite rhumatoïde, lesquels se sont avérés négatifs. Je m’interroge donc sur l’écart entre les résultats sur papier et mes douleurs physiques qui, elles sont très intenses.

J’imagine que si je suis la diète hypotonique de façon plus stricte, je pourrai observer des améliorations à ma situation. Qu’en pensez-vous?

Merci beaucoup!

Line

Réponse de Jacqueline

Il ne fait pas de doute que la baisse et surtout l’arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles (estrogène et progestérone) favorisent généralement le développement de l’arthrose (ostéoarthrite) chez les personnes qui y sont prédisposées. Ceci a été également bien démontré en laboratoire chez les rongeurs. Il n’est pas surprenant que l’arrêt des hormones bio-identiques ait également de telles répercussions chez une personne qui souffrait déjà d’un début d’arthrose qui probablement a été ralenti par la prise d’hormones bio-identiques. Avez-vous discuté avec votre médecin de ce problème?

D’autre part, oui il y a de fortes chances que le suivi strict de la diète hypotoxique permette de mettre en rémission vos douleurs arthritiques.

 

 

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En réponse à Marie-Eve concernant son cancer

Bonjour Marie-Eve,

Je pense que la première démarche qui s’impose, si cela n’est pas déjà fait,  est d’informer votre médecin des modifications que vous observez depuis le mois d’octobre 2017 alors que vos traitements sont terminés depuis le 15 août dernier.

Puisque dans votre commentaire vous me demandez si j’ai des conseils et faits vécus à vous recommander, j’aimerais vous parler du livre de la Dre Kelly A. Turner intitulé « Rémission radicale, Survivre au cancer malgré les pires pronostics ». Je tiens à vous préciser que même si je ne pense pas que vous faites partie de ce groupe de patients ayant un mauvais pronostic,  les conseils qui  découlent de ce livre peuvent être utiles pour toute personne affectée par le cancer ou une maladie difficile à traiter.

Dre Turner, l’auteure de ce livre était conseillère auprès des cancéreux dans un grand hôpital universitaire de San Francisco lorsqu’elle a découvert qu’il y avait plus de 1000 articles bien documentés de rémissions radicales du cancer dans des revues médicales.  Elle était par contre troublée par le fait que personne n’étudiait sérieusement ces cas, ni ne les suivait et que leurs médecins étaient rarement intéressés à savoir comment ces patients s’étaient soignés.  C’est ainsi qu’elle a décidé de poursuivre un doctorat dont l’objectif était de rechercher et analyser les cas de rémission radicale pour tenter de mieux  comprendre ce phénomène. Techniquement, sa thèse de doctorat avait pour  but de rechercher 20 sujets ayant connu une rémission radicale et de leur demander ce qui, à leurs yeux, avait entraîné leur guérison.  Durant les 10 premiers mois,  elle a parcouru le monde pour interroger non seulement des survivants mais également des thérapeutes du milieu médical alternatif que ces patients avaient consultés.   Sa recherche s’est étendue sur 10 ans au cours desquels elle a mené 100 entrevues et analysé plus de 1000 comptes rendus.   Ses analyses exhaustives menées selon des méthodes de recherche qualitative, lui ont permis d’identifier de nombreux facteurs physiques, émotionnels et spirituels qui pourraient jouer un rôle dans la rémission radicale.  Ces facteurs, qui ont été analysés selon leur fréquence respective, ont permis d’identifier 9 d’entre eux qui étaient mentionnés constamment dans pratiquement chacune des entrevues. Suite à la publication d son livre, le site web www.radicalremission.com a été créé et a permis de recenser six fois plus de cas que ceux publiés en un an dans les revues médicales.  L’analyse de ces nouveaux témoignages lui a permis d’identifier deux nouveaux facteurs qui étaient toujours les plus souvent nommés par les survivants : l’exercice et la pratique énergétique.

L’auteur définit une rémission radicale ainsi :  « toute rémission du cancer qui ne s’inscrit pas dans les statistiques, sachant que celles-ci varient selon le type de cancer, le stade de développement et le traitement reçu.  Plus précisément, on peut dire qu’il y a rémission radicale lorsque : 1) le cancer disparaît alors que le patient n’a reçu aucun traitement médical classique, ou; 2) le cancer résiste aux traitements de la médecine classique, mais disparaît quand le patient se tourne vers une approche de médecine alternative, ou; 3) un patient souffrant d’un cancer a recours à la fois à la médecine classique et à des approches alternatives dans le but de renverser un pronostic statistiquement négatif (c’est-à-dire un cancer qui laisse au patient moins de 25% de chances de survivre cinq ans) ».
Voici les 9 facteurs clés présentés par Kelly A. Turner, Ph.D. dans son livre « Rémission radicale,  survivre au cancer malgré les pires pronostics » traduit et publié en français par Flammarion en 2016:

1) Changer radicalement son alimentation

2) Prendre sa santé en mains (jouer un rôle actif, être disposé à apporter des changements dans son mode de vie, savoir faire face à la résistance)

3) Suivre son intuition

4) Prendre des suppléments et des plantes médicinales

5) Libérer les émotions refoulées

6) Cultiver les émotions positives

7) Miser sur le soutien social

8) Approfondir sa spiritualité

9) Avoir de bonnes raisons de vivre

Ajouts suite aux commentaires reçus sur son site web: l’exercice physique et la pratique énergétique

En conclusion, je conseille vivement la lecture de ce livre à toute personne atteinte du cancer. De plus, je considère que les facteurs clés de guérison énoncés dans ce livre peuvent s’appliquer au traitement de toute maladie difficile à soigner.

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La diète cétogène, ses caractéristiques, ses applications potentielles et ses effets secondaires possibles.

Il y a quelques temps,  à la demande de lecteurs, je m’étais engagée à rédiger un texte d’information sur la diète cétogène.  Comme il a été question dernièrement de la diète cétogène aux Nouvelles de Radio-Canada, je profite de l’occasion pour discuter brièvement de ce cas et apporter l’information promise concernant la diète cétogène.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1066632/guerison-miraculeuse-jeune-quebecoise-regime-alimentaire-cetogene

La petite fille en question a montré les premiers symptômes d’une encéphalite auto-immune qui déclenchait de nombreuses crises d’épilepsie à l’âge de deux ans et demi. Elle s’est avérée réfractaire aux médicaments qui ont été utilisés. Il y a environ 21 mois, vers l’âge de 4 ans, son neurologue a prescrit une diète cétogène pour tenter d’arrêter et/ou de diminuer ses nombreuses  crises d’épilepsie.  La diète cétogène s’est avéré efficace à mettre pratiquement fin aux crises d’épilepsie, ce qui n’est pas une surprise en soi,  puisque cette diète est reconnue surtout pour cette raison.

