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Ma réponse à Mikhail au sujet de la sclérose en plaque

Bonjour, j’écris ce message comme une bouteille à la mer, j’ai 35 ans et ça fait 21 ans que je vie avec la sep. J’ai eu de nombreuse poussées qui étaient passagères mais depuis 6 ans les effets m’handicapent sérieusement ( problème urinaire, de marche et de fatigue). J’ai découvert le régime cétogène et je le suis depuis 1 mois et demi, je ressens de l’amélioration au niveau de la fatigue mais c’est tout et j’avou que c’est un régime très contraignant et je sens la baisse de motivation. Pouvez-vous me dire à partir de combien de temps vous avez renssenti de réels ameliorations physique.

Merci de m’avoir lu Mikhail

Réponse de Jacqueline: pour commencer, je publie à nouveau un article publié en 2018 à propos du régime cétogène, car cet article est encore pertinent mais très difficile à retrouver sur mon blogue:

À la fin de cet article, se trouvent les recommandations qui devraient aider Mkhail.

Caractéristiques et thérapeutique de la diète cétogène : obésité, diabète de type 2, et sclérose en plaques.

Mode d’action de la diète cétogène

La diète cétogène,  force l’organisme à brûler des gras plutôt que des glucides pour  procurer à l’organisme  l’énergie dont il a besoin pour fonctionner; le foie convertit les acides gras en corps cétoniques qui remplacent le glucose comme source première d’énergie à la condition que la consommation de glucides soit réduite de façon drastique.  L’influence bénéfique  possible des corps cétoniques sur les maladies neurodégénératives repose sur l’observation que le cerveau,  utilise d’une part les corps cétoniques seulement lorsqu’il est privé de glucose alors qu’il semble que cette source d’énergie alternative soit capable d’atténuer l’excitotoxicité cellulaire,  un processus pathologique d’altération et de destruction neuronale, une conséquence de l’hyperactivation des neurotransmetteurs. D’autre part, l’efficacité de la diète cétogène dans le cas de perte de poids chez les obèses et de la mise en rémission du diabète de type 2, serait basée sur sa capacité à maintenir un taux sanguin d’insuline bas, ce qui prévient et/ou corrige la résistance à l’insuline.  Il apparaît de plus que la diète cétogène favorise davantage la perte de gras que les autres diètes d’amaigrissement tout en préservant  de façon générale la masse musculaire bien que dans certains cas, des suppléments en acides aminés et en protéines puissent être nécessaires.

Conditions d’application de la diète

Des études chez les animaux et l’humain supportent l’efficacité thérapeutique possible de la diète cétogène pour traiter différents désordres de santé.  Toutefois, il est recommandé que des examens préalables soient effectués avant d’appliquer la diète cétogène : historique de la maladie, tests spécifiques de laboratoire, diète habituelle du patient.  Certains désordres métaboliques spécifiques (calculs rénaux, dyslipidémie sévère, maladie du foie, retard de croissance, reflux gastro-œsophagien sévère, alimentation orale difficile, cardiomyopathie, acidose métabolique chronique) constituent des contre-indications à l’application de la diète cétogène.  Les patients doivent recevoir des multi vitamines contenant des doses adéquates de minéraux essentiels avant même d’initier la diète cétogène pour prévenir des déficiences nutritionnelles durant la diète.

La diète cétogène doit limiter la prise de glucides à  25 g/jour (maximum 50 g/jour), contrôler la quantité de protéines, augmenter la consommation de gras et d’huile. Les nutriments suivants sont nécessaires : calcium avec vitamine D, sélénium, magnésium, zinc et phosphore. L’évaluation de la diète doit être effectuée périodiquement pour documenter les effets bénéfiques et les risques associés.   Il est important de quantifier à tous les 3 mois à partir du sérum,  les corps cétoniques, le glucose sérique, l’albumine, les protéines totales, le cholestérol total, les triglycérides et la créatinine sérique pour s’assurer que la diète est suivie correctement.  Une fois l’an, on recommande les tests suivants : échographie rénale, densité osseuse, carnitine, niveau de sélénium et électrocardiogramme pour prévenir à long terme les effets secondaires suivants : calculs rénaux, ostéoporose, hyperlipidémie, déficience en carnitine et cardiomyopathie.

Caractéristiques particulières

Cette diète ne peut être arrêtée brusquement, l’arrêt doit se faire graduellement sur une période de 2 à 3 mois.

Chez les obèses, la diète cétogène montre une perte de poids plus importante qu’avec les autres diètes balancées.

Il a été démontré que la diète cétogène peut être bénéfique contre le syndrome des ovaires polykystiques chez les patients obèses et  atteints de diabète de type 2.

Bonne nouvelle dans le cas de la sclérose en plaques

L’analyse du microbiome intestinal des patients SEP démontre que la  concentration totale ainsi que la diversité de leurs microbiotes sont réduites de façon substantielle  comparativement aux contrôles normaux.  Des observations cliniques ont montré que  les effets de la diète cétogène  se présenteraient en deux phases : dans un premier temps, la concentration et la diversité des microbiotes intestinaux seraient encore plus réduites ; par contre à partir de la douzième semaine de diète cétogène, la situation en tant que nombre et  diversité des microbiotes s’améliore de façon significative et après 23-24 semaines de diète, la composition des  microbiotes serait alors meilleure qu’avant le début de la diète.  Ceci ne signifie pas que le microbiome a atteint un équilibre idéal, ce qui nécessiterait certainement un apport en fibres beaucoup plus élevé que le permet la diète cétogène. Toutefois, ce résultat est encourageant.

Effets secondaires

Effets secondaires courants : maux de tête, constipation, diarrhée, insomnie, maux de dos, inconfort gastro-intestinal, crampes abdominales, vomissements ;

Effets secondaires modérés : dyslipidemie, déficiences en minéraux, acidose métabolique, risque accru de pierres rénales, augmentation des triglycérides à l’intérieur d’une période de 6 mois, hypoproteinémie.

Effets secondaires sévères : élévation trop importante des corps cétoniques qui peuvent induire des complications avec risques de morbidité et de mortalité chez les patients diabétiques.  Si la concentration des corps cétoniques ne dépasse jamais 8 mmol / L, ces risques sont virtuellement non existants chez les sujets dont la fonction insulinique est normale.

Chez les souris , la diète cétogène à long terme induit une intolérance au glucose  qui a des conséquences graves sur les cellules endocrines du pancréas.

Conclusion

Des études cliniques supportent l’intérêt de la diète cétogène pour le diabète, l’obésité et  certains autres désordres mais cette diète doit être suivie sous une supervision médicale stricte avec l’aide de diététiciens formés en ce sens.  De plus, cette diète doit être adaptée à chaque patient.  Des études sont requises pour mieux comprendre à long terme les impacts cliniques de la diète, son efficacité, son niveau de sécurité, la tolérance des patients,  la durée du traitement et le pronostic après l’arrêt de la diète.

Compte tenu des problèmes et effets secondaires possibles inhérents à la diète cétogène, je pense personnellement que les individus qui répondent positivement à la diète hypotoxique n’ont pas intérêt à changer leur alimentation au profit de la diète cétogène.  Par contre, j’encourage ceux qui souffrent d’une maladie chronique qui pourrait bénéficier de la diète cétogène lorsque leur qualité de vie est insatisfaisante malgré le suivi de la diète hypotoxique,  à essayer la  diète cétogène sous la supervision médicale de thérapeutes expérimentés  dans ce domaine.

Article Références

Augustin K, Khabbush A, William S, et al.,  Mechanisms of action for the medium-chain triglyceride ketogenic diet in neurological and metabolic disorders. Lancet Neurol. 2018 Jan;17(1):84-93. doi: 10.1016/S1474-4422(17)30408-8.

