La critique promise: « Le livre du Dr Gundry, un paradoxe en soi? »

Le livre du Dr Gundry, un paradoxe en soi?  Par Jacqueline Lagacé, Ph.D.

Depuis août 2018, plusieurs lecteurs me demandent mon avis au sujet du livre du Dr Gundry, à savoir s’ils peuvent se fier à ses recommandations.  Il est question ici du livre  « The Plant Paradox »   publié en 2017 et édité en version française en 2018 sous le titre « Les dangers cachés de l’alimentation saine ».  Apparemment, les objectifs de ce livre sont de faire connaître au  grand public les caractéristiques des lectines, leur nocivité potentielle et parallèlement offrir un programme santé incluant une diète anti-lectine soutenue par une variété de suppléments élaborés par l’auteur, afin de « soi-disant » corriger l’ensemble des graves problèmes de santé chroniques.

Ce livre a connu un énorme succès dû probablement au fait qu’à priori, il n’existe pas de livre grand public ayant établi un lien de cause à effet entre les lectines et les maladies chroniques.  C’est donc  avec intérêt et curiosité que j’ai accepté en août 2018 d’analyser le livre du Dr Gundry afin de répondre aux interrogations de mes lecteurs quant à la fiabilité et à la pertinence  de cet ouvrage.  Il faut dire que l’auteur constitue un phénomène en soi car il s’agit d’un médecin, qui après avoir  pratiqué pendant seize ans comme professeur et chirurgien spécialiste en cardiothoracique, aurait fondé un institut privé pour réorienter sa pratique médicale afin de traiter les pathologies chroniques par le biais de l’alimentation.

Dès que j’ai pris connaissance de l’introduction et de la première partie de l’ouvrage du Dr Gundry,  j’ai compris que répondre à la question de mes lecteurs avec pertinence, rigueur et objectivité,  tout en évitant la complaisance, s’avèrerait beaucoup plus complexe et exigeant que je ne l’avais prévu.  Ceci parce que le livre du Dr Gundry comporte de nombreuses affirmations non documentées qui sont souvent pour le moins questionnables,  que la bibliographie de la version française est pour le moins brouillonne et que même celle de la version anglaise comporte plusieurs erreurs.  Démêler cet imbroglio exigeait de se référer à la version anglaise, qui avait ses propres problèmes, ce qui a nécessité un long et fastidieux travail, y compris la lecture de nombreux articles de référence.  Ceci  a eu comme conséquence que  j’ai  dû interrompre le travail parce qu’à cette époque (2018-19), j’avais commencé à souffrir d’un problème important de vision qui s’aggravait en fonction du temps passé sur mon ordinateur.

Parce que maintenant mon problème de vision a été corrigé en grande partie par une chirurgie et le port de lunettes adaptées et que mes lecteurs recommencent à me questionner à propos de la fiabilité des recommandations du Dr Gundry,  j’ai décidé de remplir ma promesse même s’il s’agit d’un travail particulièrement  exigeant et déstabilisant comme vous pourrez le constater…

Le travail d’analyse a consisté  à cibler et à discuter certaines des nombreuses « particularités »  du livre du Dr Gundry qui  m’ont parues devoir être questionnées de façon prioritaire.  

Durant la lecture du livre du Dr Gundry,  j’ai noté de nombreuses affirmations «douteuses » qui n’étaient appuyées sur aucune référence ou qui étaient contredites par des travaux scientifiques, comme par exemple :  « la fermentation du levain  détruit le gluten » (expérimentalement, il est pourtant démontré que la fermentation du levain ne détruit pas complètement le gluten (ref. 1));  ou encore « 94% des humains naissent avec des anticorps à la lectine de l’arachide » (une telle affirmation, éloignée des données scientifiques probantes à ce sujet ( 2) aurait exigé une référence).  Pour simplifier mon approche et être en mesure de  finaliser le travail en fonction d’une échéance prévisible,  j’ai décidé de limiter mon analyse  à  dix argumentations qui mettent l’accent sur le côté paradoxal du livre du Dr Grundy.