Probablement, ce qui a le plus surpris le médecin et son entourage, c’est l’évolution rapide du comportement de l’enfant. Alors que le développement de la maladie avait induit des caractéristiques apparentées à de l’autisme, soit l’absence de contact visuel, de l’agitation,  l’incapacité de parler et le refus de manger, ces caractéristiques sont disparues en quelques mois.   Le fait que l’enfant ait retrouvé rapidement un comportement normal,  suggère que la diète cétogène a mis fin à l’inflammation au niveau de son système nerveux, laquelle inflammation était vraisemblablement causée par les  réactions auto-immunes  dont son cerveau était la cible.

Ce qui me frappe dans l’évolution de cette petite fille c’est que les effets de la diète cétogène sur son cerveau s’apparentent aux phénomènes que l’on observe chez plusieurs  enfants autistes qui retrouvent un comportement normal lorsque leur alimentation respectent les règles de la diète hypotoxique. Pour ceux que cela intéresse, vous trouverez  dans le livre suivant « Être et ne plus être autiste » de Nathalie Champoux, la description de l’évolution positive de ses deux enfants qui étaient atteints du syndrome de l’autiste et qui ont retrouvé graduellement un comportement normal à partir du moment où leurs parents ont changé leur alimentation pour la diète hypotoxique.

La diète cétogène, ses caractéristiques, ses applications potentielles et ses effets secondaires possibles.

Caractéristiques

La diète cétogène est basée sur la consommation d’une grande quantité de gras (± 90% de la diète),  une quantité modérée à faible de protéines (± 8%) et une quantité très faible de glucides (± 2%). Il s’agit d’une diète très déséquilibrée qui exige un suivi médical et une prise de compléments alimentaires.  La diète cétogène force l’organisme à brûler des gras à la place du sucre, lequel produit  sous la  forme d’adénosine triphosphate (ATP),  l’énergie dont le corps à besoin pour fonctionner.  Avec la diète cétogène,  il se produit une oxydation des acides gras au niveau du foie, ce qui entraîne la production de corps cétoniques.  Les cétones sont transportées par le sang dans les tissus où elles participent au fonctionnement des mitochondries, les organelles impliquées dans la libération d’énergie.  Le fait qu’il y ait une faible quantité de glucides dans la diète cétogène peut favoriser  une petite  réduction du glucose sanguin et un meilleur contrôle de la glycémie;  parallèlement,  la stimulation de la glycogénèse permet de compenser lorsqu’il y a présence d’une trop grande baisse du niveau de glucose dans le sang.

Applications potentielles

L’intérêt de la  diète cétogène comme traitement de l’épilepsie remonte à 1921. Toutefois, au cours des années 1950, le développement de médicaments anticonvulsivants,  réputés sécuritaires et efficaces, a beaucoup amenuisé l’intérêt pour  la diète cétogène. Toutefois, la diète cétogène a recommencé à émerger au cours des années 1990 en tant qu’alternative pour les enfants épileptiques qui ne répondaient pas aux anticonvulsivants; une étude contrôlée a  montré une efficacité de 61%  de la diète cétogène chez les enfants épileptiques ainsi traités, comparativement à 8% dans le cas du groupe contrôle qui ne suivait pas la diète.  De plus, il a été démontré que l’application de la diète cétogène  pendant une période de 6 mois n’induisait pas d’effets secondaires significatifs en ce qui concerne  l’apprentissage et l’adaptation sociale des enfants.

Compte tenu du succès de la diète cétogène auprès des enfants épileptiques, on a appliqué cette diète à d’autres problèmes de santé comme le traitement de l’obésité qui fut popularisé par le Dr Robert Atkins, le traitement de patients qui présentent un défaut dans le transport du glucose, le syndrome métabolique et le diabète.

Au cours des dernières années, on s’est intéressé à la diète cétogène en tant qu’adjuvant pouvant accompagner les thérapies anti-cancéreuses telles la chimiothérapie et la radiothérapie.  La rationnelle de cette orientation est basée sur l’observation que les cellules cancéreuses, contrairement aux cellules normales, ont de très grands besoins de glucose, même en présence d’oxygène ce qui suggère que les cellules cancéreuses ont une respiration mitochondriale défectueuse et exigeraient une glycolyse accrue en tant que mécanisme compensatoire.  Dans le même ordre d’idée, il a été observé lors de  nombreuses études animales qu’il y a une consommation accrue de glucose par les cellules cancéreuses et que de grandes quantités de glucose sont nécessaires à la survie des tumeurs et au développement des métastases.  On a aussi démontré chez des patients atteints du carcinome du colon que la consommation de glucose par leurs cellules tumorales était supérieure par un facteur de 30 à 40 fois aux besoins en glucose des cellules normales de même origine.

L’action adjuvante de la diète cétogène lorsque associée aux thérapies anti-cancéreuses  conventionnelles telles la chimiothérapie et la  radiothérapie,  reposerait sur trois mécanismes : 1) l’augmentation du stress oxydatif* dans les cellules cancéreuses, suite à une alimentation basée sur les lipides (diète cétogène), limite la disponibilité du glucose pour la glycolyse, restreignant ainsi une voie courante d’obtention d’énergie 2) le métabolisme des lipides force donc les cellules des patients qui suivent la diète cétogène à obtenir leur énergie à partir des mitochondries alors qu’il est présumé que les cellules cancéreuses, contrairement aux cellules normales, ont des mitochondries dysfonctionnelles qui ne leur permettent qu’un apport restreint en glucose;  la croissance des cellules cancéreuses est alors entravée par l’excès de stress oxydatif ; 3)  la production d’énergie lorsqu’elle provient de la consommation de protéines, aboutit à un phénomène apparenté à la consommation de grandes quantités de lipides bien qu’à un  niveau moins sélectif.

Un seul article relatant des essais cliniques de phase 1 concernant l’action adjuvante de la diète cétogène associée à des traitements anti-cancer contre le cancer du poumon et le cancer du pancréas chez l’humain a pu être répertorié.  Les traitements de radiation et de chimiothérapie ont été associés à la diète cétogène durant six semaines dans le cas du cancer pulmonaire et de cinq semaines dans le cas du cancer pancréatique.  Sur une période de 3 ans, 7 patients porteurs d’un cancer pulmonaire ont été enrôlés dans cette étude : 4 patients furent incapables de compléter la diète cétogène,  2 complétèrent l’étude et un patient a été éliminé en raison d’une toxicité dose-limite.  Durant la même période, 2 patients atteints d’un cancer du pancréas ont été enrôlés dans l’étude : un patient a complété l’étude et le second a été éliminé en raison d’une toxicité dose-limite.  Dans le résumé, les auteurs concluaient que les patients ont été incapables d’observer correctement la diète cétogène envers laquelle ils ont montré peu de tolérance.