Evans M, Cogan KE,  Egan B. Metabolism of ketone bodies during exercise and training: physiological basis for exogenous supplementation. J Physiol. 2017 May 1;595(9):2857-2871. doi: 10.1113/JP273185

Gupta L, Khandelwal D, Kalra S, Gupta P, Dutta D, Aggarwal S. Ketogenic diet in endocrine disorders: Current perspectives.  J Postgrad Med. 2017 Oct-Dec;63(4):242-251. Review.

Katsu-Jiménez Y, Alves RMP, Giménez-Cassina A. Food for thought: Impact of metabolism on neuronal excitability. Exp Cell Res. 2017 Nov 1;360(1):41-46.

Puchalska P, Crawford PA. Multi-dimensional Roles of Ketone Bodies in Fuel Metabolism, Signaling, and Therapeutics. Cell Metab. 2017 Feb 7;25(2):262-284. doi: 10.1016/j.cmet.2016.12.022. Review.

Swidsinski A, Dörffel Y, Loening-Baucke V et al., Reduced Mass and Diversity of the Colonic Microbiome in Patients with Multiple Sclerosis and Their Improvement with Ketogenic Diet. Front Microbiol. 2017 Jun 28;8:1141. doi: 10.3389/fmicb.2017.01141. eCollection 2017.

Mes recommandations en 2024

Pour améliorer la neuro-inflammation présente dans la sclérose en plaque, je recommande de tirer parti des propriétés anti-inflammatoires des aliments pauvres en glucides tel que pratiqué dans le régime cétogène et d’adapter parallèlement le régime hypotoxique. Le régime hypotoxique est beaucoup moins contraignant que le régime cétogène et de plus il ne comporte pas les limitations décrites dans l’article précédent,  sans oublier que le régime hypotoxique  a fait ses preuves chez plusieurs patients atteints de sclérose en plaques selon des témoignages se trouvant sur mon blogue.  Éliminer le gluten, les produits laitiers et les sucres même complets est bénéfiques car ces aliments sont nettement pro-inflammatoires ; cela est bénéfique pour tous les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques, que ce soit la sclérose en plaque ou autres.

Bon courage Mikhail

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Dame de 80 ans, (15 ans de diète hypot.) qui a conservé un squelette de jeune fille!

J’ai eu au debut de ma conversion vers l’alimentation hypotoxique exactement la meme inquiétude
Je consomme beaucoup de légumes et fruits et surtout des noisettes et amandes non grillées au quotidien
J’ai fait deux contrôles osteodensitometrie et j’ai « un squelette de jeune fille » m’a dit la radiologue ( raison pour laquelle la radio n’est pas remboursée par l’assurance maladie)
Jamais je ne renoncerai à cette alimentation que je pratique depuis 15 ans et grace a laquelle je suis en pleine forme pour mes 80 ans !
Merci Madame Lagacé !

Réponse de Jacqueline: merci pour ce témoignage significatif.

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Le témoignage de Louise, 76 ans (12 ans de diète hypot.) pratique de la randonnée en très haute altitude.

Bonjour Louise,
Je fais moi-même de l’hypocalcémie de naissance, j’ai un diagnostic d’ostéopénie, et je suis le régime de Madame Lagacé depuis le 6 août 2012 (bien 2012), je prenais des suppléments de calcium sur ordonnance, 1,5 gr, puis 1 gr et maintenant, sous forme liquide, parfois comprimés, de 500 mg par jour et cela suffit amplement. Je fais des prélèvements sanguins deux fois par année.
Il semble que l’arthrose soit provoquée par le calcium car j’ai commencé l’arthrose aux mains quand mon endocrinologue me prescrivait les doses à 1,5 mg. Il ne faut pas prendre plus de 500 mg à la fois, sinon, ça va dans l’urine. Et éviter de prendre les suppléments à un repas où on prend du fer car le calcium empêche l’absorption du calcium. J’ai dû à un moment donné faire des infiltrations de cortisone au pied gauche, 2 fois seulement et tout est OK maintenant. Pas d’arthrose dans les genoux cependant, mais beaucoup à la colonne vertébrale, aux mains et aux pieds (arthrose sévère), mais je marche entre 5 et 12 km par jour, moyenne récente d’après les données de mon tél 7,7 km, je vis en ville.
Comme Madame Lagacé le spécifie, il faut lire son premier livre pour bien comprendre les effets du gluten et les produits laitiers chez certaines personnes. Par ailleurs, nous n’absorbons que 30% du calcium des produits laitiers et il y en a dans le reste de l’alimentation de toute façon. Le personnel médical, médecin y compris, ne sont pas très au fait, bien que cela est en train de changer, des bienfaits du régime préconisé par Madame Lagacé, voir mon témoignage en 2014 que vous trouverez sur son blog. J’ai fait des écarts ces deux dernières années avec le fromage, seul produit laitier que je m’autorisais, mais je viens de le supprimer à nouveau pour éviter une augmentation du cholestérol. S’il m’arrive, rarement, de manger du gluten, tout de suite j’ai des douleurs qui apparaissent, quasiment instantanément, à la nuque en particulier et aux doigts.
Quand j’ai commencé le régime, j’avais tellement de douleurs au dos que je pensais terminer en chaise roulante ou tout au moins avoir une chirurgie car j’avais des hernies discales, disparues depuis. Je ne saurais vous recommander de persister, dans mon cas, après trois semaines seulement, toutes mes douleurs avaient disparu, mon compagnon et moi-même n’en revenions pas. Le chirurgien avec qui j’avais pris rdv pour une éventuelle chirurgie au dos, rdv que j’ai tout de même maintenu malgré la disparition des douleurs insoutenables au dos, m’a alors demandé les références du livre de Madame Lagacé, car plusieurs patient.es lui en avaient parlé. J’ai 76 ans maintenant et je continue lors de mes séjours annuels dans les Alpes de faire de la randonnée en très haute altitude, parfois je fais des dénivelés de plus de 1000 m et grimpe jusqu’à plus de 3000 m. Mon alimentation est constituée à 99% biologique. Bonne chance et tenez bon. Je ne pourrais pas retourner à mon alimentation antérieure, c’est évident pour moi.

Réponse de Jacqueline: merci Irène pour ce second témoignage tellement revigorant.

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Réponse à Louise qui souffre d’ostéoporose

Bonjour Jacqueline
Je viens de me procurer votre livre « Cuisiner pour vaincre la douleur ».
J’ai suivi ce régime depuis une coupe de semaines déjà: donc pas de gluten et pas de produits laitiers (déjà, je fais moins de constipation).
J’ai de l’arthrose dans le cou, bas de la colonne, genoux…
Mais je pratique l’exercice régulièrement (marche, snow, etc..).
Je fais de l’ostéoporose sévère (depuis longtemps). Je prends de l’aporisedronate depuis 2 ans et encore, j’imagine pour 2 ou 3 ans??
Alors, comme je ne consomme plus de produits laitiers, là où se trouve le calcium, on m’a déconseillé de faire ce régime.
Me voilà bien mal pris alors? Est-ce que l’apport de 500gr. de calcium sous forme de suppléments (avec sa Vitamine D) suffirait pour remplacer le calcium naturel des produits laitiers?
Aussi, je me demande si l’huile Udo (3-6-9) (ou tout du moins 3 et 6) serait bénéfique à ma santé?
Merci beaucoup à l’avance.
Louise

Réponse de Jacqueline :

Bonjour Louise, les personnes qui vous ont déconseillé de suivre le régime hypotoxique en raison de votre ostéoporose ignorent les données de la science dans ce domaine.  Ma réponse qui comporte plusieurs pages est accessible dans mon premier livre qui est toujours d’actualité (Comment j’ai vaincu la douleur….) et qui est disponible dans les bibliothèques municipales et dans les bonnes librairies; vous y trouverez les réponses à vos questions  p. 92-98. Les  sujets traités qui vous concernent précisément sont : Consommation de produits laitiers et ostéoporose; Nutrition moderne et ostéoporose; Sources alimentaires de calcium; Liste des aliments qui contiennent des quantités intéressantes et bio-assimilables de calcium; Besoins quotidiens en calcium; Ostéoporose et nutrition.  Bonne lecture et n’oubliez pas également l’importance primordiale de l’exercice physique pour prévenir et traiter l’ostéoporose.

