Les traitements de médecine complémentaire pour soigner les cystites récidivantes

Les traitements de médecine complémentaire (Santé intégrative) pour soigner le syndrome de la vessie douloureuse (SVD) ou cystite interstitielle réfractaire aux thérapies de la médecine conventionnelle.

N.B. : la médecine complémentaire repose sur une approche globale de la personne et de son mode de vie, alliant prévention et soins individualisés.

La première démarche des thérapeutes en médecine alternative et complémentaire est de s’intéresser à l’histoire du patient et à son mode de vie. La diète du patient a une importance particulière en raison de l’influence primordiale de cette dernière sur le maintien de l’équilibre du microbiome intestinal et de son impact sur la santé globale et le comportement.

Application d’une diète anti-inflammatoire ciblée (diète hypotoxique) pour lutter contre le SVD

Une diète anti-inflammatoire constitue la première étape à respecter pour prévenir et lutter contre les maladies inflammatoires chroniques. Les personnes atteintes du SVD ont vraiment intérêt à respecter une telle diète en raison de l’inflammation systémique de leur système urinaire. Il s’agit donc d’éliminer les aliments pro-inflammatoires suivants :
1) tous les sucres raffinés
2) toutes les céréales qui contiennent du gluten
3) tous les produits laitiers d’origine animale
4) les excès de viandes, principalement de viandes rouges. Il est préconisé de cuire la viande à moins 110°C pour éviter le plus possible la formation de glycotoxines, qui sont des molécules fortement pro-inflammatoires résultant de la réaction de Maillard.
5) les aliments industriels ultra-transformés (aliments raffinés, riches en sucre, en sel, en glycotoxines et contenant des édulcorants, des colorants, des produits chimiques dont des pesticides et des aliments issus de cultures OGM, nécessairement exposés à de grandes quantités de Round up. Exemples les plus courants : pains faits de farines raffinées, pâtisseries industrielles, boissons gazeuses y compris les boissons diètes, jus industriels, bonbons, pizza, etc.

En plus de respecter une diète anti-inflammatoire, les individus atteints du SVD auraient intérêt à éviter les aliments irritants suivants :
Tous les sucres ajoutés, même ceux qualifiés de sucre bruts normalement permis dans la diète anti-inflammatoire (genre Sucanat, sirop d’érable, miel, etc) car le sucre favorise de façon importante une exacerbation de la croissance des levures, phénomène très fréquent chez les SVD. De plus, les patients SVD auraient avantage à éliminer les aliments qui sont classés comme des irritants pour la vessie : café, thé (le thé vert fait exception selon certains auteurs car il n’est pas identifié comme irritant), alcool, fruits acides (le citron dépendamment de l’individu car les réactions diffèrent face à ce fruit), chocolat, vinaigre, tomates (sauce tomate, ketchup) asperges, artichauts et les mets épicés, les épices telles curry, cumin, piment, poivre de cayenne, les édulcorants (aspartame et autres). Même si on encourage souvent la prise de canneberges et/ou de jus de canneberges pour traiter le SVD, il semble que ce ne soit pas nécessairement une bonne idée car l’acidité de ce fruit peut causer des problèmes à la muqueuse fragile de certains patients SVD.
Lorsque votre système urinaire aura recouvré la santé, en fait que vous serez en rémission, l’écoute des réactions de votre corps vous renseignera peu à peu sur les aliments que vous pouvez consommer sans problème, ceux que vous pourrez consommer occasionnellement et ceux que vous devrez éliminer définitivement. Si vous voulez éviter les récidives, dans la plupart des cas, vous devriez éviter les aliments proscrits par la diète anti-inflammatoire hypotoxique (même si vous pouvez, selon vos sensibilités propres, vous permettre quelques écarts). En ce qui concerne la liste des aliments à éviter parce qu’ils sont irritant pour une vessie enflammée, seules vos expériences personnelles vous permettront de faire les bons choix à moyen et à long terme.

Plusieurs approches alternatives de Santé intégrative, autres que la diète, ont fait la preuve qu’elles peuvent apporter des solutions thérapeutiques efficaces pour les patients SVD réfractaires aux thérapies médicales conventionnelles.

