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Posons un geste concret pour améliorer notre système de santé…osons la santé intégrative! (Jacqueline Lagacé et collaborateurs)

Titre : Posons un geste concret pour améliorer notre système de santé…osons la santé intégrative! (Jacqueline Lagacé & collaborateurs)

N.B. : Le présent document a été conçu pour vous informer et vous préparer  à  poser un geste significatif, soit signer, peu après l’élection de notre nouveau gouvernement en octobre prochain, une pétition qui, dépendamment de votre soutien, devrait permettre d’améliorer la qualité et la disponibilité des soins offerts par notre système de santé universel.  Le présent document vous permettra de comprendre pourquoi et comment  il est possible d’améliorer notre système de santé en appliquant la démarche en santé intégrative.

1) Lancement d’un mouvement citoyen pour améliorer notre système de santé universel

Un grand mouvement pour appliquer la démarche en santé intégrative, supporté par Jacqueline Lagacé & collaborateurs, demande l’appui massif des Québécois sous forme d’une pétition à venir afin de convaincre le gouvernement québécois, tous partis confondus, de légiférer pour atteindre les objectifs suivants :

  • Mettre l’accent sur la prévention et l’amélioration du traitement des maladies, particulièrement les maladies chroniques, qui sont souvent soignées de façon insatisfaisante.
  • Favoriser une meilleure collaboration entre la médecine conventionnelle et les médecines complémentaires, laquelle démarche thérapeutique est qualifiée par le terme « Médecine Intégrative ou Santé Intégrative ».
  • Protéger le droit des patients à décider de la nature des traitements qu’ils désirent que ce soit en médecine conventionnelle ou en médecines complémentaires.
  • Mettre fin aux menaces et pressions inopportunes exercées par le Collège des médecins à l’encontre de la collaboration entre la médecine conventionnelle et les médecines complémentaires. Dans le milieu médical québécois, ce n’est pas un secret que de nombreux médecins craignent de discuter des thérapies de médecines complémentaires avec leurs patients et évitent de recommander ces traitements par crainte de représailles de la part du Collège des médecins; même le simple fait de prescrire un changement alimentaire plutôt que la prescription de médicaments peut leur causer des problèmes.

 2) Que signifie le terme « santé intégrative/ médecine intégrative »?

La santé intégrative est une approche qui intègre à la fois la médecine conventionnelle et les différentes pratiques anciennement qualifiées de médecines alternatives ou complémentaires. Les forces de la médecine conventionnelle sont évidentes et concernent principalement le diagnostic des pathologies et les problèmes aiguës de santé (infectiologie, orthopédie, oncologie, chirurgie, antibiothérapie, pharmacologie, urgences cardiaques).  Alors que les problèmes aigues répondent généralement bien aux approches de la médecine conventionnelle, il en va souvent autrement avec les maladies chroniques qui exigent de traiter le malade dans sa globalité. D’autre part, la santé intégrative est une approche qui fait la promotion de la santé globale et holistique axée sur la prévention ainsi que sur la guérison des différentes composantes de l’être humain (physique, émotive, psychologique et énergétique), ce qui montre l’intérêt d’associer ces deux types de thérapies dans le traitement des patients.  Les traitements retenus en santé intégrative sont centrés sur le patient et leurs effets ont été scientifiquement vérifiés quant à leur sécurité et à leur efficacité.  Un travail de collaboration interdisciplinaire autour du patient est fortement prôné dans une démarche intégrative de santé afin d’apporter au patient tous les soins nécessaires à sa guérison et à son bien-être, qu’ils soient issus de la médecine conventionnelle ou complémentaire (1).

3) Les principaux praticiens en santé intégrative, outre les médecins, les  acupuncteurs, les chiropraticiens, les infirmiers(ères) praticiens(nes) spécialisés(es), les infirmiers (ères), les nutritionnistes, les physiothérapeutes, les psychologues, les psychothérapeutes et les sages-femmes qui sont des pratiques déjà régis par un ordre professionnel, sont les herboristes, les hypnothérapeutes, les kinésiologues, les massothérapeutes, les naturopathes, les spécialistes en alimentation fonctionnelle, les ostéopathes, les praticiens en médecine chinoise, en méditation, en yoga et autres techniques apparentées.  Il va sans dire que les actions du gouvernement devraient favoriser une valorisation en même temps qu’un meilleur contrôle de la qualité des intervenants en santé intégrative qui ne sont pas régis par un ordre professionnel.

 4) Pourquoi entreprendre actuellement une telle démarche?

Parce qu’il est de plus en plus évident que les Québécois sont insatisfaits du mode de fonctionnement de notre système de santé et qu’ils semblent prêts à poser des gestes pour changer les choses. De plus, alors qu’il existe au Québec un intérêt et une demande importante pour différentes pratiques de médecines complémentaires, les praticiens en santé intégrative, y compris de nombreux médecins qui les recommandent ou souhaiteraient le faire, font face à une opposition rigide et à des menaces de la part des autorités médicales. Cette situation est inacceptable et doit être corrigée, c’est une question de respect de la volonté des citoyens, d’humanité face à la souffrance, d’efficacité de notre système de santé et de réalisme économique.  Notre système universel de soins de santé est en danger parce que débordé par un nombre sans cesse croissant de malades chroniques. La science a démontré que les maladies chroniques sont principalement dues au mode de vie et que les médicaments, souvent très couteux utilisés en médecine conventionnelle, s’avèrent généralement incapables de mettre en rémission ces maladies, sans oublier leurs effets secondaires à moyen et à long terme.

Dans ce contexte, les élections Québec d’octobre 2018 et conséquemment le remaniement de l’Assemblée nationale constituent une opportunité pour revoir et modifier les us et coutumes en santé au Québec pour le plus grand bien des Québécois et Québécoises. Il est plus que temps de remédier aux problèmes récurrents les plus criants de notre système de santé, soit le manque flagrant des mesures de prévention des maladies, la difficulté d’avoir accès rapidement aux soins de premières lignes et le traitement souvent inapproprié des maladies chroniques.

5)  Actions attendues du gouvernement pour améliorer notre système de santé.

