Le témoignage d’une battante: cystite interstitielle

Ce témoignage m’a été envoyé aujourd’hui par courriel (26 mai 2016).

Que ta nourriture soit ton médicament et que ton médicament soit dans ta nourriture » Hippocrate

Je m’appelle Priscilla, j’ai 35 ans et je souhaite livrer ici un témoignage en faveur de l’alimentation hypotoxique, qui fait partie de ma vie depuis février 2015. Pourquoi? Parce que j’ai enfin réussi à soigner et à contrôler en partie les douleurs engendrées par la maladie handicapante dont je souffre depuis l’adolescence : la cystite interstitielle. J’ai aussi réussi à diminuer quantité de petits soucis de santé autres : allergies, migraines, rosacée, démangeaisons du cuir chevelu. J’ose espérer que mes propos vous convaincront qu’il est possible de changer le cours de sa vie, de diminuer, voire de soulager complètement ses souffrances, et d’augmenter sa qualité de vie lorsque l’on souffre de certains problèmes de santé pour lesquels la médecine traditionnelle ne semble à ce jour offrir aucun remède miracle. J’ose espérer que je réussirai à allumer la flamme de l’espoir et que vous aurez aussi le goût et le courage de vous nourrir sainement et différemment. Je vous confie donc brièvement ma petite histoire, qui s’apparente à un long pèlerinage.

J’ai souffert de ce qui s’apparentait à des infections urinaires à répétition durant toute mon enfance et mon adolescence. J’ai donc pris à outrance de grandes quantités d’antibiotiques, mais jamais mon problème ne rencontrait de solution viable. J’ai erré d’une salle d’attente médicale à une autre, de médecin en médecin, de test d’urine en culture plus approfondie, de plus petits malaises en douleurs très intenses, sans jamais trouver que pouvait bien être mon réel problème! Il en fut ainsi durant plus de 10 ans.

En 2003, je suis tombée sur un médecin de famille très douce, soucieuse de ses patients et consciencieuse. C’est grâce à cette dame que j’ai enfin pu mettre un nom sur mes maux. Après le début de mes études universitaires et après avoir investigué le problème de façon plus approfondie auprès d’un urologue, le diagnostic est tombé : maladie rare, incurable, encore très, très méconnue par la science et pouvant être très handicapante. J’ai eu la sensation que ma vie venait de s’arrêter là, dans un cabinet de médecin. Les années qui suivirent furent difficiles physiquement, émotionnellement et psychologiquement : les effets secondaires liés à la prise de médicament ont été considérables, j’ai réussi (par miracle!) à terminer mes études en enseignement, j’ai survécu au milieu de l’éducation quelques années seulement avant de me retrouver en arrêt de travail, j’ai eu un épisode de dépression mineure et de troubles du sommeil aigus, j’ai

vécu un divorce, et c’est sans parler de tous ces maux de ventre, de douleurs vésicales et d’envies urgentes et fréquentes d’aller uriner qui me pourrissaient l’existence. De nature positive et optimiste, je me suis retrouvée déprimée et déprimante. J’ai perdu des amis, vécu l’incompréhension de mes proches et j’ai eu toutes sortes de difficultés au travail. J’ai décidé de ne plus voir de médecin urologue puisque leurs propos et leurs actions étaient toujours vides de sens, lourds et déprimants.

En 2014, après un évènement particulièrement stressant, j’ai vécu un épisode extrêmement douloureux de cystite interstitielle qui m’a amenée aux urgences, où l’on m’a administré de la morphine pour calmer mon mal. C’était la seule solution, selon les médecins. En plus, on a découvert deux kystes sur mes ovaires. Je me voyais déjà en invalidée prolongée, incapable de poursuivre le moindre rêve,  de réaliser mes projets de vie. Je paniquais, j’angoissais et j’ai prié pour qu’il survienne quelque chose, n’importe quoi, une solution, une pilule magique. J’ai été exaucée : durant mon arrêt de travail, une amie qui souffre de colite ulcéreuse m’a prêté des ouvrages. Elle m’a notamment recommandé de lire l’ouvrage de Jacqueline Lagacé, Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation. Puis, elle m’a parlé de son cheminement et des bienfaits de la diète hypotoxique. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre, car cette amie a un bon sens du jugement et je sais qu’elle avait beaucoup souffert par le passé à cause de la maladie.