Comme le syndrome de la vessie douloureuse est un phénomène multifactoriel, qui peut différer selon les individus, il est indiqué de traiter cette pathologie avec différentes approches de santé intégrative tout en tenant compte des particularités individuelles.

Les thérapies physiques de manipulation (physiothérapie, ostéopathie, chiropratique, massage thérapeutique)

Les thérapies physiques typiques pour le traitement des SVD mettent l’emphase sur le plancher pelvien, les hanches, le dos et les muscles abdominaux. Elles impliquent généralement la manipulation des fascias du plancher pelvien et des muscles mais aussi des viscères, des nerfs et des artères en ce qui concerne l’ostéopathie.

La chiropratique ou chiropraxie, est une pratique médicale et manuelle basée sur la manipulation des différentes parties du corps humain et plus particulièrement de la colonne vertébrale.

La physiothérapie est une discipline de la santé intervenant au niveau de la prévention et promotion de la santé, de l’évaluation, du diagnostic, du traitement et de la réadaptation des déficiences et incapacités touchant les systèmes neurologique, musculo-squelettique et cardiorespiratoire de la personne (OPPQ).

L’ostéopathie est une approche manuelle dont l’objectif est de rétablir la fonctionnalité des structures et des systèmes du corps humain afin d’optimiser sa capacité d’autorégulation. Cette pratique est basée sur des connaissances approfondies des sciences de la santé et des interactions propres à l’équilibre de l’organisme. Grâce à une palpation fine et précise, une évaluation complète et globale permet d’investiguer la cause des dysfonctions neuro-musculo-squelettiques, viscérales et crâniennes (Ostéopathie Québec).

L’évaluation objective est pelvienne et musculo-squelettique. On recherche les changements de sensation cutanée pour repérer des anomalies sensorielles au périnée, bassin et abdomen. On utilise la palpation externe pour déceler les points gâchette des muscles du plancher pelvien, du bassin externe, des abdominaux et des muscles para-vertébraux.
du plancher pelvien, des parois abdominales ou des muscles du dos, ainsi que ceux qui ont suivi un déconditionnement significatif résultant de pratiques d’évitement de la douleur (39).

Manipulation des points déclencheurs de la douleur

Les points déclencheurs de la douleur sont des régions précises et hypersensibles à la douleur, situées à l’intérieur des muscles; ils sont fréquemment localisés dans les parois abdominales ou dans les muscles du plancher pelvien, chez les patients SVD dont la source de la douleur est d’origine viscérale (40). Ce sont des nodules palpables qui sont très douloureuses lors de palpations fermes et qui sont à la fois associées aux douleurs ressenties, à des dysfonctions motrices et parfois à des symptômes en lien avec le système autonome. Ces points déclencheurs impliqueraient une dépolarisation neuromusculaire anormale et seraient une composante intégrale de la douleur myofasciale. Il y a des évidences qui indiquent que les points déclencheurs peuvent induire une amplification de la douleur impliquant le système nerveux central (39).

L’injection locale d’un anesthésique tel le lidocaine dans les points déclencheurs des muscles abdominaux, lorsque associée à des exercices d’étirement, peut diminuer la douleur pendant une année suite au traitement (41). Les patients qui sont les plus à même de bénéficier de cette thérapie sont ceux dont les points douloureux sont focalisés et relativement petits et chez qui la palpation reproduit les symptômes primaires. Dans les cas où les points déclencheurs sont mal focalisés et multiples, il est conseillé aux cliniciens d’éviter les injections dans de multiples sites chez cette dernière catégorie de patients (39).