Pour rendre plus efficace notre système de santé, le gouvernement du Québec doit utiliser son pouvoir législatif afin de favoriser une collaboration interdisciplinaire autour du patient et une plus grande ouverture face à la variété des soins, qu’il s’agisse de traitements issus de la médecine conventionnelle ou des médecines complémentaires.

Ce type de démarche a déjà été effectué avec succès au Canada, entre autres en Ontario, en Alberta et en Colombie Britannique.  Conséquemment, nous n’avons pas à réinventer la roue et nous pouvons nous inspirer de l’amendement législatif (Medicine Act, 1991) effectif en Ontario depuis 1997, lequel a été revu et actualisé en 2000 et 2011 par l’ajout de la déclaration de politique # 33-11 du Medicine Act, 1991.  Ce document  associé au  Guide de la pratique médicale (College of Physicians and Surgeons of Ontario), reconnaît  le droit des patients de décider des soins de santé correspondant à leurs préférences, incluant les médecines alternatives/complémentaires;  on y stipule également que les médecins ne peuvent être reconnus coupables de faute professionnelle ou d’incompétence uniquement parce qu’ils recommandent ou pratiquent une thérapie non traditionnelle ou qui s’écarte de la pratique médicale en vigueur, à moins qu’il n’y ait des preuves  que la thérapie pose un plus grand risque pour la santé du patient que la pratique traditionnelle ou dominante.

Les amendements législatifs en vigueur en Ontario mettent en lumière le retard considérable du système de santé québécois à mettre de l’avant les thérapies diversifiées découlant des pratiques en santé intégrative. Ce n’est pas un hasard si de nombreux  Québécois tentent de se faire soigner en Ontario. Depuis le début des années 2000,  l’enseignement et la pratique de la démarche en médecine intégrative est en progression dans les universités et dans plusieurs états américains, laquelle pratique est également fortement recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

6)  Liste des amendements que nous avons l’intention de proposer dans la pétition officielle qui sera présentée à l’ensemble de la population du Québec suite à la mise en place du nouveau gouvernement québécois:

  Reconnaitre la liberté de choix thérapeutique des utilisateurs de notre système de santé universel, qu’il s’agisse de thérapies de médecine conventionnelle ou de médecines complémentaires/alternatives.

  • Ouvrir et protéger la pratique des médecins qui désirent faire connaître, prescrire et/ou offrir à leurs patients une gamme plus variée de soins principalement lorsque les traitements offerts par la médecine conventionnelle s’avèrent inefficaces à aider véritablement leurs patients.
  • Permettre aux associations de thérapeutes formés de façon rigoureuse en santé intégrative d’obtenir plus facilement justice pour la reconnaissance d’un statut professionnel reconnu, qui permettrait à la fois de faire cesser le harcèlement et de mieux protéger le public.
  • Protéger la survie de notre système de santé universel par l’utilisation en première ligne de procédés plus naturels et moins couteux, particulièrement en ce qui concerne le traitement des maladies chroniques. L’exemple des cliniques dirigées par des super-infirmières est éloquente en ce sens.

 N.B. : vous pouvez envoyer vos suggestions concernant la pétition sur les différentes plateformes où paraitra ce document

7)  Quelles sont les preuves que les traitements alternatifs/complémentaires peuvent vraiment améliorer la qualité des soins offerts aux patients atteints de maladies chroniques ou  autres,  et souvent à moindre coût?

D’après les enquêtes largement documentées par l’organisme américain « Integrative Healthcare Policy Consortium » (Consortium de politiques de santé intégratives) (www.ihpc.org) publiées dans la brochure intitulée « Integrative Health and Medicine: Today’s Answer to Affordable Healthcare” Health Creation Economics » (3),  les patients soignés en santé intégrative ont une meilleure santé, présentent des coûts de santé inférieurs et manifestent un niveau de satisfaction très élevé (4-6).   Ceci est bien démontré par plusieurs études contrôlées chez des patients atteints de maladies chroniques qui montrent une amélioration supérieure de leur état de santé en comparaison avec les traitements usuels utilisés en médecine conventionnelle (7-17).

Un élément important des procédures de santé intégrative est l’incorporation de thérapies qui augmentent le mieux-être du corps, de l’esprit et des émotions, favorisant ainsi la guérison, la santé et l’intégrité de l’organisme.  Ces procédures reposent sur l’emploi de l’imagerie, de la visualisation, de la relaxation, des techniques de respiration profonde, de contrôle du stress, de l’aromathérapie et de thérapies énergétiques (18-21).

Les patients qui souffrent de maux de dos coûtent très cher aux systèmes de santé en raison de leur nombre et des soins chirurgicaux dispendieux et souvent inefficaces auxquels ils sont soumis (11). Par contre, les maux de dos traités avec les procédures complémentaires de santé (chiropractie, acupuncture, ostéopathie, naturopathie, massothérapie) sont moins invasifs, moins coûteux, beaucoup moins risqués que les chirurgies et l’usage de narcotiques, tout en donnant des résultats souvent impressionnants (22-31).

La prise en charge des malades chroniques par les praticiennes infirmières spécialisées et les sages-femmes, comporte de multiples avantages. Une méta-analyse démontre que ces dernières obtiennent un niveau d’approbation plus élevé de la part de leurs patients qui se disent plus satisfaits de la résolution de leurs conditions pathologiques par comparaison aux pratiques de la médecine conventionnelle (32).  De plus, ces infirmières tout en donnant des soins de meilleure qualité à coût plus bas (33-36), favorisent l’accès d’entrée aux soins de première ligne à plus d’individus qui ne veulent pas ou sont incapables d’accéder au système de santé conventionnel (37).

On reconnaît maintenant que la majorité des maladies chroniques peuvent être évitées, atténuées et même renversées par des modifications du mode de vie qui impliquent une alimentation de qualité et adaptée à la condition de la personne, la pratique courante d’activités physiques, le fait de ne pas fumer, une consommation minimale d’alcool et un poids santé. Les études montrent que la grande majorité des nord-américains ne respectent pas la plupart des règles qui sont à la base d’un mode de vie sain et que la mise en place d’un mode de vie sain requiert plus que de bonnes intentions (38).  Comme les praticiens en santé intégrative préconisent à la base un mode de vie sain pour traiter leurs patients, ils encouragent ainsi les changements de mode de vie et la prévention des maladies chroniques, alors que la médecine conventionnelle met le focus sur la gestion de la maladie suite à son apparition (39-43).  Donc, si on facilite l’accès aux praticiens de santé intégrative, on favorisera une augmentation du pourcentage d’individus qui réussiront à changer positivement leur mode de vie (44-47).