*Stress oxydatif : le stress oxydatif se définit comme  le résultat d’un déséquilibre métabolique suite à la  production excessive de radicaux libres, lesquels entraînent des dégâts cellulaires, souvent irréversibles, tels la destruction cellulaire, des modifications des protéines et/ou des gènes.  Notre organisme produit en permanence des radicaux libres d’origines endogène (intérieur, venant du métabolisme) et exogène (venant des influences extérieures et des substances toxiques).  Les radicaux libres doivent être neutralisés par des antioxydants de façon à maintenir l’homéostasie de l’organisme.

Effets secondaires possibles de la diète cétogène

Les effets secondaires courants de la diète cétogène sont la léthargie, les nausées, les vomissements dus à l’intolérance à cette diète, spécialement chez les enfants. De plus, les enfants sont sujets à l’hypoglycémie due à la faible consommation de glucose. On a observé également à long terme chez les enfants de l’ hypertriglycéridémie, une diminution de la croissance et  une perte progressive du contenu minéral des os. Chez les adultes, l’inconfort gastro-intestinal est  commun en raison de la grande quantité de lipides ingérés. Une étude pilote prospective a montré que la diète cétogène induit une augmentation substantielle et progressive du niveau de cholestérol chez les patients après un an de diète.  Il a été noté également des déficiences en minéraux tels le sélénium, le cuivre et le zinc dans le sérum de patients, déficits qui doivent être corrigés  par  une supplémentation. Les autres effets secondaires observés chez les adultes sont la constipation  en raison du manque de fibres, des dommages rénaux, des calculs rénaux,  une augmentation des lipoprotéines de faible densité (LDL), des tremblements, des malaises, le développement de la stéatose hépatique non alcoolique, l’élévation des corps cétoniques dans le sang particulièrement chez les patients diabétiques qui peuvent développer de l’acidocétose susceptible de mettre leur vie en danger.   Une étude récente chez 6 patients qui suivaient la diète cétogène a révélé qu’après 3 mois de diète, leurs matières fécales montraient une augmentation significative des espèces Desulfovibrio , un groupe de bactéries qui seraient impliquées dans l’exacerbation de l’inflammation de l’intestin associée à la consommation de gras d’origine animal.

Conclusion

La diète cétogène constitue à mon avis une diète de dernier recours pour les raisons suivantes: 1) il s’agit d’une diète déséquilibrée qui exige un suivi médical serré; 2) elle est susceptible d’induire de nombreux effets secondaires qui peuvent diminuer la qualité de vie des patients et provoquer des conséquences néfastes pour leur santé.

Selon les études cliniques effectuées jusqu’à maintenant, les seuls problèmes de santé qui démontrent de façon convaincante la pertinence de l’utilisation de la diète cétogène sont les cas d’épilepsies réfractaires aux anticonvulsivants chez les enfants et chez les adultes. Par contre, la diète cétogène, malgré ses limitations importantes, a fait la preuve dans le  milieu médical que des changements alimentaires peuvent améliorer de façon importante la vie de certains patients.  Depuis 1985, les travaux cliniques du Dr Jean Seignalet sur environ 2,500 patients ont démontré que la très grande majorité des maladies inflammatoires chroniques peuvent être mises en rémission ou grandement améliorées chez environ 80% des patients atteints de telles maladies lorsqu’ils adoptent une alimentation anti-inflammatoire qualifiée d’hypotoxique.  Compte tenu du vieillissement de la population, du nombre croissant de personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques qui mettent en péril notre système de santé universel, il est urgent que le monde médical tienne compte des milliers de témoignages qui ne cessent de confirmer les études cliniques du Dr Seignalet.  Les études cliniques du Dr Seignalet et tous les témoignages qui confirment la pertinence de ses résultats au cours des dernières décennies ont démontré hors de tout doute que des changements alimentaires basés sur une diète anti-inflammatoire constituent une démarche thérapeutique qui en plus d’être d’une grande efficacité ne cause aucun effet secondaire.

Références

Allen BG, Bhatia SK, Anderson CM et al., Ketogenic diets as an adjuvant cancer therapy: History and potential mechanism. Redox Biol. 2014; 2:963-70. Review.

Appavu B, Vanatta L, Condie J et al., Ketogenic diet treatment for pediatric super-refractory status epilepticus. Seizure. 2016;41:62-65.

Cervenka MC, Hocker S, Koenig M et al., Phase I/II multicenter ketogenic diet study for adult superrefractory status epilepticus.  Neurology. 2017, 88:938-943.

Kosinski C, Jornayvaz FR. Ketogenic diets : the miraculous solution ? Rev Med Suisse. 2017;13:1145-1147.

Paoli A, Bianco A, Damiani E, Bosco G.  Ketogenic diet in neuromuscular and neurodegenerative diseases.  Biomed Res Int. 2014;2014:474296. doi: 10.1155/2014/474296. Epub 2014 Jul 3. Review.

Tagliabue A, Ferraris C, Uggeri F et al.,  Short-term impact of a classical ketogenic diet on gut microbiota in GLUT1 Deficiency Syndrome: A 3-month prospective observational study.  Clin Nutr ESPEN. 2017;17:33-37.

Zahra A, Fath MA, Opat E et al., , Consuming a Ketogenic Diet while Receiving Radiation and Chemotherapy for Locally Advanced Lung Cancer and Pancreatic Cancer: The University of Iowa Experience of Two Phase 1 Clinical Trials. Radiat Res. 2017, 187:743-754.

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Nancy me demande si je peux l’aider à mieux contrôler sa SLA, une maladie neurodégénérative

Nancy me demande si je peux l’aider à mieux contrôler sa SLA, une maladie neurodégénérative.

Les données récentes de la science établissent un lien entre l’immunité innée et les maladies neurodégénératives telles la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la maladie de Huntington et la sclérose latérale amyotrophique (Lou gehrig).  Le point commun entre ces maladies est l’importance du système immunitaire inné qui peut lors de son activation entraîner une réponse immunitaire excessive ou non efficace;  cela peut entraîner des complications inflammatoires systémiques ou locales et contribuer au développement d’inflammation chronique.

