Archives de Catégorie: Sujets d’intérêt

Articles essentiels à propos des gens âgés

1) L’art de vieillir selon F. Dansereau: un texte réaliste et lumineux

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/579529/sortie-de-crise-sortie-de-crise-l-art-de-vieillir

2) «Traiter collectivement les personnes âgées en dépendants vulnérables, sans égard à leur autonomie réelle et au besoin que les autres générations ont d’elles, est une forme de dépréciation sociale inacceptable», selon Pierre Cliche, professeur associé à l’ENAP et auteur de l’article  « J’ai 72 ans et suis en bonne santé. Est-ce un tort? »   https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/579836/j-ai-72-ans-et-suis-en-bonne-sante-est-ce-un-tort

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De Lucie: informations à propos de l’électroSensibilité

Références :

Radio 98,5 Émission de Paul Arcand – Entrevue avec Dr Paul Héroux, PhD Physique – Les effets sur la santé du 5G

https://cdn.cogecolive.com/prod-20190430/2019_04_30_pqfsl_arcand_entrevue_dr_paul_heroux_1556632420024261.mp3

Ce qu’il faut savoir au sujet de la 5G

https://maisonsaine.ca/?s=5g

…« Cela augmenterait considérablement la politique actuelle d’irradiation obligatoire du public sans étude adéquate préalable des conséquences potentielles sur la santé, ainsi que sans assurance d’innocuité. Cela irradierait tout le monde, incluant les plus vulnérables aux dangers des rayonnements de radio-fréquences — les femmes enceintes, les enfants à naître, les jeunes enfants, les adolescents, les hommes d’âge reproductif, les gens âgés, les invalides et les gens chroniquement malades. »…

Effets sur la santé des ondes électromagnétiques -Conférence

https://www.youtube.com/watch?v=NfEDtSW-d2M

Conférence du 16 février 2020 sur les rayonnements électromagnétiques et la G5 présentée par Dr Paul Héroux, Ph.D. Physique, Directeur du programme de santé au travail, Département d’épidémiologie, biostatistiques et santé au travail, médecine, Université McGill, Montréal.

L’Actualité des médecins spécialistes

https://www.lespecialiste.be/fr/debats/champs-et-rayonnements-electromagnetiques-un-collectif-de-medecins-demande-l-rsquo-application-du-principe-de-precaution.html

Champs et rayonnements électromagnétiques : un collectif de médecins demande l’application du principe de précaution

Qu’est-ce que l’électro-hypersensibilité?

https://electrosensibilitequebec.com/quest-ce-que-lelectro-hypersensibilite/

Reconnaître les symptômes de l’électrosensibilité

Former President of Microsoft Canada Frank Clegg – 5G Wireless Safety

https://www.youtube.com/watch?v=h4TdY344Now

Lésions de l’ADN, cancers du cerveau : 434 médecins et 900 professionnels de la santé belges sonnent l’alerte sur la 5G

https://www.lalibre.be/debats/opinions/lesions-de-l-adn-cancers-du-cerveau-414-professionnels-de-la-sante-belges-sonnent-l-alerte-sur-la-5g-5ea976577b50a67d2ee98738?fbclid=IwAR2-5lQwOJuJHPPRa4vIUP2Dqm2ExjNswwFSjoyxeM7UOsG4DxucusdJomQ

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Ma réponse à E. Chapuliot à propos des glycotoxines

Comme plusieurs de mes lecteurs sont également préoccupés par les glycotoxines, j’ai pensé que ma réponse à Mme Chapuliot pourrait intéresser plusieurs d’entre-vous. Pour lire les questions  de Mme Chapuliot, voir les commentaires du 10/05/2020 (Estellechapuliot)

Bonjour Madame Chapuliot,

Vous devriez pouvoir trouver des réponses satisfaisantes à vos questions dans les neuf articles scientifiques très récents énumérés ci-dessous ainsi que dans mon premier livre (Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique….)  aux pages 98-114, 152-156 . De plus, lire ou relire mon article « Est-il vraiment pertinent d’utiliser l’indice glycémique pour le choix de nos aliments? » devrait vous aider car  il s’appuie sur plusieurs articles scientifiques pour le moins pertinents.  Pour faire la part des choses, il est important de saisir les limitations de l’indice glycémique des aliments qui est influencé par de multiples facteurs dont on néglige souvent de tenir compte; par exemple, il est incontestable que tous les sucres ne sont pas égaux et  que de plus le contexte de leur ingestion peut faire une énorme différence. Par exemple, j’ai cité dans mon premier livre des études qui démontrent clairement que le fructose consommé à même le fruit est positif pour la santé alors que consommé sous forme de sirop de maïs (transformé par l’industrie et utilisé comme tel dans de nombreux aliments), il peut avoir des effets délétères importants sur la santé même à brève échéance.  Malheureusement, dans les faits, on utilise généralement l’indice glycémique de façon arbitraire sans tenir compte des nombreuses restrictions inhérentes à cet indice.

J’aimerais insister sur le fait que le mode de vie est beaucoup plus important que nos gènes dans le développement des maladies chroniques; ceci est démontré par de nombreuses études scientifiques. Vous vous demandez comment savoir s’il y a un problème avec glycémie en relation avec notre alimentation et la production d’AGEs  dans notre corps.  Une alimentation déséquilibrée qui favorise la résistance à l’insuline peut nous envoyer des alertes sous les formes suivantes :

  • Prise de poids au niveau de l’abdomen
  • Soif excessive
  • Augmentation de l’appétit
  • Mictions fréquentes
  • Fatigue
  • Vision trouble
  • Infections fréquentes
  • Picotements et/ou engourdissements dans les mains et les pieds
  • Dysfonctionnement sexuel

7 signes de déshydratation qui peuvent aller de pair avec ces symptômes :

https://www.selection.ca/sante/vivre-sainement/deshydratation-symptomes-deshydrate/

https://www.news-medical.net/health/Insulin-Resistance-Symptoms-(French).aspx

En ce qui vous concerne, je me pose les questions suivantes : avez-vous suivi la diète hypotoxique en suivant correctement (donc avec très peu d’écarts) l’ensemble de ses règles pendant au moins 6 mois sans remarquer une amélioration au moins tangible?  Si c’est le cas, il est possible de vous soyez sensible à des aliments qui sont normalement compatibles avec la diète hypotoxique, comme par exemple certaines ou même l’ensemble des légumineuses ou encore n’importe lequel autre aliment.  Il faut savoir que tout aliment quel qu’il soit, peut déclencher des intolérances et que la tenue d’un journal quotidien peut nous en apprendre beaucoup à ce chapitre.

Une étude italienne que m’avait interpelée cherchait à démontrer quel était l’organe dont le  fonctionnement inadéquat était le plus susceptible de compromettre la longévité des individus avait donné comme résultat les reins.  Ceci semble être en corrélation avec certains des articles cités ci-dessous montrant la relation entre l’axe AGE-RAGE et la néphropathie.

Voici donc les 8 articles que je vous propose de lire;  je pense que vos formations et votre expérience vous permettront de trouver des réponses à vos questions. À propos du chocolat noir, il me semble que le chocolat cru soit idéal, par contre, la consommation raisonnable de chocolat noir présenterait  des avantages certains bien que tous ne peuvent pas nécessairement le tolérer (aucun aliment quel que soit sa qualité ne convient à tous).

Bonne lecture! (Pour lire les résumés, cliquer sur les titres des articles)

1) The Modern Western Diet Rich in Advanced Glycation End-Products (AGEs): An Overview of Its Impact on Obesity and Early Progression of Renal Pathology. Bettiga A, Fiorio F, Di Marco F, Trevisani F, Romani A, Porrini E, Salonia A, Montorsi F, Vago R. Nutrients. 2019 Jul 30;11(8). pii: E1748. doi: 10.3390/nu11081748. Review.

2) Implication of advanced glycation end products (Ages) and their receptor (Rage) on myocardial contractile and mitochondrial functions.

Neviere R, Yu Y, Wang L, Tessier F, Boulanger E. Glycoconj J. 2016 Aug;33(4):607-17. doi: 10.1007/s10719-016-9679-x. Epub 2016 Jun 8. Review.

3) AGE-RAGE axis blockade in diabetic nephropathy: Current status and future directions. Sanajou D, Ghorbani Haghjo A, Argani H, Aslani S. Eur J Pharmacol. 2018 Aug 15;833:158-164. doi: 10.1016/j.ejphar.2018.06.001. Epub 2018 Jun 5. Review.

4) Activation of the receptor for advanced glycation end products and consequences on health. Wautier MP, Guillausseau PJ, Wautier JL. Diabetes Metab Syndr. 2017 Oct – Dec;11(4):305-309. doi: 10.1016/j.dsx.2016.09.009. Epub 2016 Sep 4. Review.

5) Redox Signaling and Advanced Glycation Endproducts (AGEs) in Diet-Related Diseases.

Cepas V, Collino M, Mayo JC, Sainz RM.