Des exercices physiques bénéfiques pour les patients SVD

L’exercice physique peut comporter de multiples avantages : diminution du stress, de l’anxiété, de la douleur, amélioration de la qualité de vie, des fonctions physiques, de l’humeur, du sommeil ainsi que de la confiance en soi. Les activités physiques appropriées pour les patients SVD, sont la marche, la nage, les exercices aérobiques, les étirements, le yoga, les pilates, le Qigong, et le Tai Chi ou toute autre activité que le patient aime et qui correspond à ses capacités. Tous ces exercices doivent débuter lentement et être réalisés à un rythme lent car un exercice trop intense peut exacerber la douleur (39). Des études sur l’influence des exercices de relaxation et de méditation chez les patients qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques ont montré que l’exercice peut améliorer de façon significative leur qualité de vie, qui se traduit par une augmentation des capacités physiques, de meilleures réponses immunitaires, une diminution du stress et l’activation des régions spécifiques du cerveau impliquées dans la suppression de la douleur (39, 42).
Alors que le stress et le manque de sommeil favorisent une augmentation de la perméabilité intestinale et un déséquilibre du microbiome intestinal, lesquels s’accompagnent d’une augmentation de l’inflammation, l’exercice physique constitue, pour les patients qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques telle le SVD, une pratique thérapeutique bénéfique tant au point de vue de la prévention que de la mise en rémission de leur maladie chronique (43-45).

La neuromodulation

La technique de neuromodulation la plus accessible est le TENS qui implique la libération d’un courant électrique de bas voltage à l’aide d’électrodes placées sur la peau. Cette technique qui supprime la nociception (réaction défensive d’alarme) est souvent utilisée en association à des thérapies physiques et s’avère efficace pour contrôler les douleurs myofasciales et les douleurs du bas du dos. Diverses expériences de neuromodulation chez des patientes SVD, ont permis de diminuer la douleur pendant des périodes de plusieurs mois (46-48).

La thérapie cognitivo-comportementale et d’attention

Les maladies inflammatoires chroniques de longue durée entraînent souvent des comportements mal adaptés à la situation et une sensibilité exacerbée face à la douleur. La thérapie cognitivo-comportementale et d’attention cherche à expliquer et corriger les problèmes psychologiques en se centrant sur les pensées et les comportements. Ainsi, le patient apprend la contribution de ses pensées et de ses comportements à l’occasion des problèmes qu’il rencontre et il s’habitue à modifier ses pensées et ses comportements, ce qui lui permet de diminuer son anxiété et ses modes de pensées (ruminations, obsessions, inquiétudes). Ainsi, la thérapie comportementale permet aux patients SVD de mieux comprendre les mécanismes de la douleur, ce qui les aide à mieux la contrôler. Les patients qui sont le plus à même de profiter de la thérapie comportementale sont ceux qui ont une longue histoire de douleur chronique et qui rapportent des symptômes dépressifs, des problèmes de sommeil, d’évitement (travail, activités physiques, relations interpersonnelles) en raison de leur douleurs (39).

Des études ont également montré que la psychothérapie accompagnée de stimulation somatosensorielle (acupuncture, moxibustion, utilisation de ventouses) a permis de diminuer de façon significative la douleur chez les patients SVD et d’améliorer leur qualité de vie comparativement aux thérapies conventionnelles (49).
l’acupuncture

L’acupuncture est une thérapie reconnue comme efficace et elle est acceptée par les urologues depuis plusieurs années (50). Des études ont montré que l’acupuncture peut moduler les fonctions de remplissage et de vidange de la vessie (51, 52). Toutefois, il existe seulement de rares études qui démontrent l’efficacité de l’acupuncture dans les cas du SVD. Ces études indiquent que l’acupuncture peut améliorer les symptômes de la douleur de façon significative et même dans certains cas éviter les récurrences sur des périodes pouvant varier entre 3 mois et 48 mois (53, 54). Une enquête menée par Internet, auprès de 1,982 patients diagnostiqués SVD, a montré que 56.9% de ceux qui ont été traités en acupuncture ont constaté une amélioration de leur état (55).

Yannick Vartian (acupuncteur et ostéopathe spécialisé en urogynécologie) explique que selon les théories classiques de l’acupuncture, la vessie est investie par les méridiens de la vessie et du rein. Toutefois, en plus de ces méridiens, il est aussi important de considérer le foie, la rate, le petit intestin et la vésicule biliaire en raison de leur trajet, de leur méridien et de leur action énergétique pouvant influencer le SVD (56,57). Ainsi, l’acupuncture peut agir de différentes façons sur le SVD : diminuer ou éliminer les symptômes lors de périodes de crises aiguës et aborder le terrain dysfonctionnel afin d’apaiser progressivement l’irritabilité de la vessie. De plus, l’acupuncture peut travailler les tensions musculaires (ainsi que les points gachettes, Trigger Points) du bassin, des cuisses, de l’abdomen et de la région lombaire afin de diminuer les contractures musculaires réflexes et les points douloureux (58).