Dans le cerveau, la microglie représente les cellules clés du système immunitaire inné,  lesquelles sont impliquées dans le développement du cerveau, sa maturation et son homéostasie.  Lorsque le fonctionnement de la microglie est perturbé, cela résulte en une inflammation qui contribuerait au développement des maladies neurodégénératives telles les maladies mentionnées précédemment.  Il a été observé dans des co-cultures  que lorsque certaines molécules s’associent à la microglie, cela peut entraîner de la cytotoxicité pour les neurones moteurs avec libération de cytokines pro-inflammatoires telles le TNF et l’Il-β. L’inflammatoin qui en résulte peut provoquer des dysfonctions métaboliques et la perte de la fonction phagocytaire.   Une étude récente a démontré que la fonction active de la microglie est dépendante des acides gras à chaînes courtes, ce qui suggère que les aliments que nous consommons et le microbiome  peuvent avoir un impact sur la fonction immunitaire innée et le développement d’un phénomène neurodégénératif (Erny D, Hrabě de Angelis AL, Jaitin D et al.,  Host microbiota constantly control maturation and function of microglia in the CNS. Nat Neurosci. 2015 Jul;18(7):965-77). Cette étude est en accord avec une autre qui suggère que les microbiotes intestinaux peuvent influencer la perméabilité de la barrière sang-cerveau (Braniste V, Al-Asmakh M, Kowal C, et al. 2014. The gut microbiota influences blood-brain barrier permeability in mice. Sci. Transl. Med. 6(263):ra158–58).

Recommandations : comme le développement de la SLA implique un phénomène inflammatoire et que le microbiome intestinal et les aliments que l’on consomme (acides gras à chaînes courtes et autres) selon leurs caractéristiques  peuvent avoir un impact positif ou négatif sur la maladie neurodégénérative, je pense que consommer une alimentation anti-inflammatoire comme la diète hypotoxique qui est également une alimentation très riche en légumes et en fruits (20-30 % de cru), donc riche en fibres, consommer des légumes  fermentés, des probiotiques et prébiotiques, tout cela  pourrait vous aider.

Ne pas oublier la méditation et la visualisation positive qui sont des aides précieuses particulièrement lorsque l’on fait face à une situation difficile.

Jacqueline Lagacé, Ph.D.

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Est-il vraiment pertinent d’utiliser l’indice glycémique pour le choix de nos aliments?

Remise en cause de la pertinence d’utiliser l’indice glycémique (IG) comme guide pour le choix d’une alimentation santé pour l’ensemble de la population par les principales associations du domaine de la santé telles le WHO, l’EFSA et autres. (mise à jour en 2017)

La remise en question de la pertinence de l’indice glycémique (IG) comme guide pour le choix d’une alimentation santé concerne d’une manière particulière les aliments riches en amidon. On a prétendu que les aliments riches en amidon et/ou dont l’indice glycémique était élevé favorisaient un surplus de poids. De telles affirmations, non fondées pour l’ensemble de la population, ont influencé la rédaction de guides alimentaires inappropriés.  S’appuyant sur l’indice glycémique des aliments, des médecins et des nutritionnistes ont conseillé d’éviter ou de limiter fortement la consommation d’aliments riches en amidon alors que ces derniers possèdent souvent des caractéristiques santé indéniables. C’est d’autant plus regrettable que ces aliments nutritifs sont souvent offerts à des prix abordables. C’est le cas par exemple de la pomme de terre bouillie, riche en fibres solubles, vitamine C, potassium, magnésium et polyphénols ; même ses protéines, bien qu’elles soient peu nombreuses, sont facilement digestibles et de qualité (présence des acides aminés essentiels). Il faut savoir que le concept de l’IG a été développé en 1981, principalement pour les diabétiques (1):   l’indice glycémique des aliments est en relation avec la quantité d’insuline qui est sécrétée dans le sang après l’ingestion d’un aliment particulier, en fonction desglucides à digestion lente ou rapide qu’il contient. Plus la sécrétion d’insuline est rapide, plus l’indice glycémique de l’aliment sera élevé.

Les recommandations des autorités en santé

 Toutes les recommandations récentes émanant des autorités en santé – USDA (2-4) , EFSA (5,6), OMS (7), The World Cancer Research Fund (8) – concluent qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour affirmer que choisir des aliments avec un indice glycémique faible permet de diminuer le risque de développer des maladies chroniques pour l’ensemble de la population.  Le groupe d’experts The Nordic Nutrition Recommandations (NNR) – qui a effectué une revue systématique des travaux scientifiques portant sur la qualité et la quantité des glucides consommés dans le but d’évaluer l’influence de l’indice glycémique sur l’état de santé des populations – est d’avis également que l’ensemble de la population n’a pas à faire ses choix alimentaires en fonction de l’indice glycémique des aliments (9). Récemment, Santé Canada a publié un article indiquant que les valeurs de l’indice glycémique apparaissant sur les étiquettes des aliments pouvaient induire les consommateurs en erreur et n’ajoutaient aucune information valable susceptible d’aider les consommateurs à faire des choix alimentaires plus sains (10). Tous ces groupes reconnaissent que la méthodologie, la validité et l’utilisation de l’indice glycémique des aliments doivent être clarifiées. Les raisons de douter de la pertinence de l’indice glycémique pour choisir ses aliments viennent du fait que l’IG peut être influencé par la nature chimique et physique de l’ensemble des aliments consommés au cours d’un repas, le moment de la journée au cours duquel le repas est pris (le repas du matin assure un meilleur contrôle glycémique que le repas du soir) ainsi que par des facteurs propres à chacun d’entre nous. En fait, tous les éléments suivants influencent l’indice glycémique : le type de fibres alimentaires, la structure des amidons, les types de sucre, de lipides, le contenu en protéines, en eau, la structure cellulaire des aliments, leurs interactions moléculaires, la distribution de la taille des particules, la présence d’inhibiteurs d’amylase ou d’acides organiques, les méthodes de préparation des aliments et le degré de mastication (11-13). Les études qui cherchaient à établir un lien entre le choix des aliments à indice glycémique faible et la prévention des maladies chroniques et/ou des problèmes métaboliques ont échoué pour les raisons suivantes :

1) la présence de différences individuelles considérables dans la réponse au glucose quand différents aliments sont testés ;

2) la disponibilité des glucides dans les aliments, qui peut être surestimée par rapport aux quantités réellement absorbées ;

3) l’utilisation de tables internationales qui ne correspondent pas nécessairement aux différentes productions locales d’aliments ;

4) dans plusieurs essais, les aliments considérés comme ayant un IG faible et les aliments contrôles différaient sur des éléments tels que le contenu en fibres solubles et insolubles, la viscosité des fibres et autres contenus en macronutriments ;

5) les effets de l’heure du repas et l’influence du repas précédent ne sont pas pris en compte, sans oublier que la réponse au glucose dépend de l’ensemble des différents aliments consommés durant un repas, alors qu’avec l’IG on ne tient compte généralement que des glucides ;

6) il n’y a pas toujours de cohérence entre l’IG et la réponse insulinémique ;

7) des tests physiologiques ont montré que les formules utilisées pour évaluer l’indice glycémique des aliments surestiment de façon générale ces indices par des marges de 22 à 50 %.