S’il est incontestable que les lectines végétales sont potentiellement nocives,  leurs traitements culinaires développés au cours de l’histoire humaine, permettent à la grande majorité des individus de les consommer sans danger et avec de grands bénéfices.  Le livre du Dr Grundy, malgré ses défauts, fait œuvre utile en mettant l’accent sur les modes de préparation culinaires des lectines,  qui cependant même après traitements, peuvent demeurer nocives pour une minorité d’individus difficile à évaluer (1 à 20% ?). Quant aux suppléments proposés par le Dr Grundy, il est impossible d’évaluer leurs pertinences  face à une apparence de conflits d’intérêts et de certaines affirmations de ce dernier qui laissent planer un doute quant à la profondeur de ses connaissances dans ce domaine.

1) Dès l’introduction, le Dr Gundry affirme tout-à-fait gratuitement que tous les régimes alimentaires quels qu’ils soient, faibles en sucre, en graisse, à indice glycémique faible, y compris le régime Paléo et bien d’autres  se sont tous avérés inutiles et impossibles à suivre.  Cette affirmation est totalement gratuite et contraire à la réalité que vivent des milliers de personnes, qui grâce au travail acharné  de nombreux scientifiques et/ou de professionnels de la santé, suivent des diètes anti-inflammatoires qui leur ont permis de mettre en rémission leurs maladies inflammatoires chroniques ou tout au moins d’améliorer de  façon importante leur qualité de vie,  qu’il s’agisse de maladies arthritiques, neurologiques, métaboliques, ou autres.  Il est question ici de diètes anti-inflammatoires qui présentent  des bases communes ainsi que  certaines particularités propres à chacune des diètes développées, que ce soit  par le Dr Jean Seignalet,  la Dre Natasha Campbell-McBride, la Dre Catherine Serfaty-Lacrosnière, la Dre Martha Herbert,  le Dr David Perlmutter  et le Dr Dale Bresesen, pour se limiter à quelques-unes d’entre elles. Que le Dr Gundry se permette de qualifier d’inutile et d’impossible à suivre toute diète qui diffère de la sienne prouve simplement son ignorance et/ou sa mauvaise foi.

2) Ce n’est pas anodin si le Dr Gundry, dès l’introduction de son livre et parce que cela sert son propos quant à la dangerosité des lectines, se permet d’affirmer gratuitement, sans apporter aucune preuve à l’appui, que le gluten et même un de ses constituants, la  gliadine alpha, est une lectine, alors que cette affirmation est contredite par des articles scientifiques analytiques très convaincants (3,4). En classant le gluten  dans la grande famille des lectines, le Dr Gundry tente d’associer les propriétés pro-inflammatoires notoires du gluten aux lectines, dans le but de légitimer l’importance de suivre sa diète anti-lectine associée à ses suppléments pour traiter efficacement les maladies chroniques.

3) Lorsque le Dr Gundry discute de surpoids, il va jusqu’à affirmer que les « experts » de la santé ont tort de pointer du doigt notre paresse (manque d’exercice), notre dépendance à la malbouffe (aliments ultra-transformés), notre consommation de boissons trop riches en sirop de maïs à forte teneur en fructose, ou la présence de toxines (pesticides, pollution) dans notre environnement, comme origines possibles de beaucoup de nos maux actuels.  Cette affirmation du Dr Gundry n’est soutenue par aucun article scientifique indépendant. Par contre de nombreux articles scientifiques publiés dans des journaux scientifiques de hauts calibres (5-13) ont  clairement démontré la présence de liens étroits entre le développement des maladies chroniques et la malbouffe, les boissons sucrés au sirop de maïs, le manque d’exercice et la présence de pesticide dans notre alimentation, contrairement à ce qu’affirme le Dr Gundry.

4)  Pour le Dr Gundry,  la véritable cause de l’ensemble des maladies chroniques, y compris les maladies neurodégénératives sont les protéines végétales appelées lectines. Encore une fois, le Dr Gundry  ne cite à l’appui de cette affirmation étonnante aucun article scientifique si ce n’est ses deux résumés dont il est question au no 5 suivant.