Antioxidants (Basel). 2020 Feb 6;9(2). pii: E142. doi: 10.3390/antiox9020142. Review.

6) Association between habitual dietary and lifestyle behaviours and skin autofluorescence (SAF), a marker of tissue accumulation of advanced glycation endproducts (AGEs), in healthy adults. Kellow NJ, Coughlan MT, Reid CM. Eur J Nutr. 2018 Sep;57(6):2209-2216. doi: 10.1007/s00394-017-1495-y. Epub 2017 Jun 27.

7) Comparison of Free and Bound Advanced Glycation End Products in Food: A Review on the Possible Influence on Human Health. Zhao D, Sheng B, Wu Y, Li H, Xu D, Nian Y, Mao S, Li C, Xu X, Zhou G. J Agric Food Chem. 2019 Dec 26;67(51):14007-14018. doi: 10.1021/acs.jafc.9b05891. Epub 2019 Dec 12. Review.

8) Randomized study of the effects of cocoa-rich chocolate on the ventricle-arterial coupling and vascular function of young, healthy adults. Pereira T, Bergqvist J, Vieira C, Grüner Sveälv B, Castanheira J, Conde J. Nutrition. 2019 Jul – Aug;63-64:175-183. doi: 10.1016/j.nut.2019.02.017. Epub 2019 Feb 27.

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Immunité naturelle : le choc de la science et de la politique, qui a raison?

Qui a raison ? Le François Legault qui aborde l’importance de l’immunité naturelle jeudi, ou le François Legault qui n’en fait pas mention le lundi suivant en annonçant le retour des enfants à l’école ? Les deux, explique Alec Castonguay, l’auteur de cet article paru dans L’actualité (29 avril 2020). https://lactualite.com/auteur/alecc/

N.B. : pendant la présente crise, L’actualité propose gratuitement tous ses contenus pour informer le plus grand nombre.

Message de Jacqueline : si vous voulez comprendre les tenants et aboutissants de l’immunité naturelle,  lisez cet article jusqu’au bout, vous y trouverez de nombreuses réponses à vos questionnements sur le problème très complexe de la COVID-19. Bonne lecture!

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Un article incontournable: « L’échec des méga-établissements en santé »

Louise Harel, ex-ministre et députée du Parti québécois, 25 avril 2020

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/577689/l-echec-des-mega-etablissements

Lire l’article de Louise Harel permet de bien comprendre pourquoi on en est rendu là :

1) La logique hospitalière : de 2003 à aujourd’hui

Des solutions possibles pour résoudre ce méga-problème :

2) Que faire maintenant ?

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La situation actuelle nous force à réfléchir aux véritables enjeux de notre Société

Voici quelques réflexions particulièrement pertinentes qui ont été développées dans le Journal numérique Le Devoir, soit « Le courrier des idées »; week-end du 28 mars 2020.

 « On voit de mieux en mieux que la mise en quarantaine est un privilège pour ceux qui ont les moyens et une angoisse pour ceux qui n’ont rien. Au Canada comme ailleurs, cette crise révèle que les gens vivent d’un chèque de paie à l’autre. Quand ils en ont un.»

«Pour ce qui est des particuliers, les études et les sondages nous disent depuis longtemps que les Canadiens sont surendettés, au point que 40% d’entre eux seraient dans le trouble advenant un simple retard dans le versement de leur paie.»

«Il aura fallu une crise sanitaire mondiale pour constater la fragilité et notre hyperdépendance au continent du Soleil-Levant. Et puis, nous voilà, peut-être, pour ne pas dire enfin, au bout du bout de la mondialisation, à l’extrémité de ce broyeur d’autonomies et de différences, de singularité.»

«En perdant l’école, certains des plus démunis, exposés à domicile à plusieurs des visages sombres de la pauvreté, voient non seulement s’effacer l’apprentissage des règles de grammaire et des tables de multiplication, mais aussi, et peut-être surtout, s’évanouir l’accès à la socialisation, à un repas équilibré ou à des vêtements chauds.»

«L’enseignement en ligne, comme celui à la maison, met en exergue les inégalités sociales actuelles en matière d’accessibilité aux savoirs. Certains enfants suivront un programme continu et rigoureux parce que les parents ont des moyens financiers et intellectuels.»

«Même en situation d’urgence, les droits fondamentaux doivent être respectés. Mais leur exercice peut être plus limité qu’en temps normal. La limitation des droits individuels doit être justifiée, minimale et proportionnée.»

«Il est de notre devoir de réfléchir aux répercussions qu’un isolement de plusieurs mois pourrait avoir sur la vie démocratique d’une société libre.»

La montée de l’Asie / «Et si cette épidémie […] ne faisait qu’accentuer des tendances déjà bien présentes ? On savait depuis longtemps que l’Asie était en voie de dominer le monde. Cette épidémie nous aura révélé sa longueur d’avance dans le domaine de la santé.»

Les préjugés envers les vieux / «Parmi les comportements les plus fâcheux ayant émergé, celui qui consiste à dénigrer une partie de la population en bloc.»

Éclatement ou repli des frontières / «La mondialisation a contribué à ce que les frontières soient abolies pour favoriser cette contamination à très grande échelle. Aujourd’hui, dans un mouvement intuitif de recul, les peuples se replient dans les frontières qu’ils avaient fait tomber, mais l’ennemi est partout.»

La culture comme refuge / «Pour l’heure, on a surtout besoin de réconfort. Et puisse l’art nous nourrir en ces temps d’anxiété! La création, quelque forme qu’elle prenne, en aidera plusieurs à tenir le coup.»

 

 

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La critique promise: « Le livre du Dr Gundry, un paradoxe en soi? »

Le livre du Dr Gundry, un paradoxe en soi?  Par Jacqueline Lagacé, Ph.D.

Depuis août 2018, plusieurs lecteurs me demandent mon avis au sujet du livre du Dr Gundry, à savoir s’ils peuvent se fier à ses recommandations.  Il est question ici du livre  « The Plant Paradox »   publié en 2017 et édité en version française en 2018 sous le titre « Les dangers cachés de l’alimentation saine ».  Apparemment, les objectifs de ce livre sont de faire connaître au  grand public les caractéristiques des lectines, leur nocivité potentielle et parallèlement offrir un programme santé incluant une diète anti-lectine soutenue par une variété de suppléments élaborés par l’auteur, afin de « soi-disant » corriger l’ensemble des graves problèmes de santé chroniques.

Ce livre a connu un énorme succès dû probablement au fait qu’à priori, il n’existe pas de livre grand public ayant établi un lien de cause à effet entre les lectines et les maladies chroniques.  C’est donc  avec intérêt et curiosité que j’ai accepté en août 2018 d’analyser le livre du Dr Gundry afin de répondre aux interrogations de mes lecteurs quant à la fiabilité et à la pertinence  de cet ouvrage.  Il faut dire que l’auteur constitue un phénomène en soi car il s’agit d’un médecin, qui après avoir  pratiqué pendant seize ans comme professeur et chirurgien spécialiste en cardiothoracique, aurait fondé un institut privé pour réorienter sa pratique médicale afin de traiter les pathologies chroniques par le biais de l’alimentation.

Dès que j’ai pris connaissance de l’introduction et de la première partie de l’ouvrage du Dr Gundry,  j’ai compris que répondre à la question de mes lecteurs avec pertinence, rigueur et objectivité,  tout en évitant la complaisance, s’avèrerait beaucoup plus complexe et exigeant que je ne l’avais prévu.  Ceci parce que le livre du Dr Gundry comporte de nombreuses affirmations non documentées qui sont souvent pour le moins questionnables,  que la bibliographie de la version française est pour le moins brouillonne et que même celle de la version anglaise comporte plusieurs erreurs.  Démêler cet imbroglio exigeait de se référer à la version anglaise, qui avait ses propres problèmes, ce qui a nécessité un long et fastidieux travail, y compris la lecture de nombreux articles de référence.  Ceci  a eu comme conséquence que  j’ai  dû interrompre le travail parce qu’à cette époque (2018-19), j’avais commencé à souffrir d’un problème important de vision qui s’aggravait en fonction du temps passé sur mon ordinateur.

Parce que maintenant mon problème de vision a été corrigé en grande partie par une chirurgie et le port de lunettes adaptées et que mes lecteurs recommencent à me questionner à propos de la fiabilité des recommandations du Dr Gundry,  j’ai décidé de remplir ma promesse même s’il s’agit d’un travail particulièrement  exigeant et déstabilisant comme vous pourrez le constater…

Le travail d’analyse a consisté  à cibler et à discuter certaines des nombreuses « particularités »  du livre du Dr Gundry qui  m’ont parues devoir être questionnées de façon prioritaire.  