Aux États-Unis, selon une étude qui date de 2007, les coûts pour le suivi d’une grossesse et la naissance d’un nouveau-né par voie vaginale était de 18,329$ comparativement à 3,939$, lorsque le travail était effectué par une sage-femme professionnelle certifiée dans un centre de naissance (48).  Une autre étude vient de plus appuyer la qualité du travail des sages-femmes en démontrant que le suivi de la future mère par une sage-femme a permis de diminuer le nombre d’accouchements prématurés et même la perte du bébé avant 24 semaines, les mères se disaient plus satisfaites des soins reçus que celles qui avaient été suivies en médecine conventionnelle (49).

8)  Conclusion

Les Québécois ont le droit de bénéficier de l’ensemble des meilleures pratiques de soins de santé, qu’il s’agisse des pratiques de la médecine conventionnelle ou celles qualifiées de médecines complémentaires ou alternatives.  La mise en place de procédures législatives aptes à la fois à protéger le public (aussi bien les patients que les praticiens en santé) et à favoriser le libre choix des Québécois à recourir aux différentes pratiques reconnues en Santé intégrative, est une condition essentielle à une véritable intégration de la médecine conventionnelle et des médecines complémentaires/alternatives (Santé intégrative).  La pratique conjuguée de ces deux grands axes de soins au sein du système de santé québécois constitue une évolution nécessaire à la pratique d’une médecine efficace de qualité, qui respecte, responsabilise et traite l’individu dans sa globalité tout en protégeant la survie de notre système de soins universel.

9)  Références

1) Levesque, C, Blain S. La santé intégrative en bref, 2017.

2) Collège of Physicians and Surgeons of Ontario (Policy Statement #3-11. Complementary/Alternative Medicine; Legislative Reference: Health Care Consent Act, 1996, S.O. 1996, c.2, Sched. A; Medicine Act, 1991, S.O.1991, c.30; O. Reg. 114/94 General, O. Reg. 856/93 Professional Misconduct, O.Reg. 865/93, Registration, enacted under the Medicine Act, 1991, S.O. 1991, c30.

3) Erica Oberg, ND, MPH | Mimi Guarneri, MD, FACC, ABIHM Patricia Herman, ND, MPH, PhD | Taylor Walsh | Alyssa Wostrel, MBA.  “Integrative Health and Medicine:  Today’s Answer to Affordable Healthcare” Health Creation Economics. Published by the Integrative Healthcare Policy Consortium, 2016?

4) The effect of mandating complementary and alternative medicine services on insurance benefits in Washington State. J Altern Complement Med. 2004 Dec;10(6):1001-8.

5) Phase I Final Report: Alternative Healthcare Project: King County Medical Blue Shield; 1995

6) A naturopathic approach to the prevention of cardiovascular disease: cost-effectiveness analysis of a pragmatic multi-worksite randomized clinical trial. J Occup Environ Med. 2014 Feb;56(2):171-6.

7) Shorter Lives, Poorer Health. Institute of Medicine of the National Academies, 2013 Jan; http://www.iom.edu/Reports/2013/US-Health-in-International-Perspective-Shorter-Lives-Poorer-Health/Report-Brief010913.aspx. Accessed December 14, 2014

8)  An Unhealthy America: Economic Burden of Chronic Disease. Milken Institute 2007

9)  Use of complementary and alternative medicine and self-rated health status: Results from a national survey. J Gen Intern Med. 2011;26:399-404. doi:10.1007/s11606-010-1542-3.

10)  Colon cancer survival with herbal medicine and vitamins combined with standard therapy in a whole-systems approach: ten-year follow-up data analyzed with marginal structural models and propensity score methods. Integr Cancer Ther. 2011 Sep;10(3):240-59. doi: 10.1177/1534735411406539. Epub 2011 Sep 30.

11)  Estimates and patterns of direct health care expenditures among individuals with back pain in the United States. Spine (Phila Pa 1976). 2004;29(1):79-86.

12)  http://www.cdc.gov/winnablebattles/

13)  Naturopathic medicine for the prevention of cardiovascular disease: a randomized clinical trial. CMAJ. 2013 Jun 11;185(9):E409-16. doi: 10.1503/cmaj.120567. Epub 2013 Apr 29

14) Patient-Reported Experiences with First-Time Naturopathic Care for Type 2 Diabetes. PLoS ONE 2012; 7(11): e48549. doi:10.1371/journal.pone.0048549

15)  A Hierarchy of Healing: The Therapeutic Order. A Unifying Theory of Naturopathic Medicine. Page 25. In J.E. Pizzorno & M. Murray (3rd Ed.), Textbook of Natural Medicine. 2012. Elsevier. Churchill Livingston

16) Colon cancer survival with herbal medicine and vitamins combined with standard therapy in a whole-systems approach: ten-year follow-up data analyzed with marginal structural models and propensity score methods. Integr Cancer Ther. 2011 Sep;10(3):240-59.

17)  Your Voice Matters: Patient Experience with Primary Care Providers in the Puget Sound Region. Seattle, WA: Puget Sound Health Alliance, 2012.

18) Mind-body medicine. Ehrlich, S. D. (2012). University of Maryland Medical Center. Retrieved from http://www.umm.edu/altmed/articles/mind-body-000355.htm

19) Review of studies of healing touch. Wardell, D W. (2004). Journal of Nursing Scholarship, 36(2), 147–154.

20) The effects of therapeutic touch on pain. Monroe, C. M. (2009). Journal of Holistic Nursing, 27(2), 85–92.

21) Effects of therapeutic touch on anxiety, vital signs, and cardiac dysrhythmia in a sample of Iranian women undergoing cardiac catheterization. Zolfagharis, M., Eypoosh, S., & Hazrati, M. (2012). Journal of Holistic Nursing, 30(4), 225–234.