5) À la lecture du livre du Dr Gundry, on se bute à un manque de transparence et d’allégations qui prêtent à confusion  à savoir  « quand et comment »  a débuté l’expertise du Dr Gundry dans le développement d’une diète anti-lectine associée à  celle des suppléments qu’il a créés pour traiter « avec succès » les maladies chroniques.  Par exemple, sur la quatrième de couverture du livre ( la dernière page extérieure du livre), il est mentionné que le Dr Gundry est l’auteur de plus de 300 articles publiés dans des revues scientifiques de référence, lesquels articles sont « consacrés aux conséquences des régimes et des compléments alimentaires pour  le traitement des problèmes cardiaques, des diabètes et des maladies auto-immunes ».  D’après les recherches effectuées sur https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/ (site où on recense tous les articles scientifiques reconnus comme tels en langue anglaise),  il apparaît que le Dr Gundry a  publié entre 1980 et 2018, non pas 300 articles, mais 137 articles scientifiques, lesquels articles ont tous pour sujet des travaux en rapport avec le traitement généralement chirurgical des maladies cardiaques mais  aucun de ces articles ne mentionne ni ne discute  de diète alimentaire que ce soit avec ou sans lectine ou suppléments alimentaires contrairement à ce qui est affirmé sur la dite page 4.  De plus,  à la p. 13 (version française) et à la p. XV (version anglaise), le Dr Gundry affirme que ses découvertes (sous-entendu à propos de sa diète sans lectine avec suppléments) sont le fruit des 15 dernières années (soit à partir de 2002, l’année de la fondation de son institut).  Comme le premier livre de vulgarisation du Dr Gundry  concernant l’alimentation, qui a pour titre  « Dr Gundry diet evolution »,  a été publié en 2008, il est étonnant qu’il n’y soit pas encore question  à cette époque d’une diète sans lectine associée à des compléments. Ce n’est qu’à partir de 2013 que le Dr Gundry présente pour la première fois, à ma connaissance, ses travaux à propos de sa diète sans lectine associée à des suppléments.  Quand il affirme avoir présenté ses  découvertes lors de prestigieuses conférences académiques médicales et que ses travaux ont été publiés  dans des journaux médicaux revus par des pairs, il faut préciser que dans les faits,  il s’agit uniquement de simples résumés présentés sous forme d’affiches (poster abstract presentation) en  2013 (Abstract 137) et en 2015 (Abstract 309). Un autre résumé (Abstract P238) a été présenté en 2018.  Il faut savoir que par essence un résumé (Abstract) est une publication scientifique incomplète, tant au point de vue méthodologique que des résultats; en fait, on publie un résumé afin de présenter des résultats préliminaires, qui éventuellement lorsqu’ils seront complétés pourront être publiés avec toutes les informations indispensables à la reproduction des résultats (ce qui est très important pour valider les résultats obtenus); si la  revue scientifique à laquelle l’article a été soumis est accepté par un comité de pairs pour publication.  On peut se demander pourquoi le Dr Gundry n’a  publié que des « Abstracts » à propos de sa diète anti-lectine alors que selon ses dires, sa diète serait la seule capable de réparer les intestins endommagés et d’alimenter convenablement le microbiome des patients atteints de maladies chroniques.

6) Je dois dire que le nombre stupéfiant d’erreurs dans la liste des références bibliographiques de la version française  a constitué un irritant majeur ainsi qu’un frein important lors de la  lecture du livre.   Par exemple dans la liste des références de la partie no 1 de la version française,  seules les 4 premières références sur un total de 25 références correspondent aux numéros exacts des articles référés.  De plus, dans cette même partie no  1 de la version anglaise,  il y a  six références qui n’ont pas été numérotées.  Malheureusement pour le lecteur,  le type d’erreurs mentionnées à propos de la partie no 1 a été répété dans la majorité des autres parties de la version française et anglaise.  De telles erreurs ont grandement compliqué la tâche de juger de la pertinence des références citées car même lorsque le numéro de la référence citée était  exact, il est arrivé régulièrement que la référence ne soit pas pertinente : par exemple au chapitre 8, ref. 4,  ligne 8, p.224 de la version française, alors que le Dr Gundry affirmait que la consommation de pois en boîte, en raison de la présence de lectines, contribue avec le biphénol A (présent dans le recouvrement interne des boîtes de conserve) à  augmenter  la pression sanguine,  il n’était  aucunement question dans l’article cité de pois ni de lectine.