Durant la lecture du livre du Dr Gundry,  j’ai noté de nombreuses affirmations «douteuses » qui n’étaient appuyées sur aucune référence ou qui étaient contredites par des travaux scientifiques, comme par exemple :  « la fermentation du levain  détruit le gluten » (expérimentalement, il est pourtant démontré que la fermentation du levain ne détruit pas complètement le gluten (ref. 1));  ou encore « 94% des humains naissent avec des anticorps à la lectine de l’arachide » (une telle affirmation, éloignée des données scientifiques probantes à ce sujet ( 2) aurait exigé une référence).  Pour simplifier mon approche et être en mesure de  finaliser le travail en fonction d’une échéance prévisible,  j’ai décidé de limiter mon analyse  à  dix argumentations qui mettent l’accent sur le côté paradoxal du livre du Dr Grundy.

S’il est incontestable que les lectines végétales sont potentiellement nocives,  leurs traitements culinaires développés au cours de l’histoire humaine, permettent à la grande majorité des individus de les consommer sans danger et avec de grands bénéfices.  Le livre du Dr Grundy, malgré ses défauts, fait œuvre utile en mettant l’accent sur les modes de préparation culinaires des lectines,  qui cependant même après traitements, peuvent demeurer nocives pour une minorité d’individus difficile à évaluer (1 à 20% ?). Quant aux suppléments proposés par le Dr Grundy, il est impossible d’évaluer leurs pertinences  face à une apparence de conflits d’intérêts et de certaines affirmations de ce dernier qui laissent planer un doute quant à la profondeur de ses connaissances dans ce domaine.

1) Dès l’introduction, le Dr Gundry affirme tout-à-fait gratuitement que tous les régimes alimentaires quels qu’ils soient, faibles en sucre, en graisse, à indice glycémique faible, y compris le régime Paléo et bien d’autres  se sont tous avérés inutiles et impossibles à suivre.  Cette affirmation est totalement gratuite et contraire à la réalité que vivent des milliers de personnes, qui grâce au travail acharné  de nombreux scientifiques et/ou de professionnels de la santé, suivent des diètes anti-inflammatoires qui leur ont permis de mettre en rémission leurs maladies inflammatoires chroniques ou tout au moins d’améliorer de  façon importante leur qualité de vie,  qu’il s’agisse de maladies arthritiques, neurologiques, métaboliques, ou autres.  Il est question ici de diètes anti-inflammatoires qui présentent  des bases communes ainsi que  certaines particularités propres à chacune des diètes développées, que ce soit  par le Dr Jean Seignalet,  la Dre Natasha Campbell-McBride, la Dre Catherine Serfaty-Lacrosnière, la Dre Martha Herbert,  le Dr David Perlmutter  et le Dr Dale Bresesen, pour se limiter à quelques-unes d’entre elles. Que le Dr Gundry se permette de qualifier d’inutile et d’impossible à suivre toute diète qui diffère de la sienne prouve simplement son ignorance et/ou sa mauvaise foi.

2) Ce n’est pas anodin si le Dr Gundry, dès l’introduction de son livre et parce que cela sert son propos quant à la dangerosité des lectines, se permet d’affirmer gratuitement, sans apporter aucune preuve à l’appui, que le gluten et même un de ses constituants, la  gliadine alpha, est une lectine, alors que cette affirmation est contredite par des articles scientifiques analytiques très convaincants (3,4). En classant le gluten  dans la grande famille des lectines, le Dr Gundry tente d’associer les propriétés pro-inflammatoires notoires du gluten aux lectines, dans le but de légitimer l’importance de suivre sa diète anti-lectine associée à ses suppléments pour traiter efficacement les maladies chroniques.

3) Lorsque le Dr Gundry discute de surpoids, il va jusqu’à affirmer que les « experts » de la santé ont tort de pointer du doigt notre paresse (manque d’exercice), notre dépendance à la malbouffe (aliments ultra-transformés), notre consommation de boissons trop riches en sirop de maïs à forte teneur en fructose, ou la présence de toxines (pesticides, pollution) dans notre environnement, comme origines possibles de beaucoup de nos maux actuels.  Cette affirmation du Dr Gundry n’est soutenue par aucun article scientifique indépendant. Par contre de nombreux articles scientifiques publiés dans des journaux scientifiques de hauts calibres (5-13) ont  clairement démontré la présence de liens étroits entre le développement des maladies chroniques et la malbouffe, les boissons sucrés au sirop de maïs, le manque d’exercice et la présence de pesticide dans notre alimentation, contrairement à ce qu’affirme le Dr Gundry.

4)  Pour le Dr Gundry,  la véritable cause de l’ensemble des maladies chroniques, y compris les maladies neurodégénératives sont les protéines végétales appelées lectines. Encore une fois, le Dr Gundry  ne cite à l’appui de cette affirmation étonnante aucun article scientifique si ce n’est ses deux résumés dont il est question au no 5 suivant.

5) À la lecture du livre du Dr Gundry, on se bute à un manque de transparence et d’allégations qui prêtent à confusion  à savoir  « quand et comment »  a débuté l’expertise du Dr Gundry dans le développement d’une diète anti-lectine associée à  celle des suppléments qu’il a créés pour traiter « avec succès » les maladies chroniques.  Par exemple, sur la quatrième de couverture du livre ( la dernière page extérieure du livre), il est mentionné que le Dr Gundry est l’auteur de plus de 300 articles publiés dans des revues scientifiques de référence, lesquels articles sont « consacrés aux conséquences des régimes et des compléments alimentaires pour  le traitement des problèmes cardiaques, des diabètes et des maladies auto-immunes ».  D’après les recherches effectuées sur https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/ (site où on recense tous les articles scientifiques reconnus comme tels en langue anglaise),  il apparaît que le Dr Gundry a  publié entre 1980 et 2018, non pas 300 articles, mais 137 articles scientifiques, lesquels articles ont tous pour sujet des travaux en rapport avec le traitement généralement chirurgical des maladies cardiaques mais  aucun de ces articles ne mentionne ni ne discute  de diète alimentaire que ce soit avec ou sans lectine ou suppléments alimentaires contrairement à ce qui est affirmé sur la dite page 4.  De plus,  à la p. 13 (version française) et à la p. XV (version anglaise), le Dr Gundry affirme que ses découvertes (sous-entendu à propos de sa diète sans lectine avec suppléments) sont le fruit des 15 dernières années (soit à partir de 2002, l’année de la fondation de son institut).  Comme le premier livre de vulgarisation du Dr Gundry  concernant l’alimentation, qui a pour titre  « Dr Gundry diet evolution »,  a été publié en 2008, il est étonnant qu’il n’y soit pas encore question  à cette époque d’une diète sans lectine associée à des compléments. Ce n’est qu’à partir de 2013 que le Dr Gundry présente pour la première fois, à ma connaissance, ses travaux à propos de sa diète sans lectine associée à des suppléments.  Quand il affirme avoir présenté ses  découvertes lors de prestigieuses conférences académiques médicales et que ses travaux ont été publiés  dans des journaux médicaux revus par des pairs, il faut préciser que dans les faits,  il s’agit uniquement de simples résumés présentés sous forme d’affiches (poster abstract presentation) en  2013 (Abstract 137) et en 2015 (Abstract 309). Un autre résumé (Abstract P238) a été présenté en 2018.  Il faut savoir que par essence un résumé (Abstract) est une publication scientifique incomplète, tant au point de vue méthodologique que des résultats; en fait, on publie un résumé afin de présenter des résultats préliminaires, qui éventuellement lorsqu’ils seront complétés pourront être publiés avec toutes les informations indispensables à la reproduction des résultats (ce qui est très important pour valider les résultats obtenus); si la  revue scientifique à laquelle l’article a été soumis est accepté par un comité de pairs pour publication.  On peut se demander pourquoi le Dr Gundry n’a  publié que des « Abstracts » à propos de sa diète anti-lectine alors que selon ses dires, sa diète serait la seule capable de réparer les intestins endommagés et d’alimenter convenablement le microbiome des patients atteints de maladies chroniques.

6) Je dois dire que le nombre stupéfiant d’erreurs dans la liste des références bibliographiques de la version française  a constitué un irritant majeur ainsi qu’un frein important lors de la  lecture du livre.   Par exemple dans la liste des références de la partie no 1 de la version française,  seules les 4 premières références sur un total de 25 références correspondent aux numéros exacts des articles référés.  De plus, dans cette même partie no  1 de la version anglaise,  il y a  six références qui n’ont pas été numérotées.  Malheureusement pour le lecteur,  le type d’erreurs mentionnées à propos de la partie no 1 a été répété dans la majorité des autres parties de la version française et anglaise.  De telles erreurs ont grandement compliqué la tâche de juger de la pertinence des références citées car même lorsque le numéro de la référence citée était  exact, il est arrivé régulièrement que la référence ne soit pas pertinente : par exemple au chapitre 8, ref. 4,  ligne 8, p.224 de la version française, alors que le Dr Gundry affirmait que la consommation de pois en boîte, en raison de la présence de lectines, contribue avec le biphénol A (présent dans le recouvrement interne des boîtes de conserve) à  augmenter  la pression sanguine,  il n’était  aucunement question dans l’article cité de pois ni de lectine.