Les probiotiques et prébiotiques

Probiotiques

Les probiotiques sont des microorganismes vivants qui ont des effets bénéfiques sur la santé de l’hôte lorsqu’ils sont administrés en quantité adéquate. Ces organismes probiotiques doivent être sans danger pour le patient et capables de survivre à leur passage dans l’estomac (liquides gastriques) et dans l’intestin tout en maintenant leur efficacité et leur puissance jusqu’à la date d’expiration. Les organismes probiotiques les plus étudiés et utilisés appartiennent aux genres Lactobacillus et Bifidobacterium. Dans quelques études effectuées chez les humains, il a été démontré que les probiotiques peuvent améliorer le pronostic de certaines maladies mais, dans la plupart des cas, on a plutôt observé une mince amélioration ou aucun effet.

Des études ont montré que l’efficacité des probiotiques est variable et dépend non seulement de l’espèce mais également de la souche, ce qui complique leur évaluation. À titre d’exemple, ce ne sont pas toutes les souches de Lactobacillus qui sont capables de coloniser le vagin (59). Seule une meilleure connaissance des espèces microbiennes et de leurs différentes souches peuvent permettre de connaître et comprendre suffisamment leurs différentes caractéristiques et leurs effets respectifs pour permettre de les utiliser de façon efficace.
Le nombre des espèces microbiennes, qui ont la capacité de coloniser avec succès les humains, est limité puisque pour coloniser un hôte, un microorganisme doit être en mesure de reconnaître le type de récepteur qui lui est complémentaire et ce récepteur doit être exprimé par les tissus de l’hôte (60). On comprend donc pourquoi les quelques souches microbiennes présentes dans les préparations de probiotiques ont peu de chances de coloniser l’intestin humain et de s’y maintenir comparativement à la pratique de la transplantation fécale, qui comporte des milliards de microorganismes différents. Il faut préciser toutefois, que la simple présence des probiotiques dans le système digestif peut être bénéfique puisque leurs sécrétions améliorent l’environnement des probiotes à demeure.

Lorsque la science des probiotiques aura suffisamment évoluée, il sera alors possible de préparer des suspensions de probiotiques capables de reconnaître les récepteurs qui sont présents chez une majorité d’hôtes humains et/ou encore chez certaines individus. Ce genre de précédé devrait alors permettre de réensemencer les microorganismes (microbiotes) essentiels à un bon équilibre du microbiome, lesquels microorganismes peuvent avoir été éliminés en raison d’antibiothérapies intenses, de diètes inappropriées, et/ou d’infections. Ces travaux sont inspirés par les succès expérimentaux observés suite à des transplantations fécales; cette pratique a permis à des patients, qui souffraient de maladies inflammatoires chroniques et/ou auto-immunitaires, de retrouver la santé. C’est le cas également de patients qui étaient infectés chroniquement par des souches de C. difficile résistantes à tous les antibiotiques (61-64).
L’hypothèse selon laquelle certaines souches de Lactobacillus sont capables de prévenir et de traiter les infections urinaires récurrentes est maintenant supportée par une méta-analyse publiée en 2018, basée sur 6 études aléatoires contrôlées et comportant un total de 620 patients (résultat significatif : 0.684 (95% CI 0.438 to 0.929, p < 0.001). Cette étude a utilisé des suppositoires contenant Lactobacillus crispatus CTV05, Lactobacillus rham-nosus GR1 and Lactobacillus reuteri RC14. Ces souches précises se sont avérées particulièrement efficaces contre les pathogènes du système urinaire, tout en faisant la preuve d’une très grande capacité de prévention dans les cas d’infections urinaires récurrentes (65, 66).