7) L’auteur a démontré un manque d’objectivité en exagérant les aspects négatifs des légumineuses, tout en insistant peu sur leurs bienfaits et cela jusqu’à faire oublier par moments, que lorsque cuisinés conformément aux bonnes pratiques culinaires, les légumineuses ont énormément d’avantages positifs sur la santé de la majorité des individus.  En lisant le livre, il est facile d’oublier que seule une minorité d’individus doit éviter les lectines, et pas nécessairement toutes les lectines dépendamment des individus, lorsque celles-ci sont cuisinées adéquatement.

8) Alors que le Dr Gundry déclare être devenu un expert reconnu du microbiome humain, il prêche la nécessité d’éliminer toutes les fibres céréalières et les fruits contrairement aux  découvertes issues des nouvelles techniques de la  métagénomique microbienne qui démontrent  l’importance essentielle des différentes  fibres alimentaires dans le maintien de  l’équilibre du microbiome intestinal, lequel  influence de manière prioritaire  la santé globale des individus. Les référence à ce sujet sont multiples, dont celles présentées dans mon livre intitulé « Une alimentation ciblée pour préserver ou retrouver la santé de l’intestin ».

9) De nombreuses études scientifiques ont démontré  que le fructose, contenu dans les fruits  n’induit pas d’effets secondaires, comme c’est le cas avec le fructose contenu dans les aliments transformés, car la richesse des fruits  en fibres, en polyphénols, en antioxydants, en vitamines  et minéraux  contrecarrent les effets négatifs potentiels du fructose. Il semble que le Dr  Gundry ne sait pas faire la différence entre le fructose consommé  dans un fruit entier et le fructose industriel, tel le sirop de maïs que l’on retrouve dans les aliments transformés par l’industrie (boissons gazeuses, pâtisseries, barres de chocolat, etc); c’est pourquoi il affirme: « En parlant de fruits, le fructose est l’une des causes principales des problèmes rénaux… »; une fois qu’il a établi le lien fruit-fructose, le Dr Gundry laisse entendre que le fructose des fruits « fait monter la tension, provoque la goutte et endommage le système de filtration de vos reins » appliquant alors aux fruits les méfaits causés par les aliments industriels contenant du fructose sous forme de sirop de maïs. Une revue de question récente démontre bien l’intérêt des légumes et des fruits (avec l’exclusion des céréales raffinées)  pour contrer les maladies chroniques du rein (14).

10)  On ne peut ignorer  l’apparence de conflits d’intérêts susceptibles d’enlever de la crédibilité aux recommandations de l’auteur lorsque l’on constate  avec quel opportunisme mercantile décomplexé, l’auteur fait la promotion des compléments très lucratifs qu’il a développés dans son institut.  Que le Dr Gundry conseille de prendre  5000 UI et même 10 000 UI de vitamine D quotidiennement,  sans condition, et qu’il affirme douter que la vitamine D puisse être toxique prouve simplement que ce dernier ne possède pas une connaissance  fiable concernant les dangers de cette vitamine,  particulièrement chez les gens âgés.  Si le sujet de la vitamine D vous  intéresse, lire p. 125-133 (avec références à l’appui) « Une alimentation ciblée pour préserver ou retrouver la santé de l’intestin».

Conclusion

Bien que le livre du Dr Gundry ne soit pas sans intérêt, il faut convenir que la gravité des faiblesses inhérentes à son livre, le manque de rigueur intellectuelle et  d’objectivité affectent grandement  la crédibilité et les recommandations que l’on retrouve dans le livre du Dr  Gundry.

Ne pas oublier que différents facteurs peuvent modifier notre seuil de tolérance envers une protéine alimentaire tels : une prédisposition génétique, l’âge, l’âge lors du premier contact avec l’antigène alimentaire, la fréquence de l’ingestion, la quantité ingérée,  la biodiversité et l’équilibre de notre microbiome,  l’intégrité de notre muqueuse intestinale et de notre système immunitaire.  Un état santé optimal va être influencé par la consommation majoritaire d’aliments frais et vivants, l’apport suffisant de nutriments anti-oxydants (fruits, légumes, épices), d’acides gras de type oméga-3, la pratique d’une activité physique modérée mais quotidienne et une meilleure gestion du stress.