7) L’auteur a démontré un manque d’objectivité en exagérant les aspects négatifs des légumineuses, tout en insistant peu sur leurs bienfaits et cela jusqu’à faire oublier par moments, que lorsque cuisinés conformément aux bonnes pratiques culinaires, les légumineuses ont énormément d’avantages positifs sur la santé de la majorité des individus.  En lisant le livre, il est facile d’oublier que seule une minorité d’individus doit éviter les lectines, et pas nécessairement toutes les lectines dépendamment des individus, lorsque celles-ci sont cuisinées adéquatement.

8) Alors que le Dr Gundry déclare être devenu un expert reconnu du microbiome humain, il prêche la nécessité d’éliminer toutes les fibres céréalières et les fruits contrairement aux  découvertes issues des nouvelles techniques de la  métagénomique microbienne qui démontrent  l’importance essentielle des différentes  fibres alimentaires dans le maintien de  l’équilibre du microbiome intestinal, lequel  influence de manière prioritaire  la santé globale des individus. Les référence à ce sujet sont multiples, dont celles présentées dans mon livre intitulé « Une alimentation ciblée pour préserver ou retrouver la santé de l’intestin ».

9) De nombreuses études scientifiques ont démontré  que le fructose, contenu dans les fruits  n’induit pas d’effets secondaires, comme c’est le cas avec le fructose contenu dans les aliments transformés, car la richesse des fruits  en fibres, en polyphénols, en antioxydants, en vitamines  et minéraux  contrecarrent les effets négatifs potentiels du fructose. Il semble que le Dr  Gundry ne sait pas faire la différence entre le fructose consommé  dans un fruit entier et le fructose industriel, tel le sirop de maïs que l’on retrouve dans les aliments transformés par l’industrie (boissons gazeuses, pâtisseries, barres de chocolat, etc); c’est pourquoi il affirme: « En parlant de fruits, le fructose est l’une des causes principales des problèmes rénaux… »; une fois qu’il a établi le lien fruit-fructose, le Dr Gundry laisse entendre que le fructose des fruits « fait monter la tension, provoque la goutte et endommage le système de filtration de vos reins » appliquant alors aux fruits les méfaits causés par les aliments industriels contenant du fructose sous forme de sirop de maïs. Une revue de question récente démontre bien l’intérêt des légumes et des fruits (avec l’exclusion des céréales raffinées)  pour contrer les maladies chroniques du rein (14).

10)  On ne peut ignorer  l’apparence de conflits d’intérêts susceptibles d’enlever de la crédibilité aux recommandations de l’auteur lorsque l’on constate  avec quel opportunisme mercantile décomplexé, l’auteur fait la promotion des compléments très lucratifs qu’il a développés dans son institut.  Que le Dr Gundry conseille de prendre  5000 UI et même 10 000 UI de vitamine D quotidiennement,  sans condition, et qu’il affirme douter que la vitamine D puisse être toxique prouve simplement que ce dernier ne possède pas une connaissance  fiable concernant les dangers de cette vitamine,  particulièrement chez les gens âgés.  Si le sujet de la vitamine D vous  intéresse, lire p. 125-133 (avec références à l’appui) « Une alimentation ciblée pour préserver ou retrouver la santé de l’intestin».

Conclusion

Bien que le livre du Dr Gundry ne soit pas sans intérêt, il faut convenir que la gravité des faiblesses inhérentes à son livre, le manque de rigueur intellectuelle et  d’objectivité affectent grandement  la crédibilité et les recommandations que l’on retrouve dans le livre du Dr  Gundry.

Ne pas oublier que différents facteurs peuvent modifier notre seuil de tolérance envers une protéine alimentaire tels : une prédisposition génétique, l’âge, l’âge lors du premier contact avec l’antigène alimentaire, la fréquence de l’ingestion, la quantité ingérée,  la biodiversité et l’équilibre de notre microbiome,  l’intégrité de notre muqueuse intestinale et de notre système immunitaire.  Un état santé optimal va être influencé par la consommation majoritaire d’aliments frais et vivants, l’apport suffisant de nutriments anti-oxydants (fruits, légumes, épices), d’acides gras de type oméga-3, la pratique d’une activité physique modérée mais quotidienne et une meilleure gestion du stress.

Pour terminer, je vous conseille fortement la lecture de l’excellent article intitulé « Les anti-nutriments ou la face cachée des aliments d’origine végétale » publié en 2016 par Gilles Corjon, un docteur en pharmacie qui pratique et enseigne l’herboristerie depuis des dizaines d’années : https://www.acteur-nature.com/articles-divers-sur-le-monde-du-bio-et-du-naturel/les-anti-nutriments-ou-la-face-cachee-des-aliments-dorigine-vegetale.html  

Liste des références :

1) Engström N, Sandberg AS, Scheers N.  Sourdough fermentation of wheat flour does not prevent the interaction of transglutaminase 2 with α2-gliadin or gluten. Nutrients. 2015 Mar 25;7(4):2134-44. doi: 10.3390/nu7042134.

2) Vojdani A. Immune reactivities to peanut proteins, agglutinins, and oleosins. Altern Ther Health Med. 2015;21 Suppl 1:73-9.

3) Rühlmann J, Sinha P, Hansen G, Tauber R, Köttgen E. Studies on the aetiology of coeliac disease: no evidence for lectin-like components in wheat gluten. Biochim Biophys Acta. 1993 Jun 19;1181(3):249-56.

4) Paolella G, Lepretti M, Martucciello S et al., The toxic alpha-gliadin peptide 31-43 enters cells without a surface membrane receptor. Cell Biol Int. 2018 Jan;42(1):112-120. doi: 10.1002/cbin.10874. Epub 2017 Oct 9.

5) Fiolet T, Srour B, Sellem L, et al., Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2018 Feb 14;360:k322. doi: 10.1136/bmj.k322.                                                                                                                     (Dans cette grande étude prospective (104,980 participants, âge médian 42.8 ans), une augmentation de 10% de la proportion d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation était associée à une augmentation significative de plus de 10% des risques de cancers variés et de cancers du sein.)

 

6) Srour B, Fezeu LK, Kesse-Guyot E, et al., Ultra-processed food intake and risk of cardiovascular disease: prospective cohort study (NutriNet-Santé). BMJ. 2019 May 29;365:l1451. doi: 10.1136/bmj.l1451.

(Dans cette grande étude prospective (105 159 participants âgés d’au moins 18 ans) une forte consommation d’aliments ultra-transformés a été associée à des risques élevés de maladies cardio-vasculaires, coronariennes et cérébrovasculaires.)

7) Srour B, Fezeu LK, Kesse-Guyot E, et al., Ultraprocessed Food Consumption and Risk of Type 2 Diabetes Among Participants of the NutriNet-Santé Prospective Cohort.  JAMA Intern Med. 2019 Dec 16. doi: 10.1001/jamainternmed.2019.5942. [Epub ahead of print]

8) Schnabel L, Kesse-Guyot E, Allès B, Touvier M. et al., Association Between Ultraprocessed Food Consumption and Risk of Mortality Among Middle-aged Adults in France. JAMA Intern Med. 2019 Apr 1;179(4):490-498. doi: 10.1001/jamainternmed.2018.7289.

 

9) Hu FB, Malik VS. Sugar-sweetened beverages and risk of obesity and type 2 diabetes: epidemiologic evidence. Physiol Behav. 2010 Apr 26;100(1):47-54. doi: 10.1016/j.physbeh.2010.01.036. Epub 2010 Feb 6.

10) Patterson ME, Yee JK, Wahjudi P. et al.,  Acute metabolic responses to high fructose corn syrup ingestion in adolescents with overweight/obesity and diabetes. J Nutr Intermed Metab. 2018 Dec;14:1-7. doi: 10.1016/j.jnim.2018.08.004

11) Van Bruggen AHC, He MM, Shin K. et al.,  Environmental and health effects of the herbicide glyphosate. Sci Total Environ. 2018 Mar;616-617:255-268. doi: 10.1016/j.scitotenv.2017.10.309. Epub 2017 Nov 5. Review.

12) Yuan X, Pan Z, Jin C. et al.,  Gut microbiota: An underestimated and unintended recipient for pesticide-induced toxicity.  Chemosphere. 2019 Jul; 227:425-434. doi: 10.1016/j.chemosphere.2019.04.088. Epub 2019 Apr 13. Review.

13) Iszatt N, Janssen S, Lenters V. et al.,  Environmental toxicants in breast milk of Norwegian mothers and gut bacteria composition and metabolites in their infants at 1 month. Microbiome. 2019 Feb 27;7(1):34. doi: 10.1186/s40168-019-0645-2.

14) Cases A, Cigarrán-Guldrís S, Mas S, Gonzalez-Parra E. Vegetable-Based Diets for Chronic Kidney Disease? It Is Time to Reconsider. Nutrients. 2019 Jun 4;11(6). pii: E1263. doi: 10.3390/nu11061263. Review.