Une chose est certaine, l’influence de l’indice glycémique quant au choix des aliments santé prête énormément à controverse, particulièrement pour les gens qui ne souffrent pas de diabète ni d’excès de poids.  Une étude récente particulièrement révélatrice a été effectuée sur de jeunes adultes en santé, chez lesquels on a étudié l’influence de l’heure à laquelle un repas à indice glycémique faible et/ou élevé était consommé. Lorsque le repas était consommé le matin, quel que soit l’indice glycémique du repas, on observait un très bon contrôle glycémique. Lorsque le même repas était consommé à la fin de la journée, on observait une dégradation du contrôle glycémique, indépendamment de l’indice glycémique du repas. De plus, la différence était plus marquée dans le cas du repas à faible indice glycémique puisqu’aucun avantage métabolique n’était obtenu suite à ce repas (13).

Ces résultats viennent à mon avis appuyer l’importance du petit déjeuner pour une santé optimale et devraient influencer les diabétiques et les personnes qui souffrent d’embonpoint à considérer ce repas en tant que pivot de leur alimentation. Ils auraient, de plus, avantage à prendre un repas léger au souper.

En 2010, The Dietary Guidelines Advisory Committee on the Dietary Guidelines for Americans (14) conclut que « lorsque l’on sélectionne des aliments glucidiques, il n’est pas nécessaire de tenir compte de leur indice glycémique ni de leur charge glycémique.  Ce qui est important, c’est d’être conscient de leurs calories, de leur densité calorifique et de leur contenu en fibres ». Par contre, les différents rapports américains et européens cités précédemment concernant la consommation de glucides dans l’alimentation humaine concluent : « Il y a des éléments de preuves contradictoires qui indiquent que les aliments ayant un IG élevé pourraient être associés à une augmentation du risque de développer un diabète de type 2 ainsi que des maladies cardiaques, particulièrement chez les gens en surpoids ou obèses. » Ces preuves, selon eux, seraient toutefois insuffisantes pour recommander d’introduire l’indice glycémique dans les recommandations nutritionnelles concernant l’ensemble de la population.

Un article publié en 2014 dans la revue scientifique JAMA (15) avait pour objectif de démontrer que l’indice glycémique des aliments et la quantité totale de glucides alimentaires étaient des facteurs qui pouvaient favoriser le développement des maladies cardiovasculaires et du diabète. L’étude fut réalisée sur 163 adultes de 30 ans et plus qui ne souffraient pas de maladies cardiovasculaires ni de diabète ou de maladies rénales chroniques mais qui présentaient un risque élevé de développer une maladie chronique : 56 % étaient obèses, 26 % souffraient d’hypertension et les autres de pré-hypertension, 56 % présentaient des taux de cholestérol LDL supérieurs à 132 mg par décilitre et 30 % présentaient un taux de glycémie à jeun trop élevé. Les patients ne devaient prendre aucun médicament en lien avec leur problème de santé pour faire partie de l’étude. Les participants avaient la possibilité de suivre quatre diètes santé complètes. Les aliments pour chacune des diètes étaient fournis et contrôlés par le centre de recherche. Chaque diète durait cinq semaines et était suivie par un retour à la diète usuelle des participants pendant deux semaines. Chaque participant a complété au moins deux de ces diètes qui étaient attribuées de façon aléatoire. Deux des diètes glucidiques comportaient un nombre élevé de calories (58 % des calories totales) ; une de ces diètes comportait des aliments à indice glycémique faible (≤ 45) alors que l’autre comportait des aliments à indice glycémique élevé (≥ 65) ; les deux autres diètes étaient moins riches en glucides et leur nombre total représentait un nombre de calories plus faible (40 % des calories totales) ; une de ces diètes comportait des aliments à indice glycémique faible (≤ 45) alors que l’autre comportait des aliments à indice glycémique élevé (≥ 65). Contrairement à ce qui était attendu, les diètes glucidiques à indice glycémique faible, lorsque comparées aux diètes glucidiques à indice glycémique élevé, n’ont pas entraîné une amélioration de la sensibilité à l’insuline, ni une amélioration du niveau de lipides sanguins ou de la pression sanguine systolique. Les auteurs en ont conclu que dans le contexte d’une diète santé (genre diète méditerranéenne riche en grains entiers, légumes et fruits), utiliser l’indice glycémique pour sélectionner les aliments n’améliore pas les facteurs de risques cardiovasculaires et ou la résistance à l’insuline.

Une méta-analyse effectuée à partir de 28 travaux de recherche a montré également que le fait de diminuer l’indice glycémique des aliments n’a pas diminué le taux de  holestérol HDL, de triglycérides, ni de cholestérol LDL sauf dans les cas où le contenu en fibres avait été augmen (16). L’influence favorable marquée de la consommation d’une alimentation riche en fibres alimentaires en améliore significativement la réponse glycémique, entraîne une diminution sérique du cholestérol de faible densité (LDL) ainsi que la réduction du risque de maladies cardiovasculaires chez les adultes et les enfants (17). En fait, augmenter le contenu en fibres de la diète en améliore la qualité, le contenu en antioxydants et a un effet bénéfique sur la santé humaine.

En conclusion, les individus qui ont une diète santé équilibrée, riche en fibres, légumes variés, légumineuses, fruits, grains entiers tout en consommant de façon raisonnable des viandes maigres lorsque désiré, n’ont pas à se préoccuper de l’indice glycémique des aliments, même ceux qui sont en surpoids. En fait, suivre une diète équilibrée semble avoir beaucoup plus d’incidences positives sur la santé que choisir ses aliments en fonction de leur indice glycémique.