Pour terminer, je vous conseille fortement la lecture de l’excellent article intitulé « Les anti-nutriments ou la face cachée des aliments d’origine végétale » publié en 2016 par Gilles Corjon, un docteur en pharmacie qui pratique et enseigne l’herboristerie depuis des dizaines d’années : https://www.acteur-nature.com/articles-divers-sur-le-monde-du-bio-et-du-naturel/les-anti-nutriments-ou-la-face-cachee-des-aliments-dorigine-vegetale.html  

Liste des références :

1) Engström N, Sandberg AS, Scheers N.  Sourdough fermentation of wheat flour does not prevent the interaction of transglutaminase 2 with α2-gliadin or gluten. Nutrients. 2015 Mar 25;7(4):2134-44. doi: 10.3390/nu7042134.

2) Vojdani A. Immune reactivities to peanut proteins, agglutinins, and oleosins. Altern Ther Health Med. 2015;21 Suppl 1:73-9.

3) Rühlmann J, Sinha P, Hansen G, Tauber R, Köttgen E. Studies on the aetiology of coeliac disease: no evidence for lectin-like components in wheat gluten. Biochim Biophys Acta. 1993 Jun 19;1181(3):249-56.

4) Paolella G, Lepretti M, Martucciello S et al., The toxic alpha-gliadin peptide 31-43 enters cells without a surface membrane receptor. Cell Biol Int. 2018 Jan;42(1):112-120. doi: 10.1002/cbin.10874. Epub 2017 Oct 9.

5) Fiolet T, Srour B, Sellem L, et al., Consumption of ultra-processed foods and cancer risk: results from NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2018 Feb 14;360:k322. doi: 10.1136/bmj.k322.                                                                                                                     (Dans cette grande étude prospective (104,980 participants, âge médian 42.8 ans), une augmentation de 10% de la proportion d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation était associée à une augmentation significative de plus de 10% des risques de cancers variés et de cancers du sein.)

 

6) Srour B, Fezeu LK, Kesse-Guyot E, et al., Ultra-processed food intake and risk of cardiovascular disease: prospective cohort study (NutriNet-Santé). BMJ. 2019 May 29;365:l1451. doi: 10.1136/bmj.l1451.

(Dans cette grande étude prospective (105 159 participants âgés d’au moins 18 ans) une forte consommation d’aliments ultra-transformés a été associée à des risques élevés de maladies cardio-vasculaires, coronariennes et cérébrovasculaires.)

7) Srour B, Fezeu LK, Kesse-Guyot E, et al., Ultraprocessed Food Consumption and Risk of Type 2 Diabetes Among Participants of the NutriNet-Santé Prospective Cohort.  JAMA Intern Med. 2019 Dec 16. doi: 10.1001/jamainternmed.2019.5942. [Epub ahead of print]

8) Schnabel L, Kesse-Guyot E, Allès B, Touvier M. et al., Association Between Ultraprocessed Food Consumption and Risk of Mortality Among Middle-aged Adults in France. JAMA Intern Med. 2019 Apr 1;179(4):490-498. doi: 10.1001/jamainternmed.2018.7289.

 

9) Hu FB, Malik VS. Sugar-sweetened beverages and risk of obesity and type 2 diabetes: epidemiologic evidence. Physiol Behav. 2010 Apr 26;100(1):47-54. doi: 10.1016/j.physbeh.2010.01.036. Epub 2010 Feb 6.

10) Patterson ME, Yee JK, Wahjudi P. et al.,  Acute metabolic responses to high fructose corn syrup ingestion in adolescents with overweight/obesity and diabetes. J Nutr Intermed Metab. 2018 Dec;14:1-7. doi: 10.1016/j.jnim.2018.08.004

11) Van Bruggen AHC, He MM, Shin K. et al.,  Environmental and health effects of the herbicide glyphosate. Sci Total Environ. 2018 Mar;616-617:255-268. doi: 10.1016/j.scitotenv.2017.10.309. Epub 2017 Nov 5. Review.

12) Yuan X, Pan Z, Jin C. et al.,  Gut microbiota: An underestimated and unintended recipient for pesticide-induced toxicity.  Chemosphere. 2019 Jul; 227:425-434. doi: 10.1016/j.chemosphere.2019.04.088. Epub 2019 Apr 13. Review.