 

 

 

 

 

 

 

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Magazine Actualité: Le plan de match de la ministre de la santé Danielle McCann

Danielle McCann : « On aimerait que les médecins travaillent davantage »

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Entrevue et article très pertinents de Thomas Mulcair

1) Entrevue de Thomas Mulcair:

https://www.qub.radio/balado/on-est-pas-oblig-d-tre-d-accord-sophie-durocher/episode/thomas-mulcair-pr-cise-sa-position-sur-lhom-opathi?fbclid=IwAR3F8e_rmNiWyYJJ9J4fkPuMLvRXhDRPChHJvVTWrlReMi9cs2-GT6TA9JY

2) Article de Thomas Mulcair (Toronto Sun, 19/10/2019) traduit en français.

MULCAIR: Supreme Court’s naturopath ruling has broader lessons

MULCAIR: La décision de la Cour suprême en matière de naturopathie, une leçon d’ouverture.

Les Canadiens sont habitués aux différences régionales et aux conflits de compétence entre les provinces. L’existence persistante de règles extrêmement différentes régissant les professions, d’une province à l’autre, pose certes des problèmes à notre droit à la mobilité, mais elle peut également affecter les libertés individuelles.

La semaine dernière, la Cour suprême a rappelé au Québec qu’au moins le droit pénal est uniforme pour tous les Canadiens. Cette décision pourrait également rendre la vie plus facile à ceux qui cherchent à avoir accès à des pratiques médicales alternatives au Canada.

Le cas concernait une naturopathe de Montréal, Mitra Javanmardi. Elle avait été mise au pilori après qu’un homme âgé et malade soit allé la voir pour se faire soigner et elle lui avait fait une injection. L’un des flacons était contaminé et il est finalement décédé. Bien que les injections soient légales pour les naturopathes dûment formés dans la plupart des provinces, la profession n’est pas reconnue au Québec.

Elle a été accusée de crimes très graves, notamment «d’homicide involontaire coupable». L’affaire a été jugée et elle a été acquittée sous tous les chefs. La chasse aux sorcières s’est poursuivie et la Couronne a rapidement interjeté appel devant le plus haut tribunal du Québec. C’est là que ça devient intéressant.

Comme la Cour suprême l’a clairement indiqué, la Cour d’appel du Québec n’a pas elle-même suivi une règle de base: le juge du procès doit déterminer les faits dans une affaire criminelle, la Cour d’appel ne peut que vérifier si la loi a été correctement appliquée. La Cour suprême a reproché à la Cour de Québec d’avoir établi ses propres faits.

La Cour suprême amorce sa décision en soulignant le haut niveau d’éducation, de formation et d’expérience de Javanmardi et déclare que cette dernière était pleinement compétente pour administrer l’injection, même si cela n’est pas autorisé par la loi québécoise, et rétablit son  acquittement.

À première vue, le cas pourrait surprendre les habitants de la plupart des provinces, car la médecine naturopathique est largement autorisée et réglementée au Canada. Au Québec, le Collège des médecins jouit toujours d’un monopole étendu et poursuit de manière agressive toute personne qui se présente sur son terrain, ce qui inclut plusieurs poursuites contre Javanmardi elle-même.

Leur justification est simple: ils protègent le public! En fait, les Québécois ont un choix étrange. Ils peuvent traverser la frontière en Ontario où des organismes professionnels réglementés supervisent les naturopathes et les homéopathes, ou tenter leur chance au Québec où les meilleurs et les pires (pratiques) sont dans le même vide juridique. Dans la Belle Province, n’importe qui peut s’attribuer un titre (naturopathe ou autres)  qu’il ait ou non une formation ou une expertise.  Tous sont traités pareillement et ne sont pas protégés des poursuites quelle que soit la qualité de leur formation alors que du même coup leurs patients n’ont aucune garantie quant à la reconnaissance de leur compétence.

Je dois dire que je ne suis pas un observateur neutre dans tout cela. J’ai été président de l’Office des professions du Québec pendant six ans et nous avons mené une vaste étude sur les médecines alternatives.  La Commission avait besoin d’experts pour son étude et, en tant que l’un des rares docteurs en naturopathie pleinement qualifiés et formés au Québec, Javanmardi a collaboré à notre étude et son expertise a éclairé notre travail. Je la suis de près depuis le début et j’ai assisté à son audience à la Cour suprême en mai dernier. Je travaille également dans ce domaine en tant que conseiller.

Le monopole médical était une bonne idée lors de sa création. Il  a suivi une progression naturelle face à la science et a permis l’instauration de pratiques plus sûres et plus uniformes.

Dans le monde d’aujourd’hui, les gens sont plus informés que jamais et cela nécessite une raison impérieuse pour leur retirer le droit de prendre des décisions par eux-mêmes. Il existe de nombreuses pratiques médicales alternatives, anciennes et nouvelles, qui procurent un traitement, un réconfort et un soulagement aux patients que  la science ne peut pas nécessairement expliquer complètement. Ces pratiques doivent maintenant être réglementées dans l’intérêt public et non pas poursuivies sous prétexte de protéger le public.

Les régimes de réglementation provinciaux, à commencer par ceux du Québec, qui favorisent toujours le monopole médical au dépens des droits des patients devront changer, ce qui est une très bonne chose pour nos libertés individuelles.

 

 

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Cystite interstitielle: réponse pratique à ce problème

Une dame m’envoie la question suivante concernant la cystite interstitielle alors que sur mon blogue se trouve une documentation très large sur le sujet:
« Je viens de tomber sur votre cite après maintes recherches sur le net dans l’espoir de trouver une solution à mon mal être. Je souffre d’une inflammation de la vessie, mes examens médicaux sont normaux mais j’ai tous les symptômes d’une cystite interstitielle. Je me perds dans tous les forum d’internet et relève pleins de traitements différents, mais ce peut il que ce soit mon alimentation qui soit à la source, sachant que cela fait 3 ans que j’avais quelques crises mais qui passaient assez vites mais elles se sont empirées et duraient plus longtemps jusqu’à il y a 3 mois ou je n’ai que quelques jours de relâches maintenant , c’est invivable, surtout que la médecine allopathique ne sait pas trop et c’est vraiment pas ma nature de me droguer de médicaments. Que me conseillez vous et avez vous eu déjà des cas semblables. Merci d’avance »

Peut-être que mon principal document Tout ce que vous voulez savoir sur la cystite interstitielle ou vessie douloureuse

A) Conseils pratiques pour prévenir les infections urinaires et leurs récidives, dont les informations proviennent majoritairement du dossier « Quérir & Bien vieillir » no 11, Mars 2018, préparé par le Dr Éric Ménat, un médecin généraliste français à orientation diététique, phytothérapie et homéopathie (10).

a-1) Précautions générales :

  • Éviter les pantalons trop serrés principalement ceux en fibres synthétiques et surtout éviter de les porter durant de longues périodes et par temps chaud.
    • Utiliser des sous-vêtements en coton et les changer tous les jours.
    • Boire beaucoup de liquide
    • Uriner souvent et suffisamment
    • Éviter les bains trop chauds
    • Un pH urinaire trop acide peut favoriser les cystites, à surveiller
    • Éviter de conserver trop longtemps un maillot de bain mouillé, imprégné de sel et de sable

a-2) Précautions d’hygiène intime :

  • Conserver toujours la zone génitale propre
    • Ne pas utiliser de désinfectant, de spermicide, de talc parfumé; choisir uniquement des produits nettoyants adaptés à l’hygiène intime dont le pH est adapté
    • Aux toilettes, il est important de savoir bien s’essuyer après la selle. Il faut s’essuyer de l’avant vers l’arrière pour éviter de ramener des microorganismes intestinaux vers la vulve et le conduit urinaire. Si c’est possible, un petit lavage local est recommandé, sans oublier de bien se sécher
    • En cas de rapport sexuel, une toilette intime avant (chez les 2 partenaires) et après; boire et uriner rapidement après le rapport permet de laver le conduit urinaire. Dans les cas où les cystites sont déclenchées principalement suite aux rapports sexuels, il est recommandé de recourir à un bilan gynécologique pour vérifier s’il y a présence d’un déséquilibre de la muqueuse et de la flore vaginale.
    N.B. : la flore génitale du partenaire a son importance car la flore et les muqueuses de la femme mettent parfois des mois à s’adapter à la flore génitale d’un nouveau partenaire. Dans certains cas, l’expérience a montré qu’il est nécessaire d’agir sur la flore intestinale du partenaire.
    • La position lors des relations sexuelles est importante et l’alignement doit éviter d’irriter l’urètre.

a-3) Situations particulières aptes à favoriser le développement des cystites récidivantes