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Mes Vœux pour la Nouvelle Année

À l’occasion de la Nouvelle Année 2024, je veux souhaiter à chacun et chacune de mes lecteurs et lectrices, la Santé, la Joie de vivre et le partage de relations harmonieuses. Le bonheur ne se trouve pas dans la richesse mais bien dans des relations humaines de qualité, un esprit curieux d’apprendre et  le plaisir d’être utile.  Plus que jamais, il est important de développer de l’empathie dans ce monde de bouleversements.

Jacqueline Lagacé

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Suggestion d’une diététiste à celle qu’une spécialiste de médecine interne a qualifiée de  compulsive et dont les résultats du suivi de la diète hypotoxique s’avèrent insatisfaisants

Bonjour, j’ai moi-même une formation de diététiste et c’est triste de lire ces très mauvaises expériences. J’aimerais vous encourager de vérifier si vous n’avez pas des parasites grâce à des tests de vos selles. Ceci pourrait aider à votre rétablissement.

Quelques questions:

Avez-vous un moment précis où vos symptômes ont débuté?
Êtes-vous allé dans un pays chaud?
Vous  êtes vous baignée ds un lac au Qc?
Avez vs des jeunes enfants ou des animaux de ferme ou de compagnie?
C’est bcp plus répandu que l’on pense d’avoir des parasites intestinaux.
Je demande tout ceci car vous appliquez le protocole depuis 4 ans et vs vous sentez encore incommodée.
Je vous souhaite bonne suite et bravo pour l’amour que vs mettez à être en santé
Héloïse

Réponse de Jacqueline: merci Héloïse pour cette suggestion; espérons que cela aidera.

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Ignorance crasse et manque total d’empathie : une nutritionniste et une jeune spécialiste de médecine interne, deux cas désespérants

Je pense que beaucoup de gens peuvent témoigner de la déconnection entre le système de santé et les patients. J’ai 2 examples.

Ma mère avait eu un résultat positif pour les anticorps anti-gliadine, alors son médecin de famille lui a recommandé une diète sans gluten et l’a envoyé voir une diététiste-nutritionniste dans le système (à l’hôpital). Elle s’est fait dire que le gluten avait aucun rapport et de continuer à en manger!

Pour ma part, j’ai une sensibilité très grande au gluten (peut-être même coeliaque, 1 test sanguin sur 3 a été positif pour anti-transglutaminase mais biopsie négative). Mais avant de savoir ça, en 2018, à 39 ans, rien n’allait, je me suis rendue plusieurs fois à l’urgence, une fois je pensais même faire une crise cardiaque, je ne pouvais plus marcher sans avoir l’impression que j’allais m’effondrer. À part un peu d’arythmie, mes tests sanguins de base sont beau! J’avais l’impression que mon corps tombait en lambeaux à l’intérieur et qu’on me trouverais une maladie rare avec quelques mois à vivre. On m’envoie voir une spécialiste de médecine interne fraîchement sortie de l’université. J’avais espoir d’avoir de l’aide. Après 5 minutes dans son bureau, alors que j’étais en train d’expliquer ma liste de 43 symptômes (et avec mes feuilles de notes personnelles) elle m’arrête et me demande c’est quoi mes passe-temps. Un peu surprise, je répond, elle me dit que je fais de l’anxiété sévère, que je suis probablement obsessive compulsive avec toutes mes notes et d’arrêter d’en prendre, et que je dois me trouver une vie (pour reprendre ses mots « get a life »). Je suis sortie complètement découragée. J’ai commencé à regarder ailleurs…aujourd’hui, je suis la diète hypotoxique à la lettre, depuis 4 ans, j’ai jamais mangé au restaurant. J’avais commencé par sans gluten (il y a 4 ans), ensuite sans produits laitiers et depuis environ 4 mois stricte attention au glycotoxines et je vais beaucoup mieux même si j’ai pas fini de guérir. J’avoue que j’avais sous-estimer l’effet des glycotoxines pour mes problèmes. Merci madame Lagacé pour vos deux livres très bien expliqués et aussi vos livres de recettes, ça aide énormément et c’est délicieux!
Julie

Réponse de Jacqueline: si de tels exemples sont confrontants, il est important de se rappeler que des progrès immenses ont été réalisés au cours des 10 dernières années, à savoir que l’on doit consommer de vrais aliments, éviter le plus possibles les aliments ultra-transformés, tenir compte de ses sensibilités alimentaires propres face à des aliments réputés comme bons pour la santé et être attentif aux répercussions de nos choix alimentaires sur l’équilibre de notre microbiome intestinal, lequel influence le bon fonctionnement de tout notre organisme, dont notre cerveau. En d’autre mots, il faut écouter les messages que nous envoie notre corps.

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L’expérience déplorable de Bernadette auprès d’une diététicienne déconnectée!

Bonjour Madame Lagacé,

Je vous remercie infiniment pour tout le travail de recherche et de vulgarisation que vous avez fait sur l’alimentation hypotoxique. J’ai lu tous vos livres et j’implémente certains changements qui ont un effet important. J’ai notamment un problème de poids, d’intolérance au gluten et aux laits animaux.

Je suis allée voir une diététicienne universitaire pour m’aider à perdre du poids mais elle a refusé de prendre en compte mes problèmes avec le gluten et le lait. Très vite, je me suis retrouvée avec un ventre qui a doublé, une prise de poids notable, un brouillard dans la tête insupportable et un état dépressif. Elle n’était vraiment pas dans l’écoute et comme je ne rentrais pas dans ses cases, elle m’a fait un retour assez violent.

J’ai donc décidé d’arrêter de la voir et après avoir lu vos livres et notamment le fait que le gluten agissait non seulement sur les intestins mais aussi sur le cerveau, j’ai complètement arrêté le pain. Mon état « dépressif » et le brouillard dans ma tête ont disparu en 3 jours. Spectaculaire !

Depuis, je fais votre recette de pain de riz et ça a changé ma vie : enfin je peux me régaler sans avoir le ventre qui gonfle. Il est facile à faire, savoureux et reste moelleux une semaine entière. Je mets 1.5 tasse de farine de riz, 1 tasse de farine de manioc et 1/2 tasse de farine de sorgho. Quand j’entends mon ventre qui gargouille au lieu de gonfler je pense à vous et je vous remercie de tout coeur.

Bien à vous.

Réponse de Jacqueline : il est totalement inacceptable que des diététiciennes ou nutritionnistes ignorent encore en 2023 le fait que le gluten et les produits laitiers animaux  possèdent  des propriétés pro-inflammatoires bien démontrées; il faut reconnaître toutefois que ces connaissances sont encore délaissées dans la formation de l’ensemble des professionnels de la santé même si un nombre croissant d’entre eux s’y intéressent. Il est pourtant bien démontré que de telles propriétés pro-inflammatoires sont susceptibles de perturber le fonctionnement normal du système immunitaire d’une minorité d’individus en raison possiblement de caractéristiques génétiques, épigénétiques ou autres. Chez ces individus sensibles, de telles molécules pro-inflammatoires peuvent induire après une période plus ou moins longue le développement de maladies chroniques.  

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Réponse à la question: pourquoi les régimes se contredisent, les uns préconisent le cru, d’autres le tout cuit? »

M. Barrière, j’avais répondu à cette question en 2014 sous le titre « Avantages et inconvénients des aliments crus et cuits » . J’ai relu et corrigé cet article, qui à part quelques détails n’a pas vieilli. Je le republie aujourd’hui car je suis convaincue qu’il sera utile à la majorité de mes lecteurs.