13) Iszatt N, Janssen S, Lenters V. et al.,  Environmental toxicants in breast milk of Norwegian mothers and gut bacteria composition and metabolites in their infants at 1 month. Microbiome. 2019 Feb 27;7(1):34. doi: 10.1186/s40168-019-0645-2.

14) Cases A, Cigarrán-Guldrís S, Mas S, Gonzalez-Parra E. Vegetable-Based Diets for Chronic Kidney Disease? It Is Time to Reconsider. Nutrients. 2019 Jun 4;11(6). pii: E1263. doi: 10.3390/nu11061263. Review.

 

 

 

 

 

 

 

17 Commentaires

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17 réponses à “La critique promise: « Le livre du Dr Gundry, un paradoxe en soi? »

  1. Edith

    Cette inquiétude par rapport aux lectines entre en corrélation avec la nouvelle tendance pour des diètes telles que la diète carnivore, qui exclue tous produits qui ne sont pas d’origine animale. Merci beaucoup Madame Lagacé pour votre analyse approfondie et pertinente, c’est rafraîchissant de pouvoir se reposer sur des certitudes! Il y a des manquements clairs de données scientifiques pour supporter le rejet total de toutes lectines dans l’alimentation. Toutefois, je dois dire que même de facon experientielle et intuitive j’ai moi-même été amenée vers une réduction des lectines ( et acide oxalique dans mon cas) dans mon alimentation car l’alimentation hypotoxique, bien que miraculeuse dans l’amélioration de mes symptômes de fibromyalgie et de fatigue chronique, ne me soulageais pas de tous mes symptômes. Il semblerait que dans un soucis de santé, j’ai beaucoup augmenté ma consommation de végétaux au courant des dernières années , par période de temps une diète à tendance végétarienne et parfois végétalienne, des jus frais, la consommation de suppléments, d’herbes médicinales, de beaucoup de verdures également sauvages riches en anti-nutriments tout en ayant une consommation réduite en gras, proteines. À la longue et à ma grande surprise, j’ai développé une intolérance à plusieurs plantes, à l’acide oxalique et aux végétaux. Quand je mange des épinards sur plusieurs jours, j’ai des brûlements douloureux dans les articulations. Quand je mange des feuilles de pissenlit, de l’ortie, et autre, je suis au lit deux jours à cause de la fatigue et j’ai du mal à évacuer l’urine. Je n’ai aucun problème au reins diagnostiqué. Je ne tolère plus les tisanes de thym ou de romarin dont j’ai usé presque chaque jour l’hiver sur plus de 3 ans. Les plantes qui soulageaient ma douleur telles que la scutellaire, le bouleau ( acide salicylique), la griffe du diable, me donnent maintenant des crises de douleur épouvantables au point de ne pas dormir de la nuit. La roquette me donne également des crises de douleurs immédiates. Et ainsi de suite pour plusieurs végétaux, et non seulement les lectines mais plusieurs anti nutriments sont concernés. Lorsque j’ai tenté la régime carnivore, ce qui n’est pas anodin car étant éthiquement porté vers la consommation très sobre de viande c’était la dernière chose dont j’avais envie, j’ai eu la grande surprise de voir tout symptôme digestif cesser. Ma digestion était sublime, en fait pour la première fois de ma vie je n’avais aucun sentiment dans mon estomac, complètement tranquille. Fini le syndrome du côlon irritable. Mon anxiété a complètement disparu, ainsi que les montagnes russes d’énergie. Avec surprise j’ai également remarqué que mon choc post traumatique et ses effet avait pratiquement disparu. Je ne trouve pas que ce type d’alimentation est soutenable à long terme, mais il y a véritablement quelques solutions là. Certaines choses n’ont pas été adressées pour moi avec le régime hypotoxique, telles que cette sensibilité aux végétaux et suppléments, et il a été long et fastidieux de trouver des solutions. Également, le besoin de mon corps d’avoir plus de gras et de protéines animales pour enfin avoir le sentiment de satiété et permettre à mon intestin de se réparer. La consommation suffisante de cholestérol sain pour nourrir les fibres nerveuses de mon système nerveux et favoriser la production de myéline qui participe dans la création de nouvelles connections neuronales. Pour moi, l’alimentation hypotoxique était une première étape pour arrêter d’agresser mon système et lui permettre de se détoxifier. Mais étant donné de longues années précédentes où j’ignorais être en malnutrition et en manque de gras, protéines, b12, et autre, le besoin était là pour une alimentation plus riche qui allait aider à reconstruire mes intestins et mon système nerveux. Ayant été athlète longtemps et ayant encore des tendances athlétiques malgré la maladie, j’ai donc besoin d’une nutrition plus abondante.