  • La pré-ménopause et la ménopause, en raison de la sécheresse possible des muqueuses due à la carence en œstrogène, entraîne une perturbation de la flore vaginale et urinaire ce qui favorise en particulier les mycoses; il faut traiter la mycose et agir sur la flore vaginale à l’aide de gélules de probiotiques (flore de Döderlein, ensemble des lactobacilles qui colonisent la zone vaginale) à déposer au fond du vagin, vendues commercialement à cette fin. Le Dr Éric Ménat recommande aussi un produit allopathique qui apporte des hormones naturelles qui n’entraînent aucun effet secondaire ni aucun sur-risque de cancer, l’estriol. Il y a également des preuves que l’administration topique d’œstrogène chez les femmes ménopausées normalise la flore vaginale et réduit grandement le risque de SVD (34). La crème EMP de Sarati donne souvent de bons résultats.
    • Un déséquilibre de la flore intestinale peut également favoriser le développement de cystites. Une alimentation bien équilibrée, riche en fibres et la prise de probiotiques et de prébiotiques peuvent aider à corriger le problème.
    • Un blocage ostéopathique, plus particulièrement un blocage du bassin, sacrum, symphyse pubienne, lombaires, de même qu’un manque de mobilité de la vessie et de l’urètre, suite à un traumatisme ou à un micro-traumatisme local (sexuel et/ou obstétrical), la présence d’adhérences suite à une première ou plusieurs infections, peuvent être une cause de cystites récidivantes. Un ostéopathe peut corriger le problème.
    • Les constipations chroniques et les diarrhées aiguës.
    • Les intolérances alimentaires incluant l’histamine.
    • Les femmes enceintes, en raison de facteurs mécaniques et hormonaux, peuvent devenir plus sensibles à développer des cystites récidivantes.
    • Les personnes diabétiques dont la situation n’est pas bien contrôlée.
    • Les malformations de l’arbre urinaire et les calculs urinaires.
    • Les personnes affaiblies par une autre maladie et les personnes hospitalisées.
    • Les descentes d’organe qui peuvent être traitées efficacement en ostéopathie et en physiothérapie; il y a toutefois des cas qui nécessitent une chirurgie.
    • Anomalies immunitaires.
    • Un cancer des voies urinaires peut donner des symptômes assez proches des calculs.
  1. B) Plusieurs thérapies de médecine intégrative permettent d’améliorer le traitement des personnes atteintes du SVD et réfractaires aux thérapies de la médecine conventionnelle.

N.B. : la médecine intégrative fait appel à la fois à la médecine conventionnelle ou allopathique (basée sur les symptômes, l’utilisation de médicaments et la chirurgie) ainsi qu’aux médecines alternatives/complémentaires, qui reposent sur une approche globale de la personne et de son mode de vie, alliant prévention et soins individualisés.

b-1) La première démarche des thérapeutes en médecine alternative et complémentaire est de s’intéresser à l’histoire du patient et à son mode de vie. La diète du patient a une importance particulière en raison de l’influence primordiale de cette dernière sur le maintien de l’équilibre du microbiome intestinal et de son impact sur la santé globale et le comportement.

b-2) Application d’une diète anti-inflammatoire ciblée pour lutter contre le SVD

Avant toute chose, la base d’une alimentation santé doit reposer quotidiennement sur la consommation d’une grande quantité de légumes variés de différentes couleurs (idéalement biologique dans la mesure du possible), sur quelques fruits et petits fruits, sur des grains entiers, des noix, des légumineuses et si vous êtes omnivores, sur une quantité raisonnable de viandes, principalement blanches cuites à basse température. Les végétaliens et véganes ont intérêt à consommer davantage de légumineuses pour s’assurer d’une consommation suffisante de protéines.

Une diète anti-inflammatoire constitue à mon avis la première étape à respecter pour prévenir et lutter contre les maladies inflammatoires chroniques. Les personnes atteintes du SVD ont vraiment intérêt à respecter une telle diète en raison de l’inflammation systémique de leur système urinaire. Il s’agit donc d’éliminer les aliments pro-inflammatoires suivants :

1) tous les sucres raffinés
2) toutes les céréales qui contiennent du gluten
3) tous les produits laitiers d’origine animale
4) les excès de viandes, principalement de viandes rouges. Il est préconisé de cuire la viande à moins 110°C pour éviter le plus possible la formation de glycotoxines, qui sont des molécules fortement pro-inflammatoires résultant de la réaction de Maillard.
5) les aliments industriels ultra-transformés (aliments raffinés, riches en sucre, en sel, en glycotoxines et contenant des édulcorants, des colorants, des produits chimiques dont des pesticides et des aliments issus de cultures OGM, nécessairement exposés à de grandes quantités de Round up. Exemples les plus courants : pains faits de farines raffinées, pâtisseries industrielles, boissons gazeuses y compris les boissons diètes, jus industriels, bonbons, pizza, etc.

Il est important de se rappeler qu’aucun aliment aussi bénéfique qu’il puisse être ne peut pas convenir à tous. Donc, il est possible que de 10 à 20 % de patients SVD souffre d’une intolérance à un ou à des aliments qui sont considérés normalement comme inoffensifs. Par exemple une intolérance au riz est toujours possible comme c’est le cas pour tous les aliments. Donc si la diète anti-inflammatoire n’améliore pas de façon importante votre condition, il serait bon que vous vous inspiriez de l’article suivant sur mon blogue : « la diète hypotoxique ne fonctionne pas pour vous? » et de rédiger un journal quotidien pour inscrire tous les aliments que vous consommez quotidiennement ainsi que de noter « comment vous vous sentez ». Vous pouvez également consulter un thérapeute formé en kinésiologie appliquée (recommandé sur mon blogue) qui habituellement est en mesure de diagnostiquer votre ou vos intolérances alimentaires en effectuant un test d’intolérance et d’allergies alimentaires. Il est important d’identifier ses intolérances alimentaires qui pourraient toucher des aliments qui ne sont pas interdits par la diète anti-inflammatoire car de telles intolérances peuvent annuler totalement ou en partie les effets de la diète anti-inflammatoire. Je vous suggère à titre informatif de lire sur mon blogue l’article intitulé « Tests pour les réactions alimentaires adverses + 10 témoignages ».

b-3) En plus de respecter une diète anti-inflammatoire, les individus atteints du SVD auraient intérêt à éviter les aliments irritants suivants :

Tous les sucres ajoutés, même ceux qualifiés de sucre bruts normalement permis dans la diète anti-inflammatoire (genre Sucanat, sirop d’érable, miel, etc) car le sucre favorise de façon importante une exacerbation de la croissance des levures, phénomène très fréquent chez les SVD. De plus, les patients SVD auraient avantage à éliminer les aliments qui sont classés comme des irritants pour la vessie : café, thé (le thé vert fait exception selon certains auteurs car il n’est pas identifié comme irritant), alcool, fruits acides (le citron dépendamment de l’individu car les réactions diffèrent face à ce fruit), chocolat, vinaigre, tomates (sauce tomate, ketchup) asperges, artichauts et les mets épicés, les épices telles curry, cumin, piment, poivre de cayenne, les édulcorants (aspartame et autres). Même si on encourage souvent la prise de canneberges et/ou de jus de canneberges pour traiter le SVD, il semble que ce ne soit pas nécessairement une bonne idée car l’acidité de ce fruit peut causer des problèmes à la muqueuse fragile de certains patients SVD.

Lorsque votre système urinaire aura recouvré la santé, en fait que vous serez en rémission, l’écoute des réactions de votre corps vous renseignera peu à
peu sur les aliments que vous pouvez consommer sans problème, ceux que vous pourrez consommer occasionnellement et ceux que vous devrez éliminer définitivement. Si vous voulez éviter les récidives, dans la plupart des cas, vous devriez éviter les aliments proscrits par la diète anti-inflammatoire hypotoxique (même si vous pouvez, selon vos sensibilités propres, vous permettre quelques écarts). En ce qui concerne la liste des aliments à éviter parce qu’ils sont irritant pour une vessie enflammée, seules vos expériences personnelles vous permettront de faire les bons choix à moyen et à long terme.

  1. C) Plusieurs approches alternatives de Santé intégrative, autres que la diète, ont fait la preuve qu’elles peuvent apporter des solutions thérapeutiques efficaces pour les patients SVD réfractaires aux thérapies médicales conventionnelles.

On reconnait maintenant qu’il est impossible d’agir efficacement sur la santé globale des individus sans agir énergiquement sur l’alimentation. Comme le syndrome de la vessie douloureuse est un phénomène multifactoriel, qui peut différer selon les individus, il est indiqué de traiter cette pathologie avec différentes approches de santé intégrative tout en tenant compte des particularités individuelles.

c-1) Les thérapies physiques de manipulation (physiothérapie, ostéopathie, chiropratique, massage thérapeutique)

Les thérapies physiques typiques pour le traitement des SVD mettent l’emphase sur le plancher pelvien, les hanches, le dos et les muscles abdominaux. Elles impliquent généralement la manipulation des fascias du plancher pelvien et des muscles mais aussi des viscères, des nerfs et des artères en ce qui concerne l’ostéopathie.