À ce sujet, voici le témoignage de Linda et la réponse de Jacqueline:

J’ai guéri ma cystite interstitielle (CI) grâce au probiotique fem-dophilus, 1 capsule le matin et 1 capsule D-manose 500 mg le soir.
Fini les douleurs coup de poignard et l’inconfort. Je peux maintenant consommer du café, des tomates, des épices etc.  Linda

Réponse de Jacqueline:  les probiotiques utilisés par Linda comportent la formule suivante:

Fem-Dophilus® contient deux souches probiotiques brevetées et cliniquement documentées, Lactobacillus rhamnosus, GR-1® et Lactobacillus reuteri, RC-14®, découvertes et développées par les Dr Gregor Reid et Andrew Bruce, d’Urex Biotech. Plus de 25 années de recherche soutiennent l’utilisation orale de GR-1® et de RC-14® pour coloniser et favoriser la santé des voies urinaires et vaginales. * Un procédé de fabrication spécial protège les souches probiotiques inFem-Dophilus® de l’acide gastrique et améliore la survie des bactéries probiotiques dans le gros intestin.  Vingt neuf  articles scientifiques positifs ont été publiés par le Dr G. Reid en relation avec ce travail entre les années 2000 et et 200

Depuis, de nombreux autres articles publiés par des groupes de chercheurs indépendants ont aussi démontré  les effets anti-fongiques et anti-bactériens de ces deux souches : Lactobacillus rhamnosus, GR-1 et Lactobacillus reuteri, RC-14 contre les infections génito-urinaires chez les humains et chez les vaches.  Ces travaux ont aussi  permis de mettre en évidence certains modes d’action de ces probiotiques.  N.B.: aucune approche thérapeutique ne peut à elle seule être efficace chez 100% des individus.  Dans l’étude randomisée et controlée par placebo du Dr Reid, 37% des femmes traitées avec ces deux probiotiques avaient retrouvé une microflore normale comparativement à 13% dans le groupe placebo.

Prébiotiques

Un prébiotique est défini comme un substrat non digestible qui, suite à sa métabolisation (fermentation) par les microorganismes du côlon, module la composition et/ou l’activité des microbiotes de l’intestin, conférant ainsi des effets physiologiques bénéfiques pour l’hôte. En plus des fructooligosaccharides (FOS) et des galacto-oligosaccharides (GOS), les auteurs incluent maintenant un plus grand nombre de composés dans la liste des prébiotiques : les amidons résistants à la digestion, la pectine, les arabinoxylans, les grains entiers et des composés qui ne sont pas des glucides tels les polyphénols (antioxydants).
De plus, l’ajout à la diète de végétaux, qui ont subi au préalable une fermentation lactique, améliore leurs effets bénéfiques sur la santé. Les avantages de la fermentation lactique résultent des mécanismes suivants : élimination des facteurs anti-nutritionnels, production de métabolites (peptides bioactifs, exopolysaccharides) qui ont un effet positif sur la santé, amélioration de la biodisponibilité des microorganismes grâce à l’hydrolyse des polymères (composés phénoliques), augmentation des vitamines, des minéraux, ce qui mène à une augmentation de la capacité anti-oxydante des aliments avec des effets possibles sur la flore intestinale et l’absorption de composés bioactifs (67). L’ajout à la diète de prébiotiques et d’aliments fermentés pourrait prévenir et/ou corriger de nombreuses maladies dont le développement est favorisé par une diète inappropriée (66, 68).

La naturopathie

Les naturopathes sont des thérapeutes qui considèrent le patient dans sa globalité. Ils utilisent une approche holistique pour tenter de trouver de trouver les causes du déséquilibre qui a favorisé le problème de santé pour lequel il est consulté. Chaque cas pour lui est unique. Pour tenter de rééquilibrer le fonctionnement de l’organisme, le naturopathe utilise différents outils : diète, promotion de l’exercice physique, herboristerie, aromathérapie, homéopathie, médecine quantique, médecine orthomoléculaire (substances naturelles), etc (69).

Comme le naturopathe considère le patient dans sa globalité, il accorde une place prépondérante à l’importance de la diète. Son approche est basée sur les enseignements d’Hippocrate (Ve siècle avant Jésus-Christ), le père de la médecine moderne. C’est pourquoi, les naturopathes se sont alignés sur les enseignements du Dr Jean Seignalet suite à la publication de son livre « L’alimentation ou la troisième médecine ». Une des contributions importantes des naturopathes en ce qui concerne le traitement du syndrome de la vessie douloureuse est de mettre l’accent en premier lieu sur l’importance d’une alimentation anti-inflammatoire.