    Madame Lagacé, excepté la présence d’antinutriments, savez-vous ce qui peut causer une cascade de nouvelles intolérances alimentaires? Au cours des dernières années, j’ai développé des intolérances à plusieurs aliments; graines de lin et de chia, gomme de guar et xanthane, mucilages tels que mauve, aloes, sarrasin, vinaigres et levures, poivrons, aubergines, pois cassés, bok choy…. Et la liste continue… Je fais fréquemment des réactions de fatigue ou de douleur ou de problèmes de peau à plusieurs aliments auxquels je ne suis pas encore intolérante, comme les agrumes, le sirop d’érable et le miel, le chocolat, le cacao, les mûres, le thé, ect. Je ne m’explique pas pourquoi c’est rendu aussi difficile de m’alimenter. J’ai toujours été très ouverte à tous les aliments. Des idées?

    En tous les cas, merci infiniment pour votre colossal travail, qui au moment où je l’ai découvert a véritablement été un miracle pour moi, et son infatiguable continuation! Du fond du coeur, merci.

    • Jacqueline

      Malgré tous mes efforts pour mieux saisir le pourquoi et le comment des multiples intolérances,ou cascades d’intolérances comme vous dites si bien, je n’ai toujours pas trouvé de réponses à cette question.
      Par contre, j’ai été interpelé par l’expérience que Kim Thuy qui a raconté qu’avant de quitter le Vietnam, elle était intolérante à énormément d’aliments et même au soleil, si je me souviens bien. Suite à la fuite en mer dans des conditions pratiquement insoutenables, toutes ses intolérances ont disparu définitivement.
      Comme nos sentiments, nos expériences etc influencent notre physiologie, je me questionne à savoir si l’hypnotisme pratiqué par des professionnels formés de façon pertinente pourrait peut-être aider à résoudre ce genre de problème. Je pense que ce genre d’études pourrait peut-être apporter des solutions.

    • Romuald

      Bonjour Edith, je crois que j’ai une réponse à vos questions.
      L’intolérance à un aliment peut se développer par la consommation excessive, de façon addictive, du même produit alimentaire. Pour l’éviter, il faut espacer la consommation de l’aliment incriminé de 4 à 7 jour, ou même davantage, si l’intolérance est forte et installée depuis longtemps. Pour se désensibiliser vous pouvez appliquer une règle pratiquée par les médecins allergologues, qui trouvent que la réaction d’intolérance s’estompe généralement au bout de 72 heures.
      Notre santé est ancrée dans nos intestins. Les intestins, avec ses villosités et microvillosités et les bactéries qui y vivent, constituent en quelque sorte nos racines par lesquelles nous absorbons les nutriments, à l’instar de racines des arbres.
      Chaque intolérance alimentaire est certainement liée à l’état « fuyant » des intestins et au dysfonctionnement du système digestif. Si vous voulez jouir d’une excellente santé, vous devriez d’abord guérir vos intestins et retrouver le fonctionnement normal de votre système digestif (l’estomac et son acidité, le pancréas et ses enzymes, le foie et la sécrétion des sels biliaires).
      Un des principes d’alimentation saine, consiste à éviter la routine alimentaire. Nous devrons manger de façon varié, en pratiquant l’intermittence : le même type d’aliment ne devrait être consommé que tous les 3 à 7 jours. Simplifier vos repas : manger un seul type de protéine par repas, et de préférence (si l’on veut guérir se troubles de santé) un seul type de protéine dans la journée ; par exemple 2 fois par semaine manger que des œufs, ou bien que du poisson (une seule variété dans la journée), une journée que de volaille, etc.
      Romuald

    • Jacqueline

      Romuald est de façon générale de bon conseil, mais la partie en italique est à mon avis inutile car impraticable pour la plupart d’entre nous.