La chiropratique ou chiropraxie, est une pratique médicale et manuelle basée sur la manipulation des différentes parties du corps humain et plus particulièrement de la colonne vertébrale.

La physiothérapie est une discipline de la santé intervenant au niveau de la prévention et promotion de la santé, de l’évaluation, du diagnostic, du traitement et de la réadaptation des déficiences et incapacités touchant les systèmes neurologique, musculo-squelettique et cardiorespiratoire de la personne (OPPQ).

L’ostéopathie est une approche manuelle dont l’objectif est de rétablir la fonctionnalité des structures et des systèmes du corps humain afin d’optimiser sa capacité d’autorégulation. Cette pratique est basée sur des connaissances approfondies des sciences de la santé et des interactions propres à l’équilibre de l’organisme. Grâce à une palpation fine et précise, une évaluation complète et globale permet d’investiguer la cause des dysfonctions neuro-musculo-squelettiques, viscérales et crâniennes (Ostéopathie Québec).

Voici un résumé du rôle de la rééducation périnéale en physiothérapie pour une cystite interstitielle ou SVD et les données et structures prises en compte dans un suivi ostéopathique.

En physiothérapie comme en ostéopathie, l’évaluation vise à identifier les fonctions atteintes par cette condition dans la vie quotidienne de la patiente.

1- fonction urinaire: on investigue la fréquence mictionnelle, la présence ou non d’urgences mictionnelles et d’incontinence urinaire et leurs circonstances, la présence de douleur et sa durée, le caractère cyclique/aléatoire/réponse à des irritants identifiables ou non des symptômes. Un des outils utilisés est le calendrier mictionnel, qui servira à noter la progression et guider l’éducation.
2- fonction fécale: présence ou non de concomitance de symptômes fécaux, ex. diarrhée/constipation durant les crises, incontinence, douleur, présence de sang. On note si on doit réviser la technique d’évacuation avec la patiente, ou si on doit investiguer une éventuelle dyssynergie sphinctérienne.
3-fonction sexuelle: atteinte de la sphère sexuelle chez la patiente, par douleur profonde et/ou superficielle, sa durée et son effet post-coït. Des conseils sont prodiguées quant aux postions à adopter ou pas lors des relations sexuelles.
4- fonction de la vie quotidienne: ce qui est altéré par les symptômes en termes d’activités, position assise/debout, travail, loisirs.

Les limitations dans les fonctions vont déterminer en partie les buts de l’intervention, ainsi que les buts à court, moyen et long terme, pour chacune des sphères touchées. Cela donne également des balises autres que la douleur afin de noter la progression.

Les investigations médicales attendues sont avec culture urinaire négative pour la cystite interstitielle.

Les cytoscopies et bilans urodynamiques ne sont pas nécessairement déjà faits lors de la prise en charge, mais souvent à venir. On ne distingue pas au départ une cystite interstitielle d’un syndrome de vessie douloureuse, à moins d’avoir confirmation de lésions par cystoscopie. Certains urologues font la distinction entre les deux conditions, d’autres non.

Les examens en physiothérapie selon Magali Scheubel, physiothérapeute spécialisée en rééducation périnéale sont:

L’évaluation objective est pelvienne et musculo-squelettique. On recherche les changements de sensation cutanée pour repérer des anomalies sensorielles au périnée, bassin et abdomen. On utilise la palpation externe pour déceler les points gâchette des muscles du plancher pelvien, du bassin externe, des abdominaux et des muscles para-vertébraux.

La palpation interne sert à déterminer le tonus musculaire et le contrôle moteur pelvien, qui est souvent altéré dans des cas de douleur abdominale et pelvienne. On note la présence de points de tension, la qualité du relâchement musculaire, la sensibilité des trajets neuraux et les structures reproduisant les symptômes. On détermine également si les os du bassin sont alignés et si un segment vertébral est impliqué, soit hypo ou hypermobile, sensibilisé, et/ou avec restriction cutanée.

En traitement, on cherchera à normaliser le tonus des muscles du plancher pelvien (habituellement trop tendu et incapable de relâchement en réponse à la douleur) qui a aussi une incidence sur les symptômes. Les exercices seront axés sur la relaxation musculaire et à la correction des changements posturaux amenés par la douleur.

Les interventions incluent beaucoup d’éducation sur la science de la douleur et la sensibilisation des tissus entourant l’organe atteint. Le traitement physique s’appuie sur ces principes et travaille à la désensibilisation graduelle des tissus en mobilisations douces, sous le seuil de douleur, afin de changer la réponse corticale douloureuse en réponse à un stimulus normal (changer une sensation de brûlement à une sensation de pression, par exemple.) La rééducation vésicale est ainsi graduelle.

Les aspects ostéopathiques pratiques, selon Nathalie Camirand physiothérapeute et ostéopathe spécialisée :

L’évaluation et les traitements tiennent compte de la position et de la mobilité des viscères, de la structure qui les soutient, du trajet des nerfs et des artères afin d’optimiser leur fonction. La possibilité de moduler l’information dans le trajet dans la moëlle épinière et son interprétation dans le cerveau sont pris en compte par un travail crânien et de ses zones spécifiques en relation avec la douleur chronique (CCA , insula, et centres mictionnels corticaux) ainsi que les dysfonctions retrouvées le long de la colonne vertébrale. Aussi, toute dysfonction de mobilité de la structure : sacrum, coccyx, iliaques, symphyse pubienne, colonne lombaire et dorsale particulièrement dans les zones d’innervation de la vessie (D10 à L2) sont évalués et traités. Le trajet des nerfs ilio-inguinal, ilio-hypogastrique et pudendal sont aussi évalués et traités selon les dysfonctions retrouvées. Le système urothélial est ainsi évalué spécifiquement.

Les anomalies de position et de mobilité des organes abdomino- pelviens pouvant affecter la position et le mobilité de la vessie sont évalués et traités afin de pouvoir redonner à la vessie sa pleine mobilité. La vessie est trop souvent victime de pression qui vient des organes abdominaux et/ou d’une mauvaise position utérine.

Le système immunitaire est abordé via le traitement ostéopathique de la rate, du thymus et de l’intestin. Des conseils au patient concernant la diète et l’hygiène de vie sont prodigués en fonction de certaines données palpatoires. Les patients sont encouragés à voir un naturopathe ou un nutritionniste spécialisé à cet effet.

L’aspect hormonal est aussi pris en compte notamment en ce qui concerne l’optimisation des fonctions de la thyroïde, des surrénales et des gonades, ces glandes pouvant affecter la muqueuse et le tonus vésicale.

Le patient est au cœur de la thérapie et est pris en charge dans toute sa globalité mais aussi dans la spécificité à prendre en compte pour cette pathologie. Le travail multidisciplinaire est encouragé.

Des études ont démontré que les techniques physiques de manipulation permettent de diminuer de façon significative la douleur et la tension du plancher pelvien. Par exemple, après des cédules de 10 traitements, 59% des patientes disaient avoir obtenu une amélioration modérée à importante de leur condition physique (35). Il semble toutefois que l’efficacité de ces techniques pour soulager la douleur dépende fortement de la qualité de la formation du thérapeute et de son habilité, du temps passé avec le patient et de l’intensité des traitements (36, 37). Parce qu’il s’agit d’une technique non invasive qui peut être associée à d’autres thérapies, le guide de l’Association des urologues américains a classé en 2011, les thérapies physiques au rang de thérapie de seconde instance pour le traitement des SVD (38). Selon des gynécologues, les patients qui ont le plus de chances de bénéficier des thérapies physiques touchant le plancher pelvien sont ceux dont la douleur est reproductible à la palpation ou à la contraction du plancher pelvien, des parois abdominales ou des muscles du dos, ainsi que ceux qui ont suivi un déconditionnement significatif résultant de pratiques d’évitement de la douleur (39).

c-2) Manipulation des points déclencheurs de la douleur

Les points déclencheurs de la douleur sont des régions précises et hypersensibles à la douleur, situées à l’intérieur des muscles; ils sont fréquemment localisés dans les parois abdominales ou dans les muscles du plancher pelvien, chez les patients SVD dont la source de la douleur est d’origine viscérale (40). Ce sont des nodules palpables qui sont très douloureuses lors de palpations fermes et qui sont à la fois associées aux douleurs ressenties, à des dysfonctions motrices et parfois à des symptômes en lien avec le système autonome. Ces points déclencheurs impliqueraient une dépolarisation neuromusculaire anormale et seraient une composante intégrale de la douleur myofasciale. Il y a des évidences qui indiquent que les points déclencheurs peuvent induire une amplification de la douleur impliquant le système nerveux central (39).