Les aliments crus et cuits, leurs avantages et leurs inconvénients.  Par Jacqueline Lagacé, Ph.D.

1) L’influence de la cuisson des aliments sur l’évolution de l’homme

Les aliments que nous choisissons de consommer ou non ainsi que leurs modes de préparation ont des conséquences sur la palatabilité (consistance et goût des aliments), l’appétit, la digestion, l’assimilation de leurs différents constituants, l’élimination des déchets et des toxines ainsi que sur les gains énergétiques. Toutes ces fonctions, qui sont influencées par nos caractéristiques génétiques particulières et par notre mode de vie, ont un impact important sur notre santé y compris sur notre système immunitaire dont le rôle est de nous protéger contre le développement de maladies infectieuses et/ou chroniques.
On ne connait pas la date précise du début de la pratique de la cuisson des aliments. On sait toutefois que la cuisson des aliments est une coutume très ancienne si l’on tient compte de la durée de temps requise pour que des adaptations biologiques qui en découlent, telles la réduction de la taille des dents et de la mâchoire, qui sont des conséquences d’une mastication facilitée, deviennent évidentes. En ce qui concerne les intestins qui sont des tissus mous, les études archéologiques ne peuvent pas nous renseigner sur leur anatomie. Toutefois, lorsque l’on compare notre anatomie digestive avec celle des grands singes, les différences incluent un volume intestinal plus petit, un petit intestin plus long, un caecum et un colon plus petits et un transit intestinal plus rapide chez les humains. Ces dernières caractéristiques seraient des adaptations essentielles à une diète relativement élevée en densité calorifique qui caractérise l’utilisation de la cuisson des aliments.

Ainsi, analyser l’influence des aliments crus et cuits nous ramène obligatoirement à l’histoire évolutive de l’homme qui, à partir des pré-hominidés apparus il y a 25 millions d’années, a abouti il y a ± 200,000 ans à Homo Sapiens dont nous partageons encore aujourd’hui les mêmes gènes. Si des évidences biologiques suggèrent que la cuisson des aliments pourrait avoir débuté chez nos ancêtres Homo il y a environ 2 millions d’années, les évidences archéologiques de la maîtrise du feu, sont plus difficiles à situer dans le temps ; selon différentes fouilles effectuées dans des grottes, elles se situeraient entre 250 000 et 1 million d’années. Par exemple, en Chine et en Europe, des traces de feux entretenus sur de longues périodes de temps, montrant la présence de carcasses d’animaux, remonteraient à environ 400 000 ans. Ceci démontre que la cuisson des aliments est loin d’être un évènement récent comparativement à la culture des céréales et à l’élevage des animaux (consommation de laits animaux) qui remontent à environ 10,000 ans, ce qui représente moins de 1% de l’histoire évolutive de l’homme.
S’il apparaît que la viande et les tubercules seraient consommés par nos ancêtres humains depuis au moins 2 millions d’années, ce seraient les ressources énergétiques provenant de ces aliments préparés grâce à l’utilisation du feu qui auraient par leur apport critique d’énergie favorisé un niveau croissant d’activité, une augmentation de la fécondité et du taux de natalité, ainsi que celle de la taille de leurs corps et de leurs cerveaux. On sait qu’encore aujourd’hui, les gains énergétiques associés à la cuisson des aliments restent critiques puisque les protéines animales et les tubercules continuent d’être les aliments de base dans le monde et que les gains énergétiques conférés par la cuisson contribuent à expliquer pourquoi ces aliments sont cuits avant d’être consommés.

Ce sont les processus suivants, dus à la cuisson, qui ont permis d’améliorer la mastication, la consommation, la digestion et l’assimilation des aliments: le fait de briser les barrières physiques des enveloppes et des fibres des aliments; de faire éclater les cellules pour rendre leur contenu plus accessible à la digestion et à l’absorption; de modifier la structure physique des protéines et de l’amidon dans des formes plus accessibles à la digestion par les enzymes; la capacité de réduire la structure chimique des molécules non digestibles en des formes plus petites qui peuvent être fermentées plus rapidement et complètement ; la capacité de dénaturer des toxines et de tuer les pathogènes. De plus, l’adoption de la cuisson des aliments en plus d’accroître la variété des aliments comestibles, aurait créé une nouvelle forme de distribution de la nourriture qui a généré de nouveaux comportements sociaux permettant de mieux gérer les pressions de la compétition alimentaire avec probablement une forte influence sur la psychologie évolutive.

2) Il ne fait pas de doute que les humains sont des omnivores mais à quelle forme d’aliments sont-ils les mieux adaptés biologiquement ?

Est-ce qu’il y a des variétés et/ou des combinaisons particulières d’aliments ou de modes de préparation qui sont mieux adaptés à l’anatomie et à la physiologie homo et qui sont aptes à favoriser un développement plus harmonieux? C’est à ces questions que les chercheurs tentent de répondre à partir de leurs observations et de leurs analyses. Même si la consommation de viande pourrait avoir contribué à la qualité de la diète des hommes préhistoriques, le seul fait de consommer de la viande serait insuffisant pour supporter le développement des caractéristiques de l’homme moderne parce que ce dernier ne répond pas de façon optimale à une diète crue même lorsqu’elle comporte de la viande. Des paléontologistes suggèrent que la cuisson confère des bénéfices physiques et chimiques aux aliments qui sont consistants avec les adaptations alimentaires humaines observées telles la mastication, l’augmentation de la digestibilité des aliments ainsi que les gains énergétiques nets obtenus à partir des plantes et des animaux consommés régulièrement par les humains. Les travaux de recherche en anthropologie montrent que la cuisson des aliments aurait permis d’améliorer plusieurs aspects de la biologie évolutive des humains du Paléolithique tels l’augmentation du cerveau, de la masse corporelle, de la vitesse de croissance et de reproduction, la défense contre les parasites et les agents pathogènes d’origine alimentaire ainsi que la capacité de se déplacer sur de longues distances. Ces changements évolutifs seraient reliés à une meilleure palatabilité et digestibilité par la gélatinisation des amidons, la dégradation des fibres, la prédigestion des protéines qui permettent à la fois des gains énergétiques tirés des aliments tout en réduisant le coût énergétique de la désintoxication et de la défense contre les pathogènes. (cc-1). Un des grands avantages de la cuisson est de tuer les bactéries d’origine alimentaire incluant des souches associées à de la viande crue telles Escherichia coli, Salmonella, Campylobacter, Staphylococcus and Listeria. Si ingérés vivants, ces pathogènes régulent à la hausse le système immunitaire en augmentant le coût énergétique du métabolisme de base pour protéger l’organisme contre ces pathogènes dans le meilleur des cas.

L’observation des aborigènes d’Australie, dont le mode de vie serait encore proche de celui de la période Paléolithique, montre que la cuisson des aliments était importante à cette époque: ces derniers font cuire 94.1% des racines ( 51 espèces), 87.5% des noix (16 espèces), 84.4% des graines (45 espèces). De plus, la prédigestion des amidons par la cuisson a une importance particulière pour les humains puisque dans presque toutes les sociétés les aliments riches en amidon constituent les denrées prédominantes durant une grande partie de l’année.

