N.B. : La question de Nathalie exigeait une réponse exhaustive car il était nécessaire de situer dans leur contexte la méthode du Pharmachien et la pertinence scientifique de la diète hypotoxique; cela d’autant plus que ma réponse s’adresse également à ceux et celles qui n’ont pas lu mes livres et qui se questionnent au sujet de la crédibilité du Pharmachien.
Bonjour Mme Lagacé,
Je lis votre article et tout de suite après je lis un article du Pharmachien et je ne sais plus qui croire. J’ai des problèmes diverses au niveau neurologique et je cherche depuis un an. Je croyais voir une corrélation entre le gluten et mes problèmes mais je ne sais plus. Il me semble pourtant que lorsque je mange du pain mes fourmillements reviennent…
Bonjour Nathalie,
Suite aux attaques souvent virulentes, mal documentées et généralement injustes du Pharmachien envers des praticiens et/ou des pratiques de médecines complémentaires, on peut comprendre votre scepticisme et vos doutes quant à la pertinence et à l’efficacité thérapeutiques de ces thérapies. D’après votre commentaire, cela vous influence suffisamment pour que vous doutiez de votre propre ressenti suite à la consommation de gluten. Pourtant depuis les années 80, grâce aux avancées remarquables des techniques d’analyses utilisées en recherche biomédicale, les preuves de la nocivité du gluten chez un pourcentage non négligeable d’individus n’ont cessé de s’accumuler. Parallèlement, les témoignages de milliers de personnes, qui dans la grande majorité des cas affirment avoir mis fin à leurs douleurs causées par des maladies inflammatoires chroniques, ou tout au moins de les avoir fortement diminuées en suivant les principes d’une diète sans gluten, ne peuvent être ignorés tant ils sont nombreux et cela dans plusieurs pays.
Malgré toutes ces nouvelles donnes qui prouvent le pouvoir pro-inflammatoire du gluten et sa nocivité potentielle, le Pharmachien, un professionnel de la santé diplômé en pharmacie, qui s’octroie de façon inappropriée et avec emphase le titre de « Scientifique » (terme généralement réservé aux chercheurs) ignore apparemment les articles récents sur le sujet, se moque des patients qui témoignent du bien-fondé de ces diètes, tout en affirmant le plus sérieusement du monde vouloir protéger le public contre toute forme d’abus et de mensonges dans le domaine de la santé. Dans ce contexte, je recommande la lecture de l’article suivant : L’article de Jacqueline Lagacé publié dans le magazine français »biocontact » de novembre 2016
L’acharnement du Pharmachien à faire le procès des thérapies non conventionnelles semble traduire la crainte que ces dernières menacent l’hégémonie de la médecine conventionnelle au Québec. Il est regrettable de constater qu’un professionnel de la santé, dont les critiques subjectives sont généralement mal documentées sur nombre de sujets qu’il dénonce, continue de jouir depuis 2016 d’une large tribune de diffusion en l’occurrence son émission télévisée hebdomadaire « Le Pharmachien » présentée sur le canal Explora de Radio-Canada et même à l’occasion sur Ici Radio-Canada Télé.
S’il est important de reconnaître les forces évidentes de la médecine conventionnelle pour traiter les problèmes aiguës de santé (pharmacologie, infectiologie, orthopédie, oncologie, chirurgie, antibiothérapie, urgences cardiaques), il faut convenir que la médecine conventionnelle rencontre de nombreux insuccès lorsqu’il s’agit de traiter efficacement les malades atteints de maladies inflammatoires chroniques. Dans le contexte des maladies chroniques, il s’avère primordial de reconnaître le rôle crucial des médecines complémentaires qui sont axées pour leur part sur la promotion de la santé globale et holistique de l’individu, ce qui implique la prévention et le traitement des différentes composantes de l’être humain : physique, émotive, psychologique et énergétique. Mettre l’accent sur la prévention, l’amélioration des traitements des maladies qui répondent de façon insatisfaisante à la médecine conventionnelle et mieux soigner les maladies chroniques exige de s’attarder aux causes véritables des maladies chroniques qui sont dues généralement aux modes de vie, tels l’alimentation, le manque d’exercice, un microbiome déséquilibré, etc, plutôt que de tenter d’endormir les symptômes.
Ce n’est pas sans raison et sans preuves que les forces les plus progressives en soins de santé dans quelques universités américaines, canadiennes et européennes tentent d’associer depuis quelques années les pratiques de la médecine conventionnelle à celles des médecines complémentaires sous le chapeau d’une médecine qualifiée d’intégrative. La médecine intégrative cherche à développer une médecine moderne qui prends en charge la personne dans sa globalité et dans laquelle la prévention occupe un rôle déterminant. La pratique associée de ces deux médecines permet un meilleur suivi et des interventions thérapeutiques mieux ciblées, plus variées et mieux adaptées aux besoins particuliers des individus, entre autres ceux qui souffrent de maladies chroniques.