22)  American Pain Society; American College of Physicians. Nonpharmacologic therapies for acute and chronic low back pain: a review of the evidence for an American Pain Society/American College of Physicians clinical practice guideline. Ann Intern Med. 2007 Oct 2;147(7):492-504. Review. Erratum in: Ann Intern Med. 2008 Feb 5;148(3):247-8

23)  Cost-effectiveness of guideline-endorsed treatments for low back pain. Eur Spine J 2011; 20:1024-1038 88

24)  A Meta-Analysis of Massage Therapy Research. Psychological Bulletin 2004, Vol. 130, No. 1, 3–18

25)  Relieving Pain in America: A Blueprint for Transforming Prevention, Care, Education, and Research. Washington D.C.; 2011:260. Available at: http://books.nap.edu/openbook.php?record_id=13172&page=260Title.

26) The Path to Change in the US Healthcare System : Chiropractic Cost-Effectiveness Supplement. 2012.

27) 52 Comparative analysis of individuals with and without chiropractic coverage: patient characteristics, utilization, and costs. Arch Intern Med. 2004;164(18):1985-1992. doi:10.1001/archinte.164.18.1985.

28)  Utilization, Cost, and Effects Of Chiropractic Care On Medicare Program Costs. Muse and Associates. Report for American Chiropractic Association 2001

29)  Technical Report: Comparison of the Management Costs for Complicated and Uncomplicated Low Back Pain Among Different Provider Types: Doctors of Chiropractic, Medical Doctors, and Physical Therapists. Department of Public Health Services, John A. Burns School of Medicine, University of Hawaii, Manoa. Dec 2011.

30)  German Acupuncture Trials (GERAC) for chronic low back pain: randomized, multicenter, blinded, parallel-group trial with 3 groups. Arch Intern Med. 2007;167(17):1892-8

31) Inpatient Surgery: National Hospital Discharge Survey; 2010. Atlanta, GA; 2010. Available at: http://www.cdc.gov/nchs/fastats/inpatient-surgery.htm.

32) A meta-analysis of nurse practitioners and nurse midwives in primary care. Nursing Research, 1995; 44(6), 332-9

33) Costs of Care Provided by APRNs, Robert Wood Johnson Foundation Nursing Research Network Evidence Brief, May, 2011. http://thefutureofnursing.org/sites/default/files/Cost%20of%20Care%20Provided%20by%20Advanced%20Practice%20 Registered%20Nurses.pdf

34) “Advanced practice nurse outcomes 1990-2008: a systematic review.” Nursing Economics 29.5 (2011): 1-21.

35 “Addressing the Texas Health Care Crisis: Effective Use of Advanced Practice Registered Nurses.” The Journal for Nurse Practitioners 9.2 (2013): 116-121.

36) Patient satisfaction with primary care: Does type of practitioner matter? Medical Care, 2004. 42(6), 606-623.

37)  Potential role of complementary and alternative health care providers in chronic disease prevention and health promotion: An analysis of National Health Interview Survey data, Prev Med. 2012 Jan;54(1):18-22

38) Meeting recommendations for multiple healthy lifestyle factors. Prevalence, clustering, and predictors among adolescent, adult, and senior health plan members. American Journal of Preventive Medicine, 27(2 Suppl), 25–33.

39) Description of clinical risk factor changes during naturopathic care for type 2 diabetes. J Altern Complement Med. 2009;15:633-638.

40) Are Patients Receiving Health Promotion Advice in the Chiropractic Teaching Clinic Setting? An Impact Assessment of a Brief Intervention to Increase Advising Rates and Goal Setting. J Chiropr Educ. 2011;25:132-141.

41) The potential of complementary and alternative medicine in promoting well-being and critical health literacy: a prospective, observational study of shiatsu. BMC Complement Altern Med. 2009;9:19. doi:10.1186/1472-6882-9-19.

42)  Diet and physical activity counseling during ambulatory care visits in the United States. Prev Med (Baltim). 2004;39:815-822. doi:10.1016/j.ypmed.2004.03.006.

43)  One minute for prevention: the power of leveraging to fulfill the promise of health behavior counseling. Am J Prev Med. 2002 May;22(4):320-3.

44)  Complementary/alternative medicine in chronic illness as informed self-care decision making. Int J Nurs Stud. 2002;39:671-683. doi:10.1016/S0020-7489(02)00005-6.

45)  “Wellness lifestyles I: A theoretical framework linking wellness, health lifestyles, and complementary and alternative medicine.” J Altern Complement Med 2004 10(2): 349-56.

46) Use of complementary and alternative medicine and self-rated health status: Results from a national survey. J Gen Intern Med. 2011;26:399-404.

47) Agents of change: how do complementary and alternative medicine providers play a role in health behavior change? Altern Ther Health Med. 2011 Jan-Feb;17(1):22-30

48) Costs of Complementary and Alternative Medicine (CAM) and Frequency of Visits to CAM Practitioners: United States, 2007.

49) Wiley. “Women who receive midwife care throughout their pregnancy and birth have better outcomes.” ScienceDaily. ScienceDaily, 21 August 2013. <www.sciencedaily.com/releases/2013/08/130821085118.htm>.

 

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Caroline s’interroge sur la nécessité des restrictions sévères de diètes à la mode

N.B.: j’ai reçu de Caroline ce courriel personnel le 20 juillet dernier et par la suite cette dernière m’a autorisée à le publier.  Je tiens à la remercier car il s’agit d’informations particulièrement pertinentes.
Bonjour Mme Lagacé,
Nous nous sommes déjà contactées il y a plusieurs mois. Je voulais vous récrire, car j’ai découvert avec joie que le lien entre diète et hydradénite suppurée (HS) commence à se faire connaître!
J’ai découvert un TEDTalk à ce sujet, ainsi qu’une page Facebook américaine. (https://www.youtube.com/watch?v=NGEYEFBZPa8) (https://www.facebook.com/groups/hsandglutenfree/?fref=nf). Ces gens se basent beaucoup sur le livre Hidden Plague, dans lequel une femme raconte comment le paléo a soigné la HS dans son cas. (https://www.amazon.com/Hidden-Plague-Tara-Grant-ebook/dp/B00H2V9ZLU)
Le « problème » selon moi est que les diètes sur lesquelles tout le monde se rue sont le paléo et le kétogène et le protocole AIP. Or, ces diètes sont TELLEMENT restrictives.
J’essaie de faire connaître un peu la diète hypotoxique et je parle de votre livre, traduit en anglais et donc accessible pour ces personnes.
Je comprends que certaines personnes doivent couper plus d’aliments que moi pour éloigner la HS (il y a des cas TELLEMENT lourds, ça frôle l’invalidité), mais je me dis que si certaines personnes pouvaient manger hypotoxique et être guéries, ce serait tellement plus facile pour elles et vivable à long terme! Aussi, les gens comprendraient pourquoi tel aliment les affecte et pas d’autres. (Exemple: une personne a dit sur FB avoir eu un abcès après une pointe de pizza sans fromage, et elle pensait que le pepperoni contenait peut-être des produits laitiers. Je lui ai suggéré que c’était peut-être le gluten de la croûte aussi…).
Mais en tout cas, les choses avancent. Mon rêve est encore que des scientifiques fassent des études contrôlées pour expliquer le phénomène!
Bon été,
Caroline
Remarque de Jacqueline: j’ajouterais à la liste de Caroline la diète FODMAP pour les raisons que j’ai présentées p. 220-226 dns mon livre intitulé: « Une alimentation ciblée pour préserver ou retrouver la santé de l’intestin ».