3) Les performances physiologiques seraient compromises chez les crudivores

Il apparaît que de nombreux crudivores ne limitent pas la quantité de nourriture qu’ils consomment puisqu’ils disent avoir faim constamment même s’ils mangent fréquemment. Les humains qui suivent une diète végétarienne prennent plus de poids et montrent une meilleure capacité reproductive lorsqu’ils consomment une alimentation cuite plutôt qu’une alimentation crue. Ainsi, consommer uniquement des aliments crus fournit moins d’énergie tel que démontré chez les femmes crudivores qui présentent des taux d’aménorrhée (absence ± prolongée de menstruation) ou d’irrégularité menstruelles plus élevées que celles qui consomment des aliments cuits. Les travaux de Koebnick et al., ont montré que les menstruations étaient absentes chez 23% des femmes en âge de procréer qui consommaient au moins 70% de leurs aliments sous forme crue et chez 50% de celles crudivores à 100%. Il est révélateur que l’addition de viande crue à leur diète végétarienne n’améliore pas la situation. Par contre, les femmes végétariennes qui consomment des aliments cuits ne montrent pas de tels problèmes. Donc les problèmes ovariens ne sont pas dus à une alimentation végétarienne mais bien à une alimentation exclusivement crue à long terme. Une autre étude crédible a permis de démontrer, à la fois chez des hommes et des femmes, qu’une diète essentiellement crue à long terme, était associée à une masse osseuse plus faible comparativement aux témoins contrôles, au niveau de zones cliniquement importantes telles la colonne lombaire et les hanches, sans qu’une augmentation du « Turnover » osseux ou un manque de vitamine D aient été décelés.

De plus, les crudivores qui désirent engraisser n’y arrivent pas même si les végétaux qu’ils consomment sont de grande qualité telle des graines et légumineuses germées, des pousses vertes, des fruits, des noix et des céréales incluant des huiles. Il est remarquable que même si les crudivores s’opposent à la cuisson des aliments, ils les préparent avec soin à l’aide de méthodes de broyage, de germination, de compression et même de la chaleur jusqu’à 48 ° C (118 °F). Certains auteurs affirment même que l’analyse nutritionnelle d’une diète d’aliments crus naturels qui présentent des valeurs énergétiques faibles et qui sont riches en fibres peuvent limiter l’apport énergétique dans des communautés traditionnelles de telle sorte que cette diète complique leur survie et leur reproduction.

Ceci suggère que chez les humains, les gains calorifiques conférés par la cuisson peuvent non seulement être avantageux mais être nécessaires à long terme pour des fonctions biologiques normales. Il serait donc utile que l’étiquetage des denrées alimentaires tienne compte de la préparation des aliments, ce qui n’est pas le cas actuellement. Cette inéquation entraîne des erreurs d’estimation des apports nutritionnels concernant les aliments cuits.

Dans le même ordre d’idée, des expériences ont démontré que des souris nourries avec des viandes cuites développent une masse corporelle plus grande que celles nourries avec des viandes crues même lorsqu’elles en consomment moins (poids secs) démontrant que la cuisson augmente l’énergie extraite par gramme de viande consommée. Ce paradoxe peut s’expliquer en grande partie par la meilleure digestibilité des aliments cuits, leurs coûts énergétiques moindres durant la digestion et le fait que le système immunitaire soit moins sollicité puisque la cuisson tue la grande majorité des pathogènes. De plus, des travaux ont démonté que deux groupes d’individus qui consomment les mêmes aliments tout en comptant les calories, expérimentent un gain de poids plus important pour un niveau d’activité physique comparable selon qu’ils consomment leurs aliments cuits plutôt que crus.

En conclusion, les études qui montrent une masse corporelle et une capacité reproductrice moindres parmi les individus qui suivent une diète végétarienne crudivore suggèrent que la cuisson est nécessaire chez les humains pour extraire efficacement l’énergie à partir des végétaux même quand ces aliments ont été modifiés par l’agriculture et ont été traités par des procédés non thermiques. La possibilité que la cuisson soit obligatoire repose sur le fait que des calculs suggèrent qu’une diète crue ne peut apporter la quantité de calories suffisante pour le mode de vie d’un chasseur cueilleur normal. Plus précisément, plusieurs plantes sont trop riches en fibres lorsqu’elles sont crues alors que la plupart des viandes crue apparaissent trop difficile à mastiquer.

4) Les bienfaits d’une diète crue

Une diète crue s’avère efficace pour contrer les problèmes de gain de poids. Plusieurs aliments conservent mieux les qualités de plusieurs nutriments lorsqu’ils sont consommés crus car la chaleur peut détruire des nutriments tels les vitamines solubles dans l’eau, plusieurs anti-oxydants et des gras non saturés. De plus, les effets bénéfiques des fibres alimentaires à la fois insolubles et solubles peuvent être altérées et réduits par la cuisson.
L’alimentation crue en stimulant le système immunitaire favoriserait la prévention des maladies inflammatoires chroniques y compris les maladies cardio-vasculaires et les cancers. Les aliments crus favoriseraient également la capacité d’améliorer le contrôle du glucose sanguin chez les diabétiques.

La cuisson des protéines animales à haute température (≥ 110°C ou 230°F) génère des glycotoxines (advanced glycation end products (AGEs)) qui favorisent le développement de maladies chroniques alors que le fait de griller des viandes à très haute température entraîne la formation de composés carcinogènes tels les amines hétérocycliques. De plus, la cuisson à partir de110°C ou 230°F de certaines céréales (blé et céréales apparentées) et de certains légumes (pommes de terre) qui contiennent de grandes quantités d’un acide aminé nommé asparagine entraîne le développement d’une glycotoxine neurotoxique, l’acrylamide, suite à son association avec des sucres tel l’amidon.

On insiste beaucoup sur les bienfaits d’une alimentation crue. Par exemple, on affirme que les enzymes contenus dans les aliments crus, lesquels sont détruits par la cuisson, favorisent la digestion. Une certaine digestion par les enzymes des végétaux est probable dans la bouche par contre le problème est que je n’ai trouvé aucune étude qui démontre que ces enzymes de plantes peuvent résister à l’acide chlorhydrique présente dans l’estomac. De plus, comment imaginer que des enzymes de plantes aient évolué de sorte qu’ils résistent à un pH approximatif de 2 tel celui de l’acide gastrique ?

L’alimentation crue repose sur une grande quantité de végétaux variés. En alimentation crue, les grains, les noix et les légumineuses doivent subir des traitements parce ce que ces aliments contiennent des anti-nutriments et des inhibiteurs d’enzymes (phytates ou acide phytique, lectines, saponines et inhibiteurs de protéase) À moins d’être désactivés, ces anti-nutriments peuvent nuire à la digestion et à l’assimilation des nutriments. Le trempage dans de l’eau, la germination, différentes formes de fermentation permettent de rendre disponibles les différents nutriments de ces aliments en neutralisant une partie de ces anti-nutriments et en augmentant le potentiel de leurs activités biologiques telles l’augmentation de la production d’antioxydants et de vitamines, particulièrement celles du complexe B des aliments ainsi traités. Il est important de faire tremper les légumineuses et de les préparer de façon adéquate selon leurs caractéristiques car les humains ne possèdent pas des enzymes digestives capables de réduire les phytates. De plus, suite à leur trempage et à leur germination, les légumineuses telles les lentilles, les haricots mungo, les niébés, les fèves soya et les graines de radis, de brocoli, et de tournesol montrent une augmentation de leurs qualités nutritives en lien avec leurs propriétés antioxydantes dues aux polyphénols (simple phénols, acides phénoliques, coumarines, flavonoïdes, stilbènes, tannins, lignanes et lignines)

Il a été démontré que différentes conditions de trempage (ajout de jus de citron par exemple) et/ou de germination des légumineuses et des graines, selon les temps d’exposition à la lumière, en fonction de leurs caractéristiques propres, peuvent influencer significativement le potentiel de leurs activités biologiques. Ainsi, dans le cas des lentilles, un éclairage continu et une durée de la germination de 3-4 jours peuvent augmenter leur profil phénolique ce qui peut se traduire par une augmentation significative de leur potentiel antioxydant.

N.B. : le trempage et la cuisson des légumineuses inactivent les anti-nutriments contenus dans les légumineuses sans toutefois entraîner l’augmentation de l’activité biologique obtenue par la germination. D’autre part, l’inactivation par trempage et germination n’éliminent pas complètement l’activité des anti-nutriments.