Les semaines qui ont suivi, j’ai lu religieusement l’ouvrage de Mme Lagacé. J’ai d’abord pris la décision d’essayer de suivre la diète modérément et de voir les résultats par la suite. Puis, j’ai fait le ménage de mon garde-manger et de mon frigo et, graduellement, j’ai modifié TOUTES mes habitudes alimentaires. Plus je lisais, plus j’étais convaincue et plus je me sentais interpellée par cette solution naturelle qui s’offrait à moi. Mon alimentation me semblait dorénavant toxique, chimique, néfaste. J’ai acheté trois livres de recettes gourmandes,[1] j’ai convaincu mon conjoint de me soutenir dans cette aventure – c’était ça ou je redémarrais ma vie toute seule! – et j’ai eu l’esprit très curieux et ouvert pour entamer ce long processus qui est de modifier son alimentation. J’ai consulté des blogues culinaires pour avoir accès à davantage de ressources et j’ai même parfois adapté des recettes. Je voulais aussi en finir avec la médication, qui coûtait cher et qui entraînait plusieurs effets secondaires, en plus de ne pas me soigner véritablement. Je suis aussi allée consulter une nutritionniste qui m’a conseillée afin que mon organisme ne manque de rien.

J’ai fait les choses lentement, mais sûrement, si bien qu’après quelques semaines, je me sentais déjà mieux. J’ai tenu un journal alimentaire de façon rigoureuse au début afin d’identifier les aliments qui me causaient de l’inflammation aux parois vésicales (l’alcool, le café, le thé et certains fruits et noix, par exemple, ne me conviennent simplement pas). Bref, j’ai d’abord assimilé les grands principes de l’alimentation hypotoxique – nourriture saine, naturelle, sans gluten, sans produits laitiers, sans sucres raffinés et sans produits transformés –  pour graduellement parvenir à respecter les modes et températures de cuisson suggérés. Le défi était de taille et ce ne

fut pas du tout aisé : j’ai rencontré des déceptions, des proches me trouvaient même un peu folle et certains amis ne m’invitaient carrément plus jamais à manger chez eux! Après environ 6 mois de belles et de moins belles périodes, mes efforts furent récompensés : je connaissais enfin une rémission, une vraie! Je me suis alors permis de tricher de temps en temps, histoire de valider si ça valait le coup de poursuivre dans la même voie. Et hop, les douleurs sont revenues en force! Il en est ainsi dès que je triche d’ailleurs. Je dois avouer que je me permets quelques écarts à l’occasion, mais plus souvent qu’autrement, je réussis à me débrouiller. Ma plus grande difficulté est de respecter les modes et températures de cuisson, alors mon prochain défi est de travailler cet aspect.

Aujourd’hui, je suis fière de déclarer que j’ai adopté un mode de vie sain et santé qui me permet de mener une belle vie et de me soigner de façon naturelle. J’ai découvert des aliments qui nourrissent véritablement mon corps sans l’engorger de substances et additifs chimiques, je ne prends plus aucune médication depuis plusieurs mois et je peux enfin songer à avoir un enfant. Je ne souffre plus en permanence, je contrôle les symptômes de la cystite interstitielle à 80% et je ne retournerais en arrière pour rien au monde.

 

[1] Parmi ces ouvrages, notons ceux de Jacynthe René et de Jacqueline Lagacé.

8 Commentaires

Classé dans Divers

8 réponses à “Le témoignage d’une battante: cystite interstitielle

  1. J

    Bonsoir !
    J’ai lu quelques un de vos témoignages et je dois dire qu’ils me redonnent réellement espoir.
    En effet, je n’ai pas encore été diagnostiquée mais je crois bien que j’ai une cystite interstitielle. J’ai déjà passé une liste d’examens sans fin sans que mon médecin ne trouve rien alors que cela fait 2 mois que je souffre de douleur chronique.
    Personnellement je souffre plus de douleur que de mictions fréquentes.
    Etant jeune (18ans), cela est très difficile à accepter pour moi, surtout que j’avais auparavant l’habitude de sortir très souvent, de voir beaucoup mes amis et que cela ne peu plus se faire pour l’instant à cause de la douleur. J’avais entendu parler des traitements médicamenteux, mais aussi de leur non-efficacité et de leurs effets secondaires. J’étais donc très angoissée à l’idée de m’engager dans ces traitements lourds et incertains.
    Mais depuis que j’ai « accepté » ma situation et que j’ai pris mon courage à deux mains afin de m’informer un peu plus sur tout ça, je me sens motivée et j’ai hâte d’essayer. Je vais acheter toutes les plantes et compléments qui peuvent améliorer le confort et la paroi de la vessie et je suis déterminée à essayer ce régime hypotoxique. C’est décidé. Je ne prendrai les médicaments qu’en dernier recourt.
    Cependant si vous aviez quelques conseils à me donner, cela serait la bienvenue.
    Tout d’abord, j’habite en Suisse; une amie m’a déjà conseillé un naturopathe, mais connaissez-vous des bons ostéopathe, physiothérapeute et homéopathe en ce qui concerne le traitement de la cystite interstitielle qui seraient près de chez moi ?
    De plus, en ce qui concerne mes habitudes alimentaires, je vais m’y appliquer. Je vais acheter des livres et me renseignez. Mais je suis une fumeuse et je voulais savoir si certaines d’entre vous le sont aussi et si la cigarette peut aggraver les symptômes ? Evidemment j’envisage d’arrêter, mais peut-être une fois que j’aurai stabilisé mon alimentation et que je serai moins stressée.
    Une dernière question : au bout de combien de temps en moyenne avez-vous vu les améliorations provoquées par le régime ? Car j’ai mes examens dans 2 semaines et je redoute d’avoir une crise lors d’un oral à cause du stress, c’est pourquoi j’aimerais commencer le plus tôt possible.
    En tout cas, je voulais vous dire que tout vos témoignages me redonnent vraiment espoir et que ça change vraiment du personnel médical cynique. Moi-même j’ai toujours cru en la médecine plus « naturelle » et en son efficacité et je suis entrain de réussir à convaincre mes parents afin que eux aussi lui laisse une chance, car ils sont très traditionnels à ce niveau.