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Les réflexions de Lucie concernant les conflits d’intérêts: facultés de médecine et industries pharmaceutiques

Les relations entre les facultés de médecine et l’industrie pharmaceutique nuisent grandement à une approche médicale moins médicamentée. Malheureusement le mariage des deux se porte très bien au dépend des patients . Je souffre de sclérodermie (diagnostiqué il y a 2 ans et du syndrome de Ménière depuis 18 ans) Le rhumatologue spécialiste de la sclérodermie lève les yeux aux ciels lorsque je lui dis que je suis les principes du régime hypotoxique. Il ne veut même pas en discuter. J’applique les principes du régime depuis 2 ans maintenant avec des hauts et des bas. Je sais pertinemment lorsque je déroge du régime car j’en ressens les effets. J’ai surtout de la difficulté avec la cuisson des aliments, la cuisson lente et à basse température demande de la préparation bien avant l’heure du repas. Aussi les sorties au restaurant sont problématiques. Mais je crois fermement au principe du Dr Seignalet.Lorsque je suis le régime à la lettre j’en ressens les bienfaits et cela sans effet secondaire…. Il est plus simple pour un médecin de prescrire des médicaments à son patient soufrant d’inflammation, que de lui conseiller d’éviter les produits laitiers. On ne crache pas dans la main qui nous nourrit. Voir article qui date de 2013, mais qui est encore et de plus en plus en vigueur: https://www.ledevoir.com/opinion/idees/385653/l-education-plus-efficace-que-la-reglementation.

Lucie

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Chantal, une citoyenne engagée (Le Pharmachien)

Remarque de Jacqueline: je publie en tant qu’article  le commentaire de Chantal en raison de la reconnaissance qu’elle a reçu de la part de différents lecteurs.

Merci Jacqueline d’aider à rendre public la démagogie de certaines personnes comme le Pharmachien. Je me permet de parler de démagogie car plusieurs de ses propos peuvent s’inverser par la science comme l’a bien démontré d’ailleurs la chercheure de l’UQAM. Ces propos ridiculisent aussi la majorité des QuébécoisES utilisateurs d’approches complémentaires. Et oui ! selon le rapport de l’Institut Fraser, l’utilisation des approches complémentaires ou traitements non-pharmaceutiques est la réalité de la très grande majorité des citoyensNES du Québec en complémentarité ou non avec les médicaments et autres traitements biomédicaux. D’ailleurs les approches complémentaires sont une solution à la réduction des surdoses et de la dépendance d’opioïdes dans le cas du traitement de la douleur. Les médecins des États-Unis l’ont compris et en on fait un nouveau guide de pratique…d’abord traiter la douleur avec les approches complémentaires grâce à l’efficacité démontrée de ce type de traitements et par souci de réduire les risques de surdoses et de dépendance.

Je ne peux pas croire que la majorité de la population soit des personnes incapables de prendre des décisions quant aux types de traitements qu’ils souhaitent utiliser. Les pharmaciens n’ont-ils pas un devoir de conseiller et non de ridiculiser les individus. Où est la compréhension du patient comme partenaire de ses soins ? Pourquoi acceptons-nous d’être ridiculisé de cette manière ? N’est-ce pas plutôt le retard du Québec sur les autres provinces canadiennes qui est à dénoncer ou ridiculiser et non pas les individus utilisateurs d’approches complémentaires. Je trouve dommage que son ordre professionnel ne lui donne pas un avis sérieux car c’est aussi à la profession qu’il fait de l’ombre par son discours. Il faut aussi remettre en question notre confiance à l’égard des médias qui véhiculent ses propos avec une assurance déconcertante et toute la sympathie qu’il obtient des journalistes et des chroniqueurs. Une chose est certaine, il a du talent pour les communications. Dommage que le message soit si peu soutenu par la science et les faits scientifiques malgré ce qu’il laisse croire.

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Chantal : la démagogie du Pharmachien, le silence de son ordre et les applaudissements des médias

Merci Jacqueline d’aider à rendre public la démagogie de certaines personnes comme le Pharmachien. Je me permet de parler de démagogie car plusieurs de ses propos peuvent s’inverser par la science comme l’a bien démontré d’ailleurs la chercheure de l’UQAM. Ces propos ridiculisent aussi la majorité des QuébécoisES utilisateurs d’approches complémentaires. Et oui ! selon le rapport de l’Institut Fraser, l’utilisation des approches complémentaires ou traitements non-pharmaceutiques est la réalité de la très grande majorité des citoyensNES du Québec en complémentarité ou non avec les médicaments et autres traitements biomédicaux. D’ailleurs les approches complémentaires sont une solution à la réduction des surdoses et de la dépendance d’opioïdes dans le cas du traitement de la douleur. Les médecins des États-Unis l’ont compris et en on fait un nouveau guide de pratique…d’abord traiter la douleur avec les approches complémentaires grâce à l’efficacité démontrée de ce type de traitements et par souci de réduire les risques de surdoses et de dépendance.