5) Quelles sont les conditions de préparation des aliments les plus aptes à favoriser leurs potentiels pro-santé ?

5.1 ’influence de la cuisson sur l’activité anti-oxydante et/ou anti-cancérigène des légumes.

Les végétaux contiennent plusieurs composés antioxydants hydrophiles et/ou lipophiles. Il y a synergie entre ces composants antioxydants dans leur efficacité à capter les radicaux libres causes d’oxydations et de vieillissement accéléré. Les antioxydants agissent aussi en tant que chélateurs de métaux donc comme détoxifiants. Il y a de plus des évidences que des molécules telles les isothiocyanates contenus dans les végétaux de la famille des crucifères auraient un impact épigénétique dans la prévention de cancers. Ainsi, les antioxydants peuvent réguler les réponses inflammatoires et immunitaires et exercer des propriétés anti-ulcéreuses comme c’est le cas pour les sulforaphanes et les isothiocyanates du brocoli ainsi que pour l’allicine de l’ail. Comme la plupart des légumes sont consommés après cuisson, il est important de connaître quels sont les modes de cuisson à privilégier et dans quel cas il est vraiment important de consommer certains d’entre eux sous leur forme crue.

Le mode de cuisson par ébullition dans de l’eau constitue le mode de cuisson qui induit les plus grandes pertes d’antioxydants pour la majorité des légumes et particulièrement pour le chouxfleur, les pois et les zucchini. Quelques légumes conservent malgré tout un peu plus de 60 % de l’activité de leurs antioxydants lors de ce type de cuisson, il s’agit de l’artichaut, du chou, du kale, des choux de bruxelle, du radis, de l’ail, de la betterave, de l’haricot vert et des asperges. Par contre, l’ail perd sa capacité de piégage des métaux lors de la cuisson par ébullition. À l’opposé, la bette à carde et les poivrons sont les plus affectés par tous les modes de cuisson en ce qui concerne la préservation des antioxydants. La cuisson vapeur par pression (Presto) par opposition à la cuisson vapeur douce, entraîne une perte importante (25-50%) des antioxydants chez la très grande majorité des légumes à l’exception de ceux qui résistent à l’ébullition. Par contre quelques rares études utilisant la cuisson à la vapeur douce montrent que le chou-fleur ainsi que des plantes de jardin consommées dans la diète Méditerranéenne conservent un pourcentage élevé de leur contenu en antioxydants. L’avantage secondaire de la cuisson à la vapeur douce dans le cas des plantes de jardin était que dans 7 cas sur huit, la quantité de nitrate était diminuée par comparaison avec les plantes non cuites.

Une étude physiologique de Vermeulen démontre de plus que la consommation de brocoli cru résulte en une absorption plus rapide, une plus grande bio-accessibilité et un pic plasmatique plus élevé des substances anti-cancérigènes que le brocoli cuit. Il a été également démontré que la consommation de crucifères crus réduirait le risque de développer un cancer de la vessie.

L’ail cru présente une action protectrice contre le cancer du poumon. Cette action est dépendante de la dose-réponse, ce qui est une preuve difficilement contestable de l’efficacité de l’ail cru en tant qu’agent chimio préventif du cancer du poumon.

5.2) Stabilité et bio-accessibilité des différentes formes de carotènes et de vitamine A.

La cuisson amollit les membranes et facilite l’extraction des caroténoïdes. La perte des vitamines tout comme celle des antioxydants varie avec le mode de cuisson. La friture, globalement est un mode de cuisson très défavorable parce qu’elle déshydrate les légumes permettant ainsi au gras de pénétrer dans les aliments. De plus, les aliments cuits dans de l’huile déjà utilisée (restaurants) contiennent des niveaux élevés de produits polymérisés indésirables au point de vue santé.

Les carotènes présents dans de nombreux fruits et légumes sont instables et peu bio-accessibles. La meilleure source de carotène provient des épinards cuits pour une valeur de 2.6 mg/100 g de matière sèche comparativement à 2.0 mg/100 g de matière sèche pour les épinards crus. C’est sous forme de jus de carottes cru que l’on obtient la plus grande quantité de vitamine A bio-accessible soit 1850 µg/100 g de matière sèche.  Par comparaison on obtient  790 µg/100 g de matière sèche avec les épinards cuits et 80 µg/100 g de matière sèche avec les épinards crus. Il y a donc près de 10 fois plus de vitamine A bio-accessible dans les épinards cuits que dans les épinards crus.

5.3) L’effet de la cuisson sur l’activité anti-plaquettaire (inhibition de l’agrégation des plaquettes sanguines responsables de la coagulation du sang) de l’oignon et de l’ail.

Les oignons et l’ail sont riches en substances anti plaquettaires (SAA) qui peuvent contribuer à la prévention des maladies cardio-vasculaires. De façon générale même si la cuisson affecte l’activité anti-plaquettaire contenue dans les légumes, les effets varient selon le mode de préparation de ces légumes. Il a été démontré que l’activité SAA de ces légumes peut être préservée en grande partie si les bulbes sont intacts et que la durée de la cuisson ne dépasse pas 10 min. à une température moyenne. Par contre, si l’on désire conserver l’activité maximale anti-plaquettaire des oignons et de l’ail, ces derniers devraient être coupés en petits morceaux et consommés crus.

5.4) L’activité antimicrobienne du jus d’ail frais

Il a été démontré que le jus d’ail frais possède une activité antimicrobienne importante contre Escherichia coli, Staphylococcus aureus, Streptococcus hemolyticus B, S. hemolyticus A, Klebsiella sp., Shigella dysenteriae et Candida albicans. Candida albicans est une levure responsable de plus de 70 % des infections vaginales et de 60% des infections urinaires qui touchent un nombre considérable de femmes au cours de leur vie. C’est ce microorganisme qui est le plus sensible à l’activité antimicrobienne du jus d’ail frais. Le jus d’ail frais doit être consommé rapidement à une concentration de 5% ou plus et il ne doit pas être conservé même à 4°C.

5.5) La cuisson à la vapeur douce de certains légumes améliore la détoxication de l’organisme.

La cuisson à la vapeur douce améliore de façon significative la capacité du chou vert, du kale, des feuilles de moutarde, du brocoli, et du poivron vert à se lier aux acides biliaires et à favoriser leur excrétion fécale comparativement aux valeurs obtenues lorsque ces mêmes légumes sont consommés crus. Tous ces légumes verts lorsqu’ils sont consommés régulièrement suite à une cuisson à la vapeur douce diminueraient le risque de maladies cardiovasculaires et de cancer.

5.6) Effets de la cuisson sur la biodisponibilité du calcium, du fer et du zinc contenus dans les légumineuses.

Les fèves blanches contiennent du calcium, fer et zinc mais également des phytates, oxalates, protéines, polyphénols et des sucres complexes qui interagissent avec les minéraux et qui affectent leur biodisponibilité. Des expériences ont démontré que la cuisson augmentait le pourcentage de biodisponibilité du calcium (disponibilité de 18.8% par rapport à 3.6 pour le cru), du fer ( 33.7% par rapport à 1.7%) et du zinc (17.2% par rapport à 2.1 %). (cc-10). Cette plus grande disponibilité de ces minéraux serait dûe à la diminution des substances anti-nutritives (phytates) lors de la cuisson.

6) Conclusion

Il est maintenant évident que la diète est un facteur qui influence fortement la santé humaine et on ne peut plus continuer à la considérer comme de la simple nutrition. Une diète idéale que l’on peut qualifier du terme de nutrigénomique* doit s’appuyer sur les données de l’évolution, de la génétique et de l’épigénétique pour le choix des aliments et leurs modes de préparation. Une telle alimentation doit permettre de répondre le mieux possible aux exigences de notre physiologie pour le maintien d’une santé équilibrée capable de moduler l’homéostasie (équilibre de fonctionnement) de tout l’organisme et en particulier celle du système immunitaire, des fonctions de désintoxication de l’organisme, ainsi que l’expression appropriée de nos gènes.