  2. PAUL COUTU

    Bonjour Jacqueline

    Votre travail de recherche et d’évaluation est vraiment impressionnant. Vous y avez mis tellement d’énergie et de professionnalisme surtout dans des circonstances difficiles pour vous. J’ai vu des critiques semblables aux vôtres par un médecin américain. J’ai lu tous les livres de Grundy mais seulement en anglais et il semble y avoir des nuances importantes entre les deux versions. Jamais, en revanche, je n’ai été tenté d’acheter ses produits.

    Vous nous démontrez bien que c’est très difficile de trouver un excellent livre sur la nutrition.

    Merci
    Paul Coutu.

  3. Michee Proulx

    Vous êtes une Championne. Merci

  4. Carole Hamel

    WoW merci infiniment pour cette étude, nous apprécions grandement votre expertise et vos commentaires❗️
    Merci de consacrer encore de votre temps pour nous soutenir dans notre quête du mieux-être. Gratitudes…

  5. Article très intéressant, un travail impressionnant, merci d’avoir consacré votre précieux temps pour nous éclairer sur le livre du Dr Gundry, merci de prendre soin de nous.

    • Jacqueline

      Je profite de l’occasion pour remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de me remercier pour le temps que j’ai consacré à préparer cet article, qui je l’espère leur sera utile; d’un autre côté, je considère que c’est un privilège de pouvoir continuer à aider mes semblables même à un âge avancé.

  6. Martine Benoit

    Article très intéressant, un travail énorme, merci du temps que vous nous avez donné, en prenant beaucoup de votre temps et en y laissant un peu de votre santé.

  7. Anne-Marie Gill

    Je vous remercie de votre article et de la référence au texte de Gilles Corjon. Concernant les végétaux, et les OMG, ne faut-il pas s’interroger sur les OMG qui visent généralement à augmenter les défenses naturelles des végétaux face à leurs prédateurs, augmentant ainsi, assurément dans certains cas, la teneur de ces végétaux en «anti-nutriments». Une autre raison majeure pour s’alimenter en végétaux biologiques, non?

    • Jacqueline

      Une chose est certaine, consommer le plus possible des aliments biologiques favorise une bonne santé.

  8. Rejane

    MERCI Madame Lagacé pour cet investissement de votre précieux temps. J’apprécie particulièrement votre intégrité.

  9. Bourouba

    Merci Jacqueline d’avoir pris tout ce temps et d’avoir mis autant d’attention pour nous offrir ces judicieux commentaires.

  10. lorraine mackay

    Ayant lu ce livre il y a quelques semaines, j’espérais votre critique. Quelle rigueur dans cette dernière! Il fallait une excellente scientifique comme vous pour déceler toutes les failles et vérifier toutes les sources. Merci d’avoir pris le temps de nous éclairer, malgré vos problèmes de santé. J’espère que tout va pour le mieux. Merci encore!

  11. Merci de prendre votre temps à faire ces recherches, vous n’avez pas idée à quel point, elles m’aident dans mon travail de naturopathie. Effectivement, je suis d’accord que Dr Gundry a une approche de type qui enlève de la crédibilité à l’approche! Je suis totalement d’accord avec cet argument surtout pour la gamme de suppléments suggérés. J’ai travaillé avec un cas particulier de sclérose en plaques ou la participante a appliqué l’alimentation hypotoxique, a ajouté beaucoup de légumes cuits et crus à son alimentation. Ensuite, lorsqu’elle a enlevé toutes les lectines, elle a pu gérer sa maladie. Il y a donc définitivement une corrélation pour certaines personnes j’en consens.  Merci pour vos recherches.

  12. Nicole Paradis

    Bonjour Jacqueline, je vous remercie infiniment de toute cette évaluation ardue que vous vous êtes imposée afin de nous tenir informés. Je vous avoue que la publicité faite avec et autour du Dr. Gundry me chicotait. J’ai beaucoup de réticences avec des gens qui te mettent en garde contre quelque chose et par ricochait te vendent leurs produits supposément miraculeux. Je me pose toujours la question, est-ce exact? Suis-je en train de passer à côté de la bonne chose? Je suis heureuse de vous suivre et de suivre l’évolution que nous avons la possibilité de faire tous et chacun en ce qui à trait à notre santé. Continuez votre bon travail et merci de me faciliter ce cheminement vers un mieux être.
    Nicole.

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