Je ne peux pas croire que la majorité de la population soit des personnes incapables de prendre des décisions quant aux types de traitements qu’ils souhaitent utiliser. Les pharmaciens n’ont-ils pas un devoir de conseiller et non de ridiculiser les individus. Où est la compréhension du patient comme partenaire de ses soins ? Pourquoi acceptons-nous d’être ridiculisé de cette manière ? N’est-ce pas plutôt le retard du Québec sur les autres provinces canadiennes qui est à dénoncer ou ridiculiser et non pas les individus utilisateurs d’approches complémentaires. Je trouve dommage que son ordre professionnel ne lui donne pas un avis sérieux car c’est aussi à la profession qu’il fait de l’ombre par son discours. Il faut aussi remettre en question notre confiance à l’égard des médias qui véhiculent ses propos avec une assurance déconcertante et toute la sympathie qu’il obtient des journalistes et des chroniqueurs. Une chose est certaine, il a du talent pour les communications. Dommage que le message soit si peu soutenu par la science et les faits scientifiques malgré ce qu’il laisse croire.

Remarque de Jacqueline: Le premier devoir de nos médias et plus particulièrement de notre télévision d’État est d’informer le public avec rigueur et justesse. La situation que vous dénoncez est triste à pleurer.

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Analyse détaillée du mode d’opération du Pharmachien dans le cas des OGMs

Vigilance OGM vient de publier un article de la professeure Elisabeth Abergel concernant l’émission  « Le Pharmachien »  du vendredi 8 décembre 2017, produite  par Radio-Canada sur les OGM.

 https://www.vigilanceogm.org/les-impacts/impacts-sur-la-sante

Je pense que tous ceux qui sont intéressés à connaître les  technique opérationnelles  du pharmachien,  auraient intérêt à lire l’article concernant son émission du vendredi 8 décembre 2017 sur les OGM.  L’article a été écrit par la scientifique  Élisabeth Abergel, dont les conclusions et le parcours scientifique sont présentés ci-dessous.  Je la remercie chaleureusement d’avoir eu la patience  d’écouter cette émission et d’expliquer pourquoi et comment le pharmachien fait simplement de la désinformation au profit de l’industrie.

Quelles sont les conclusions d’Elisabeth Abergel sur cette émission spéciale OGM ?

Si le but du Pharmachien était de démystifier ce qu’est un OGM afin que le public soit plus au courant, je pense que c’est un échec total. Il a même à de nombreuses reprises repris les « mythes » véhiculés par l’industrie qui ne tiennent plus la route après 20 ans de commercialisation. Il a aussi minimisé, le manque de consensus scientifique sur la dangerosité des OGM sur la santé, l’environnement et les pesticides. Il n’a pas vraiment donné une bonne représentation du secteur scientifique des OGM. Un point qui me parait important aussi ce sont les ‘’Monsanto papers’’, documents internes de la compagnie Monsanto qui révèlent leur stratégie pour attaquer la science et semer le doute sur leurs produits. Une stratégie empruntée au lobby du tabac pour continuer à vendre des produits dangereux pour la santé. Heureusement, il y a d’autres très bonnes émissions de vulgarisation scientifique comme « La semaine verte » ou « Découverte » qui n’ont pas sacrifié la rigueur nécessaire au détriment du divertissement. En fait, on se demande à qui s’adresse cette émission sur les OGM? Si son but était de fournir des informations utiles aux consommateurs québécois concernant leur alimentation, je pense que ceci n’a pas vraiment marché. Sous couvert d’objectivité scientifique, il est clair que les choix d’arguments et les biais véhiculés dans cette émission n’avaient pour but que de minimiser les incertitudes scientifiques/sociales/écologiques/politiques etc. entourant les OGM.

⇒ Qui est Elisabeth Abergel, l'auteure de cet article ? 

Elisabeth Abergel est professeure au département de sociologie de l’UQAM, elle se spécialise en sociologie des sciences et des technologies
 et en sociologie de l’environnement.  Ses intérêts de recherche concernent la géopolitique et l’environnement, l’interdisciplinarité dans l’étude
 des problèmes environnementaux, l’évolution des technologies du vivant sur les systèmes de production agricole et alimentaire et les enjeux de
 santé environnementale et humaine. De manière générale, elle étudie la relation entre les transformations technoscientifiques dans le domaine du
 vivant et les systèmes de domination sociale et politique. Elle possède un baccalauréat en génie génétique, une maîtrise en biologie moléculaire
 végétale et un doctorat en études environnementales. Elle a ensuite travaillé pour plusieurs start-ups en biotechnologie ainsi que dans
 l’industrie pharmaceutique comme chercheure. Elle bénéficie donc une expérience pratique dans le développement de nouvelles variétés végétale
et de vaccins utilisant le génie génétique.

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Jacqueline répond à Andrée concernant les amidons, suite à une séance d’information offerte par des rhumatologues

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Jacqueline démontre la fausseté des articles qui tentent de lier risque d’attaque cardiaque et se priver de gluten

Récemment, une lectrice, Cathy M. m’a informée que « l’Express », un magazine d’actualité renommé en France, avait publié un article (17/05/2017) qui mettait en garde le public contre les dangers des régimes sans gluten. L’article  écrit par le Dr Laurent Alexandre, chirurgien-urologue  et chroniqueur (Huffington Post, Le Monde), avait fortement inquiétée cette lectrice et elle me demandait mon avis comme ce fut le cas de  plusieurs autres personnes au Québec déstabilisées par ce même genre d’affirmation.

Dans son article intitulé «  Le gluten est-il dangereux? », le Dr Alexandre affirmait que les régimes sans gluten augmentent le risque d’attaque cardiaque et le développement de diabète de type 2.  Ses affirmations, selon ce dernier,  étaient fondées sur une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ 2017; may 2; 357 :j1892)  sous le titre : « Long term gluten consumption in adults without celiac disease and risk of coronary hearth disease : prospective cohort study ». L’article en question a été rédigé par un groupe de gastroentérologues et de spécialistes de la nutrition qui collaborent apparemment dans le traitement de la maladie céliaque.