Le fait de consommer des aliments cuits et/ou crus ainsi que les techniques utilisées pour préparer les aliments ont une grande influence sur leurs propriétés nutritives et leur bio-disponibilité. Comme il n’est pas toujours évident que tel principe de préparation (cru et/ou cuit) est nécessairement idéal pour tirer le maximum de bienfaits de tel aliment particulier, il est indiqué de consommer, lorsque c’est possible, les mêmes aliments sous leur forme crue et cuite. De plus, le choix d’un mode de cuisson qui protège le plus possible les principes actifs des aliments s’impose. La cuisson des végétaux à la vapeur douce semble être préférable.

Des travaux de recherche suggèrent fortement qu’une alimentation exclusivement crue et à long terme, n’est pas bien adaptée à notre génétique; ceci n’exclut pas le fait que certaines personnes peuvent profiter de ce mode d’alimentation mais il est clair que ce mode d’alimentation ne convient pas à tous : ne pas oublier la règle d’or en alimentation qui peut se résumer dans cette simple phrase « Écoute ton corps », ceci parce qu’il existe des variations interpersonnelles importantes entre les individus.

Il est important de préciser que des quantités adéquates de nutriments provenant d’une alimentation équilibrée qui tient compte des caractéristiques pro-inflammatoires de certains aliments en fonction des prédispositions génétiques des individus, joue un rôle important dans le maintien de la santé, la prévention et la mise en rémission de maladies d’inflammation chronique. On reconnaît également l’importance de la consommation d’antioxydants, contenus dans certains de nos aliments lesquels sont aptes à jouer un rôle dans la prévention et le traitement des maladies inflammatoires chroniques, incluant les maladies neuro-dégénératives.

Pour conclure, il est urgent de reconnaître que plus nos aliments sont transformés par l’industrie alimentaire, plus on observe une croissance accélérée des maladies inflammatoires chroniques alors même que la science de l’épigénétique nous apprends que les changements pathologiques ainsi observés peuvent se répercuter chez les générations suivantes.

* : La nutrigénomique est la science qui étudie la façon dont les gènes et les nutriments interagissent et qui explique pourquoi les personnes réagissent différemment aux nutriments en fonction de leurs variations génétiques.

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6 Commentaires

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Monique H. un témoignage éclairant et inspirant…  

Je souffrais d’une spondylarthrite, très active encore il y a 9 ans. Le régime hypotoxique a réduit l’inflammation à 40% environ. Ensuite, grâce au blog, j’ai poussé le régime beaucoup plus loin en supprimant tout ce qui était potentiellement inflammatoire (je ne mangeais plus grand chose) et j’ai réintroduit un par un ces aliments et j’ai vu lesquels me convenaient ou non. J’ai encore bien progressé du point de vue de l’inflammation mais en supprimant beaucoup.

En parallèle j’ai vu un praticien de médecine chinoise et j’ai entrepris une détox des métaux lourds (j’en étais envahie) et des vaccins. Ce praticien était capable de tester tout ce qui provoquait chez moi de l’inflammation, en prenant le pouls, que ce soit de la nourriture, des compléments alimentaires ou des médicaments nocifs pour moi. J’ai continué de progresser.
Ensuite mon homéopathe m’a conseillé de prendre des granions de sélénium, qui ont  la propriété de désintoxiquer l’organisme.  J’ai testé et fini par prendre 5 ampoules la semaine, sans effet secondaire. A ce moment j’ai beaucoup progressé. Pour finir il m’a conseillé un probiotique.

 C’est ce qui s’est vraiment passé et qui m’a permis de manger presque normalement, sauf le gluten, les laitages de vache et quelques autres aliments comme l’alcool, les amandes…que je peux prendre en petites quantité. Aujourd’hui, après tout ce long parcours, accompagné par le praticien de médecine chinoise et l’homéopathe, je vis normalement, je peux refaire de la marche sur 2 heures ou plus et d’autres sports sans réactions inflammatoires.

Continuer de surveiller mon alimentation, réduire le sucre , prendre de l’huile de lin chaque jour pour les Oméga 3 (anti inflammatoires), continuer 2X l’an les détox de métaux lourds, prendre des probiotiques, manger bio est indispensable,  je n’ai plus d’inflammation aujourd’hui, moins que certaines personnes qui n’ont pas de maladie inflammatoire!
J’ai moi aussi encore amélioré la situation en prenant du soufre, sulfure complexe de chez COPMED, 2X 3 mois dans l’année.

Voilà ce que j’ai fait, ça a pris quelques années mais ça a bien marché. Le livre de Jacqueline Lagacé a été déterminant, puis le blog, où il était écrit qu’il fallait pousser le régime plus loin pour certains. J’espère vous aider. Bon courage à tous!  Monique Haguelon

Réponse de Jacqueline :

Merci Monique  pour votre témoignage qui décrit le cheminement long  et exigeant qui vous a permis de retrouver la santé.  J’ai cité ci-dessous quelques articles scientifiques qui vont dans le même sens que votre démarche car votre expérience pourrait inspirer plusieurs lecteurs.

1) Les traitements suivis par Monique

Comme le suivi élargi de la diète hypotoxique n’avait que partiellement résolu  votre problème d’inflammation chronique, il semble bien que ce soit votre démarche auprès d’un praticien de médecine chinoise qui a permis de diagnostiquer et de corriger, au moins partiellement, une intoxication aux métaux lourds, en plus de vous avoir aidée à mieux sélectionner les substances  que votre organisme peut tolérer. En second lieu, un homéopathe vous a recommandé des granions de sélénium et  des probiotiques qui ont selon vous complété le travail de détoxification aux  métaux lourds.   L’intérêt du sélénium, lequel  est intégré dans des sélénoprotéines serait apparemment  dû à ses propriétés anti-oxydantes qui aident à décomposer les peroxydes car ceux-ci peuvent endommager les tissus et l’ADN, ce qui entraîne de l’inflammation et des problèmes de santé.

Explications supplémentaires:

a) à propos des métaux lourds :

https://www.copmed.fr/fr/content/70-metaux-lourds-comment-sen-debarrasser-naturellement-

b) La consommation quotidienne par Monique d’huile de lin semble avoir eu des effets positifs au-delà des bienfaits reconnus des  omega-3 puisque cette huile,  tout comme l’huile de sésame protègerait  le foie, le colon et la moëlle osseuse via des activités anti inflammatoire et anti-apoptose (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31476324/)  (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36707815/). Ces études suggèrent que ces huiles ont des applications thérapeutiques potentielles contre la toxicité chimique induite par l’arsenic.

c) à propos du soufre :

https://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/PalmaresNutriments/Fiche.aspx?doc=soufre_nu)

2) Impact secondaire apparent de la désintoxication aux métaux lourds dans la démarche anti-inflammatoire de Monique

À mon avis, il est significatif que suite à la désintoxication de l’organismes de Monique aux métaux lourds, ses nombreuses  intolérances alimentaires aient diminué de façon drastique et se limitent dorénavant aux aliments formellement interdits dans la diète hypotoxique,  soit le  gluten, les laitages animaux, l’alcool et les sucres ajoutés en raison  de leur pouvoir pro-inflammatoire marqué. Il est également important  de rappeler que Monique doit suivre deux fois l’an des séances de désintoxication aux métaux lourds.  Cela indique probablement que Monique souffre d’une sensibilité aux métaux lourds qui pourrait être plus prononcée que chez la moyenne des gens, peut-être en raison de la  capacité plus limité de ses reins à éliminer les métaux lourds.

Outre les méthodes plus drastiques, il existe différentes méthodes de détoxication douces aux métaux lourds  à l’aide de probiotiques,  de micro-algues et du sauna à infrarouge,  méthodes qui sont susceptibles de permettre d’éliminer graduellement les métaux lourds de façon douce.

1) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32821997/

Probiotics: A Promising Generation of Heavy Metal Detoxification

Résumé de cet article traduit en français

Différentes toxines environnementales, en particulier les métaux lourds, existent dans le sol, l’eau et l’air  et ont des effets toxiques sur les humains et les animaux.  Ces éléments toxiques sont répandus dans l’environnement (donc par la force des choses dans des aliments) provoquant diverses perturbations des systèmes biologiques.  Plusieurs stratégies ont été appliquées récemment pour atténuer la contamination aux  métaux lourds ; cependant, la plupart de ces stratégies sont  coûteuses et semblent  hostile à notre environnement. Les probiotiques sont des bactéries cellulaires vivantes présentant des caractéristiques bénéfiques pour la santé humaine. Les Lactobacillus et les Bifidobacterium représentent les  principaux groupes de probiotiques ; des  Bacillus et des levures sont considérées également comme des probiotiques. Le rôle vital des probiotiques dans le maintien de la santé corporelle a déjà été étudié. Les probiotiques sont  connus pour leur importante capacité à lier de nombreuses cibles (tels par exemple les métaux lourds)  et à les éliminer avec les excréments. Ces cibles peuvent être l’aluminium, le cadmium, le plomb ou l’arsenic. La revue actuelle discute de l’histoire des probiotiques et de leur rôle détoxifiant  face aux  métaux lourds, de leurs mécanismes dont les  actions  modulatrices s’exercent à l’encontre des  différentes perturbations des voies de signalisation associées à l’accumulation de métaux lourds dans les systèmes biologiques. 

2) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34329091/

Probiotics and gut microbiome – Prospects and challenges in remediating heavy metal toxicity

Résumé de l’article :

Le microbiome intestinal, souvent appelé « super organe », comprend jusqu’à cent mille milliards de micro-organismes, et la diversité des espèces peut varier d’une personne à l’autre. Ils jouent un rôle déterminant dans diverses fonctions biologiques liées au métabolisme, à l’immunité et aux réponses neurologiques. Cependant, le microbiome est sensible aux polluants environnementaux, notamment aux métaux lourds. Il existe une interaction continue entre les métaux lourds et le microbiome. L’exposition aux métaux lourds retarde la croissance et modifie la structure des microorganismes impliqués dans le microbiome intestinal. Le  microbiome intestinal tente de détoxifier les métaux lourds en modifiant les conditions physiologiques, la perméabilité intestinale et en améliorant les enzymes nécessaires au métabolisme des métaux lourds. Cette revue résume l’effet des métaux lourds sur  le  microbiome intestinal, les mécanismes par lesquels le microbiote intestinal détoxifie les métaux lourds, les maladies qui se développent  suite à la  dysbiose du microbiome intestinal induite par les métaux lourds ainsi que l’utilisation des probiotiques découlant de l’amélioration de souches  recombinantes  aptes à remédier à la toxicité des métaux lourds.

3) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36720046/ 

Food and drug industry applications of microalgae Spirulina platensis: A review

Résumé partiel

La composition chimique de la spiruline, riche en vitamines, minéraux, composés phénoliques, acides gras vitaux, acides aminés et pigments, peut être bénéfique pour la santé humaine lorsqu’elle est ingérée.  Les effets pharmacologiques comprennent des effets antibactériens, anticancéreux, métalloprotecteurs, immunostimulants et antioxydants. La spiruline  module les activités immunologiques et possède des qualités anti-inflammatoires qui  empêchent les mastocytes de libérer de l’histamine. Grâce à sa grande quantité de protéines, de glucides, de lipides, d’acides aminés et de gras vitaux, de minéraux alimentaires et de vitamines, la spiruline peut exercer les actions nommées précédemment.  

4)https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33764544/

The cell wall of green microalgae and its role in heavy metal removal

Résumé partiel

Cette revue se concentre sur la composition et la structure de la paroi cellulaire des microalgues les plus couramment utilisées pour l’élimination des métaux lourds et montre le rôle de leur paroi cellulaire dans le processus de bio-absorption. Cette revue vise également à décrire  les modèles les plus couramment utilisés pour prédire la vitesse de bio-absorption des microalgues et leurs capacités d’élimination des métaux lourds.

5) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36207634/

Effect of water filtration infrared-A (wIRA) sauna on inorganic ions excreted through sweat from the human body

Résumé partiel

La sueur dégagée à la suite de l’exposition au sauna joue un rôle important dans l’élimination des ions inorganiques accumulés dans le corps, notamment les métaux lourds.

3) Hypothèse émise suite à la lecture du témoignage de Monique H.

J’ai qualifié le témoignage de Monique par les mots éclairant et inspirant parce que :

a) il semble bien que c’est la désintoxication de son organisme aux métaux lourds qui a permis à Monique de complémenter le traitement  anti inflammatoire amorcé par la diète hypotoxique ;  en second lieu, c’est cette désintoxication qui semble lui avoir permis de consommer à nouveau sans problème une diète normale,  à l’exception des aliments  reconnus pour leur pouvoir pro-inflammatoire marqué (gluten, produits laitiers animaux, alcool, sucre ajoutéet) dont l’interdiction est à la base des régimes anti-inflammatoires.

2) il y a un lien possible du témoignage de Monique avec quelques témoignages reçus de la part  de personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques qui étaient devenues  tout-à-coup sensibles au riz et à d’autres céréales et/ou autres aliments après quelques années de diètes sans gluten mais comportant beaucoup de riz.  

3) des articles ont démontré que les personnes qui suivent un régime sans gluten (lequel entraîne très souvent une consommation quotidienne importante de riz) présentent des taux de concentration de métaux lourds  (arsenic, mercure)  dans  le sang et l’urine à des taux plus élevés que chez les personnes qui suivent une diète normale,  même si ces concentrations sont loin d’atteindre le niveau considéré comme toxique tel que démontré par la méta-analyse  suivante (https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37447301/)

4) le témoignage de Monique et les quelques témoignages reçus affirmant que de nouvelles sensibilités alimentaires se seraient  développées après  quelques années  de suivi d’une diète sans gluten m’interpellent;  il est possible qu’il y ait un lien entre les intolérances multiples qui se sont développées à la longue et la présence de métaux lourds provenant du riz consommé en grande quantité et sur le long terme. C’est un fait reconnu que le riz est souvent consommées en grande quantité dans les régimes sans gluten en raison de son coût  bas par rapport à celui des autres céréales sans gluten et parce qu’il entre très souvent  non seulement dans la confection du pain  mais également dans de nombreux plats variés et appréciés.

5) Dans les faits, peu de gens qui suivent une diète sans gluten ont fait part d’intolérances multiples et/ou de manifestations d’intoxication aux métaux lourds ;  lorsque ce genre de problème est présent,  il est probable qu’il s’agisse de personnes dont les reins sont moins performant pour à éliminer les métaux lourds en raison de l’âge ou de d’autres facteurs de fragilité, qu’ils soient d’origine génétique ou autres.  Il est reconnu qu’au Canada, 10% de la population souffre d’insuffisance rénale de façon importante. Ce pourcentage n’inclut pas les insuffisances rénales légères et modérées.   

Conclusion

Lorsque qu’une diète anti-inflammatoire suivie correctement après plus d’un an ne permet pas de diminuer de façon marquée le taux d’inflammation (CRP inférieur  à 5mg/L par exemple), il serait bon de consulter un praticien qualifié en santé pour faire évaluer le taux de métaux lourds présent dans son organisme; une désintoxication de l’organisme aux métaux lourds pourrait aider à retrouver la santé et une meilleure qualité de vie, avec peut-être la possibilité d’éliminer  des intolérances alimentaires qui semblent en lien avec la présence de métaux lourds selon le témoignage de Monique.

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