Références

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  1. Overby NC, Sonestedt E, Laaksonen DE, et al. Dietary fiber and the glycemicindex : a background paper for the Nordic Nutrition Recommendations 2012. FoodNutr Res. 2013 ;57. doi : 10.3402/fnr.v57i0.20709. Epub 2013 Mar 25.
  1. Mann J, Cummings JH, Englyst HN et al. FAO/WHO scientific update on carbohydratesin human nutrition : conclusions. Eur J Clin Nut. 2007 ; 61(Suppl. 1) :S132–137.
  1. World Cancer Research Fund, American Institute for Cancer Research. Washington,DC : AICR ; 2007. Food, nutrition, physical activity and the prevention of cancer :a global perspective. Washington, DC : AICR.
  1. Nordic Council of Ministers. Nordic Nutrition Recommendations 2004. Integratingnutrition and physical activity. 4th edition. Copenhagen, Denmark : Norden ; 2005.
  1. Aziz A, Dumais L, Barber J. Health Canada’s evaluation of the use of glycemic  index and glycemic load : measurement issues and their effect on diet-disease relationships. Eur J Clin Nutr. 2007 ; 61(Suppl. 1) :S122–131.
  1. Thorsdottir I, Birgisdottir BE. Copenhagen : Nordic Council of Ministers. Tema Nord ; 2005. Tema Nord Report. Glycemic index – from research to nutrition recommendations? p. 589.
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  1. Dietary Guidelines for Americans 2010. 2012. http ://www.cnpp.usda.gov/DGAs2010-DGACReport.htm [cited 16 November 2011]
  1. Sacks FM, Carey VJ, Anderson CA et al. Effects of high vs low glycemic index of dietary carbohydrate on cardiovascular disease risk factors and insulin sensitivity : the OmniCarb randomized clinical trial. JAMA. 2014 ; 312 : 2531-2541.
  1. Goff LM, Cowland DE, Hooper L, et al. Low glycæmic index diets and blood lipids : a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. NutrMetab Cardiovasc Dis. 2013 ; 23 :1-10. Review.
  1. Maćkowiak K, Torlińska-Walkowiak N, Torlińska B. Dietary fibre as an importantconstituent of the diet. Postepy Hig Med Dosw (Online). 2016 ; 70 :104

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La kinésiologie appliquée: ce qu’il faut savoir à propos de ce système de diagnostic et de traitement

Dans le but de mieux renseigner mes lecteurs, ce texte m’a été remis à ma demande par le Dr Charles Héroux, instructeur diplômé en kinésiologie appliquée du Collège International de kinésiologie appliquée. Le Dr Héroux enseigne depuis 2006 la kinésiologie appliquée aux professionnels de la santé au Québec ainsi que dans plusieurs autres pays.

 

La AK est une approche interdisciplinaire des soins de santé qui rassemble les éléments centraux de diverses thérapies complémentaires afin de créer une approche plus complète du diagnostic et des traitements des diverses maladies fonctionnelles. La AK utilise des évaluations fonctionnelles du patient telles l’analyse de la posture et du patron de marche, l’évaluation de l’efficacité de contraction musculaire comme indicateur pour le système nerveux, l’amplitude de mouvement, la palpation statique et dynamique. Les informations soutirées de ces examens sont combinées aux résultats des évaluations traditionnelles (histoire clinique de la problématique, examen clinique, analyses de laboratoire, mesures instrumentales) afin d’en arriver à une impression diagnostique qui tient compte de la nature unique du patient et de sa condition physiologique particulière. Le cas échéant, cette impression clinique est utilisée comme trame de base pour établir un plan de traitement conservateur spécifique au patient.

 

La kinésiologie appliquée est-elle réservée aux professionnels de la santé?

L’utilisation de la AK requiert qu’elle soit utilisée en conjonction avec des méthodes diagnostiques standards utilisées par des professionnels de la santé formés pour le diagnostic clinique. Ainsi, l’utilisation de la kinésiologie appliquée et de ses outils d’évaluation ne convient qu’aux professionnels habilités à ces évaluations.

 

Qu’est-ce que ICAK (collège international de la kinésiologie appliquée)?

Le ICAK, fondé en 1975, est une organisation internationale qui regroupe des chapitres de divers pays composés de professionnels de la santé spécialisés en AK dont des médecins, des dentistes, des chiropraticiens et des ostéopathes. Présentement, il existe des chapitres au Canada, États-Unis, Australie, Allemagne, Autriche, Suisse, France, Italie, Lituanie, Grande-Bretagne, Corée, Brésil et Russie.

 

 

Quel est le but de ICAK?

Le collège international de kinésiologie appliquée procure un milieu d’échange clinique et académique afin d’évaluer, de démontrer et de transmettre les concepts et découvertes en Kinésiologie appliquée. Ces derniers respectent l’interrelation entre les côtés structurel, émotionnel et biochimique qui composent la santé et la maladie et la relation entre les troubles structurels et la perte de l’homéostasie démontrée dans la maladie fonctionnelle.

 

Comment la kinésiologie appliquée est-elle née?

Les origines de la kinésiologie appliquée contemporaine datent de 1964, lorsque Georges J. Goodheart Jr., D.C., a fait l’observation qu’en l’absence d’anomalies congénitales ou pathologiques, un débalancement postural était souvent associé avec une incapacité de certains muscles à répondre efficacement à un test musculaire spécifique. Il a aussi observé que des nodules douloureux étaient souvent palpables au niveau de l’origine et de l’insertion du muscle « défectueux » testé. La manipulation manuelle de ces zones de dysfonction soupçonnées améliorait l’équilibre postural ainsi la capacité du muscle à répondre au test musculaire spécifique. Goodheart ainsi que d’autres ont par la suite observé que plusieurs techniques de traitement conservatrices amélioraient la fonction neuromusculaire évaluée par le test musculaire. Ces techniques de traitement sont devenues la base des thérapies utilisées en kinésiologie appliquée. Les techniques utilisées regroupent des manipulations et mobilisations articulaires spécifiques, des thérapies myofasciales variées, des techniques crâniennes, des traitements utilisant les méridiens d’acupuncture, la nutrition clinique, la modification de la diète de base et l’utilisation de réflexes divers. Avec la recherche continue, les procédures de traitement ont continué de se diversifier et de se modifier au fil des ans. Bien que plusieurs techniques de traitement utilisées en kinésiologie appliquée proviennent de techniques préexistantes (ex : Strain CounterStrain, Fascial Release), certaines ont été développées de novo à l’intérieur de cette nouvelle discipline.

 

Quelles sont les causes possibles d’un muscle faible (inhibé)?