Si l’article publié dans le British Medical Journal a amené le  Dr Alexandre à écrire de telles bêtises,  à savoir qu’une diète sans gluten peut augmenter le risque d’attaque cardiaque et le développement de diabète de type 2, ce n’est pas le seul fruit du hasard, mais bien la conséquence de certaines incohérences présentes dans l’article du BMJ. Par exemple, dans l’introduction, les auteurs mentionnent que la maladie céliaque est associée à un risque accrue de maladie cardiovasculaire tout en reconnaissent que ce problème est réduit lorsque les céliaques adoptent une diète sans gluten.  D’autre part, sur la base d’informations selon lesquelles le gluten peut  promouvoir des phénomènes inflammatoires chez des personnes non céliaques mais sensibles au gluten, les auteurs se disent préoccupés que ce type d’information puisse laisser croire que le gluten peut accroître le risque d’obésité, de syndrome métabolique, de symptômes neuropsychiatriques et de risques cardiovasculaires chez les gens en santé. Négligeant  d’approfondir ces sujets d’intérêt, les auteurs donnent de l’importance uniquement au fait que les diètes qui limitent la consommation de gluten ont gagné en popularité au cours des dernières années et que selon des enquêtes, la majorité des gens qui adhèrent à une diète sans gluten n’ont pas reçu un diagnostic de maladie céliaque. Selon eux, la raison de la popularité croissante de la diète sans gluten (ils mentionnent que 30% des adultes américains ont révélé qu’ils essaient de minimiser ou d’éviter le gluten au cours des dernières années) serait due à la croyance que cette pratique comporte des bénéfices santé  et sur la perception que le gluten a des effets négatifs sur la santé. Ce faisant, les auteurs passent complètement sous silence les nombreux travaux scientifiques qui démontrent l’importance des travaux scientifiques concernant la réalité des maladies NCGS (de sensibilité au gluten chez les non-céliaques). Les auteurs énoncent alors l’idée que l’on doit s’inquiéter de la possibilité qu’une diète sans gluten ou qui restreint le gluten puisse être sous-optimale au point de vue nutritionnel; ils mentionnent de plus qu’aucune étude prospective n’a étudié la relation entre la consommation de gluten et le risque de développer des conditions chroniques telles les maladies cardiovasculaires chez les non céliaques. C’est dans le but de remédier à ce manque que les auteurs ont utilisé des résultats validés d’études prospectives antérieures concernant des diètes, lesquelles études avaient été réalisées sur des périodes de 20-30 ans. Les auteurs de l’article de BMJ ont donc utilisé ces études prospectives  pour examiner l’association de la consommation estimée (et non pas mesurée et contrôlée) de gluten, à long terme avec le développement d’incidents de maladies cardiovasculaires (infarctus du myocarde, fatal ou non).  Les études prospectives sur lesquelles les auteurs se sont appuyés avaient été réalisées à l’aide de questionnaires  bi-annuels, répétés aux quatre ans entre 1986 et 2010; le questionnaire était auto-administré et concernait la santé, les habitudes de vie, les mesures anthropométriques, les facteurs environnementaux et les conditions médicales. On n’avait pas demandé aux participants s’ils adhéraient ou non à une diète sans gluten. Étaient exclus de l’étude tous ceux qui avaient été diagnostiqués céliaques et ceux qui souffraient d’une maladie cardio-vasculaire au début de l’étude. Les apports en gluten provenaient de 5 éléments principaux : pain foncé, pâtes, céréales froides, pain blanc et pizza.

Pour bien expliciter les résultats obtenus par les auteurs suite à leur analyse des informations tirées des cohortes impliquées dans les études prospectives qu’ils ont utilisées, j’ai traduit très fidèlement la conclusion de leur article ainsi que les recommandations qu’ils en ont tirées.

Voici donc leur conclusion : « Conclusion and public health implications » (Conclusion et implications pour la santé publique)

« Dans les deux grandes études prospectives des cohortes, la consommation d’aliments contenant du gluten n’a pas été significativement associée au risque de maladie coronarienne. Bien que les personnes atteintes ou non de la maladie céliaque puissent  éviter le gluten en raison  de  réponses symptomatiques à cette  protéine alimentaire, les résultats de notre recherche ne supportent pas la promotion d’une diète sans gluten dans le but de réduire le risque de maladies coronariennes.   De plus, l’évitement du gluten dans la diète peut favoriser  une faible consommation de grains entiers alors que ces derniers sont  associés à des bénéfices  cardiovasculaires. Faire la promotion d’une diète sans gluten dans le but de prévenir les maladies cardiovasculaires chez les gens qui ne présentent pas les symptômes de la maladie céliaque ne devrait pas être recommandée. »

Voici 4 séries d’observations et/ou d’arguments qui démontrent pourquoi l’article publié dans la revue  BJM peut induire en erreur des lecteurs, donc conséquemment être responsable de  désinformation médiatique, comme ce fut le cas pour le Dr Laurent Alexandre et de nombreux  lecteurs qui eux ne sont pas nécessairement des érudits de  littérature médicale.

1) Dans ce type de désinformation médiatique, on ne peut nier la responsabilité partielle du choix du titre: « La consommation à long terme de gluten chez les adultes non céliaques et le risque de maladies coronariennes : Étude prospective de cohortes »

En effet, ce titre est suffisamment vaque  pour laisser supposer n’importe quoi, à savoir comme l’a fait le Dr Alexandre que : «  les régimes sans gluten augmentent le risque d’attaque cardiaque ». Pourtant, la conclusion des auteurs est à l’opposé de l’interprétation du Dr Alexandre  puisqu’ils affirment : « Dans ces deux grandes cohortes prospectives, la consommation d’aliments contenant du gluten n’était pas significativement associée au risque de maladie coronarienne ».  De plus, dans la partie « Résultats », l’absence de lien entre la consommation ou non de gluten était encore plus  évidente, puisque les auteurs précisaient: « les participants qui consommaient le plus de gluten présentaient un risque de maladies coronarienne qui n’était pas différent de celui du groupe qui en consommait le moins ».