Malheureusement au Québec, il n’existe pas d’ordre des naturopathes, ce qui serait bien nécessaire, car beaucoup de thérapeutes peuvent avoir le statut de «naturopathe» sans avoir une formation adéquate. En France la naturopathie s’appuie sur une longue tradition et elle est pratiquée par des thérapeutes très bien formés dans ce domaine et le succès de leurs interventions est reconnu dans le milieu médical bien qu’il existe encore certains milieux médicaux rétrogrades.

Homéopathie, aromathérapie et herboristerie

Ces trois méthodes de traitement, originaires d’une longue tradition, lorsqu’utilisées par des praticiens bien formés et compétents, peuvent participer positivement au traitement des patients atteints du syndrome de la vessie douloureuse (10). Personnellement, ces pratiques sont trop éloignées de ma formation et de mon expérience pour en discuter plus avant malgré ma curiosité pour tout ce qui concerne les thérapies naturelles.
Importance de l’utilisation de la médecine alternative/complémentaire (CAM) chez les patients atteints du SVD et aperçu de l’efficacité de ces thérapies telle qu’évaluées par des patients et /ou par des scientifiques.
Il faut préciser que de telles études sont rares. Une étude américaine, réalisée en 2009 et publiée en 2013 par l’Association de cystite interstitielle (IC), fut effectuée à partir d’Internet (70). Un total de 2,101sujets, dont le diagnostic IC a été confirmé, ont été enrôlés. Plus de 84% des patients ont eu recours à des CAM, suite à la recommandation de leur médecin chez 55% d’entre eux. Parmi les patients qui ont eu recours aux CAM, 82.8% ont essayé un changement de diète et/ou des thérapies physiques et 62% ont eu recours à d’autres thérapies.

Les thérapies évaluées ont été classées dans l’ordre selon le pourcentage de patients satisfaits en raison de l’amélioration de leur condition due à la dite thérapie. Le nombre de patients correspondant au pourcentage est présenté en parenthèse:

1) diète d’élimination, 87.6% (1,329 patients)
2) traitements chaleur et/ou froid, 87.5% (823 patients)
3) réduction du stress, 80.5% (562 patients)
4) relaxation, 76.4% (583 patients)
5) massages thérapeutiques 74.2% (366 patients)
6) méditation 66.8% (398 patients)
7) thérapie physique avec traitement interne 66.1% (349 patients)
8) exercices réguliers 65.2% (611 patients)
9) thérapie physique sans traitement interne 61.6% (260 patients)
10) traitement anti-fongique 61.5% (179 patients)
11) yoga 60.7% (284 patients)
12) probiotiques 58.8% (248 patients)
13) exercices de visualisation 58% (228 patients)
14) acupuncture 56.9% (260 patients)
15) chiropratique 56.4% (220 patients)

Les auteurs ont noté que lorsque les CAM sont administrés de façon précoce, les patients leur accordent un classement supérieur, comparativement aux CAM reçus plus tardivement.
Une méta-analyse britannique, publiée en 2016, a évalué l’efficacité des CAM disponibles pour le traitement du SVD. Cette analyse était basée sur 11 études (4 études randomisées avec contrôles et 7 études prospectives). Les thérapies étudiées étaient l’acupuncture, les thérapies de relaxation, les thérapies physiques, les thérapies enrichies en hydrogène moléculaire et la diète. Les études ont montré que les thérapies qui présentaient un bénéfice potentiel pour les patients SVD étaient dans l’ordre : les modifications diététiques, l’acupuncture et les thérapies physiques (71).
Une troisième étude visait uniquement à vérifier l’efficacité clinique de la manipulation systématique de la diète (une diète anti-inflammatoire personnalisée) en tant que thérapie de médecine alternative complémentaire chez des patients atteints du syndrome de la vessie douloureuse sur une période d’une année. Les auteurs concluaient que la manipulation intensive et systématique de la diète améliorait significativement les symptômes de la SVD , incluant les urgences urinaires, les douleurs pelviennes et de la vessie ainsi que les autres problèmes associés à la pathologie. Les effets positifs étaient observés relativement tôt, soit à l’intérieur de 3 mois et l’efficacité clinique était maintenue durant toute l’année (72)