La présence d’une dysfonction est souvent détectée par l’incapacité d’un muscle à répondre adéquatement à un test musculaire spécifique. Ceci peut être causé par une facilitation inefficace ou par une inhibition neuromusculaire. Voici quelques théories sur les sources possiblement responsables d’une dysfonction musculaire :

  • Dysfonctions myofasciales ou de proprioception et microavulsions
  • Compression nerveuses périphériques
  • Niveau spinal d’innervation, déafférentation
  • Désorganisation neurologique
  • Relation viscérosomatique (réflexes autonomiques abérrants)
  • Manquements nutritionnels
  • Influences chimiques toxiques
  • Dysfonctions dans la production et la circulation du liquide cérébrospinal
  • Tension mécanique excessive des méninges
  • Débalancement des méridiens d’acupuncture
  • Débalancement lymphatiques et vasculaires

Selon la réponse au traitement, il apparaît que la dysfonction principale dans plusieurs de ces conditions est causée par la déafférentation, soit la perte fonctionnelle du stimulus sensoriel normal des récepteurs afférents des neurones. Ceci peut se produire dans plusieurs conditions, mais la plus simple à visualiser est sûrement la circonstance dans laquelle un fonctionnement articulaire inadéquat (subluxation ou fixation) résulte en un mouvement anormal affectant la stimulation des récepteurs articulaires et musculaires. Cette information inadéquate affecte la transmission de ces récepteurs par les nerfs périphériques vers la moëlle épinière, le tronc cérébral, le cervelet, le cortex cérébral puis vers les effecteurs, ce qui influence leur réponse normale au stimulus. Les symptômes de déafférentation surgissent de plusieurs niveaux tels que moteur, sensitif, autonomique et conscient ou même de tout autre niveau du névraxe.

 

Qu’est-ce qui est compris dans une évaluation en AK?

L’évaluation avec la kinésiologie appliquée représente un examen de la biomécanique fonctionnelle et de la neurologie fonctionnelle. Le terme biomécanique fonctionnelle comprend une analyse clinique de la posture, du mouvement coordonné, tel celui de la marche, et des amplitudes de mouvement. Le test musculaire s’intègre très bien à ces différentes évaluations. Durant une évaluation neurologique fonctionnelle, le test musculaire sert pour vérifier la réponse du corps face à divers stimuli physiques, chimiques et mentaux. Les résultats obtenus sont combinés avec l’histoire clinique, les trouvailles de l’évaluation physique et le cas échéant, les résultats des tests de laboratoire ou autres procédures diagnostiques normales. Les évaluations de kinésiologie appliquée ne devraient pas être utilisées comme seul outil diagnostic, mais plutôt en combinaison avec les techniques traditionnelles.

Qu’est-ce qui peut affecter le résultat d’un test musculaire?

Dans le contexte de pratique clinique, voici différents stimuli qui ont été remarqués comme ayant un effet sur le résultat escompté d’un test musculaire manuel :

  • Vecteur de force appliqué aux vertèbres, au bassin, au crâne et aux extrémités
  • Étirement d’un muscle, d’une articulation, d’un ligament et/ou tendon
  • Le contact digital du patient sur la peau au-dessus d’une zone soupçonnée de dysfonction (nommé toucher de localisation)
  • Contractions musculaires répétitives ou mouvement articulaire
  • Stimulation des récepteurs olfactifs par des vapeurs émanant d’une substance chimique
  • Stimulation gustative, habituellement avec des aliments ou suppléments nutritionnels
  • Phase respiratoire diaphragmatique
  • La visualisation par le patient d’un stress émotionnel, moteur ou sensitif
  • Réponses à d’autres stimuli tels que le toucher, la douleur, le chaud, le froid, la vue, l’ouïe et des afférences vestibulaires.

 

  • Quels sont les règles de base du test musculaire?
  • Les tests musculaires manuels évaluent la capacité du système nerveux à ajuster la contraction du muscle pour répondre au changement de pression effectué par l’évaluateur. Ceci exige donc que l’examinateur ait une formation pertinente en anatomie, physiologie et neurologie de la fonction musculaire. L’action normale du muscle testé, ainsi que le rôle des muscles synergistes, doit être bien compris. Le test musculaire manuel est une science et un art. Pour obtenir des résultats fiables, le test musculaire doit être effectué selon une marche à suivre précise. Les éléments suivant doivent être pris en considération lorsqu’un muscle est testé dans le cadre clinique ou dans un but d’étude :
  • Positionnement adéquat afin que le muscle testé soit le principal levier du mouvement évalué
  • Stabilisation efficace autour de la région testée
  • Observation de la façon que le patient/sujet est apte à maintenir la position de test
  • Position, pression et déclenchement du test standardisé
  • Éviter les idées préconçues sur le résultat du test à effectuer
  • Utiliser un point de contact non douloureux et effectuer le test sans douleur
  • Contrindications possible selon l’âge, des maladies dégénératives, des douleurs aigües ou des pathologies locales ou de l’inflammation

 

Comment la AK enrichit-elle la pratique de la chiropratique?

En kinésiologie appliquée une interrelation a été remarquée entre certaines dysfonctions musculaires et des dysfonctions des glandes ou organes associés. Cette association viscérosomatique est une des multiples sources de faiblesse musculaire. Remis en perspective et évalué à la lumière de d’autres résultats diagnostiques, le test musculaire peut donner des informations quant aux glandes ou organes à considérer comme source des troubles de santé du patient. Le diagnostic conventionnel considère l’image corporelle du patient comme source d’information. Ainsi, la pâleur, la fatigue, le manque de coloration des capillaires et artérioles à l’intérieur de la paupière inférieure du patient donnent des indices à l’évaluateur qu’une anémie peut être présente. Le diagnostic final d’anémie nécessite de faire des examens de laboratoire pour mesurer les valeurs sanguines des marqueurs appropriés. De la même façon, le lien muscle M glande/organe en kinésiologie appliquée donne des indications quant aux tests diagnostiques à faire, qui viendront confirmer ou infirmer les suspicions cliniques chez le patient évalué. Ce sont l’ensemble des outils diagnostiques de l’évaluateur qui lui permettront d’établir son diagnostique final.

Une évaluation et un suivi utilisant la kinésiologie appliquée peuvent être d’une grande efficacité dans la gestion de divers troubles de santé fonctionnels quand elle est utilisée en combinaison avec l’interprétation fonctionnelle de l’histoire de cas, des examens physiques, de laboratoire et des mesures instrumentales. La kinésiologie appliquée aide le clinicien à mieux apprécier les syndromes fonctionnels. Lorsqu’un patient est évalué, il est essentiel de prendre en considération toute pathologie ou fonctionnement pathologique préalables qui pourrait être confondues avec un débalancement fonctionnel.

Quelles sont les visées thérapeutiques d’un clinicien utilisant la AK?

Les procédures utilisées en kinésiologie appliquée ont pour but d’évaluation et de thérapeutique les points suivants :

  • Procure une évaluation interactive de l’état de santé fonctionnel du patient sans l’utilisation extensive d’équipement, mais tout en mettant l’emphase sur l’importance de corréler toute trouvaille avec des tests diagnostiques traditionnels.
  • Rétablir l’équilibre postural, corriger les débalancements du patron de marche, améliorer les amplitudes de mouvement.
  • Rétablir les afférences normales afin d’obtenir un contrôle et une organisation neurologiques efficace des fonctions corporelles.
  • Atteindre l’homéostasie des fonctions endocrines, immunitaires, digestives et viscérales. Intervenir de façon précoce sur les processus dégénératifs pour prévenir ou retarder l’apparition de processus pathologiques.