L’injection locale d’un anesthésique tel le lidocaine dans les points déclencheurs des muscles abdominaux, lorsque associée à des exercices d’étirement, peut diminuer la douleur pendant une année suite au traitement (41). Les patients qui sont les plus à même de bénéficier de cette thérapie sont ceux dont les points douloureux sont focalisés et relativement petits et chez qui la palpation reproduit les symptômes primaires. Dans les cas où les points déclencheurs sont mal focalisés et multiples, il est conseillé aux cliniciens d’éviter les injections dans de multiples sites chez cette dernière catégorie de patients (39).

c-3) Des exercices physiques bénéfiques pour les patients SVD

L’exercice physique peut comporter de multiples avantages : diminution du stress, de l’anxiété, de la douleur, amélioration de la qualité de vie, des fonctions physiques, de l’humeur, du sommeil ainsi que de la confiance en soi. Les activités physiques appropriées pour les patients SVD, sont la marche, la nage, les exercices aérobiques, les étirements, le yoga, les pilates, le Qigong, et le Tai Chi ou toute autre activité que le patient aime et qui correspond à ses capacités. Tous ces exercices doivent débuter lentement et être réalisés à un rythme lent car un exercice trop intense peut exacerber la douleur (39). Des études sur l’influence des exercices de relaxation et de méditation chez les patients qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques ont montré que l’exercice peut améliorer de façon significative leur qualité de vie, qui se traduit par une augmentation des capacités physiques, de meilleures réponses immunitaires, une diminution du stress et l’activation des régions spécifiques du cerveau impliquées dans la suppression de la douleur (39, 42).

Alors que le stress et le manque de sommeil favorisent une augmentation de la perméabilité intestinale et un déséquilibre du microbiome intestinal, lesquels s’accompagnent d’une augmentation de l’inflammation, l’exercice physique constitue, pour les patients qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques telle le SVD, une pratique thérapeutique bénéfique tant au point de vue de la prévention que de la mise en rémission de leur maladie chronique (43-45).

c-4) Neuromodulation

La technique de neuromodulation la plus accessible est le TENS qui implique la libération d’un courant électrique de bas voltage à l’aide d’électrodes placées sur la peau. Cette technique qui supprime la nociception (réaction défensive d’alarme) est souvent utilisée en association à des thérapies physiques et s’avère efficace pour contrôler les douleurs myofasciales et les douleurs du bas du dos. Diverses expériences de neuromodulation chez des patientes SVD, ont permis de diminuer la douleur pendant des périodes de plusieurs mois (46-48).

c-5) Thérapie cognitivo-comportementale et d’attention

Les maladies inflammatoires chroniques de longue durée entraînent souvent des comportements mal adaptés à la situation et une sensibilité exacerbée face à la douleur. La thérapie cognitivo-comportementale et d’attention cherche à expliquer et corriger les problèmes psychologiques en se centrant sur les pensées et les comportements. Ainsi, le patient apprend la contribution de ses pensées et de ses comportements à l’occasion des problèmes qu’il rencontre et il s’habitue à modifier ses pensées et ses comportements, ce qui lui permet de diminuer son anxiété et ses modes de pensées (ruminations, obsessions, inquiétudes). Ainsi, la thérapie comportementale permet aux patients SVD de mieux comprendre les mécanismes de la douleur, ce qui les aide à mieux la contrôler. Les patients qui sont le plus à même de profiter de la thérapie comportementale sont ceux qui ont une longue histoire de douleur chronique et qui rapportent des symptômes dépressifs, des problèmes de sommeil, d’évitement (travail, activités physiques, relations interpersonnelles) en raison de leur douleurs (39).

Des études ont également montré que la psychothérapie accompagnée de stimulation somatosensorielle (acupuncture, moxibustion, utilisation de ventouses) a permis de diminuer de façon significative la douleur chez les patients SVD et d’améliorer leur qualité de vie comparativement aux thérapies conventionnelles (49).

c-6) Acupuncture

L’acupuncture est une thérapie reconnue comme efficace et elle est acceptée par les urologues depuis plusieurs années (50). Des études ont montré que l’acupuncture peut moduler les fonctions de remplissage et de vidange de la vessie (51, 52). Toutefois, il existe seulement de rares études qui démontrent l’efficacité de l’acupuncture dans les cas du SVD. Ces études indiquent que l’acupuncture peut améliorer les symptômes de la douleur de façon significative et même dans certains cas éviter les récurrences sur des périodes pouvant varier entre 3 mois et 48 mois (53, 54). Une enquête menée par Internet, auprès de 1,982 patients diagnostiqués SVD, a montré que 56.9% de ceux qui ont été traités en acupuncture ont constaté une amélioration de leur état (55).

Yannick Vartian (acupuncteur et ostéopathe spécialisé en urogynécologie) explique que selon les théories classiques de l’acupuncture, la vessie est investie par les méridiens de la vessie et du rein. Toutefois, en plus de ces méridiens, il est aussi important de considérer le foie, la rate, le petit intestin et la vésicule biliaire en raison de leur trajet, de leur méridien et de leur action énergétique pouvant influencer le SVD (56,57). Ainsi, l’acupuncture peut agir de différentes façons sur le SVD : diminuer ou éliminer les symptômes lors de périodes de crises aiguës et aborder le terrain dysfonctionnel afin d’apaiser progressivement l’irritabilité de la vessie. De plus, l’acupuncture peut travailler les tensions musculaires (ainsi que les points gachettes, Trigger Points) du bassin, des cuisses, de l’abdomen et de la région lombaire afin de diminuer les contractures musculaires réflexes et les points douloureux (58).

c-7) Probiotiques et prébiotiques

Probiotiques

Les probiotiques sont des microorganismes vivants qui ont des effets bénéfiques sur la santé de l’hôte lorsqu’ils sont administrés en quantité adéquate. Ces organismes probiotiques doivent être sans danger pour le patient et capables de survivre à leur passage dans l’estomac (liquides gastriques) et dans l’intestin tout en maintenant leur efficacité et leur puissance jusqu’à la date d’expiration. Les organismes probiotiques les plus étudiés et utilisés appartiennent aux genres Lactobacillus et Bifidobacterium. Dans quelques études effectuées chez les humains, il a été démontré que les probiotiques peuvent améliorer le pronostic de certaines maladies mais, dans la plupart des cas, on a plutôt observé une mince amélioration ou aucun effet.

Des études ont montré que l’efficacité des probiotiques est variable et dépend non seulement de l’espèce mais également de la souche, ce qui complique leur évaluation. À titre d’exemple, ce ne sont pas toutes les souches de Lactobacillus qui sont capables de coloniser le vagin (59). Seule une meilleure connaissance des espèces microbiennes et de leurs différentes souches peuvent permettre de connaître et comprendre suffisamment leurs différentes caractéristiques et leurs effets respectifs pour permettre de les utiliser de façon efficace.

Le nombre des espèces microbiennes, qui ont la capacité de coloniser avec succès les humains, est limité puisque pour coloniser un hôte, un microorganisme doit être en mesure de reconnaître le type de récepteur qui lui est complémentaire et ce récepteur doit être exprimé par les tissus de l’hôte (60). On comprend donc pourquoi les quelques souches microbiennes présentes dans les préparations de probiotiques ont peu de chances de coloniser l’intestin humain et de s’y maintenir comparativement à la pratique de la transplantation fécale, qui comporte des milliards de microorganismes différents. Il faut préciser toutefois, que la simple présence des probiotiques dans le système digestif peut être bénéfique puisque leurs sécrétions améliorent l’environnement des probiotes à demeure.

Lorsque la science des probiotiques aura suffisamment évoluée, il sera alors possible de préparer des suspensions de probiotiques capables de reconnaître les récepteurs qui sont présents chez une majorité d’hôtes humains et/ou encore chez certaines individus. Ce genre de précédé devrait alors permettre de réensemencer les microorganismes (microbiotes) essentiels à un bon équilibre du microbiome, lesquels microorganismes peuvent avoir été éliminés en raison d’antibiothérapies intenses, de diètes inappropriées, et/ou d’infections. Ces travaux sont inspirés par les succès expérimentaux observés suite à des transplantations fécales; cette pratique a permis à des patients, qui souffraient de maladies inflammatoires chroniques et/ou auto-immunitaires, de retrouver la santé. C’est le cas également de patients qui étaient infectés chroniquement par des souches de C. difficile résistantes à tous les antibiotiques (61-64).

L’hypothèse selon laquelle certaines souches de Lactobacillus sont capables de prévenir et de traiter les infections urinaires récurrentes est maintenant supportée par une méta-analyse publiée en 2018, basée sur 6 études aléatoires contrôlées et comportant un total de 620 patients (résultat significatif : 0.684 (95% CI 0.438 to 0.929, p < 0.001). Cette étude a utilisé des suppositoires contenant Lactobacillus crispatus CTV05, Lactobacillus rham-nosus GR1 and Lactobacillus reuteri RC14. Ces souches précises se sont avérées particulièrement efficaces contre les pathogènes du système urinaire, tout en faisant la preuve d’une très grande capacité de prévention dans les cas d’infections urinaires récurrentes (65, 66).

 

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