Même si les propos du Pharmachien s’avèrent souvent aberrants (pour ne pas dire plus) pour qui connaît le sujet traité, il faut dire qu’il règne un silence radio généralisé face aux faiblesses des énoncées « scientifiques » présentées par le Pharmachien sur bien des sujets; même lorsqu’il est contesté de façon rigoureuse par un ou une scientifique spécialiste du sujet traité, les dénonciations, à ma connaissance, n’ont jamais été reproduites dans lmédia à large auditoire. Un bon exemple de cela, est l’analyse par la professeure Élisabeth Abergel de la prestation du Pharmachien suite à son émission sur les OGMs (organismes génétiquement modifiés), sans oublier les articles très documentés que j’ai publiés concernant les affirmations bancales du Pharmachien. Il est important de préciser que la formation et l’expérience de recherche dans le domaine de la génétique et des OGMs de la professeure Abergel sont des plus évidentes. Voici le lien pour lire la critique de la professeure Abergel : https://www.vigilanceogm.org/articles/analyse-de-lepisode-ogm-du-pharmachien,
et deux de mes articles : Le Pharmachien : pour comprendre ses tactiques.
Pétition-traitement-vitamine C : Jacqueline appuie cette pétition sur la base de plusieurs articles scientifiques récents
Si Olivier Bernard voulait vraiment protéger le public contre toute forme d’abus et de mensonges dans le domaine de la santé, pourquoi taire une problématique très grave dans ce domaine, soit les problèmes d’éthique et les mensonges qui sont courants de la part des pharmaceutiques? Quand on sait que la troisième cause de mortalité en Amérique du nord et en Europe est la consommation de médicaments d’ordonnance (après les maladies cardiaques et les cancers), on peut se demander pourquoi un pharmacien, dont les médicaments d’ordonnance sont la spécialité, n’aborderait pas des sujets tels la faiblesse de la régulation des médicaments, la surmédicalisation, la polypharmacie et les erreurs humaines, qui d’après les analyses d’experts (1) seraient les raisons principales de ces décès. Un autre sujet d’importance découle du fait que les compagnies pharmaceutiques retiennent souvent des informations critiques essentielles au sujet des effets secondaires des médicaments dont ils font la promotion auprès des médecins, alors que ces dernières constituent leur source d’information première. En raison du manque d’éthique fréquent et de l’avidité des compagnies pharmaceutique, plusieurs rédacteurs en chef de périodiques médicaux renommés pour leur probité et claivoyance tels JAMA, New England Journal of Medicine et BMJ ont déploré publiquement l’influence consternante de l’argent des compagnies pharmaceutiques sur la moralité et les pratiques de la médecine (1*).
Face à la puissance des richissimes compagnies pharmaceutiques et d’alimentation industrielle et de l’hégémonie qu’exerce le tout puissant Collège des médecins du Québec, qui ne recule devant rien pour éliminer toute concurrence possible dans le domaine des soins de santé, on peut comprendre qu’il est beaucoup plus facile et profitable et surtout moins dangereux pour le Pharmachien de pourfendre les pratiques de médecines complémentaires plutôt que de dénoncer les excès et fautes de ces géants, sans oublier l’importance des revenus publicitaires provenant de ces groupes dans la survie de nos média d’information.
À titre indicatif, pour ceux qui se préoccupent du contrôle qu’exercent les pharmaceutiques sur notre système de santé, je recommande fortement la lecture du livre Remèdes mortels et crime organisé ou Comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé écrit par le Dr Peter C. Gotzsche, un scientifique de grand renom qui a publié 314 articles dans le domaine des essais cliniques et des médicaments et qui a travaillé sur les affaires réglementaires au sein de l’industrie pharmaceutique entre 1975 et 1983 et dans des hôpitaux de Copenhague entre 1984 et 1995; il a de plus cofondé la Cochrane Collaboration, une institution impliquée dans les lignes directrices sur les bonnes pratiques en matière de divulgation des résultats de recherche. C’est le Dr Fernand Turcotte, M.D. un professeur de médecine de l’Université Laval de Québec, qui a traduit le livre du Dr Gotzsche en français.
1* : P. C. Gotzsche, traduction de Fernand Turcotte, M.D. Remèdes Mortels et Crime Organisé. Comment l’industrie pharmaceutique a corrompu les services de santé. Les presses de l’Université Laval, 2015, 430 p.