Conclusion

Ce sont les lecteurs de mon blogue qui m’ont conscientisée et qui d’une certaine façon m’ont incitée à faire le nécessaire pour mieux les informer à propos du SVD. J’ai donc fait le tour des publications pertinentes, consulté des documents sur les CAM et demandé et obtenu la généreuse collaboration d’une physiothérapeute-ostéopathe de réputation internationale, spécialisée en gynécologie, urologie et dysfonctions glandulaires et nerveuses, en la personne de Nathalie Camirand.
L’importance et la pertinence des CAM ne peut plus être niée puisque l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ainsi qu’un nombre croissant d’universités européennes, américaines et canadiennes prônent l’intégration de la médecine conventionnelle et des médecines complémentaires.
Il faut dire que ce n’est pas un hasard si les CAM n’occupent pas au Québec la place qu’elles méritent comparativement à l’Ontario, où les médecins bénéficient d’une protection légale lorsqu’ils prescrivent ou utilisent les CAM. Au Québec, le Collège des médecins sévit sous différents prétextes contre les médecins qui recommandent ou utilisent tout traitement qui s’écarte de la médecine conventionnelle. La résultante est que la plupart des médecins n’osent pas ou refusent de s’intéresser aux Cam parce qu’ils craignent d’être la cible de ce tout puissant ordre professionnel.
Il est plus que temps que le gouvernement du Québec, dont la majorité de la population utilise des approches de santé complémentaire, respecte le choix des Québécois et pose les gestes nécessaires afin de permettre aux médecins et au public québécois un libre accès à une meilleure connaissance et utilisation des CAM. On souhaite ardemment que le Collège des médecins du Québec mette en pratique le principe médical énoncé par Littré « être utile ou du moins ne pas nuire ».

4 Commentaires

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4 réponses à “Les traitements de médecine complémentaire pour soigner les cystites récidivantes

  1. L Lafrance

    Bonjour Mme Lagacé,

    Est-ce que la régime hypotoxique peut aider la Maladie Horton ou Inflammation de l’artère temporale.

    Mer beaucoup! Bonne journée! Lyne

    >

    • Jacqueline

      Parce que la diète hypotoxique suivie parfaitement est anti-inflammatoire, cela vaut la peine de l’essayer. J’ai déjà reçu des témoignages affirmant que la diète hypotoxique avait mis fin à de l’inflammation au niveau de vaisseaux sanguins. Toutefois, donnez-vous quelques mois de diète avant de conclure que cela ne fonctionne pas.

  2. johanne

    Bonjour, cet article est très intéressant. J’ai moi même eu de gros problèmes de cystite sévère en septembre après avoir guéri 2 dans la même année. J’ai dû aller consulter après 10 jours car j’avais une pression forte au bas ventre. Une infection sévère; globule blanc haut. Donc anti bio…Suivi dans la même semaine par une naturopathe ayant travaillé 26 ans dans les hôpitaux et ayant pris sont court de 4 ans avec Christian Limoges (école), elle m’a entrepris et mon mode de vie a débuté sévèrement. Plus de sucre, café, vin, viandes , produits laitiers, gluten, céréales pour certains temps…et nourriture cru: fruits – légumes et germination…salades, riz sauvage, bouillon légumes minéralisants…herboristerie…puis 3 semaines plus tard plus de pression au bas ventre et enfin mon intestins fonctionnant 2-3 fois x jours alors qu’avant c’était aux 2 jours. Irrigation une fois semaine ce qui m’a permis de nettoyer les toxines…et reminéralisation …Bref 25 livres en moins après 5 mois. Aujourd’hui 118 livres et un bien être énorme maintenant je dois m’entrainer pour la musculation…à 58 ans plus le choix. Evidemment le bio flo 1 et 2 font toujours partie de mon quotidien et j’ai repris les viandes bio blanches 3 fois semaine depuis 3 mois. Difficile d’engraisser maintenant. Au moins je suis une nouvelle femme! Je me demande si je devrais prendre des pro biotiques que vous suggérez FEM DOPHINUS et pré biotiques?

    • Jacqueline

      Normalement, ces probiotiques ne devraient pas vous faire de tort, au contraire. Par contre, lorsque l’on consomme un nouveau produit, il faut être attentif aux réactions de votre corps car aucun médicament ne confient à tous.

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