 

Est-ce que tous ceux qui utilisent le test musculaire font de la kinésiologie appliquée?

Quand utilisée de façon appropriée, la kinésiologie appliquée peut donner des informations très pertinentes sur des dysfonctions physiologiques; toutefois, plusieurs individus ont développé des techniques qui utilisent le test musculaire (et autres procédures connexes) d’une façon qui ne correspond pas à celle enseignée par le Collège International de Kinésiologie Appliquée. Il devient donc évident que l’utilisation du test musculaire et autres procédures connexes de AK n’égalisent pas la pratique de la kinésiologie appliquée telle qu’enseignée par ICAK.

 

Est-ce que des non-professionnels peuvent pratiquer la kinésiologie appliquée?

Il existe autant de non-professionnels que de professionnels qui utilisent une forme de test musculaire manuel sans avoir toutefois l’expertise nécessaire pour performer des tests spécifiques et précis. Certains oublient de combiner les trouvailles des tests musculaires manuels avec les résultats de tests diagnostiques traditionnels. Ceci peut être une source d’erreur qui mène à une mésinterprétation du débalancement présent et donc, par le fait même, à un traitement inadéquat ou à un traitement pour la mauvaise condition. C’est pour ces raisons que le Collège International de Kinésiologie Appliquée définit la pratique de kinésiologie appliquée comme étant limitée aux professionnels de la santé habilités au diagnostic.

 

Comment est organisé l’enseignement de la kinésiologie appliquée?

Une structure du cours de base de kinésiologie appliquée, couvrant 100 heures de cours, a été créée pour la première fois en 1976. Du fait des découvertes qui ont suivi en AK, ce syllabus de base a été modifié et amélioré plusieurs fois au fil des ans. Après avoir complété le cours de 100h de base, l’étudiant docteur peut suivre des formations avancées données par des professeurs diplômés et certifiés par le collège.

 

Quelles sont les pré-requis pour devenir Diplômé en kinésiologie appliquée (DIBAK)?

L’instructeur désirant donner des formations reconnues en kinésiologie appliquée en vue de former d’autres diplômés, doit être un DIBAK certifié par le collège. Le processus de certification est organisé et géré par le International Board of Examiners. Ce groupe réuni des diplômés (DIBAK) des différents chapitres et est composé de médecins, d’ostéopathes et de chiropraticiens. Les pré-requis pour avoir le droit de se présenter à l’examen du DIBAK sont les suivants :

  • 300 heures de cours de kinésiologie appliquée données par des DIBAK certifiés pour l’enseignement.
  • 3 années de pratique utilisant la kinésiologie appliquée.
  • L’écriture de deux études portant sur certaines notions de kinésiologie appliquée.
  • La réussite d’un examen écrit comportant 5 sections distinctes sur divers sujets de kinésiologie appliquée.
  • Faire et réussir un examen pratique approfondi en kinésiologie appliquée.
  • Qui peut enseigner des cours reconnus de kinésiologie appliquée ?
  • Les enseignants de AK doivent d’abord être DIBAK en kinésiologie appliquée et donc avoir réussi les examens du International Board of Examiners. Après ce premier processus, ils doivent soumettre une demande de statut d’enseignant au International Educational Coucil (IEC). Afin de maintenir le statut d’enseignant, certaines demandes doivent être rencontrées à chaque 3 ans.
  • D’où proviennent les informations en kinésiologie appliquée?
  • Contrairement à d’autres spécialités chiropratiques, la AK s’est inspirée en plus de plusieurs sources hors de la profession chiropratique. Du domaine chiropratique, les travaux de DeJarnette, Bennett, et autres ont été combinés avec les travaux de certains ostéopathes comme Sutherland et Jones et avec des travaux du domaine médical de la part de pionniers tels Travell, Wicke, Pert, Janda, Dvorak’s et plusieurs autres à venir qui enrichissent cette mer de connaissances qu’est le AK.

Comment la AK est utilisée dans d’autres professions?

En dentisterie, Harold Gelb D.M.D. a été le premier à écrire à propos de la kinésiologie appliquée vers la fin des années 1970. Il proposait d’utiliser le test musculaire manuel afin d’aider au diagnostic et au traitement de troubles d’occlusion. Présentement, certaines techniques de kinésiologie appliquée font partie du curriculum du Tuft’s Dental School à Boston, au Massachusetts. À Paris, le professeur Louis Namini a écrit un livre sur la kinésiologie appliquée pour les dentistes.

En Allemagne, en Italie et en Russie l’utilisation de la kinésiologie appliquée s’est répandue rapidement dans le domaine de la médecine holistique. En Autriche, la pratique de la kinésiologie appliquée par les médecins est maintenant une spécialité reconnue par le Austrian Departement of Health.

 

Comment savoir si quelqu’un a une formation en kinésiologie appliquée?

Le ICAK a créé une évaluation des compétences qui peut être passé après avoir compléter le cours de base de 100 heures. La réussite de cet examen correspond au premier niveau de compétence reconnu par ICAK. Malheureusement, plusieurs prétendent posséder des compétences après avoir suivi seulement 1 ou 2 cours ou sinon une formation de Touch for Health. Ils tentent par la suite de justifier leurs protocoles de traitement en utilisant la bannière AK, bien qu’ils aient échoué à acquérir les compétences nécessaires.

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Excellent article de Céline Hequet publié dans Ricochet

Lise Thibault recommande la lecture de l’article très pertinent ci-dessous  écrit par Céline Hequet formée en épistémologie et sociologie de la science.

https://ricochet.media/fr/1585/les-raccourcis-epistemologiques-du-pharmachien

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Pour visionner l’entrevue que Nathalie Champoux a accordée à Denis Lévesque

Il est maintenant possible d’écouter sur You Tube l’entrevue que Nathalie Champoux a  accordée le 22 janvier dernier à Denis Lévesque.

Voici le lien :

https://www.youtube.com/watch?v=UJlyAy7VYX0

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Enfin, une méthode qui a permis d’identifier correctement mes sensibilités alimentaires

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Document d’avant-garde sur tout ce qu’il faut savoir sur les maladies chroniques (publié par le Magazine « La Vie », France)

Voici un document d’avant-garde sur tout ce qu’il faut savoir  sur les maladies chroniques (publié par le Magazine « La Vie », France).

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