    Je vous remercie d’avance de votre réponse. J.

    • Jacqueline

      Bonjour,

      Dans mon dernier livre (Une alimentation ciblée…), vous trouverez beaucoup d’information sur la cystite interstitielle appelée maintenant le syndrome de la vessie douloureuse. Vous pourrez même communiquer avec la naturopathe que je recommande dans mon livre.

  2. Anaïs

    Bonjour Priscilla,
    un peu de réconfort dans cette folle journée, vous lire me fait du bien,
    je suis suivie tout comme vous depuis de nombreuses années, pour des cystites à répétition je ne sais plus quoi faire l’urologue me dit que je n’ai la plupart du temps pas de bactéries mais que j’ai un terrain inflammatoire, un ami m’a dirigé vers une néphrologue qui prend mon cas plus au sérieux, j’ai été hospitalisé une journée avec biopsie, qui suspecte une maladie auto-immune mais je n’ai pas encore mes résultats, je dois avouer être au bord de la déprime si ce n’est déjà un peu le cas, à 30 ans je ne vois pas la fin… je vais sans doute acheter le livre et voir si cela peut moi aussi m’aider,
    bonne continuation

  3. Liane

    Je suis extrêmement contente pour toi. Bravo!

  4. madeleine

    Je suis contente de lire c,est commentaire là j,ai été diagnostiquer Arthrose Chronique et là j,attend des nouvelles pour mon cou et s va être opérérer pour mon autre hanche je suis décourager je ne sais pas comment faire mes menues j,ai toujour manger ce que je voulais et là cette tuile me tombe sur la tête je coupe des choses ça fait une semaine mais j,ai faim et un mal de tête aidez moi je vous e suplie merci a l,avance mon médeçin m,a prescrit de la codéine anti douleur merci

    • Jacqueline

      Je pense que le service SOS cuisine pourrait vous aider. Vous n’avez qu’à cliquer sur ce site sur la page d’accueil de ce blogue.

  5. bonjour Priscilla,
    c’est très inspirant de lire ton témoignage. Après les ratés du système médical, voilà qu’une ouverture se présente pour améliorer ton alimentation selon un régime déjà testé avec des taux de succès élevés pour plusieurs maladies.
    Je le suis depuis 2011 et j’ai triché car j’avais quand même des améliorations. Et un jour du début de l’année 2016, j’ai décidé de ne plus tricher. Et là j’ai vu des améliorations plus grandes de mon état de santé et ça à tous les jours. J’ai perdu du temps en trichant. Je vous souhaite de ne pas le faire.

    bonne continuation Priscilla!

    Ginette merci, merci et merci encore Mme Lagacé, Dr Seignalet, et tous ceux qui contribuent à faire que nous soyons plus conscients de ce que nous mangeons et qui est très important pour notre santé. Vous êtes nos « éclaireurs »!

  6. Rafqa

    Bonjour ! Bravo ! Je suis Rafqa et je souffre depuis….oh là là je ne sais plus combien d’année mais le diagnostique est tombé seulement l an dernier. J’ai entre temps essayé des traitements chimiques , l’un d’eux ma soulagé….mais tout est revenu et cela malgré un régime hypotoxique. Je en vois plus de porte de sortie. Il me reste des injections de botox à essayer pour me soulager, je repousse au max mais c’est intenable tant point de vue douleur que nombre de miction par jour/nuit 😦 C’est un peu l’enfer au quotidien ! Pas moyen de trouver un homeo ou autre naturopathe acceptable par ici (Luxembourg) J en ai vu un certain nombre durant ces années qui finissent toujours par me dire qu ils ne peuvent rien pour moi……
    Bonne chance à toi et sache que ce genre de témoignage repousse ma décision de botox de quelques semaines 🙂 Merci Rafqa de Luxembourg

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