2) Malheureusement,  l’analyse scientifique des auteurs de l’article de BMJ a cédé le pas par la suite à des considérations subjectives qui n’étaient pas appuyées par des données scientifiquement démontrées. Ainsi, après avoir convenu : «  que les personnes atteintes ou non de la maladie céliaque peuvent éviter le gluten en raison  de  réponses symptomatiques à cette  protéine alimentaire » et qu’ « il n’existe aucun lien entre le risque d’attaque cardiaque et le fait de ne pas consommer de gluten », les auteurs ont fait  des mises en garde qui vont bien au-delà des résultats qu’ils ont obtenus lorsqu’ils décrètent  que « l’évitement du gluten dans la diète peut favoriser  une faible consommation de grains entiers » et que : « faire la promotion d’une diète sans gluten dans le but de prévenir les maladies cardiovasculaires chez les gens qui ne présentent pas les symptômes de la maladie céliaque ne devrait pas être recommandée».   Plus grave encore,  malgré la participation de plusieurs gastroentérologues, les auteurs semblent ignorer, malgré des études réalisées en double aveugle et contrôlées par placebo, que le gluten peut causer des problèmes de santé intra et extra-intestinaux très graves et multiples, qui débutent généralement au niveau du microbiome intestinal tel que démontré par de nombreuses études récentes.

3) Dans les faits,  les auteurs ne présentent aucune donnée scientifique qui leur permet de mettre en garde la population contre les diètes sans gluten si ce n’est sous le  prétexte non démontré que l’évitement de gluten peut résulter dans une consommation réduite de grains entiers bénéfiques pour la santé, ce qui pourrait selon eux, favoriser le risque de maladies cardiovasculaires et même le diabète de type 2.  Il s’agit ici non pas de science mais de pures spéculations non étayées par des observations scientifiques et donc de désinformation médiatique qui ne sont pas sans conséquence pour la santé des gens qui sont sensibles au gluten. D’abord, il est faux de prétendre que les gens qui ne consomment pas de gluten, consommerons nécessairement moins de fibres alimentaires et de nutriments santé que ceux qui consomment du gluten.  Qu’il suffise de rappeler que ce n’est pas parce qu’une personne consomme des aliments contenant du gluten (pains et pâtisseries faits généralement de farine raffiné,  céréales froides pour le petit déjeuner, pizza), aliments souvent  pauvres en fibres et en nutriments que ces aliments seront bénéfiques pour la santé.

Par ailleurs,  une diète sans gluten peut être très riche en fibres et en nutriments si l’on consomme des  céréales et ou pseudo-céréales sans gluten tels le  riz brun, le sarrasin, le quinoa, le sorgho, le teff,  l’amaranthe (aliments beaucoup plus complets que le blé même entier), sans oublier de nombreux légumes et fruits, légumineuses et  noix qui sont très riches en fibre et nutriments.   Il s’agit de suivre simplement une diète santé pour obtenir toutes les fibres alimentaires et nutriments nécessaires à notre santé et de nos jours de telles informations sont facilement accessibles.

4)  L’article publié dans BMJ est un exemple éloquent de résultats dont on a détourné la véritable signification dans le but d’inquiéter ceux qui prennent des initiatives pour améliorer leur qualité de vie, comme le fait d’éviter le gluten, parce que les solutions que la médecine actuelle leur propose pour traiter leur maladie chronique ne les aident pas de façon satisfaisante. En fait, il semble bien qu’il s’agisse d’une lutte de pouvoir de certains milieux médicaux qui sont déstabilisés par le fait que la population est de mieux en mieux informée par la démocratisation du savoir.

Malheureusement, des chroniqueurs sont prompts à s’emparer et à publiciser de telles « fake news » qui font sensation au détriment d’informations  basées sur de solides travaux de recherche qui ont le potentiel d’aider véritablement les gens au prise avec des problèmes de santé chronique, qui contrairement à ce qui est souvent véhiculé (au profit de qui?), peuvent trouver des solutions thérapeutiques par l’adoption d’une alimentation ciblée.

Jacqueline Lagacé, Ph.D.

 

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Événement bilingue (24 mai): ‘À votre santé! La médecine personnalisée à l’ère de la génomique’

(English to follow)

Café Scientifique intitulé ‘À votre santé! La médecine personnalisée à l’ère de la génomique
 
Date: Le mercredi 24 mai 2017, 20h00
Lieu: Café du Monument-National
1182 boul. St-Laurent, Montréal

Venez discuter avec des experts de différents domaines de la médecine personnalisée de la façon dont celle-ci peut avoir une influence sur votre vie, votre famille et votre communauté. Les experts aborderont des sujets tels que les tests prénataux, l’épigénétique, la santé publique et les perspectives des patients, partageant leurs expériences et leurs prédictions pour l’avenir, un avenir complexe mais passionnant !

Les présentations seront en anglais et en francais. Les questions sont bienvenues dans les deux langues. 

Panélistes:
– Rosemary Tiklé, B.Sc., Conférencière, biochimiste, patiente
– Steven J. Hoffman, PhD, Professeur agrégé de droit, de médecine et d’affaires publiques et internationales Université d’Ottawa
– Vardit Ravitsky, Ph.D., Professeure agrégée, Programmes de bioéthique, École de santé publique, Université de Montréal

Modérateur:
– Michel Rochon, Journaliste scientifique et médical

Évenement supporté par:
– L’institut de génétique des IRSC
– Precision Medicine Policy Network
– Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal
– Société canadienne de bioétique
 
Reservation : cihr-ig@mcgill.ca (notez que l’événement est gratuit)
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To your health! Personalized medicine in the genomics era
 
Date: Wednesday, May 24, 2017, 8:00 p.m.
Location: Café du Monument-National
1182 St-Laurent Boul., Montreal

Come discuss with experts from various fields what is ‘personalized medicine’ and how it can impact your life, your family and your community. Experts will cover prenatal testing, epigenetics, public health and patients perspectives, sharing their past experience and predictions for the exciting – yet complex – future ahead! 

Presentations will be in French and English. Questions are welcome in both languages.

Panelists
– Rosemary Tiklé, B.Sc., Biochemist, Speaker, Patient
– Steven J. Hoffman, PhD Associate Professor of Law, Medicine and Public and International Affairs University of Ottawa
– Vardit Ravitsky, Ph.D., Associate Professor, Bioethics Programs, School of Public Health, Université de Montreal

Moderator
– Michel Rochon, Health and Science Journalist

Event supported by:
– CIHR Institute of Genetics
– Precision Medicine Policy Network
– Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal
– Canadian Bioethics Society
 
Registration RSVP: cihr-ig@mcgill.ca

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Le Pharmachien : pour comprendre ses tactiques

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